humeurs

Publié le 30 Mai 2016

Photo: Ariana London

Photo: Ariana London

Quelle est cruelle, cette période où il faut vous résigner, faute d'une planification précise et d'un emploi du temps compatible, à supporter votre tête entre le dernier rendez vous qui commence à dater et le prochain qui ne sera pas là avant des jours...

Soudain, tout prend d'insupportables proportions. Habituée à ne tolérer que quelques millimètres au delà de la limite, il faut gérer à présent des centimètres, ou presque.

Poussée dans des retranchements inconnus, les idées les plus folles traversent votre esprit, entrer chez le premier coiffeur venu, quitte à dépenser une quasi fortune pour un simple "rafraîchissement" dont vous ne connaissez pas l'issue, donner quelques coups de ciseaux vous même au risque de passer les jours qui suivent avec un bonnet sur la tête en plein mois d'août... Le désespoir vous pousse jusqu'à envisager une tondeuse radicale...

Rien à faire. La période de fraîcheur est définitivement passée et chaque matin il faut lutter, devant le miroir de la salle de bain, pour garder les yeux ouverts face à l'insupportable tignasse. Ressortir pinces et barrettes serait un constat d'échec trop cruel, alors on mouille, on lisse, on coiffe tant bien que mal, n'importe quel produit capable de garder les cheveux plaqués faisant l'affaire.

Et vous jurez qu'on ne vous y reprendra plus, que dorénavant vous ne quitterez plus votre coiffeur sans avoir déjà en poche le prochain rendez vous et jamais au delà du mois suivant.

En attendant, vous tentez de faire bonne figure. Aux ami(e)s qui s'interrogent, vous déclarez fièrement que vous avez décidé de laisser pousser... un peu.

Il sera toujours temps, lorsque vous ré-apparaîtrez avec le tour d'oreille et la nuque bien rasés, de dire que c'était pour rire...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Mai 2016

Illustration: Julian Callos

Illustration: Julian Callos

L'Art voyez vous, ça se perche partout, dans l'ordinaire comme dans l'extraordinaire. On peut aimer la peinture, l'écriture, la photographie, le dessin, quelle que soit l'expression, chacun est capable d'oeuvre d'art. Et puis, ça ne s'explique pas. On peut toujours donner une interprétation, un avis, tenter de décoder, mais de toute façon chacun garde sa propre vision.

Prenez cette illustration connue de Julian Callos intitulée "Fallout". Bon ok, les retombées, tout ça, les champignons, la vie qui renait... Ok ok ok... J'en connais une demi-douzaine dans mon entourage qui pourrait me faire une explication de texte là dessus pendant des heures... Bref!

Ce que j'y vois avant tout c'est la subtilité à ne pas représenter définitivement un garçon, sauf pour celles et ceux qui ne parviennent pas à imaginer qu'une fille puisse avoir une telle coupe de cheveux. Le doute subsiste, pour les autres. Car rien n'est là pour indiquer un quelconque genre, sinon là encore, la façon dont les cheveux sont taillés. Cela pourrait faire naître une bataille d'experts. Certains calculeraient le ratio entre la largeur et la hauteur des épaules, l'épaisseur du pavillon auriculaire ou sa longueur, la largeur du cou... Rien de décisif. Au contraire, selon que l'on veut voir un genre en particulier, ces mêmes détails vous confortent dans votre opinion.

Et puis il y a cette particularité, ce petit tourbillon de l'implantation, comme l'oeil d'un cyclone capillaire, cette façon qu'ont les cheveux de s'ordonner à partir d'un point unique sur la calotte... Et justement cela me rappelle furieusement une amie chez qui j'avais remarqué cette singularité. Alors...

L'Art c'est bien voyez vous, parce que c'est souvent une fenêtre qui s'ouvre sur l'imaginaire, un format de l'esprit en "Cinémascope"... bien plus large.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 24 Mai 2016

Photo: Conie Suarez

Photo: Conie Suarez

Je t'en prie ne dis rien, n'ajoute pas ton timbre à la rumeur des gueux, aux mots creux nés de leur ignorance.

Ils vont te reprocher d'avoir les cheveux aussi courts et t'en vouloir de te soustraire à leur désir. Ils enrageront de te voir perdue à leurs yeux parce que leur cerveau granuleux leur dicte qu'une femme aux cheveux courts n'est plus vraiment une femme.

Ils te reprocheront aussi d'être trop blonde, trop grande ou trop petite, d'avoir les yeux trop clairs, enfin tout, puisque tu t'écartes du cheptel.

Les plus sournois te donneront du "monsieur" ou du "jeune homme", comme ils plongeraient une lame dans tes reins, en espérant te blesser. Ne dis rien, ton sourire les rendra fous.

Pense plutôt que tu as de la chance d'être à l'abri de cette fange qui se nourrit des exploits d'analphabètes qui ne sont bons à rien d'autre que taper dans un ballon rond et dont ils font la fortune...

Non ne dis rien.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 21 Mai 2016

Inaperçu(e)?

Aaaah! Cannes, le festival, ses paillettes, ses vedettes, ses people et ses ministres en goguette...

"Trust in me, just in me...." ( vous savez, le serpent Ka dans le Livre de la jungle.. ) Tout n'est qu'illusion, gloire éphémère et carton pâte. Mais bon, après tout le cinéma est bien là pour nous divertir.

Au milieu de tout ça, l'avez vous vu(e)?

Inaperçu(e)?

Dans ce film loufoque, elle est une Juliette étrange, amoureuse d'un Roméo déclassé. Mais est-ce qu'on en est bien sûr? Billie van Peteghem joue sur tous les tableaux, fille et fils de famille dans cette bourgeoisie moisie et consanguine. Une histoire d'amour baroque dans un monde baroque.

L'amusant, c'est que même après, le doute subsiste. Sur le générique du film, l'acteur/trice est nommé(e) Raph, ce qui maintient tout le monde dans l'ambiguité et là, en haut des marches du Palais, aux côtés de Juliette Binoche et de Fabrice Luchini, la délicieuse androgyne à choisi le smoking plutôt que la robe de soirée... Bien sûr!

Eh bien moi je dis que c'est bien plus qu'un simple "coup" de cinéma, c'est un petit bout d'amour rendu à l'androgyne, à cellui qui n'est ni fille, ni garçon et qui ne veut pas choisir d'être l'un davantage que l'autre, sinon au gré de son humeur, une fluidité de genre qui m'émerveille toujours et qui, en haut des marches de toutes les folies, a bien fière allure.

Ma Loute, un film de Bruno Dumont ( 2016 ) avec Fabrice Luchini, Juliette Binoche et... Raph

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 20 Mai 2016

Photo: Mia Munini

Photo: Mia Munini

Personne ne t'en voudra, crois moi.

Enfin si. Beaucoup auront un avis à donner, plein autour de toi diront des choses gentilles, confuses, méchantes, désagréables, chacun ira de son commentaire et tous seront tellement divers qu'au bout du compte aucun n'aura d'importance...

Tu pensais avoir un grain de folie? Tu imaginais peut être te mettre en marge? Rassure toi, je crois que tout le monde y a pensé un jour ou l'autre. Bien sûr, y penser ne fait pas tout. Le faire, voilà vraiment où pourrait se trouver la folie. On dit "folie" parce qu'on ne sait pas l'expliquer, cette envie qui vous taraude, comme un désir de transgression ou un espoir de vie nouvelle...

Et puis, tu as déjà les cheveux courts, le pas à franchir n'est pas si énorme. Et pourtant...

La réalité, c'est qu'il y a un monde, vraiment, entre tes cheveux courts bien stylés et cette petite tête au contour régulier où pas un des cheveux tondus ne dépasse. Le front nu t'oblige presque à écarquiller les yeux et tu es stupéfaite de découvrir des détails de ce visage que tu croyais connaître "comme ta poche". Tu retrouves sur ton crâne, ce pelage d'animal, cette douce toison, soyeuse, drue, qui ne supporte aucun courant et revient toujours sous ta main à son immuable rectitude.

Tout cela dans quelques semaines sera estompé et on se rappellera à peine de ce grain de folie qui t'aura poussé à tondre tes cheveux, juste parce que l'envie t'excitait. Mais l'expérience n'est pas anodine. Ce geste t'en apprendra certainement beaucoup sur toi même et sur celles et ceux qui t'entourent...

Allons, ne crains rien, personne ne t'en voudra, crois moi, de cette douce folie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 15 Mai 2016

Photo: Jeaneg©

Photo: Jeaneg©

Je profitais, avec Emilie, de ce beau et chaud dimanche, à la terrasse d'un café de la ville, pour papoter et la féliciter à propos de l'habileté avec laquelle elle avait une fois encore réalisé sa dernière coupe de cheveux. Et puis, comme elle était presque dos à la rue, elle s'est un instant retournée, offrant à mon regard cet angle de vue sur sa coupe, fraiche et "faite maison" donc. Alors je me suis dit que c'était cette photo là qu'il fallait faire, pour illustrer le blog...

Emilie n'est pas une séductrice, mais elle a conscience d'être une jeune femme "attractive". Elle l'est parce qu'elle se sent simplement bien dans sa peau et qu'elle assume son style, naturellement quoi! Pourtant elle semblait étonnée que des gens l'abordent, parfois maladroitement, pour la complimenter sur sa coupe de cheveux. Et moi même je reste perplexe, alors que je devrais le comprendre...

S'il y a bien une personne au monde capable de comprendre l'intérêt que peut susciter une jolie femme aux cheveux courts, c'est moi. Cependant, ce qui m'embarasse, c'est la "maladresse" avec laquelle ces personnes cherchent à l'exprimer.

Après tout, tant que la politesse, la courtoisie, le sourire et le respect ne sont pas abandonnés, pourquoi se torturer les méninges, se tordre les doigts, avoir la sueur au front et le rouge aux joues pour exprimer ce qui ne doit être qu'un compliment? Comme un simple "bonjour", sans rien attendre en retour, sinon un autre bonjour et un sourire...

Evidemment, les lourdingues et les obsédés, quel que soit l'objet de leur fascination, sont priés de rester dans leur cave. On est bien d'accord.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 14 Mai 2016

Photo: Giacomo Spaconi

Photo: Giacomo Spaconi

Il n'y a pas d'équivalent, je crois, au niveau de la stupidité, que cette idée reçue, toujours largement véhiculée, qui voudrait que les cheveux courts pour une femme soit l'apanage de son homosexualité.

"Boudiouuu les cheveux courts? Ah bé non hein, j'aurais trop peureu qu'on me prenneu pour uneu lesbienneu..."

Mais il y a longtemps que mon opinion est faite sur la majorité de mes contemporain(e)s et sa capacité à raisonner dans le bon sens. Pourtant, comme toujours, ce genre de réflexion ne résiste pas à la simple observation et à la connaissance du sujet. Hélas, parler de ce que l'on ne connait pas est devenu une véritable spécialité chez certaines gens dirait-on.

Donc, les moustaches, "ça fait pédé", les cheveux courts, "ça fait lesbienne", la chemise à carreaux, "ça fait bûcheron", et le pantalon écossais, " ça fait... écossais"!

Fumer un cigare de la Havane et boire un whisky 15 ans d'âge ne fait pas de moi un nabab ( hélas ), juste un amateur de choses raffinées qui excitent mes sens. Avoir les cheveux courts, c'est un peu la même chose. C'est s'installer dans un mode de vie particulier, audacieux et délicat, ou simplement se laisser aller à son envie, son désir, en étant capable de se soustraire à l'opinion des gueux.

Et puis, il ne faudrait pas se tromper non plus. Quand l'épicière du coin exprime son dégoût pour les femmes aux cheveux courts, en les assimilant toutes à des lesbiennes, c'est juste une forme d'homophobie ordinaire qu'elle peut adapter aussi aux jeunes femmes qui ont des piercings ou qui sont tatouées, mais ça reste de l'homophobie. Et puis est ce que ça ne cache pas finalement, une grosse amertume de ne pas avoir osé, elle aussi, un jour, être elle même?

Parce que les cheveux courts, en réalité, "ça fait juste, la femme qui n'a pas peur d'être elle même". C'est tout!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 12 Mai 2016

Diane Rouxel

Diane Rouxel

Je trainais hier soir devant mon écran plat, à regarder Catherine Deneuve et Benoit Magimel se démener pour sauver ce qui pouvait l'être d'un jeune garçon à l'éducation abandonnée par une mère trop jeune et complètement larguée. Un peu crispant et pas vraiment le film pour se détendre d'une journée, quelle qu'elle fut...

Et puis arrive, au beau milieu du Centre d'Education Surveillé, l'ange rédempteur, celle par qui le salut du jeune homme viendra... mais, même si on s'en doute, cela n'apparait pas tout de suite. Ce qui apparait par contre c'est la bouille de cette jeune femme, tellement lumineuse malgré une allure de tomboy révolté, gants de boxe en bandoulière et cheveux tondus.

C'est toujours particulier, dans un film, lorsqu'un personnage évolue dans le temps après que, dès la première scène, il soit apparu avec une coupe de cheveux très courte. Au fur et à mesure de l'histoire ses cheveux poussent.. Mais, connaissant les impératifs des producteurs, toujours effrayés de perdre de l'argent si le tournage s'éternise, on imagine pas que les prises se soient faites de manière chronologique, laissant à la jeune actrice le temps nécessaire pour que ses cheveux blonds finissent par couvrir ses oreilles et sa nuque.

La réalité est plus certainement que les scènes où elle apparait ont été tournées dans un ordre antéchronologique, lui faisant couper les cheveux petit à petit pour arriver au final à cette "buzzcut" qu'il faudra malgré tout entretenir durant quelques temps pour être raccord...

Mais qui s'en plaint?

"La Tête Haute" d'Emmanuelle Bercot 2014 avec Diane Rouxel ( et plein d'autres )

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Humeurs

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Publié le 10 Mai 2016

Photo: Nima Salimi

Photo: Nima Salimi

Les choses ont tendance à m'énerver, des fois. Je me garderais bien de déclarer que je suis féministe, d'abord parce ce que ce n'est sans doute pas le cas et puis j'aurais trop peur de m'attirer les foudres d'une des nombreuses obédiences de ce mouvement.

Déjà quand j'osais me proclamer homme lesbien j'en voyais certaines me lorgner de traviole, alors....

Mais par contre, une chose est sûre c'est que je suis profondément anti-sexiste. Je ne parviens pas à comprendre, pourquoi, comment, mes contemporains en sont encore à ne considérer les femmes que par le prisme de leur sexualité qui leur confère une soi disant supériorité. Je n'y arrive pas. A tel point que, au bord du renoncement, je finirai par n'avoir que du mépris pour les personnes de mon genre.

Pourtant, depuis le temps, les choses auraient dû s'arranger? Mais non, j'ai l'impression qu'au contraire elles s'aggravent. Certaines tribus "primitives" témoignent de plus de respect des hommes envers les femmes que nos sociétés "évoluées" ne le montrent. Et à chaque scandale, il y a toujours des voix, des deux sexes, pour dédramatiser des faits inadmissibles, minimiser les responsabilités, voir émettre des circonstances atténuantes...

Qu'une jeune femme connue à qui l'on demande son opinion, s'élève contre l'image consternante que donne de la femme les chanteuses américaines ou les starlettes à la mode bimbo dont les jeunes filles du monde entier nourrissent leur idéal et la voilà clouée au pilori, rabrouée, vilipendée ou traitée de "féministe des beaux quartiers"

Qu'une députée, vienne après des mois, voir des années de silence, poussée par les révélations de la presse, dénoncer un homme politique que tout le monde connait pour son comportement outrancier vis à vis des femmes et il y en a encore qui voudraient remettre en cause la parole de cette élue et des autres victimes.

Mais je m'égare peut être... après tout je ne suis là que pour parler des femmes aux cheveux courts. Pourtant, je ne suis pas si loin de mon sujet, en voyant à travers elles, des personnes libres, affranchies de ce pesant sexisme qui m'exaspère...

Hélas, comme disait Woody Allen:

" En résumé, j'aimerais avoir un message un peu positif à vous transmettre. Je n'en ai pas... Est-ce que deux messages négatifs, ça vous irait? "

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 7 Mai 2016

Photo: Oleg Fenix

Photo: Oleg Fenix

Elle n'attend rien, de personne. Cela fait longtemps qu'elle a compris que les choses ne changent pas vraiment, alors elle trace son chemin.

Un jour, lorsqu'elle était gamine on lui a dit qu'elle ne devait pas courir avec les garçons et ferait mieux de s'occuper de ses poupées. C'est vrai, elle les aimait bien ses poupées, mais ça l'énervait de ne pas pouvoir être le chevalier qui sauve la princesse, aussi, de temps en temps.

Le problème, c'était le genre. Personne dans ce monde ne semblait vouloir comprendre qu'elle avait beau être une fille, elle ne se sentait pas pour autant une âme de "ménagère". Il fallait casser les codes!

Elle a cultivé son féminin, elle n'avait pas beaucoup à se forcer. Et puis elle a joué le masculin... et c'était délicieux.

Photo: Oleg Fenix

Photo: Oleg Fenix

Elle a coupé ses cheveux, sans demi-mesure, ne gardant que quelques millimètres de cette toison opulente qui la rangeait irrémédiablement dans le camp des filles. C'est bête oui, c'est ce qu'elle s'est dit, c'est bête que les cheveux fassent ça. T'en as t'es une fille, t'en as pas, t'es un mec.... Elle a découvert plein de choses depuis qu'elle a les cheveux courts. Du bon et du mauvais, mais finalement il y a plus de bon. De temps en temps un mal luné lui dit "bonjour jeune homme", mais elle s'en fous, elle n'attend rien de personne. Elle a choisit d'être sans genre et c'est bien plus marrant de choisir son camp...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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