divers & varies

Publié le 31 Mars 2016

La mèche

C'est une mèche blonde comme un rai de lumière qui éclaire la mer sous un ciel d'orage. Elle balaie son visage à la manière d'une bourrasque, entrainant toute la chevelure dans un mouvement de tourbillon et voile son regard bleu...

Elle est l'objet de toute son attention, elle la protège, la soigne, l'entretien et veille qu'elle ne soit jamais coupée trop courte. Si elle veut être sage, elle la retient d'une petite barrette sur la tempe, mais le reste du temps elle est sauvage, comme elle et lui donne cet air de sale gosse qu'elle adore.

Dans le vent elle flotte un peu, sous la pluie elle ruisselle sur sa joue, au soleil sa blondeur blanchit. Elle a presque de l'affection pour elle.

Elle n'est plus une enfant, mais parfois, lorsque son oeil se cache, elle a le sentiment d'être encore ce gamin du Pays Imaginaire ou le petit prince blond du désert. C'est une passerelle rassurante et secrète, parce que pour tous les autres c'est la figure d'une femme farouche et déterminée, qui derrière son bandeau de cheveux d'or te scrute...

Photo: Nicolas Larrière

Modèle: Emilie Dcty

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 28 Mars 2016

Grasse matinée

Elle se dit que c'est dimanche et qu'elle peut bien rester encore au lit. Elle se laisse envahir par la langueur, garde les yeux clos, enfouie sa tête au creux de son bras, tiède.

Elle se dit qu'elle a de la chance et toutes les raisons d'être heureuse. Elle sait bien que tout cela ne dure pas et qu'il faut en profiter lorsque c'est là.

Elle se redresse soudain et les yeux toujours fermés, se gratte le crâne, ébouriffe ses cheveux. Elle se dit que le soleil et la mer les ont un peu desséchés. Elle se dit qu'elle devrait aller chez le coiffeur. Elle se dit qu'elle va les faire couper plus courts et que sa mère va encore la maudire lorsqu'elle l'aura fait. Elle se dit qu'elle aime bien ce blond qui lui donne un air d'ange. Elle sourit.

A travers la baie le soleil commence à mordre... Une odeur de café chaud, de pain grillé... Elle se réfugie sous le drap de coton qu'elle fait voler comme une grand'voile qu'on lance au mat. Elle retrouve la torpeur du sommeil, caresse sa nuque, la tête posée sur le bras...

Elle se dit qu'il faudrait bien profiter de ce beau temps, de ce café chaud et de ce pain grillé... Puis elle s'endort.

Photo: Conie Suarez Bravo

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 23 Mars 2016

La nuit n'est jamais complète...
La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un coeur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager

Paul Eluard

Photo: Lily Olsen

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 19 Mars 2016

Le jour se lève...

De ses rêves nocturnes il reste quelques traces encore. Le jour qui se lève est sur le point de l'éveiller, mais la douceur du drap et la chaleur du corps l'entraînent à vagabonder parmi ses fantasmes. Sa libido n'en manque pas, c'est ainsi lorsqu'on ne tourne le dos à aucun plaisir, toutes ces images qui impriment sa mémoire, estampillées du sceau du désir... Selon l'humeur du jour, ce sera ce beau gosse tout juste débarqué de sa Bonneville, comme Eastwood descend de son cheval ou cette blonde au regard carnassier chez le coiffeur, qui faisait tondre sa nuque... L'image reste un peu floue, tourne en boucle, tandis que d'une main agile, de doigts experts, elle caresse son sexe déjà humide. Elle repousse le drap et d'une autre main pétrie son sein, excite le téton presque dur... Le scénario se met en place, le désir s'élance au fur et à mesure des images qui défilent dans son théâtre intime. Elle souffle, plus vite, plus court, ses reins se tendent, elle se cambre, la tête enfouie dans l'oreiller et bientôt gémit. Son ventre brûle et le sang tape sur ses tempes, son corps tout entier se tend comme un arc et brusquement un terrible éclair la foudroie lui arrachant un cri qu'elle n'a fait aucun effort pour retenir.

Les doigts poisseux se frottent sur le ventre dur, asséchant la cyprine, tandis qu'elle respire plus lentement à présent et que son corps frissonne, comme parcouru de décharges de courant résiduel... Le jour est levé.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Tendresses

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Publié le 18 Mars 2016

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 10 Janvier 2016

Photo: Ivan Berkovich

Photo: Ivan Berkovich

C'était un soir de mélancolie comme il en connaissait souvent depuis... Il avait fini par apprivoiser ce sentiment et l'accueillait presque amicalement. Le temps qui passe sait faire ça... C'est le temps qui avait poli toutes les aspérités de son coeur déchiré. A présent celui-ci était comme un galet roulé par l'océan, lisse, oblong, chaud, agréable... mais dur et impénétrable.

Lorsqu'il était plus tendre, il s'était ouvert pour cette fille blonde aux yeux bleus comme les eaux claires des lacs de sa contrée. Elle s'était laissé séduire, ils avaient fait un bout de route ensemble. Ce soir c'était elle qui frappait aux portes de la forteresse.

Il a laissé la pénombre s'installer, versé un verre de cet alcool doré qui l'emporte vers les Highlands et brûlé un cigare au parfum de Sierra Madre... Parce qu'avec elle, la vie avait ces saveurs. Elle était son jumeau. Est ce que c'est étrange de dire cela? Peut être... mais c'est ainsi qu'ils se côtoyaient, amants incestueux, frère et soeur d'aventure, alter ego... humains. Elle n'était pas moins féminine pour ça, malgré ses cheveux blond presque rasés. Elle avait une classe naturelle comme un gène de noblesse, une allure de chevalière, d'héroïne.

Il l'avait toujours admirée, tout comme elle l'admirait. C'est peut être ça qui permet aux hommes et aux femmes de vivre ensemble.

Il n'a jamais envisagé depuis, qu'il pourrait à nouveau connaitre ces sentiments... C'est ainsi.

Juste de temps en temps, les soirs de mélancolie, son coeur reprenait quelques battements, dans l'odeur du Havane et les vapeurs de whisky

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 22 Décembre 2015

Fruit de la passion

Souvent dans l'enfance naissent des passions. Petite, elle était fascinée par l'adresse du coiffeur qui tournait autour de son client, jonglant du peigne et du ciseau, glissant l'un sur l'autre dans un ballet presque d'illusionniste en faisant voler tout autour des mèches de cheveux comme les copeaux d'une sculpture. De cette masse hirsute, sans efforts, il parvenait à façonner une coiffure élégante, nette, affûtée. Le poignet souple, en quelques coups de tondeuse il estompait le dégradé comme un artiste et son fusain...

Et puis l'ambiance, le rituel, les odeurs...

A son tour, plus grande, elle ne voulait pas autre chose que d'être elle même coiffée ainsi. Sentir sur la peau de son crâne glisser les dents du peigne de corne, entendre à ses oreilles le claquement régulier et sans fin des ciseaux d'acier que de temps en temps le coiffeur tapait l'un sur l'autre comme pour garder le rythme dans un temps mort, à la façon d'un ferronnier qui frappe son enclume. Elle frissonnait au moment de baisser la tête, courbant sa nuque pour laisser la tondeuse vibrer sur ses vertèbres et se régalait de caresser après ce velours de cheveux ras que sa mère allait forcément lui reprocher.

Très vite elle a su que c'était cela qu'elle voulait faire. Pas être coiffeuse, non... être coiffeur, jongler, elle aussi avec ses ciseaux, jouer de la tondeuse, tondre, raser, coiffer les cheveux courts, très courts, peu importe qu'ils soient masculins ou féminins, elle voulait faire ce métier de magicienne, enfonçant ses doigts à travers les cheveux, les saisir, les ordonner, les façonner, les couper, y trouver autant d'excitation et de plaisir que lorsqu'elle même faisait couper les siens.

Finalement cette passion devint son métier si bien que, comme le sage* l'avait prédit, faisant un métier qu'elle aimait, elle ne travailla plus un seul jour de sa vie.

*Confucius

Photo: Alana Lucia chez Blind Barber

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Publié le 20 Décembre 2015

Osez...

A l'arrière des berlines

On devine

Des monarques et leurs figurines

Juste une paire de demi dieux

Livrés à eux

Ils font des petits

Ils font des envieux

A l'arrière des Dauphines

Je suis le roi des scélérats

A qui sourit la vie

Marcher sur l'eau

Eviter les péages

Jamais souffrir

Juste faire hennir

Les chevaux du plaisir

Osez, osez Joséphine

Osez, osez Joséphine

Plus rien ne s'oppose à la nuit

Rien ne justifie

Usez vos souliers

Usez l'usurier

Soyez ma muse

Et que ne durent que les moments doux

Durent que les moments doux

Et que ne durent que les moments doux

Osez, osez Joséphine

Osez, osez Joséphine

Plus rien ne s'oppose à la nuit

Rien ne justifie

Texte: A. Bashung

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 17 Décembre 2015

Les Garçonnes #1

Avoir du style, c'est un peu comme la féminité, une manière d'être, un comportement naturel. Rien d'incompatible avec le caractère un peu masculin de la garçonne tel qu'on la découvre au début du XXéme siècle. Juste l'envie de s'affranchir des vieux codes, de faire craquer les coutures pour être le plus en harmonie avec soi même, sans pour autant céder à la facilité, la désinvolture ou le négligé.

Les garçonnes d'aujourd'hui, comme leurs aînées, ont les cheveux courts et des allures de petits mecs. C'est le cas d' Adeline et Cyndel, deux jolies petites têtes bien pleines que l'on a déjà vues sur les pages du blog et qui se lancent à présent sur Youtube, dans une collection qui s'appelle justement... Les Garçonnes

Le début d'une série pleine de promesses, à suivre au fil des saisons et des humeurs. Du style et des idées, pour celles qui aiment conjuguer les genres et cultiver une féminité différente...

Personnellement, j'adore!

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 20 Novembre 2015

La force de l'Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d’être libre et je te continue.

Paul Eluard

Photo: Abel Anaya

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Rédigé par jeaneg

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