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Les Affranchies

nouvelles et petites histoires

Dilemme

9 Février 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

tina chow

Le macadam luisait, reflétant les néons de la rue. La pluie avait cessé un instant plus tôt et je remontais le boulevard, les poings serrés dans mon trench. Comme trop souvent ces derniers temps, Moïra occupait toutes mes pensées. Aucune autre fille jusque là n'avait eu autant d'importance dans ma vie, ni même n'avait provoqué ce que je pensais être un sentiment amoureux. Dans mon monde, l'argent et le sexe sont des pièges plus qu'ailleurs. Ce genre de faiblesse pouvait vous entraîner dans les plus obscures tourments, la déchéance, la trahison, la mort...

Je m'arrêtais au bar de la porte des Lilas. Le barman poussa un verre de pure malt vers moi, devinant à mon visage fermé qu'aucune conversation n'aurait été opportune. Mon téléphone bipa. J'avalais une gorgée et j'ouvris le message - je suis en bas de chez toi, M - Je restais immobile, un long moment. Pour la première fois, la joie que j'avais à chacune de mes rencontres avec Moïra était supplantée par l'amertume. Cette femme envoûtante, venimeuse et mortelle qui avait finit par me fasciner, cet ange androgyne avec lequel les rapports humains ne pouvaient être qu'authentiques, cette déesse gourmande de plaisir et généreuse en retour, mon âme soeur allait m'entraîner sur les chemins de l'Enfer. J'étais prêt à me damner, pour une brune à la peau mat et au corps de garçon. Je savais qu'en poursuivant cette voie elle affirmait un peu plus à chaque fois le lien qui m'emprisonnait. Je voulais l'aimer encore et toujours et pour ça il me fallait trahir... 

J'ai vidé mon verre et j'ai couru jusqu'à la bouche de métro sous la pluie qui tombait à nouveau. Les dès n'étaient peut être pas jetés...

 

Photo: Tina Chow par Herb Ritts

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Ciel d'orage

7 Février 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Amyy.-S.jpg

Ton monde est lisse, calme et raffiné, sans surprise. J'aime t'y retrouver et le parcourir avec toi, voir ton visage étonné, tes beaux yeux verts soulignés par tes courts cheveux noirs. Tu me connais si bien. A chaque retour tu ne manques jamais de les faire couper, conservant ton image immuable. Tu ne poses pas de question, la vie reprend son cours et nous poursuivons là où nous nous sommes quittés. Ta douceur me rassure. Tu paraîs fragile et délicate mais je te sais plus forte. Tu n'imagines pas le monde d'où je reviens mais tu le sais noir et périlleux. Pourtant tu ne montres rien, ni ta peur, ni ton désarroi, quant au loin tu crains que je me perde...

Mon monde est douloureux, sauvage et tourmenté, où tout peut arriver. Et je ne surmonte cette noirceur que parce que je te sais là, jamais très loin dans mon coeur. Tu ne me crois pas et tu souris quand je dis que tu es mon rock, l'île sans laquelle je me noierai, toi si fine, si fragile, si délicate... Et quand avec toi parfois mon regard s'assombrit comme un ciel d'orage, tu sais, sans un mot, chasser la tempête qui gronde dans ma tête où défilent des enfants qui hurlent, des chairs brûlées, des hommes qui pleurent sur des ruines. Sans voir ces horreurs et sans questions tu me secours et emporte mon coeur vers ta lumière, loin de tous ces fracas.

Et nous reprenons le fil de nos jours, dans ce monde raffiné, calme et lisse...

 

 

Photo: Amy Stegman

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Passage à table - Plat dessert

5 Février 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Bonbon la petite blonde sauvage des tropiques m'avait ouvert une voie. Moi qui vivais ma dilection pour les jolies filles aux cheveux courts comme une honte, je découvrais qu'il y avait du plaisir, au contraire, dans tout cela. 

Alors que mon frère cadet partait pour le Vatican, mon aîné perdait un bras et la moitié de la vie à la tête de sa section d'infanterie engagée sur le front du Moyen Orient. Mon père composta son bulletin de naissance à peu près au même moment, si bien que ma mère sombra facilement dans la dépression qu'elle tentait de soigner en prenant des cours de danse du ventre... Quant à mes soeurs, tandis que l'une convolait à Monaco avec un simili-prince, l'autre faisait le tapin à Strasbourg-St Denis. La vie c'est comme une boîte de chocolat...

Mon parcours initiatique était jalonné de belle rencontres tout autant que d'événements dramatiques et je nourrissais mon théâtre fantasmatique d'images saisies dans la vraie vie comme de photos découvertes dans les magazines. Je me souviens particulièrement d'un article dans un vieux Marie Claire de janvier 1984, où un coiffeur réputé ou en passe de l'être montrait une nouvelle technique en tondant les cheveux sur la nuque d'un mannequin blond, laissant toute la longueur au reste de la chevelure coupée au carré. Cette image de contraste entre le long et le très court me subjuguait

Arthur-Elgort.jpg

Par ailleurs j'affirmais tranquillement un goût certain pour les jeunes femmes androgynes aux seins menus et aux hanches d'éphèbes. Imaginant qu'il pouvait s'agir d'une forme de refoulement de l'homosexualité qui nous habite tous, j'ai donc tenté ma chance de ce côté là. Hélas, malgré une bonne volonté certaine et bien que j'ai réussi à sauvegarder mon fondement, je ne parvenais pas à éprouver de l'amour pour un garçon, fut-il mignon et coiffé en brosse. il fallait me résoudre et garder mon cul entre deux chaises, j'aimais les femmes et je les aimais dans ce qu'elles ont de plus masculin...

 

Photo: Arthur Elgort - Marie Claire janvier 1984 

 

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Passage à table - Entrée

4 Février 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Bon! On est bien d'accord, ce blog n'est pas un journal intime dans lequel je raconte ma life, mes joies, mes peines toussa toussa. Cependant, il faut bien admettre que depuis le temps qu'on se croise ici, on a finit par tisser quelques liens affectifs qui m'obligent à vous parler, un peu, sur le thème "qui suis-je, d'où viens-je, où vais-je". J'ai longtemps éludé ce genre de questionnement fondamental en empruntant les réponses du grand philosophe contemporain André Isaac ( 1893-1975 ) qui disait " je suis moi, je viens de chez moi et j'y retourne"

Mais une fois qu'on a dit ça... Il faut bien lâcher un peu de curriculum vitae.

first-haircut.jpgBref! Mon père était un héros et ma mère était une sainte. Moi même, petit dernier d'une fratrie de 5 enfants, j'étais le chouchou, comme il se doit. Mes frères aînés étaient promis à des carrières toutes tracées, qui dans l'Armée, qui dans l'Eglise catholique, quant à mes soeurs, leur mariages devaient élever un peu plus, si possible, le niveau social de la famille. Pour ma part, je grandissais dans le giron de ma mère qui après avoir été lauréate d'un prix de beauté avait épousé mon héros de père, de passage entre deux missions. Ainsi, comme les cernes d'un arbre, on pouvait compter au nombre d'enfants les différents passage au nid conjugal de mon père. Du coup, j'arrivais sur le tard et fut le dernier enfant ( légitime ) qu'on lui connaisse.

Ma mère avait gardé cette habitude étrange de vêtir ses enfants en bas âge sans distinction de genre, ni dans la couleur des chaussettes, ni dans la longueur des cheveux. Si bien que durant une période trop lointaine pour que j'en ai le souvenir, je portais de magnifiques anglaises qui cascadaient sur mes épaules. Jusqu'au jour où selon un accord tacite, une sorte d'instinct de migration, il était décidé que je devienne un garçon dans tous ses stéréotypes, vestimentaires et capillaires. Mes anglaises finirent donc enroulées dans un papier de soie, au fond d'un tiroir de la commode en merisier.

A ce moment du récit, tout le monde se rappelle que mon premier passage chez le coiffeur de mon père fut une catastrophe nucléaire et que ma douce mère décida de me confier à sa coiffeuse, ce qui, dans cette période cruciale de ma construction psycho-sexuelle eut les conséquences qu'on connait...

La planification familiale n'ayant rien prévu pour moi en terme de carrière, je parti à l'aventure à travers le globe, vivant plus ou moins bien ma dilection déjà bien ancrée, pour les filles d'abord, puis les femmes aux cheveux courts. Cependant, il faut bien admettre que la vie d'un trimardeur ne donne pas toujours accès aux plus belles femmes du monde. Mais au moins, ces rencontres là sont-elles toujours pleines de chaleur et de sincèrité.

Ainsi, de passage à St Barthélémy j'ai rencontré "Bonbon" une délicieuse blondinette, délavée par le soleil et la mer, qui fut la première à me demander d'être assez habile pour lui couper les cheveux, bien courts, selon son goût. Une façon d'ajouter du paradis au paradis...

Ainsi, ma jeunesse fut d'aventures et de plaisirs...

 

( A suivre )

Illustration: Norman Rockwell

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Retrouvailles: un nouveau deal

15 Janvier 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

Tina-Chow-and-her-Cartier-bangles-Scan-5.jpg

La retrouver avait été délicieux. Au delà de toutes mes interrogations, de toutes les zones d'ombres qui étaient apparues entre nous, nous nous étions jeté corps et âmes dans des ébats sauvages et instinctifs. Elle était telle que je l'avais quittée, le corps sec et musclé, les cheveux très courts mais un peu stylés, plus longs dessus. Elle restait pour ceux qui n'auraient pas été intimes, une arme absolue et fatale et j'avais retrouvé cette terrible et excitante sensation de côtoyer un cobra et de l'enlacer...

J'ai repris le train du soir. J'avais à présent la certitude de la revoir... mais à quel prix? 

Le lendemain à Paris j'ai revu Tao. Elle n'était pas blonde finalement, mais la coupe de garçonnet qu'elle arborait me laissait deviner qu'elle et Moïra avaient passé du bon temps. Sa présence me faisait du bien, j'avais l'impression avec elle d'être aussi un peu avec Moïra.

Il fallait sérieusement que je fasse le point. Je devais lutter contre mes sentiments parce que je savais à présent que j'étais réellement amoureux de Moïra, l'agent du Mossad. Cette escapade à Milan n'avait sans doute pas d'autre but pour elle de s'en assurer. Elle pensait me tenir et n'en était pas loin. Céder à mon désir c'était aussi entrer dans un double jeu avec La Boîte  et je connaissais maintenant suffisamment Moïra pour savoir que même si ses sentiments pouvaient être sincères avec moi, cela n'avait aucun poids face à sa mission. Ces retrouvailles avaient un but: ferrer sa prise et retourner un agent français... 

 

 

Photo: Tina Chow par Richard Avedon

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Voir, croire, savoir...

9 Janvier 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Style-Q.jpg

Forcément, la première fois qu'il l'a vue dans son quartier, il est tombé amoureux. Amoureux de sa silhouette, de son allure, de son style. Ce goût qu'il avait pour les femmes androgynes, les femmes qui ne revendiquent pas leur féminité à coup d'artifices éculés... Alors bien sûr il lui a sourit et puis de jour en jour, petit à petit ils ont finit par s'apprivoiser l'un l'autre. Mais, sans être farouche elle semblait plutôt distante. Souriante, mais distante... Alors, un peu dépité il a imaginé qu'il ne devait pas se faire d'illusions, qu'une jolie fille comme elle, avec son allure garçonne était peut être lesbienne. Pourtant il n'en fut pas affecté davantage, il aimait la croiser, lui sourire, échanger un "bonjour". Il avait craint un instant qu'un goût exclusif pour les femmes ne la rende méprisante à son égard. Malgré cela il persista à tenter de devenir son ami et contre toute attente elle sympatisa avec lui. Ils se rencontrèrent une fois au parc. Discutèrent. Firent connaissance... Maladroit il esquiva les questions trop directes. Elle sembla étonnée. Il expliqua qu'il respectait, qu'il n'avait aucun problème avec ça, qu'il était juste heureux d'être son ami. Elle a éclaté de rire en comprenant, lui a dit qu'elle aussi était contente de l'avoir rencontré, qu'elle avait des amies mais qu'elle ne couchait pas avec et que ce n'était pas la première fois que ses cheveux courts lui faisaient ce coup là...

 

Streetshot: StyleQuotient

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Tu n'as pas changé...

27 Décembre 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

tumblr_lvsjdgh9h81qfn79co1_1280.jpgJ'étais arrivé par le train de nuit et Milano Centrale grouillait déjà de monde. Tao avait laissé en partant un carton d'invitation pour le défilé du grand couturier qui l'avait bookée pour sa collection d'été et j'avais compris à demi mots qu'elle devait revoir Moïra à cette occasion. La tentation était trop forte.

Un taxi me déposa via Bergognone, dans ce Milan industriel et sans âme. Impossible parmi cette foule colorée de chercher quiconque. Je pénétrais donc dans " l'usine Armani" et m'installais sur un point d'observation qui n'était certainement pas idéal pour voir les défilé mais m'offrait une bonne vue sur les photographes... Hélas, personne ne ressemblait, même vaguement, à Moïra...

A peine distrait par le défilé, je m'y intéressais davantage en découvrant que tous les mannequins étaient blonds et cela m'a amusé de voir Tao, blonde comme un champs de blé, les cheveux coupés au carré. Je n'aurais pas su dire si c'était une perruque ou si véritablement elle avait subit une coloration, mais cela lui donnait un charme tout à fait étrange...

Je commençais à être un peu dépité. Elle n'était pas là... Pourtant j'étais certain qu'elle avait tout orchestré, le contact avec Tao, l'invitation à Milan. Elle savait que je mordrais à son hameçon. Le défilé terminé j'essayais de me glisser backstage pour rejoindre Tao et dans ce courant humain j'aperçu devant moi une silhouette sportive, brune, la coupe bien courte, d'une femme à la veste denim dont le col était relevé. Je ne voyais que son dos mais je savais que c'était elle. Je fis des efforts pour fendre la foule, tentant de me rapprocher, mais sans se retourner c'était comme si elle m'avait deviné et accélérait l'allure elle aussi pour m'échapper... Soudain je tombais nez à nez avec Tao qui s'accrocha à mon cou et m'embrassa, toute contente de me retrouver... La brune avait disparue.

Tao m'entraînait vers l'extérieur. Je ne pouvais me résoudre à être passé si près de Moïra sans la revoir... Tao le devinait. Avec son sourire d'enfant elle me tendit une enveloppe. Elle me raconta qu'elle était là depuis la veille et sans rougir, que Dorothé et elle avaient fait l'amour toute la nuit. Puis elle m'abandonna devant un taxi et disparue avec d'autres filles.

L'adresse était celle de l'hôtel The Gray, piazza del Duomo. La suite était au second. Je m'engouffrais dans l'ascenseur et avant que la porte ne se referme, le brune à la veste denim se glissa à l'intérieur. " Tu n'as pas changé" me dit-elle.

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Tao et Moïra

11 Décembre 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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La vie de Tao avait repris un cours moins tumultueux depuis que son "ami" russe avait été contraint de filer en urgence, faisant convoyer son yacht vers un port de Sardaigne, plus sûr à ses yeux que les ports de la Côte d'Azur.

Elle avait hâte de s'installer dans son propre appartement même si elle savait me montrer une sorte d'affection pour le service rendu. Mais Tao me l'avait dit sans détour, les hommes lui étaient indifférents. Cependant je ne voulais pas qu'elle disparaisse de ma vie. Elle demeurait le seul lien que j'avais à présent avec Moïra. Aussi nous nous retrouvions de temps en temps pour déjeuner ou dîner. Elle avait un style garçon manqué auquel je n'étais pas indifférent.

Le "criblage" que j'avais malgré tout commandé à la Boîte concernant Tao n'avait laissé apparaître aucune faille, ni soulevé aucun doute. Elle était japonaise et mannequin, travaillait en Europe et aux États Unis et vivait à Paris depuis un an. Elle avait rencontré Moïra à Milan, mais rien dans la note n'indiquait ce contact...

Je me pris à imaginer son recrutement compte tenu de ses rapports avec Moïra qui aujourd'hui était un agent israélien d'importance.

Plusieurs semaines s'écoulèrent avant que Tao ne m'annonce un jour qu'elle devait retrouver Dorothée à Paris le soir même... 

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Lily n'est pas un ange

4 Décembre 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

marta bevacqua

Elle paraissait en prise directe avec le bon dieu, la blondeur sans doute, translucide, presque blanc... Et puis cette allure de petit mec, ce Levi's ajusté et ce cuir râpé... A travers les mèches claires le regard était bleu marine et ça seulement aurait suffit à vous damner. Pour de bon. Tout le monde, ou n'importe qui, se serait méfié devant cet ange. Mais n'importe qui et tout le monde avait envie de s'en rapprocher, de l'aborder, lui sourire en retour et espérer une bonne fortune... Elle n'était pourtant pas farouche. C'est juste qu'elle avait conscience de son pouvoir et qu'elle n'avait plus de scrupules à en user. Viale di Trastevere on la voyait le soir, pas loin de la gare. Elle accompagnait volontiers les soldats en permission qui lui offraient un verre et la salle de bistrot s'illuminait quand elle éclatait de rire au milieu des garçons. Pour quelques billets elle faisait l'amour mais c'est plus tard dans la nuit qu'elle gagnait véritablement sa vie. Sur le cuir fauve des limousines, avec quelques gros adipeux en costumes croisés. Parfois elle échouait dans les beaux quartiers, qu'elle quittait au petit matin, dansant sur le trottoir luisant et taquinant les éboueurs aux sifflets lubriques. C'est sa vie, pas pire ni plus triste qu'une autre... Elle sourit, ébouriffe sa tignasse et shoote une canette écrasée...

 

Photo: Marta Bevacqua

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Tao - la suite

22 Novembre 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Tao avait passé la nuit chez moi. Avec des mots choisis elle m'avait parlé de Moïra qu'elle continuait à appeler Dorothée. Durant toutes ces années elles étaient restées en contact et elles se voyaient quelques fois. Elle n'avait pas changé m'avait-elle dit, toujours photographe et toujours obsédée par les cheveux courts. "A chaque fois que nous nous voyons elle me fait des reproches à cause de mes cheveux trop longs" m'avait-elle lancé en éclatant d'un joli rire cristallin...

Tao avait été imprudente. Elle avait accepté l'invitation de l'ami d'un ami et avait ainsi fait la connaissance d'un homme d'affaire russe qui aimait s'entourer de jolies filles. Après un weekend, le piège s'était refermé sur elle. L'homme était violent, elle avait voulu partir mais "l'ami" de l'ami l'avait menacé d'atrocité si elle ne se montrait pas plus "docile". Affolée, elle avait malgré tout réussi à s'enfuir et Dorothée lui avait donné cette adresse, disant que je saurais quoi faire pour l'aider...

Ainsi Moïra avait gardé un oeil sur moi. Elle savait que j'étais toujours à Paris et que je n'avais pas quitté le Service. Elle savait aussi, tout comme moi, que nous ne pouvions plus conserver de lien direct après ce qui s'était passé.

Tao était l'opportunité qui aller nous permettre de renouer le contact. Elle s'était endormie dans le canapé, enroulée dans un plaid. Les détails qu'elle m'avait donné à propos de son aventure étaient maigres mais suffisants pour me permettre de lancer quelques recherches. En principe, une action très ponctuelle et suffisamment violente devait stopper toute velléité de la part du russe et de son ami maquereau de persister dans leur erreur. Evidemment je ne pouvais pas impliquer le Service dans cette opération, mais quelques "anciens" de la boutique seraient ravis de se dégourdir un peu les phalanges pour moi...

 

Modèle: Tao Okamoto

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