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Les Affranchies

humeurs

Elles sont légion

6 Mars 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Rebecca Etchevarria

Rebecca Etchevarria

Pas besoin d'être spécialement observateur ou attentif aux courants qui parcourent l'air du temps. Où que l'on soit, on les voit, plus visibles chaque jour. Elles sont étudiantes, jeunes travailleuses, artistes, zadistes révoltées ou mannequins. Ça donne de l'universalité à ce mouvement. Mouvement n'est pas le bon mot d'ailleurs. Cela voudrait signifier que comme un geste, il part de là pour aller là et se terminer. Non c'est une détermination, un éveil, la preuve que le temps change. Chacune dans son coin, cultive cette nouvelle idée d'elle même. Elles ont volontiers les cheveux tondus. Ce n'est pas un signe de révolte, juste une respiration, une coupe qui libère de bien des idées trimballées depuis trop longtemps. 

Et cet éparpillements ce retrouve là et là encore, si bien que toutes finissent pas se reconnaitre et ces femmes sont légions, levées sans haine, presque doucement, pour être enfin elles mêmes, débarrassées de cet esclavage de la séduction. Sans manquer de charme, mais farouches, un peu sauvages, méfiantes, le sourcil en bataille. Un naturel qu'il faut dorénavant aimer, brut ou sophistiqué, mais sans contrainte.

Et cette armée qui passe de l'ombre à la lumière, renvoie d'un seul coup les starlettes et les bimbos au fin fond des fantasmes porcins de ceux qui s'étaient assis sur leur certitudes, comme sur un trône.

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Chevalière

3 Mars 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Valérie - Kingmaker character

Valérie - Kingmaker character

Il y a des histoires qui n'existent pas, pas encore. En tout cas qui ne pouvaient pas exister auparavant. Simplement parce que le mot n'existe pas. Vous aurez beau chercher dans tous vos dictionnaires, il n'y a pas dans les histoires d'antan et les contes et les légendes de "chevalière". Ce mot là signifie que l'on parle d'une vulgaire bague, fût-elle en or. Mais " la preuse chevalière" on oublie. Même "preuse" c'est limite. On pense naturellement au féminin de preux, mais si le terme existe, il est tellement peu usité que nos correcteurs modernes l'ignorent.

Pourtant, si moi j'avais mon compte lorsque j'étais enfant, je me dis que ma petite soeur aurait adoré trouver dans ses lectures quelques héroïnes valeureuses et sans peur. Mais des vraies! Pas des guerrières de pacotilles aux cuisses nues et à la poitrine balconnisée, non! Des solides, bardées de fer et de cuir, armées jusqu'aux dents, les cheveux taillés "en rond", juste parce que c'est pratique, belles naturellement par leurs seules valeurs morales.

Et si elle avait eu ces modèles là, j'avoue que j'en aurais été jaloux

 

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Ta façon de regarder

2 Mars 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Gaëlle Lebek

Photo: Gaëlle Lebek

Elle t'intrigue cette fille. Tu dis "cette fille" mais tu n'en es pas vraiment sûr. Intuitivement tu penses qu'elle est fille, parce que simplement tu as toujours imaginé qu'il n'y avait pas 36 manières d'être. Soit garçon, soit fille. Ou noir ou blanc, ou vrai ou faux... Mais "cette fille" à la voix claire, aux traits fins, s'habille comme un garçon et surtout se coupe les cheveux comme on coupait les tiens lorsque tu étais gamin. Et à cause de cela tes certitudes vacillent. 

Mais toi au moins tu te poses la question. C'est drôle, parce que pour ton père et pour le père de ton père cette question ne se posait pas, ne se concevait même pas. Pour ton fils elle ne se pose pas non plus, c'est naturel, il ne voit aucune anomalie. Mais toi, tu t'interroges. Tu aurais même mille questions à poser et tu obtiendrais.... mille réponses, ou aucune. "Cette fille" est comme ton fils. Lui il t'épate avec son aisance dans ce monde 2.0, il voit des choses que tu ne perçois pas, comprend des schémas que tu ne visualises pas. Il a cessé de considérer les genres sous leur forme binaire, il ne confond plus avec le sexe, sait aussi que l'apparence n'est pas toujours la réalité... Et puis "cette fille", peut être n'a-t-elle les cheveux si courts que parce que cela lui plait, peut être maîtrise-t-elle cette ambiguïté, ou bien encore, peut être que malgré sa voix claire et ses traits fins, est-elle un garçon...?

Ce n'est pas à lui qu'il faut poser la question. A elle non plus. Il te faut juste apprendre à regarder différemment, plus "largement", à considérer le style et l'allure,  à apprécier l'intelligence et le talent, à aimer la gentillesse ou a respecter la distance... Rien de très compliqué en somme.  

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Un mouvement... collectif

28 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Martha Granados

Photo: Martha Granados

On pourrait croire que, focalisé sur la question, on finit par ne voir que ça et on se nourrit de cette illusion. Mais en fait, non!

Certes, on est loin d'un mouvement général et universel, mais un mouvement tout de même persistant. Evidemment il n'y a pas de statistiques, mais il ne faut pas croire que seules quelques étudiantes ou coiffeuses suivent cet élan. 

Il n'a pas fallu longtemps après que les hommes se soient laissé séduire par le style "old school" un peu véhiculé par les hipsters de tous bords, pour que certaines, depuis longtemps tentées, emboitent le pas et goûtent à ce style de coupe qui dégage sévèrement les côtés et la nuque à coup de tondeuse.

D'où vient cet engouement pour le cheveux ras? Effet de mode? Tendance? Noooon, ça ne durerait pas si longtemps sans se démentir. Aujourd'hui, mannequins, chanteuses, actrices, mais aussi les anonymes qui travaillent dans presque tous les secteurs, se laissent volontiers conquérir par un style qui va dessiner leur petite tête au plus près du crâne. Alors quoi? Pas seulement l'envie d'abolir le genre et de "piquer" aux hommes cette allure qu'eux mêmes croyaient être le summum de la virilité. Effacer l'image du genre c'est bien. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi ce sentiment inavouable, ce plaisir secret, cette addiction surprenante qui se révèle après que pour la première fois après y avoir longuement pensé, on touche cette partie de la chevelure qui a été tondue.. et aussi bien sûr cette image nouvelle, un peu trouble, ce sentiment de transgression, cette ambiguïté provoquée justement par cette coupe que tout le monde croyait réservée aux hommes et qui dévoile si extraordinairement la féminité.

Une sérieuse hypothèse tout de même...

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Dafné en vrai

26 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs, #Portrait

Photo: ©jeaneg

Photo: ©jeaneg

Dafné Bianchi est une incarnation de la danse. Elle n'est pas danseuse, elle est la danse. Je l'ai su dès notre premier contact sur l'Internet et le portrait que nous avions tracé ensemble à l'époque, exprimait toute l'admiration que j'ai pour elle - Son portrait - 

Je la connaissais donc, sans jamais l'avoir rencontrée, ce qui n'est finalement jamais satisfaisant. Mais quand le hasard, la chance, l'agenda, la SNCF et OuiGo donnent soudain l'occasion de changer cela, il ne faut pas hésiter. 

Et voilà comment un dimanche après midi à Montpellier, je suis venu suivre un cours de danse.

Non j'déconne! Je me suis mis dans un petit coin et j'ai profité du spectacle. Je n'entend rien à la danse, encore moins dans sa forme la plus moderne, mais je suis sensible aux émotions, aux convictions et à leur intensité. Dafné sait transmettre tout ça. 

 

Dafné en vraiDafné en vraiDafné en vrai

A chaque musique, tout en suivant le travail de ses élèves d'un jour, elle se laisse prendre par le rythme et tout naturellement esquisse un pas, ferme un instant les yeux, agite son corps... Concentrée, sérieuse et pédagogue, elle donne avec générosité son savoir, son délicieux accent italien cherchant parfois le bon mot en français.

Ce n'est qu'à la fin du cours que nous nous trouverons pour bavarder un brin, évoquant l'expérience des "Trois Mousquetaires" qui l'a déçue ( elle a quitté avant la tournée ) et quelques connaissances communes, comme de bons vieux amis.

C'est vrai, ses cheveux sont plus longs, la coiffure un peu différente, mais elle reste définitivement une femme aux cheveux courts, la mèche sur l'œil et la nuque rasée.

Dafné Bianchi

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DJ avec et DJ sans

22 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

DJ avec et DJ sans

Anastasia Topolskaia a d'abord été connue sous le pseudo de Nastia Beauty, un pied de nez à ses détracteurs qui racontaient qu'elle avait percé grâce à son physique... puis DJ Nastia et finalement Nastia tout court. Oui, la jeune femme mixe, genre drum'n bass. Avec un certain succès, il faut le dire. Son agenda fait foi.

Ce n'est pas la première fois qu'elle apparaît dans ce blog. Il y a 6 ou 7 ans, elle était une découverte, brune, les cheveux ras, elle avait de quoi convaincre un amoureux des femmes aux cheveux ( très ) courts. Mais si elle revient montrer sa frimousse ici c'est pour faire la démonstration qu'une femme aux cheveux courts, quelque soient ses envies de changement, revient toujours à l'essentiel. Chronologie: Début en 2010, cheveux courts, mèche qui barre le front. 2011 boule à zéro! 2012-2013 cheveux très courts, toujours brune... et puis subitement les bonnets et autres chapeaux font leur apparition. Durant plusieurs mois on ne la verra pas sans, cachant ce qu'on devine être une certaine "misère capillaire", de celle qu'on traverse quand on décide de laisser pousser ses cheveux après les avoir tondus.

 

DJ avec et DJ sansDJ avec et DJ sans
DJ avec et DJ sansDJ avec et DJ sans

Et hop! Quelques mois plus tard on la découvre à nouveau, petit carré bien propre, et durant la période qui suit elle va ainsi naviguer entre différentes longueurs, jusqu'à les avoir sur les épaules, avec toujours autant de grâce et d'élégance.

Mais voilà, quand on est passé par les cheveux très très courts, il reste toujours une petite nostalgie... 2017, grand retour des cheveux très courts. D'abord un petit coup de blondeur, dans différentes nuances et puis zou! 

Tout ça pour dire que les envies de changements, pour légitimes et salutaires qu'elles soient, ne signifient jamais qu'on renonce à être une femme aux cheveux courts pour autant. CQFD

DJ avec et DJ sans
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La guerre de Rose

21 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Josef Jasso

Photo: Josef Jasso

Là d'un coup, on est plus dans le domaine de "l'amoureux des femmes aux cheveux courts". D'ailleurs on peut avoir une dilection pour les cheveux courts et ne pas aimer toutes les femmes qui en sont affublées. On aurait un peu trop tendance d'ailleurs à confondre entre aimer les femmes et aimer les cheveux courts. Moi j'aime les personnes, les caractères, les tranches de vie. 

Rose McGowan n'a pas eu une vie facile, si j'en crois les biographies. Il a fallu qu'elle se batte pour atteindre la célébrité que lui ont conféré le cinéma et la télévision. Dans ce monde d'artifices, elle a été comme les autres, bien sûr...

Seulement voilà,  un jour, elle en a eut assez de cette vie d'hypocrite. Elle était prête à nouveau pour le combat. En novembre 2015, elle avait déjà les cheveux courts, pixie cut, comme disent les américains, mais elle a décidé de se raser la tête. Coup d'éclat dans ce monde de paillettes! Sauf que là, ce n'était pas pour un rôle, comme Natalie Portman ou Charlize Theron qui auraient bien mérité un Oscar pour tant de "bravitude". Non, Rose ce jour là ne part pas au combat pour le cinéma, mais contre lui. Et ça va saigner...

"Courageuse", c'est le titre de son livre. Une qualité qu'on lui accorde sans mal quand on sait qu'elle s'en prend aux nababs d'Hollywood, aux tout-puissants de ce monde qui l'a rendue célèbre. Le voile tombe, le rideau se déchire et la poudre s'enflamme, à travers le monde entier, libérant d'un coup une foule de victimes restées jusque là dans la honte et le silence. Alors soudain, cette "boule à zéro" a une signification, un sens que jusque là je me refusais d'accorder aux autres, considérant que chacune fait ce qui lui plait avec son corps ( et ses cheveux ) et qu'il n'y a pas besoin de justifier quoi que ce soit. Dieu merci, toutes les femmes victimes de viol ne renoncent pas pour autant à leur chevelure ( cela changerait d'ailleurs sans doute la face de l'humanité... ) 

Mais pour Rose cela signifie bien qu'il faut dorénavant s'intéresser à ce qu'elle dit, à qui elle est, plutôt qu'à son image d'actrice "appétissante" et passe-partout. Fini les artifices, fini les hypocrites. Il faut brûler Babylone et dénoncer sans relâche les "ogres" que la puissance de l'argent rendait intouchables.

Les hashtags fleurissent à travers les réseaux et les scandales, les uns après les autres,  font chuter les idoles d'hier. Mieux, le désormais universel #metoo a entraîné la création d'un fond de solidarité pour soutenir financièrement les victimes, Time's Up.

Et ça, c'est déjà une bataille gagnée.

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Une coupe de...

19 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Ondina Maldonado

Photo: Ondina Maldonado

On peut s'étonner, arrivé à notre époque, d'entendre encore des réflexions ou de lire certains articles de magazines qui évoquent une catégorie sociale pour qualifier un style ou une coupe de cheveux.

Ainsi, les moins perspicaces elles mêmes auront remarqué qu'une jeune femme, entre 18 et 25 ans, qui aime se faire couper les cheveux très court, dans un style d'inspiration masculine, sera immanquablement soupçonnée d'être lesbienne, quelque soit sa réelle orientation. Pour le moins, on qualifiera sa coupe de cheveux de "coupe de lesbienne", ce qui bien évidemment n'a ni fondement, ni bon sens. 

Avant même d'atteindre ces catégorisations, on va reprocher à une femme ses cheveux courts en considérant qu'elle renonce à toute féminité en les coupant. Ce qui bien sûr, non seulement est stupide, mais en plus bien souvent disqualifié par la réalité. Une fois ce premier tri effectué, il y a donc des observateurs bien pensant qui sont capables de disséquer cette communauté de femmes qui voudraient ne plus l'être, en sous catégories plus viles les unes que les autres ( à leurs yeux ). Ainsi on trouve la coupe "lesbienne", la coupe "garçonne", la coupe "punk", la coupe "skinhead" ... Enfin bref! Si on considère que la coiffure est une expression de communautarisme, nous voilà bel et bien casé et peu importe la réalité.

On remarquera aussi que l'époque n'est plus vraiment un critère, tant et si bien que dans 4 matins on soupçonnera une fille tondue d'avoir couché avec les Allemands. 

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Coup de soleil

18 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Coup de soleil

Sa blondeur platine, rasée ou pas, avait disparue des podiums et vous vous demandiez où elle avait bien pu disparaître? Oui, enfin non, pas plus que moi. Eh bien la revoici actrice. Qui l'eut cru? Et semble-t-il, pas des moindres. Bref! On retrouve Agyness Deyn inspecteur de police à Londres dans la série "Hard Sun" que diffuse Canal+ demain soir. 

Et moi j'aime bien quand le cinéma s'attache à des caractères principaux, incarnés par des femmes qui ne sont pas des bimbos juste là pour égailler l'écran ou mettre en valeur l'acteur masculin. Alors du coup, cette inspecteur féminin avec sa gueule d'androgyne et ses cheveux courts, ça me plait.

D'ailleurs finalement, enfin je ne sais pas si c'est moi à force d'y être attentif, ou si c'est une réalité, mais j'ai l'impression que ce genre de chose est plus fréquente. Enfin, sans doute pas suffisamment encore, mais ça progresse...

Hard Sun - Les 2 premiers épisodes lundi 19 à 21h sur Canal+

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On peut dire c'qu'on veut...

16 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Trussardi

Photo: Trussardi

Après avoir entendu un éminent anthropologue, professeur d'ethnologie à l'université, parlant d'une voix chevrotante de Bo Dereck, des femmes tondues à la Liberation et des "jeunes coiffés avec une crête d'iroquois" pour illustrer son propos sur ce que la coiffure dit de notre personnalité, je me suis dit qu'elle avait tout de même bien de la chance, aujourd'hui, la jeune femme moderne, d'avoir une vision "un poil" plus moderne de cette capacité pour être qui elle veut et surtout elle même.

Biba Queens

Enfin... Je dois tout de même modérer ce propos, qui ne concerne que certaines femmes. Alors oui, pour ces femmes qui n'ont peur de rien ou de pas grand chose, tout est possible! 

Mais pour autant, on distingue moins bien aujourd'hui cette idée de "communauté" qui auparavant pouvait être expliquée par les sociologues, les dreads du rasta, la boule à zéro du skin ou la crête du punk, tout cela est remisé dans les livres d'histoire. Dorénavant il faut considérer qu'avoir les cheveux tondus n'est plus un étendard de révolte, juste un style.

Daria Bachurina

Sauf peut être... Nappy! Ce mouvement né au sein des féministes afro américaines et qui commence à faire son chemin aussi dans la vieille Europe. Il était temps. Un sujet qui mérite bien un article à lui seul... A suivre

Rokhaya Diallo

Rokhaya Diallo

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