humeurs

Publié le 24 Décembre 2016

Les affranchies

Je sais ce que disent les gens, je vois leurs regards, un peu fuyants. Bien sûr, de temps à autre, il y a un sourire, un clin d'oeil, mais le plus souvent tout cela respire la réprobation. Allez savoir pourquoi ils ne parviennent pas à s'empêcher de juger...

Peut être sont ils vexés de ne pas savoir nommer ces deux personnes qu'ils croisent, alors ils se vengent, font dans l'excès, dans le dégoût.. et tout est bon, les vêtements, la coupe de cheveux, l'attitude, chaque détail reçoit sa petite goutte de bile...

Mais voyez vous... je vais vous dire, ces filles à la nuque rasée et aux pantalons serrés ne voient pas le monde mesquin des gens étriqués qui voudraient les juger. Elles sont elles mêmes un monde, d'un genre différent, bien meilleur que le leur. C'est peut être ça qui fait grincer les dents des "bonnes gens", qu'elles soient inaccessibles à leur désir, qu'elles se soustraient à leur concupiscence, qu'elles s'affranchissent de leurs règles.

Leurs cheveux trop courts, leur poitrine si peu visible et leurs vêtements confortables les fait échapper à l'attraction des êtres simples qui dénient leur féminité et vomissent leurs amours surnaturelles et idéales.

Passez donc, bonnes gens, marmonnez, ruminez, vomissez...

"les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne... "

Photo : ©jeaneg

Citation : Les enfants qui s'aiment - J. Prévert

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 21 Décembre 2016

Façon "Peaky Blinders"

Pour celles qui sortent à peine de leur couvent en Moldavie, Peaky Blinders est une série anglaise racontant l'histoire d'un gang de gitans ayant la main mise sur la ville de Birmingham dans les années 20...

Je n'y avais pas songé tout de suite, mais une réflexion faite par un passant à deux de mes amies m'a fait sourire et je me suis dit qu'effectivement, l'une et l'autre auraient pu avoir un rôle ( masculin ) dans la série grâce à leur coupe de cheveux.

Ce n'est pas une tendance, juste un style que s'approprient ces jeunes femmes qui aiment brouiller les pistes et laisser leur genre indéterminé. En pratique, il s'agit de tondre bien ras les contours, tempes, tour d'oreille et nuque et pratiquement sans transition, laisser les cheveux dessus d'une longueur suffisante pour être coiffés, avec ou sans raie, devant, en arrière ou sur le côté.

C'était donc, pour le passant qui a fait cette réflexion à mes amies, une façon de faire un clin d'oeil, bien que mes amies, j'en témoigne, n'ont rien de jeunes gangsters londoniens du début du XXème siècle ( ... enfin je crois? ). Mais ce qui m'amuse et me plait, c'est de réaliser de quelle manière, facilement somme toute, les jeunes femmes ont "détourné" cette coupe de cheveux pour la rendre élégante et stylée.

Photo: ©jeaneg

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 14 Décembre 2016

Photos: Fany Meil

Photos: Fany Meil

Peut être y a-t-il ici bas une femme aux cheveux courts capable de dire que personne ne lui a jamais reproché d'avoir coupé ses cheveux? Peut être qu'elle existe vraiment, celle qui adolescente ou jeune adulte, a découvert sa vraie personnalité et s'en est trouvée encouragée par ses proches à qui elle dévoilait sa nouvelle tête? Non bien sûr, j'exagère, comme toujours. Evidemment que cela existe... enfin j'espère.

Il faut croire que l'Humain est ainsi construit, pour, selon son âge ou sa position sociale s'arroger le droit de juger et condamner quiconque s'écarterait de ses propres idées, de ses goûts et de ses couleurs. Mais c'est une chose d'être confrontée aux préjugés des "autres" et une autre, bien plus cruelle, que d'être victime de ceux de ses proches.

Je les entends ces parents qui persistent à se moquer de leur fille aux cheveux courts ou qui plus tristement témoignent de leur exaspération à la voir les couper toujours plus courts. Je les entends ces portes qui claquent, ces poings qui frappent la table, ces cris stupides. J'entends les arguments qui n'ont pas de sens, qui en appellent à ce que pourraient penser "les autres", qui tranchent sur ce qui est beau et ce qui ne l'est pas, qui parlent de féminité sans en connaître le sens...

Et là où tout au contraire elles auraient besoin d'être rassurées, confortées, épaulées par des pères aimants et des mères bienveillantes, elles se retrouvent jugées, dénigrées, moquées et rejetées, par ceux qui devraient être les derniers à le faire...

Dieu merci, comme disait l'autre, ces femmes aux cheveux courts, quelque soit leur âge, ont ce courage et cette force qui caractérisent celles qui n'ont pas peur de sortir du sentier trop battu et qui savent que leur image n'appartient qu'à elles, riant au nez de ceux qui pensent que les femmes, les vraies, doivent s'habiller en robe et laisser leurs cheveux leur battre les reins.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 13 Décembre 2016

Gurls' powa

C'est lundi. La plupart des salons de coiffure de la ville sont fermés. Tous? Non, car un petit salon résiste...

C'est un endroit qui semble figé dans le temps. Jusqu'à il y a peu, c'était "mon coiffeur", cet endroit tranquillement préservé de tout, où le monde se refait le temps d'une coupe. Et puis, petit à petit, avec l'arrivée de Régine, les choses ont changées... Les femmes sont arrivées. Une, puis deux, puis plein. Mais attention, cela ne fait pas pour autant de "mon coiffeur" un salon mixte. Du tout du tout!

Ce serait plutôt devenu un salon pour hommes... et femmes aux cheveux courts. Le petit salon vintage où les femmes peuvent se faire couper les cheveux "comme les mecs". Et ce lundi là, elles étaient en force. Il y avait Romane, de passage pour raconter sa soirée techno du weekend, Maëva, décidée à bousculer un peu son image, avec une envie irrépressible de nuque bien rasée et Ninon, la dernière arrivée, modèle androgyne de la précédente dans son projet photographique, qui découvrait Régine et le salon pour la première fois... avec bonheur.

Girls'power! Et ça tombe bien parce que le lundi Régine est seule au salon. Alors du coup, cela donne une ambiance différente, l'image d'une sorte de monde idéal, un barbershop où les habituées seraient des jeunes femmes un peu Queer, genderfluid, androgynes adeptes de lowfade et de skinfade, pour qui la taille du sabot de la tondeuse a plus d'importance que le fer à friser.

Gurls' powaGurls' powa

Ça fait du bien, parfois, de voir que tous les salons "pour hommes" ne refoulent pas les femmes aux cheveux courts. Et encore mieux, lorsque celles-ci prennent carrément le pouvoir... au moins un jour dans la semaine.

Merci à Régine, Maëva, Romane et Ninon

Photos: Jeaneg©

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 10 Décembre 2016

Les filles sages vont au ciel, les autres vont chez le coiffeur!

Elle ne craint pas l'oeil torve, glissé par en dessous, ni les chuchotements des bonnes gens qui se retournent volontiers à son passage. Ce monde là lui est étranger. Elle a cette fierté sans mépris que donne le plaisir d'être regardé, imaginant toujours que c'est avec bienveillance. Une fierté sans orgueil, presque malicieuse. Celle d'avoir le courage d'être elle même, sans compromis. Intouchable!

Alors elle n'a pas peur d'assumer son plaisir, ses envies, sa folie. Là où d'autres se laissent contraindre par des idées saugrenues, des préjugés et des dogmes stupides, elle se délecte de sa nuque tondue, de son bol de mèches blondes, de ses tempes rasées et de l'ambiguïté parfois que cela lui offre. 

Elle a la promesse d'être unique, peut être enviée ou jalousée, mais surtout d'être authentique. Et puis le plaisir intense, mystérieux et insensé, de se plaire, de frissonner à la caresse de son cou nu aussi...

Ce n'est pas une chance, c'est une volonté.

Photo: Marie-Eve coiffée par Xuan - Jean Vallon Advanced 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 9 Décembre 2016

Culture et contre-culture

Ouhlalala! Je me garderai bien de parler ici de religion... Pourtant je remarque que les religions, elles, parlent des femmes et le plus souvent pour leur dire des trucs du genre fais pas ci, fais pas ça...

Pour ça, pas de jaloux, les trois doctrines monothéistes interprétées à la sauce radicale considèrent que toutes les filles d'Eve ont hérité du Vice et seront toujours un danger pour l'Homme. L'homme qui bien sûr est incapable de résister à la tentation et à ses pulsions, si bien qu'il ordonne à la femme de se couvrir le plus possible et de cacher en toutes circonstances ses cheveux pour ne pas "exciter les garçons"... Bref!

Cependant, les cultures imprégnées de ces différents cultes n'ont pas toutes évoluées de la même façon et il faut bien dire qu'aujourd'hui, en dehors des mouvements les plus radicaux, la culture musulmane est celle qui fait peser le plus de contraintes sur les femmes.

Le malheur, c'est que les interprètes des textes sacrés, finissent par dire tout et son contraire... Ainsi, on trouve dans la Bible, mais aussi dans le Coran et la Torah, cette injonction aux femmes de porter un voile sur leurs cheveux... ou sinon de les raser

Et donc, par voie de conséquence, on devrait considérer que le fait de se tondre les cheveux, dispense toute femme de porter un voile. L'expérience a été tentée en Iran... Et le résultat est mitigé.

Il n'en demeure pas moins vrai, que même pour se couper les cheveux, les choses restent compliquées pour les jeunes femmes de culture musulmane. Mais après tout, et les témoignages souvent lus dans ce blog en sont la preuve, c'est en réalité compliqué pour tout le monde. Hélas!

 

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Publié le 8 Décembre 2016

Camille Toboll

Camille Toboll

Après mûre réflexion, je crois pouvoir dire que la clé, le véritable dénominateur commun parmi toutes ces femmes aux cheveux courts qui font mon admiration quotidienne, c'est cette façon de ne pas se laisser enfermer dans les stéréotypes ou dans le confort d'une image attendue. En y pensant, on peut se rendre compte à quel point il faut de l'audace et de l'assurance pour cela. Ah ben si!

Dès que l'une d'elles sort des limites acceptées de la féminité dans ce domaine ( sic ), entendez par là que sa coupe de cheveux dégage ses oreilles ou que sa nuque est tondue comme celle d'un garçon ( re- sic ), elle s'expose au jugement permanent de ses congénères, qui dans notre époque de grande tolérance, s'autorisent à tout moment à l'interpeler sur ça nature, son genre, son sexe et même pourquoi pas sur son orientation sexuelle... Les gens sont  taquins si vous saviez...

Alors oui, certainement que ce trait de caractère est celui qui nourrit le plus mon admiration, celui qui me fait me sentir le plus proche de ces femmes, féminines, androgynes, masculines, celles qui s'aiment et s'assument. Celles qui cèdent à leurs envies, celles qui n'ont pas peur d'adopter les codes que d'autres veulent se réserver, celles qui se réjouissent de la tête des autres, qui sortent de chez le coiffeur, belles et invincibles. 

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 7 Décembre 2016

Photo: Flora Vrc

Photo: Flora Vrc

Lolo et Lola ne se connaissent pas, pourtant ils se ressemblent. Même style, même allure, un subtil mélange de genre. Question fringues, la qualité, la réputation de la marque, le prestige c'est Levi's et le must c'est le 501. Et quand Lola achète le sien cela lui coûte 129,00€. Quand Lolo achète le même, cela lui coûte 119,00€... Hum hum hum... 

Lola a les cheveux courts, depuis longtemps. Et même en ce moment plutôt très courts, comme Lolo. Alors tous les mois elle va chez sa coiffeuse, dans un salon un peu chic. Elle y a ses habitudes et puis elle a dû batailler au début pour avoir la nuque bien rasée. Shampooing à la camomille, coupe aux ciseaux, à la tondeuse, au rasoir, coiffage. A chaque fois cela prend une bonne heure et au moins elle en a pour ses 40,00€. 

Lolo, lui va chez son barbier, un salon "old school". Shampooing, coupe à la tondeuse et aux ciseaux, coiffage... Il en a pour vingt bonnes minutes et paie bien 20,00€ chaque mois... Hum hum hum...

Alors du coup je me demandais... Est-ce que par hasard, au niveau de la soupe au potiron ou du spaghetti bolognaise, il y aurait aussi une différence, selon que c'est Lolo ou Lola qui se l'enfile?

Photo: Flora Vrc

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 25 Novembre 2016

Edie Campbell

Edie Campbell

Oui enfin... les bigoudis c'est pour la rime. Mais ce qui me plait c'est de voir la régularité métronomique avec laquelle certaines de mes connaissances choisissent le vendredi pour rendre visite à leur coiffeur. Que le rythme soit mensuel, bimensuel, bihebdomadaire ou carrément hebdomadaire, c'est souvent le vendredi que cela se passe...

Bon, coïncidence ou nécessité du calendrier, les emplois du temps ne sont pas toujours propices à d'autres choix. Et puis peu importe, c'était juste pour faire un titre rigolo.

Pourtant, si j'y réfléchi un instant, je trouve amusant de voir à quel point cet impératif qui était, il n'y a pas si longtemps, totalement masculin, est devenu une routine pour elles aussi. Amusant de rappeler aux plus jeunes qu'à une époque, les garçons se faisaient montrer du doigt dès que leurs cheveux touchaient à peine les oreilles, que l'instituteur ou la maitresse d'école ne manquaient pas de rappeler les "rebelles" à l'ordre, qu'on moquait ceux qui avaient manqué leur rendez vous mensuel en affirmant que leur coiffeur était en prison... Mouhahaha! la bonne blague!

Une sorte de verrou social a sauté. Aujourd'hui, plus personne n'est "obligé" d'aller chez le coiffeur et la contrainte est devenue plaisir. Ce sont les femmes aux cheveux courts au dégradé précis et minutieux qui s'imposent elles mêmes la régularité du passage chez le coiffeur pour être toujours "clean" et stylées  

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 19 Novembre 2016

C'est bien beau de parler des cheveux courts, de faire à longueur de pages l'apologie des femmes qui les ont et de vanter le caractère de ces dernières, mais à partir de quand peut-on considérer que les cheveux sont courts?

Ce n'est pas la peine d'esquisser un sourire en soupçonnant une quelconque ironie dans mon propos. Non! c'est un sujet des plus sérieux. Pensez donc, si même moi je ne suis pas capable de savoir précisément de quoi je parle, où va-t-on?

Alors voilà, c'est mon amie Anne qui vient me taquiner en me montrant un sujet sur la chanteuse Laura Pergolizzi que tout le monde connait sous ses initiales LP, en disant: "Pas besoin d'avoir les cheveux courts pour en avoir le caractère... "

Bon, LP question androgynie rien à dire, plus, on peut difficilement. Son morceau Lost on you j'adore, vraiment je suis fan et franchement, rien que pour ça elle est déjà à mes yeux une femme aux cheveux courts. Mais selon les critères de mon amie Anne, elle serait donc une femme aux cheveux courts... aux cheveux longs, ce que j'aurais volontiers admis si la jeune femme avait eu... les cheveux longs. Vous suivez ou bien?

D'accord, question coupe, LP ce serait plutôt le style caniche en rupture de ban qui n'aurait pas connu les joies du toilettage depuis bien longtemps. La tignasse bouclée, la frange sur les yeux, c'est pas le genre le plus représenté sur ce blog. 

C'est court comment?

Alors disons qu'à mon avis, on peut dire que les cheveux sont "courts", lorsque le cou et/ou les oreilles sont visibles. Evidemment, les cheveux bouclés compliquent toujours les choses et peut être que ces critères ne sont applicables qu'à une nature de cheveux "standard"... Mouais, bon... En réalité, depuis toujours, je l'ai dit ici, les femmes aux cheveux courts sont celles qui se reconnaissent dans ce blog, à travers les photos, ou à travers l'écriture. Tout est question d'humeur. En conséquence, Anne, je crois que l'on peut dire que LP est une femme aux cheveux courts....longs. CQFD

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Rédigé par jeaneg

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