divers & varies

Publié le 28 Octobre 2015

krissphotography

krissphotography

Quand nous aurons cent ans et cent jours et cent nuits

Que nos petits enfants auront fait des petits

Quand nos bras d'allumettes s'effriteront d'un coup

Que le poids de nos têtes écrasera nos cous

Que nous restera-t-il pour finir en beauté?

Quand nous aurons cent ans et de beaux souvenirs

Un de nos corps s'aimantant comme deux gouttes de cire

Quand la moindre caresse aura l'air d'un soumettre

Et que ta vieille maitresse aura perdu son maître

Que nous restera t-il pour finir en beauté?

Quand nous aurons cent ans dans nos coeurs de sauvages

Dans nos yeux presque blancs, nos cheveux de passage

Que nos cils tomberont comme d'un arbre à hélices

Que nos jambes n'auront jamais été si lisses

Quand nous aurons cent ans et la révolte sèche

Que l'inertielles temps aura briserons flèches

Quand la fatalité nous fera dire:"Tant pis"

Et qu'un point de côté nous mettra au tapis

Quand nous aurons cent ans de regards en arrière

Quand ce qui nous attends sera déjà derrière

Quand revenu de tout, et dépassé par tous

Nous attendrons surtout une sortie très douce

Que nous restera t-il pour finir en beauté?

Il nous restera ça, ton rire qui se faufile

Etincelant, immédiat, entre mes mots futiles

Mon rire qui prend sa source, à ton esprit fissa

J'espère qu'en bout de course, il nous restera ça.

Jeanne Cherhal

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 25 Octobre 2015

Sale gosse

Quand aucune paire de chaussures n'est à votre taille, c'est quoi le mieux? Se forcer, quitte à ce que cela soit douloureux et que le pied s'atrophie comme celui d'une vieille chinoise?

Non bien sûr... Tant pis pour les chaussures, il vaut mieux parfois aller pieds nus. Rien ne dit qu'en grandissant on ne trouvera pas la bonne pointure....

Je sentais bien malgré ma splendide parabole, que ma voisine n'était pas prête à laisser sa fille marcher pieds nus dans la vie. Elle persistait à se lamenter sur les beaux cheveux que la jeune fille avait massacrés, toute seule un jour, devant le lavabo de la salle de bains. C'était sans doute pour la pauvre femme le paroxysme de ce comportement étrange que sa fille révélait depuis des mois. "Mon Dieu, mais rendez vous compte mon bon monsieur, elle était si jolie avec ses boucles dorées qui battaient jusque le milieu de son dos."

Est-ce que par un sortilège abominable elle serait devenue laide d'un seul coup... de ciseaux? Est-ce que la beauté de sa chevelure ne masquait pas sa véritable beauté?

Est-ce que ce n'est pas plutôt le désespoir de perdre une jolie poupée façonnée à son goût qui rend cette femme malade?

Et puis quoi finalement, est-ce qu'il ne vaut pas mieux un "tomboy" bien dans ses baskets plutôt qu'une fille qui joue à la princesse en rêvant d'être le prince charmant?

Hélas, mes paroles n'étaient d'aucun réconfort pour cette femme qui ne voulait pas se résigner à laisser son enfant s'épanouir. Par contre je fus récompensé par le clin d'oeil que me fit la fille... discrètement.

Illustration: Amédée

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 9 Septembre 2015

Cette improbable envie

Il y avait un petit moment qu'elle n'avait plus songé à cela...

Et puis là, soudainement, cette fille apparaissait devant elle dans la rue, sortie de nulle part, l'allure légère, la robe courte, collant noirs,"Doc" aux pieds, son grand sac pendu à l'épaule... et ce crâne complètement tondu qui faisait naître dans son estomac cette sensation bizarre, à la fois plaisante et désagréable.

Elle ne parvenait plus à détacher son regard de cette nuque étroite, distinguant sous le velours des cheveux ras, les formes ombrées de ce crâne parfait. Elle en était presque gênée, elle avait peur que la fille se retourne, sentant sur elle toute cette attention. Mais impossible de la quitter des yeux tellement il y avait de l'admiration, de l'envie, de la jalousie qui alimentaient son esprit à ce moment.

Visiblement la fille sortait de chez le coiffeur, trahie par la peau claire de sa nuque, là où auparavant les cheveux masquaient les rayons du soleil. Un tatouage, simple et énigmatique soulignait l'endroit et la fille ne pouvait pas résister au plaisir de caresser sa tête, savourant cette nouvelle sensation, semblant en route vers une nouvelle vie.

Et elle, elle se mordait la lèvre, éperdue d'envie et submergée d'indécision. Cette fille devant elle lui montrait une force tranquille, un courage ordinaire, la simplicité d'un acte presque anodin tellement cette allure lui allait naturellement. Elle ne savait même pas pourquoi un jour cette idée lui était venue à l'esprit, mais souvent et régulièrement elle y pensait. Elle avait les cheveux courts, simplement courts, sans excentricité, mais elle rêvait d'avoir le courage, un jour, de les raser pour être absolument vraie et se débarrasser de l'image que les autres voulaient avoir d'elle. Mais elle avait bien trop peur. Sans vraiment savoir mesurer cette peur et s'imaginant qu'elle en rirait peut être le jour où elle le ferait. Pourtant elle restait là, engluée dans son indécision...

Pas comme cette fille qui marchait d'un pas léger devant elle dans la rue et qui semblait tellement libre.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Tendresses

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Publié le 5 Septembre 2015

Lily was here

Il me semblait bien qu'elle attendait, quelque chose ou quelqu'un... Un soleil pâle éclairait son visage grave, le regard dans le vague.

De la poche de son trench elle a sorti une cigarette un peu biscornue et l'a collée entre ses lèvres, sans l'allumer. Je ne voyais rien d'étrange dans cette silhouette, pourtant le vêtement était masculin, l'imper militaire, presque autant que la coupe de cheveux, les traits ambigus, sans maquillage, mais je n'ai pas pensé un seul instant qu'elle ne soit pas une femme. Pour tout dire je la trouvais belle même...

Finalement elle a chassé la mèche sur son visage et elle a allumé la cigarette. Des effluves du tabac blond sont parvenues jusqu'à moi. Il y avait beaucoup de force, d'énergie qui se dégageaient malgré son attitude passive et si je cherchais à l'imaginer en robe légère avec les cheveux longs... je n'y parvenais pas.

Un coup de vent parfois ramenait se cheveux à travers le visage, mais cela la laissait indifférente... Comme j'étais là, à l'observer, mon imagination s'est mise à galoper. Elle pouvait être flic ou détective, préoccupée par une sordide affaire... agent secret attendant son contact, je me suis dit qu'elle avait peut être son autre main crispée sur la crosse d'un revolver dans la poche de son Mack...

Et puis subitement, l'atmosphère a changé, la rue s'est agitée. D'une pichenette elle a jeté sa cigarette dans le caniveau et son regard semblait scruter la foule... Une sonnerie puis une grande rumeur, aigue, joyeuse, enfantine... Elle a levé la main comme pour faire signe, a crié "Lily" et une petite fille avec son cartable sur le dos est venue se jeter dans ses bras... Et puis elles sont parties, se tenant par la main, douces, épanouies et heureuses.

 

Photo: Ryan Plett

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 4 Septembre 2015

Les "Parisiennes"

Elles ne sont pas parisiennes, bien sûr, comme la plupart des parisiennes d'ailleurs. Je les appelle ainsi parce qu'elles sont l'une et l'autre étudiantes là bas.

Mais par chance, l'une d'elle a des racines non loin d'ici... Je les ai rencontrées en mai dernier, joli couple androgyne, la curiosité nous a poussé l'un vers les autres. Elles étaient fans du blog et moi toujours passionné de rencontres. Brève rencontre, juste le temps de faire un peu connaissance et de se promettre de se retrouver cet été... Ce fut hier!

Morgane et Auriane, lectrices assidues et fan du blog, ne pouvaient pas passer à Montpellier sans aller voir Régine, LA coiffeuse des Femmes aux cheveux courts...

Les "Parisiennes"Les "Parisiennes"

C'était agréable à voir, cette complicité entre les deux jeunes femmes. J'avais le sentiment qu'elles se connaissaient depuis toujours.

Morgane, la plus petite, la plus fine, la plus féminine... la plus expansive aussi, toujours enthousiaste, percée, tatouée mais pourtant avec un léger voile de fragilité auquel il ne faudrait surtout pas se fier.

Auriane, la plus grande, la plus jeune, la plus "tomboy" des deux, la plus réservée aussi, pleine de détermination, accrochée à ses rêves qui, elle le sait, seront des réalités.

Les "Parisiennes"

Régine comme toujours a su traduire leur envie de cheveux courts, de dégradés et de nuque tondue...

C'était une première et j'ai perçu, à voir leur jolie mine réjouie, que cette coupe faisait leur bonheur, comme une potion magique, redonnait de l'intensité à leur feu intérieur.

La tête légère et le sourire aux lèvres, nous nous sommes retrouvés à l'ombre d'une terrasse pour boire un verre et parler un peu, de la vie, de l'amour... et des femmes aux cheveux courts.

Les "Parisiennes"

Merci à

Morgane et à Auriane

Photos: ©jeaneg

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Portrait

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Publié le 2 Septembre 2015

Comme un coup de théâtre

Un coup de théâtre est un événement imprévu (pour le spectateur et, parfois, certains personnages), survenant au cours d’une pièce de théâtre. ( wikipedia )

Côtoyer Eléa c'est toujours un plaisir.

Depuis notre première rencontre je savais que j'avais affaire à une jeune femme surprenante, une intelligence aigüe, une belle maturité cachée sous une allure de mignon tomboy, mi Peter Pan, mi Petit Prince, sillonnant les rues de la ville sur son longboard.

Aujourd'hui, après le déjeuner ( végétarien ), elle avait décidé d'une visite chez Régine, la coiffeuse des Femmes Aux Cheveux Courts, histoire de rafraichir un peu sa coupe, d'avoir quelque chose de plus nette et faire quelques photos pour un nouvel article...

Presque une routine sur ce blog...

Comme toujours les deux jeunes femmes dialoguent d'abord, cherchent à cerner l'envie d'Eléa, font connaissance...

Eléa a évoqué les côtés dégradés, la nuque bien dégagée... mais presque sans conviction. En réalité elle attache peu d'importance à sa coiffure. Elle m'a même dit plusieurs fois qu'elle envisageait de se tondre... un jour.

Au fur et à mesure que le rasoir effile, que les ciseaux claquent et que la tondeuse vibre, se dessine une jolie tête de "little boy ready to back to school"

Et puis, sans doute avait-elle révélé à la coiffeuse cette idée qui lui trottait dans la tête , les voici qui parlent à nouveau de tonte... Eléa a les joues qui rosissent un peu, Régine raconte son expérience, le jour de ses 40 ans. Et c'est comme une sorte feu de paille. Tout le monde dans le petit salon y va de son compliment, assurant que si elle le faisait elle serait sans aucun doute la plus jolie des tondues.

Comme un coup de théâtre

Coup de théâtre!

Alors que la coupe est presque terminée, Eléa croise le regard confiant de Régine, sourit et lâche: "Ok! On le fait"

Alors, comme pour couper court à toute tergiversation, rapidement, la tondeuse de Régine sillonne le crâne d'Eléa, le sommet, puis le front, là où se révèle vraiment la tête nue, où le visage s'éclaire et tout apparait sous un jour authentique.

Le regard d'Eléa s'agrandit, elle semble à la recherche d'elle même à travers le miroir, elle sourit pendant que la tondeuse passe et repasse sur son crâne de velours. Enfin libérée, la jeune femme s'approche du miroir, passe la main sur sa tête, éprouve la douceur de cette nouvelle sensation... Tout le monde voudrait applaudir.

Comme un coup de théâtre

Autant le dire, je ne suis pas toujours fan des plans radicaux, des mesures extrêmes ni des coupes de cheveux qui n'en sont plus. Mais je connais certaines personnes qui pourraient damner plus d'un Bénédictin tellement cette "boule à zéro" les rend exceptionnelles. Bienvenue parmi celles-là Eléa.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 27 Août 2015

La passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! - Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

Charles Baudelaire " A une passante " Les Fleurs du Mal - 1857

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 8 Août 2015

Alerte à Malibu

Il fallait une suite à l'article précédent. A peine son rendez vous terminé avec Alana, Julie a tracé sa route avec ses deux acolytes, direction Malibu. Pas le temps d'un dernier selfie avec l'illustre coiffeuse... Dommage.

Reste la coupe de cheveux. Techniquement, rien de mieux ou moins bien que ce que fait Régine, sa coiffeuse habituelle. La manière peut être, l'ambiance sûrement... Et puis surtout c'est Los Angeles quoi!

Non le plus important c'est le style. Et là bas plus qu'ailleurs la meilleure définition pour Julie serait Queer & Dapper.

Queer bien sûr, parce qu'indéfinissable finalement, fille et garçon à la fois, sans états d'âme et dapper parce que le merveilleux tomboy est toujours tiré à quatre épingles, col boutonné, allure stylée et coupe de cheveux toujours parfaitement nette. Cette fameuse "low fade" que peu de jeunes femmes peuvent oser.

Même si Julie a les cheveux courts depuis longtemps, il faut tout de même admettre que ce n'est que depuis qu'elle est arrivé par ici qu'elle a adopté cette manière très déterminée de se couper les cheveux, sans demi mesures et avec autant d'allure.

Alerte à MalibuAlerte à Malibu

Cette coupe qu'il n'y a pas si longtemps encore personne n'aurait pu imaginer portée par des femmes, tant elle semblait ancrée dans le domaine masculin. Mais là encore, plus rien n'appartient à personne et les exemples ne manquent pas...

Ainsi, ce rendez vous à LA au salon Blind Barber avec la très belle Alana Lucia était presque incontournable, une sorte de consécration.

Photos: Edouard M.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 27 Juillet 2015

Image d'antan... ou pas

Les choses ne changent pas tant que ça finalement. Elles s'en vont et reviennent comme une boucle perpétuelle, sans doute.

Prenez ce portrait d'Annemarie Schwarzenbach, genre d'icône androgyne des années 30, exemple de femme bien née, libre d'esprit et indépendante, qui usa sa jeunesse à parcourir l'Europe et le Moyen Orient, vivant de sa plume et de ses aventures. Elle faisait partie de celles qui ne voulaient rien abandonner aux hommes et qui à cette époque, devaient adopter leur style pour atteindre l'égalité. L'androgynie la servait parfaitement, bien que naturelle, elle cultivait cette allure masculine en portant des vêtements d'homme et en se coiffant comme eux. A cette époque, la tendance " femmes aux cheveux courts" était très en vue, mais vous classait directement dans une catégorie "aventurière", comme Lee Miller, Amelia Earhart, Gerda Taro et quelques autres, mais aussi dans tous les autres sens du terme.

Quoiqu'il en fut, pour elles comme pour les autres, se faire couper les cheveux en ce temps là était encore une affaire d'hommes, qui seuls savaient vous tailler les pattes au carré, dessiner un tour d'oreille et tondre une nuque. Il n'était donc pas difficile, en quelques détails subtils, d'accentuer, ou pas, le style masculin de la coiffure.

Aujourd'hui la boucle semble revenir à ce point là, où les cheveux courts ne suffisent plus simplement à marquer un style de vie. Par bonheur d'ailleurs, la chose est plus banale. Pourtant, les héritières d'Annemarie Schwarzenbach ont toujours cette façon de se démarquer, la coupe plus nette, toujours un peu plus "masculine", comme pour ne pas céder le terrain, rester " à égalité".

Photo: Probablement Marianne Breslauer

Etoile fuyante un très bel article de Libération sur A.Schwarzenbach

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 17 Juillet 2015

Dans ses deux mains

Dans ses deux mains
sous ma jupe relevée
j'étais nue comme jamais
Tout mon jeune corps
était en fête
des cheveux de ma tête
aux ongles de mes pieds
J'étais une source qui guidait
la baguette du sourcier
Nous faisions le mal
et le mal était bienfait.

Texte: J. Prévert - Fatras 1966

Photo: Flickr Miss Complejo

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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