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Les Affranchies

moira

Moïra - chapitre 20

27 Octobre 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

JackJ'avais l'impression qu'une dalle de béton s'était affaissée sur moi. D'un seul coup une immense fatigue m'enveloppait. Moïra dormait, plus ou moins bien calée sur mon épaule. Le niveau sonore dans le Hercule ne permettait guère la conversation.

Tous les journaux du matin titraient sur le naufrage du porte container de l'IRISL. Un incendie avait ravagé le château ce qui vraisemblablement avait provoqué les deux fortes explosions qui avaient envoyé le navire par le fond avec sa cargaison. L'armateur profitait à son habitude de la tribune qui lui était offerte pour fustiger l'Occident et Israel, ce que les israéliens auraient bien voulu éviter en laissant Moïra lui clouer le bec définitivement. J'avais pris un risque énorme aux conséquences difficilement appréciables en lui offrant une porte de sortie, et au fond de moi je savais que nous arrivions à la fin du parcours.

Un vol régulier nous avait amené d'Istanbul à Larnaca où une liaison militaire régulière nous permettait de rentrer discrètement en France. Cette fois, la carrière internationale de la tueuse semblait bien terminée. Avec un peu de chance je pourrais encore lui trouver un job de formatrice au SA...

A présent elle s'était pelotonnée sur mes cuisses et je pouvais à loisir caresser ses cheveux noirs. Je lui avais promis de l'amener chez un coiffeur à Paris. Sans doute le point de départ pour une nouvelle vie...

 

Photo: Jack Andrew Davidson

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Moïra - chapitre 19

15 Octobre 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

42600 1J'étais à Istanbul depuis trois jours et depuis trois jours il pleuvait. Une sorte de routine malsaine m'avait conduit là pour cornaquer une équipe du SA chargée d'une mission arma dans le port de Yenikapi. Par chance, nous bénéficions cette fois du soutien du MIT, le service secret turc. Bien évidemment cela ne nous dispensait pas de réaliser la mission avec le plus de soin possible de manière à éviter de laisser soupçonner cette coopération quasi contre nature. Malgré tout, il y avait comme une ambiance électrique et j'avais une sorte d'angoisse en parcourant les docks ce soir là, en guise d'ultime reconnaissance.

Je pensais être seul, mais un sifflement bref, répété et discret, m"amena au milieu des rangées de conteneurs. Une silhouette familière m'attendait.

Moïra était un peu emmitouflée, mais malgré tout je remarquais ses traits tirés. Elle me conduisit vers un conteneur ouvert où nous pénétrâmes:

-" Bon sang Moïra, mais qu'est ce que tu fous là? Je n'suis pas certain que la production de diamant dans la région mérite l'intérêt que pourraient lui porter tes employeurs...

- Ne dis pas de conneries. Le Mossad ou plus exactement le Aman connait parfaitement les raisons qui amènent ici une équipe de plongeurs français. On pourrait même dire que ça les fait bicher de voir les iraniens se faire baiser de cette manière...

- Eh ben bonjour l'opération secrète...

- Pleures pas, personne ne mettra de baton dans les roues de ton équipe. Au contraire.

- Alors tu peux me dire ce que tu fous là? Retour à la case départ? Nettoyage et recyclage. C'est ça?

- On peut dire ça. C'est quand même plus marrant que de faire la babysitter des négociants d'Anvers. Ils sont tous vieux, poussiéreux et ils sentent mauvais. Tu fais couler ton bateau et moi je m'occupe de l'armateur...

- Quoi? Tu déconnes? On va tout de suite lier les deux événements...

- C'est ce que je me suis dit, c'est pourquoi je t'ai sifflé darling. Mais si je ne rempli pas mon contrat il faut que tu me couvres....Et que tu me ramènes avec toi à Paris

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Moïra - chapitre 18

25 Août 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

3212207622_d80ea1a8c1_o.jpgCela faisait des semaines qu'elle m'avait abandonné, comme d'habitude, au petit matin dans ma chambre d'hotel à Anvers. Cette fille avait décidemment une désinvolture désarmante. Pas question de s'attacher disait-elle. Mais comment faire avec un tel concentré de mystère, d'audace, de finesse, de menace...A elle seule elle possèdait tous les ingrédients qui peuvent faire rêver à une vie d'aventure. Le hasard m'avait mis sur sa route et aujourd'hui je ne pouvais plus me détacher de cette relation.

Peut être pouvait on imaginer que sa vie avait été brisée. Façonnée depuis son enfance, elle était devenue le parfait résultat auquel on s'attendait: Une arme mortelle. Elle même avait dépassé le stade des regrets ou des envies de rattrapper le temps perdu de sa jeunesse volée. Elle était devenue une vraie professionnelle...

Le temps était passé et les britanniques semblaient avoir avalé la couleuvre de sa disparission mise en scène. Tant que Moïra restait dans leur sphère ils pourraient fermer les yeux. En attendant, pas question pour elle de remettre les pieds outremanche.

Installée à Tel Aviv depuis qu'elle travaillait officiellement pour l'ex Lakam, je la soupçonnais de fricotter de temps en temps avec l'Hamisrad pour quelques missions homo avec le Kidon. Ce qui pour une "goï" relèverait sans conteste de l'exploit ...

Pour une fois c'est elle qui vint me retrouver, à mon hôtel, pour m'emmener en balade du côté de la Mer Morte. Ses cheveux avaient poussés, elle avait pris du muscle et lorsqu'elle ne vous souriait pas, son regard pouvait vous glacer. En roulant dans son cabriolet sur l'autoroute n°1 vers Jérusalem,  je ne pus m'empêcher de caresser ses cheveux et de glisser mes doigts à travers les mèches qui couvraient sa nuque.

-" Ca pousse n'est ce pas?

- Ca te va bien...

- Je fais des efforts. Mais comme ils étaient tondus la dernière fois il faudra que j'aille chez le coiffeur pour les recouper plus courts, sur les côtés et derrière"

Et pendant que mes doigts continuaient à fourrager dans ses cheveux, sa main droite commença à masser mon pantalon, juste sous la ceinture...

 

Photo: Caesar Sebastian

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Moïra - chapitre 17

3 Août 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

396352L'étreinte dans l'isoloir de la bourse du diamant brut à Anvers avait laissé un souvenir terrible dans mon cortex cérébral. De manière assez surprenante, la Belgique était devenue le lieu privilégié de nos rencontres.  J'avais rendez vous ce jour là au siège du SitCen, la toute nouvelle agence de renseignement européenne. La nomination récente d'un compatriote à la tête de cet organe allait faciliter bien des choses avec nos "amis" brit's...Il était fascinant de trouver à Bruxelles l'élite des SR européens, dans un pays où les services secrets nationaux étaient au bord du chaos politique...

Retrouver la brûlante Moïra au milieu de l'après midi dans une chambre d'hôtel faisait partie du top 5 de mes fantasmes. Nous nous étions croisé le matin même à Bruxelles Midi où je l'avais retrouvée resplendissante sur le quai de l'Eurostar. Ses cheveux avaient reprit du volume, et leur brillance, et leur texture invitaient la caresse.

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L'huissier à la réception du Hilton m'avait remit une enveloppe dans laquelle je récupérais une carte magnétique avec le numéro 230. J'ai d'abord cru être seul dans la suite. Les rideaux tirés laissaient les pièces dans une semie obscurité, mais cependant je n'avais pas d'inquiétude...Moïra m'attendait, nue sur le lit king size. Elle m'attrapa par la cravate et me fit basculer avec elle dans une chorégraphie où l'un et l'autre cherchions à me dévêtir le plus rapidement possible. Dans la pénombre je perçu néanmoins quelque chose de changé par rapport à la Moïra vue ce matin...Mais l'experte ne me laissa pas le temps de pousser plus loin ce soupçon...Avec beaucoup de sensualité et d'adresse, elle m'amena au bord de la folie. Mes mains les premières, avaient finies par découvrir ce qui était différent. Et depuis ne cessaient de caresser la toison drue et la nuque rasée. Au final, Moïra me chevauchait avec ardeur, parvenant elle aussi aux marches de la folies. Nos deux corps explosèrent simultanément.

-" J'ai pas résisté. Je suis passée devant le salon d'un barbier à midi. L'endroit m'a plu et j'avais envie de me faire tondre...

- C'est Tsahal qui t'a donné le goût des coupes militaires?

- Te moques pas tu veux. Mais....J'ai adoré ça figures toi. Et puis ça m'va pas mal non?

- J'avoue..."

En disant cela ma main glissait sur les cheveux doux qui se redressaient sitôt la caresse passée et je sentais à nouveau le démon me saisir...

 

Model: Lorena Nosìc

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Moïra - chapitre 16

15 Juillet 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

Design-By-Enzo-Fusco-AW09 2Par un de ces effets bizarres qu'on ne rencontre que dans notre monde d'ombres et de supercheries, j'étais devenu, de fait, le traitant de Moïra. A la fois une caution et un garde fou, capable de savoir toujours comment évoluait notre petit poisson...Ma direction n'ignorait rien de mes rapports avec elle et laissait faire, trop contente de ce quasi monopole. Le MI6 considérait toujours Moïra officiellement morte, sans être dupe, et pensant que celle-ci lui était de toute façon redevable et pouvait toujours servir, avait abandonné l'idée de lui faire sa fête pour de bon. Et l'un comme l'autre s'imaginaient qu'un jour elle pourrait leur être utile auprès des Israéliens. Bref! Un statu quo, un vrai.

Pendant ce temps Moïra m'avait conduit à travers la ville jusqu'à une bourse de diamants bruts du quartier des diamantaires, le pire endroit au monde pour passer inaperçu. Elle semblait si à l'aise que je me suis abandonné à son expérience. Je la suivais dans la grande salle au parquet de marqueterie où elle se faufilait au milieu des vieux juifs en redingote et chapeaux feutres. Soudain, elle fit un écart et attrapa ma manche, m'entraînant dans une sorte d'isoloir. Mon coeur s'accéléra au souvenir de la fusillade de Los Angeles et je me tenais prêt à toute éventualité.

"- Tu crois que je ne t'ai pas remarqué, à reluquer ma nuque depuis tout à l'heure? Aller avoues, tu meurs d'envie de caresser mes cheveux non?"

Moïra me tenait presque collé au mur, une main sur le col de mon polo et l'autre sur ma braguette. Sans attendre de réponse elle colla ses lèvres aux miennes et entreprit une inspection minutieuse de mes amygdales. Mon regard se tourna vers le rideau de drap noir qui nous séparait de la grande salle de marché quand Moïra commençait à défaire la ceinture de mon pantalon. Elle lâcha mes lèvres pour s'accroupir devant moi après avoir extirpé l'objet de sa convoitise. Mes mains ne cessaient de caresser la toison courte de ses cheveux, ce qui nous procurait à l'un et à l'autre autant d'excitation. Lorsqu'elle jugea le moment opportun elle abandonna la fellation et remontant sa jupe sur sa taille elle s'accrocha à moi pour venir s'empaler. L'étreinte fût violente et rapide.

Un instant plus tard, Moïra avait repris son rôle de femme d'affaire et la contenance qui va avec. Elle tapa un une série de chiffre sur son portable et un panneau de l'isoloir s'entrouvrit avec un léger claquement.

" Attends moi darling, je n'en ai pas pour longtemps..." Elle me pinça la fesse droite et s'engouffra derrière le panneau...

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Moïra - chapitre 15

28 Juin 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

du-bospertus.jpgJe n'avais pas accompagné Moïra dans les Territoires du Nord Ouest. Après cette journée à Toronto nous nous étions quittés, comme souvent, au petit matin. De retour à Paris, j'avais discretement rafraichie ma mémoire sur ce que je savais du Lakam. Cette structure peu connue était en charge de la collecte d'informations du domaine scientifique et technologique...Vaste programme. Ce qui était plus inquiétant c'était que ce service, créé pour contourner les accords israélo-américains de non espionnage, était officiellement dissout depuis ...1986. Soit Moïra me mentait, soit l'information avait une importance capitale. Et l'intérêt de ce service pour les mines de diamant du Canada n'était pas anodin...

Des semaines plus tard, à Anvers, une Austin Cooper s'arrêta devant moi, au bord du trottoir. Nous avions rendez vous, mais j'étais stupéfait et restais un instant coi...:

" Tu montes, ou il te faut un ordre de mission?" Reprennant une contenance, je fis le tour de la voiture et montais à bord:

" - Bon sang Moïra! Pour un peu je ne te reconnaissais pas.

- Tu aimes? Une semaine de drill dans le Neguev et quelques vacances à Eilat histoire d'homogénéiser le bronzage..." Lança-t-elle en riant.

Sa peau avait foncée comme du chocolat au lait et ses cheveux qui avaient retrouvés leur coloration naturelle, étaient tondus presque ras.

"- J'adore oui!" A cet instant j'avais hâte de me retrouver plus intime, pouvoir caresser cette toison si courte qu'on imaginait ne pas pouvoir l'ébouriffer.

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Moïra - chapitre 14

8 Juin 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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         Le ciel paraissait orageux. La journée avait été chaude et la brise sur le ferry de Centre Island était plutôt agréable à supporter. La procédure habituelle voulait que ce rendez vous soit reporté chaque jour à la même heure durant 3 jours, mais la première fois fût la bonne. Sur le pont superieur la silhouette de Moïra m'apparue familière. Elle avait toujours cette coupe qui lui donnait l'air d'une éternelle adolescente, seule la couleur avait changée. Elle me savait à bord, mais persistait à me tourner le dos, ce qui me donnait l'occasion de rassasier mon regard de cette vision androgyne au corps athlètique. Ma main se posa sur sa nuque et mes doigts glissèrent à travers les cheveux tondus. Elle renversa la tête, les yeux clos et son parfum envahit mon atmosphère. 

La masse dure de l'arme qu'elle portait sur la hanche sous sa chemise d'homme me ramena à la réalité...

"- Tu m'as manquée...

- Tu as le coeur trop tendre Frenchy,....Mais je suis heureuse de te revoir.

- Qu'est ce qui a changé? Les gros bras du 6 sont toujours à tes trousses?

- Non, pas depuis la fusillade de L.A.

- Qu'est ce que tu fais au Canada?"

         Le ferry approchait de la ville dominée par la CN Tower. La brise continuait à balayer le pont, faisant danser les mèches devant les yeux de Moïra

" - Diamonds, darling...Diamonds. Et crois moi, ce monde là est bien plus dangereux que ce que l'on peut imaginer.

- Je sais...Rockwell, De Beers...?

- Lakam

- Les israéliens? Bon sang Moïra, dans quel guépier est ce que tu t'es fourrée encore?

- Chaque chose en son temps, c'est comme ça qu'on dit en français? D'abord on baise. J'ai très envie de toi honey." Elle me fit face, colla ses lèvres aux miennes et plaqua une main sur mon entre-jambes, entreprenant un massage sans équivoque...

 

 

Photo: Tess Roby

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Moïra - chapitre 13

25 Mai 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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Les choses n'allaient pas très bien pour moi, depuis mon retour en France. Mon "escapade" californienne avait du mal à passer au bureau et l'absence de Moïra me pesait. Un soir en sortant de la Centrale je me suis retrouvé comme souvent dans ce bar de la place Gambetta. Les pensées perdues au fond de mon verre de Scotch, j'essayais vainement de me trouver des raisons valables pour tourner la page, mais sans y parvenir, comme chaque fois que j'essayais de me donner bonne conscience. Ce job m'avait bouffé de l'intérieur. Non pas à cause de la violence et du danger. Les gens qui vivent dans l'action s'accommodent plutôt bien avec les risques et la mort. Devenue compagne de voyage, elle finit par faire moins peur. Mais le mensonge et la perversité étaient des maux bien plus toxiques. Cela rendait Moïra encore plus admirable à mes yeux. Elle avait su rester clairvoyante et s'échapper avant qu'il ne soit trop tard. Mais à quel prix...Elle avait mis sa vie dans la balance pour sauver son âme. Et d'ailleurs la sauverait-elle?

Son souvenir m'obsédait. Souvent dans la rue je croyais l'apercevoir, dès qu'il s'agissait d'une jeune femme brune aux cheveux courts à l'allure un peu sportive. Mon coeur excité ne retrouvait un rythme normal qu'après avoir découvert le visage de l'inconnue.

Pourquoi ce soir là? Après avoir vidé un troisième verre je décidais d'aller jusqu'au cybercafé de la rue des Pyrénées pour me connecter sur la boîte hotmail qui nous servait de contact....Vide depuis des mois. Les gestes un peu lourds et le regard fatigué, mes doigts tapèrent le mot de passe. Un sourire me vint aux lèvres et la fatigue m'abandonna. Il y avait un message...

 

Illustration: Lanpernas

 

 

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Moïra - chapitre 12

6 Mai 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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  Moïra marchait devant moi, d'un pas souple. Pas un instant les gens qui la croisaient, n'auraient pu imaginer que cette femme était capable de tuer n'importe qui à mains nues. Et sans état d'âme. Son corps athlètique lui donnait une sensualité particulière. Arrivé à sa hauteur, mon regard était attiré par cette nuque toujours tondue. Elle était coiffée comme un garçonnet, la coupe au bol, les cheveux tombants en une lourde frange sur son front. Son androgénie m'excitait tout autant que le fait que je sache de quoi elle était capable. C'était comme un sentiment de fierté. Je pouvais approcher la panthère sans craindre pour ma vie.

Le bruit métallique à peine masqué par le rugissement d'un moteur attira en même temps nos regards. Moïra réagit la plus vite et m'entraina avec elle à terre derrière une voiture en stationnement pendant que les balles comme des frelons d'acier déchiraient l'air et éclataient le ciment autour de nous. Les impacts dans la tôle de la voiture étaient assourdissants. Sans voir la scène, elle savait que le fourgon noir s'arrêtait. Il ne fallait pas laisser le temps filer. D'un regard nous nous comprime et chacun de nous bondit en même temps de chaque côté de notre abri improvisé. L'agresseur, confronté à deux cibles simultanée perdit la fraction de seconde qui lui fut fatale. Le bras tendu, Moïra tira deux fois, instantanément, touchant l'homme au visage. Elle poursuivit sa course jusqu'à être au dessus de l'homme à terre, et l'acheva d'une balle dans le front. Avant que le fourgon n'ait eu le temps de repartir, elle avait bondit à l'intérieur et une dernière détonnation claqua.

La rue était déserte. A peine éssoufflée, Moïra revint vers moi.

-" Aide moi. On remet celui-ci dans le fourgon. Ensuite tu dégages et tu reprends le premier vol pour Paris.

- Et toi...?

- Le temps de faire disparaitre ces deux cons et je me met au vert moi aussi. Le coup est passé près..."

De l'adrénaline plein les veines, nous avons rammassé l'homme à terre et son MP5 SD, puis poussé le chauffeur à l'arrière du fourgon. Moïra se mit au volant.

-" Adieu Frenchy......Et..... Merci, tu as eu du cran tout à l'heure"

Une boule me vint dans la gorge, à l'idée que peut être je la voyais pour la dernière fois..... Mais qui peut savoir avec elle.

 

Photo: Marina Nikolaeva

 

 

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Moïra - chapitre 11

19 Avril 2010 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Moïra

437899515 68f80980bc bIl avait fallu inventer un nouveau prétexte pour justifier les 24 heures de transit en Californie. Qu'importe, je n'étais pas à une embrouille près, et la perspective de cette école buissonnière me plaisait terriblement. Je m'attendais à une surprise, mais lorsque le taxi me déposa devant le 15322 Antioch St, un large sourire me vint aux lèvres. L'adresse n'était pas autre chose qu'un barbershop tenu par un couple de chicanos. J'ai eu beau cherché, il n'y avait pas d'autre entrée. En pénétrant dans le salon je m'attendais à trouver mon amie installée dans un fauteuil mécanique, en train de se faire coiffer...Le coiffeur me regarda de travers, suspectant que je pourrais lui apporter des ennuis. Comme convenu je lui glissais à l'oreille :" Looking for good karmha", sorte de sésame que m'avait confié Moïra avant de quitter Mexico City. Le barbier s'approcha d'un de ses tiroirs et sembla fouiller sous la console qui courrait le long du mur. Puis il revint à son client comme si de rien n'était, m'observant à la dérobé à travers le miroir. Soudain, le frigo au fond du salon se mit à bouger et s'avança sur le carrelage noir et blanc. Et Moïra apparue. Pantalon de cuir et débardeur blanc. Cela me rappela la Bosnie, où je l'avais rencontrée la première fois il y a ...bien longtemps déjà. Elle me fit signe de la suivre et nous nous engouffrâmes derrière le frigo, qui obstrua de nouveau le passage aussitôt. Un couloir sombre sur quelques mètres, pour déboucher dans un bureau plutôt vaste et étonnamment éclairé. Un mur entier n'était fait que d'un miroir sans tain qui permettait de voir l'intérieur du salon de coiffure.

"- Tu te rinces l'oeil je vois.

- Incroyable cet endroit, non?

- J'avoue..."

Elle m'entraina vers le canapé qui meublait le mur en face et entreprit de défaire mon pantalon. Cette ambiance était irréelle. J'avais le sentiment d'être observé par la fillette et les deux hommes en train de se faire couper les cheveux devant moi.

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