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Les Affranchies
Articles récents

D'un regard

17 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

D'un regard

Une journée maussade dans un monde maussade. Sans envie, refermé sur lui même, il est entré dans l'ascenseur déjà bondé. Il a serré ses épaules, tenant sagement sa malette des deux mains devant lui. Il ne voulait regarder personne, comme tout le monde...

Mais très vite il a senti qu'on l'observait. Les corps étaient trop près les uns des autres, son champ de vision réduit à quelques centimétres. Un premier arrêt libéra un peu d'espace. Entre une épaule et un dos il distingua sa silhouette et baissa rapidement les yeux, puis releva la tête, inperceptiblement, l'observant à son tour. Il y avait de la dureté dans son regard. De la dureté, pas de la méchanceté. Elle était comme lui, piégée dans ce monde gris, acteurs d'un jeu dont ils ne savaient rien sauf qu'ils n'en seraient jamais les vainqueurs.

Encore un arrêt. La cabine petit à petit se vidait, mais ils étaient indifférents à ce flux, se tenant par les yeux, l'air grave.

Il aurait aimé deviner une étincelle dans ce regard qu'elle avait sur lui, il voulait s'enflammer et que l'incendie ravage ce monde lugubre.

La porte s'ouvrit à nouveau. Elle fit un pas, quittant l'ascenseur et il fut tenté de la suivre, mais un homme s'approcha d'elle, grand, raffiné, habillé avec élégance. L'homme passa la main sur les reins de la jeune femme, l'attira à lui, embrassa sa gorge...

Elle, ne l'avait pas quitté des yeux lorsque les portes coulissèrent...

Photo: Max von Grumppenberg & Patrick Bienert

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Pour une poignée de souvenirs

16 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Pour une poignée de souvenirs

Avec son envie de cheveux courts, une bouffée de souvenir a ressurgi... et elle s'est dit que ce serait amusant de remettre ses pas dans ceux de son enfance. Ce n'est pas si vieux, c'est vrai, mais tout de même. Elle avait 10 ans quand, crânement, elle avait, sans broncher, regardé la coiffeuse à travers le miroir, qui tranchait ses boucles presque blondes au ras de ses oreilles lui faisait une petite tête au carré de sage écolière. C'était la première fois. Cela aurait pu être émouvant, elle ne fut pas émue. Au contraire, amusée, excitée, libérée. En trois coups de peigne elle était à présent coiffée. En sortant elle a rentré la tête dans les épaules, surprise de l'air qui glissait sur sa nuque tondue, mais elle était heureuse.

Depuis tout ce temps bien des choses avaient sûrement changées, mais elle croyait retrouver les parfums et les odeurs, le sourire de la coiffeuse et l'ambiance de ce petit salon. Secrétement elle espérait être reconnue... et puis quoi? Quelle importance!

La coiffeuse ne la reconnu pas. Elle avait tellement changée, grandie, embellie. Elle, n'avait pas changé, ou presque. Ce fut pourtant un moment agréable, excitant, cette coupe cette fois si courte, cette couleur si blonde, ce contraste si savament dosé entre long et presque ras, entre blond et presque brun...

Elle a gardé sa poignée de souvenirs dans sa tête, elle en a fabriqué d'autres... c'est comme ça la vie.

Photo: Internet ( si qq'un connait l'auteur... )

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Adorable androgyne

15 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Adorable androgyne

L'adorable garçonne n'a sans doute pas le choix. Quoiqu'elle fasse, on lui reprochera sûrement de ne pas offrir la panoplie généreuse d'une fille pulpeuse et maternelle que depuis des siècles les hommes ont érigée en symbole de féminité... la bonne blague.

So what?

Serait-on moins femme d'avoir un corps longiligne et une poitrine si menue qu'elle ne peut être contenue par aucun soutien-gorge? Est-ce que la féminité ne supporterait pas l'encre de Chine qui tatoue une peau délicate et est-ce que vraiment la sensualité d'une nuque rasée nuirait définitivement à l'épanouissement du genre?

"Ne pense pas aux choses que tu n'as pas comme si elles étaient déjà là ; fais plutôt le compte des biens les plus précieux que tu possèdes, et songe à quel point tu les rechercherais, si tu ne les avais pas."

L'androgyne a cette chance, d'être femme et de pouvoir, à son gré, jouer de l'allure du garçon. Sa beauté est mystérieuse, parcequ'elle n'est d'aucun critère et son indépendance est à la mesure de son esprit libre et sans contraintes.

Photo: Pascal Pierrou

Citation: Marc-Aurèle

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J'étais si près de toi...

14 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

J'étais si près de toi...

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

Paul Eluard ( 1895-1952 )

Photo: Steven Meisel

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La photo jaunie

13 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses, #Humeurs

La photo jaunie

C'est comme si, sous le voile à peine, il y avait une toile de Hopper que personne ne connaissait encore. Un voile de pudeur peut être, pour atténuer la saveur sensuelle de ce portrait... ou pour lui en donner davantage...

D'un Polaroïd périmé est née une image sublimée où tout s'estompe sauf l'essentiel, la courbe d'un sein, l'ovale du visage, le reflet de la chevelure, des carrés d'ombre et de lumière, une perspective...

Sybil l'androgyne, grande reporter du bonheur, des jours heureux et des enfants aux éclats de rires fracassants, s'offre un peu de douceur mélancolique, protégeant son propre regard sous le casque sombre et lisse de ses cheveux courts qui jouent de la lumière.

Elle est toutes les femmes aux cheveux courts, une Muse idéale dont chaque portrait pourrait inspirer mon imaginaire.

Ainsi, le petit carré de photo instantané à la chimie défaillante devient un Hopper sans prix, l'androgyne au sein nu, la femme aux cheveux courts, la fille garçon... qu'importe le titre, on peu s'y perdre des heures, comme dans une galerie d'art.

Photo: Jean Pierre Guenec

Sybil Rondeau Photographe

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Mathilde et les garçons

12 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés, #Tendresses

Mathilde et les garçons

Mathilde ne s'est jamais sentie vraiment à l'aise avec les filles. Trop futiles, trop fragiles, trop sournoises aussi... Pourtant Mathilde est une fille comme les autres. Enfin certains jours...

On peut dire qu'elle a bataillé durant ses années de collège puis au lycée, parce que ce n'est pas simple quand on est ado, de ne pas savoir vraiment quel maillot on a envie d'endosser dans cette partie de foot à colin maillard.

Finalement un jour Mathilde a décidé d'être elle même, mi fille, mi garçon et comme elle avait été fille pendant longtemps, elle l'a joué plutôt garçon, le jour où elle s'est fait couper les cheveux. Cela n'a pas arranger les choses. Elle aurait mille anecdotes à raconter, entre celles et ceux qui l'encourageaient à laisser pousser ses cheveux et d'autres qui lui donnaient du "jeune homme" en faisant mine d'être confus de cette méprise l'instant d'après.

Et puis un jour Mathilde a rencontré deux garçons intelligents, amoureux chacun à sa manière, l'un tendre et prévenant l'autre franc et sans compromis... " Si j'étais une fille j'aimerai bien être comme toi..." Ça n'avait l'air de rien, mais dans le coeur de Mathilde ça résonnait fort ces quelques mots.

Pour eux, elle était une jeune femme, sans absolument aucune ambiguité, ils ne s'étaient même jamais posé la question. Ils l'aimaient pour son authenticité, son esprit, sa verve, son intelligence. Peut être aussi parce qu'elle n'était pas comme les autres filles... c'est tellement compliqué les filles...

Mathilde le sait bien. Ce sont ses cheveux courts qui sont le symbole de sa liberté, l'emblème de sa rébellion et si aujourd'hui les autres filles sont jalouses, ce n'est peut être pas de son allure ambiguë mais juste de cette liberté qui la rend belle auprès des autres garçons.

Pour Mathilde "Vaea" R.

Photo: Matt Jones

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Une thérapie

10 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Une thérapie

Evidemment, ce n'est pas devant la concierge du 23 que j'irai soutenir ma théorie. Cette pauvre femme n'a sûrement pas mis les pieds chez un coiffeur depuis son mariage et je crois bien qu'il faudrait du carbone 14 pour dater son chignon façon Simone de Beauvoir. Affirmer qu'il y a un caractère thérapeutique à aller se faire couper les cheveux, aurait sur elle à peu près autant d'effet qu'un pansement alcoolisé sur une jambe de bois. Je crois.

Néanmoins, allez savoir pourquoi, toutes celles que je connais, sont comme si elle rentraient d'une semaine de thalasso à chaque fois qu'elles reviennent de chez le coiffeur. Bien sûr, c'est important de s'occuper de soi et l'image que l'on projette, si elle nous valorise, à un effet bénéfique sur notre moral et donc sur notre santé... Evident!

Et puis il y a des variantes. Des cas où véritablement le fait de se faire couper les cheveux "fait du bien". C'est au delà de l'image et du réconfort moral, c'est presque physique, comme la saignée des barbiers d'antan, qui provoquait une régénérescence du sang et parvenait à lutter contre la maladie.

J'en connais qui ferment les yeux, comme on le ferait pour ne rien manquer d'un moment de pur bonheur et capter toutes les sensations possibles. J'en connais d'autres qui ne manquent rien de cette "renaissance" à chaque coup de ciseaux et dont le visage s'épanoui doucement comme une fleur qui éclot.

Certaines sont impassibles, concentrées et patientes, attendant le moment délicieux où elles pourront avec gourmandise caresser leur nuque à nouveau douce et piquante à la fois...

A chacune sa thérapie, mais une chose est sûre, c'est que, consciemment ou non, ces moments là font du bien à la santé.

Epissétou!

Photo: Franck Apostolopoulos

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Poussière de jeunesse

9 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

Poussière de jeunesse

Elle a sur le front une cicatrice, minuscule, qui rappelle cette chute de vélo, quand elle était enfant. Enfant elle ne l'est plus, pourtant son visage semble ne pas vouloir quitter son masque juvénile et on lui trouve encore cet air d'adolescence, comme si ses tâches de rousseur faisaient rempart au temps. 

"Elle n'a pas changé" dirait celui qui la retrouverait après bien des années. Il aurait gardé le souvenir de cette jolie fille aux yeux verts, de ses cheveux cuivrés à la raie de côté qui laissait plonger une lourde mèche sur son oeil lorsqu'elle ne l'accrochait pas d'une barette, de son allure de "garçon manqué" qui goûtait peu la compagnie des filles et préfèrait mesurer son audace à celle des garçons... " Tu n'as pas changé" dirait-il.

Et son visage s'ouvrirait sur un sourire carnassier aux dents de nacre pure et ses yeux se plisseraient, accentuant leur malice et son rire éclaterait comme la cascade d'eau claire d'une rivière écossaise.

La voix est un peu grave qui appelle à l'indulgence quand on évoque ces souvenirs. La lourde mèche est une frange éparpillée sur le front, masquant la minuscule cicatrice, mais le regard scintille tout autant et les tâches de rousseur autrefois détestées sont autant de pièces d'or de ce trésor que fut notre jeunesse...

 

 

Photo: Giselle Abregu

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L'ange au coin de la rue

8 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

L'ange au coin de la rue

Elle a depuis longtemps jeté aux orties tous les artifices dont certaines jeunes femmes de son âge aiment se parer... et elle n'en est pas moins femme. Elle peut être aussi ange et peut être démone, c'est selon.

Marie-Ange se montre sous l'oeil des photographes et cette façon d'être elle même la rend unique. Aujourd'hui on la reconnait à l'arc de ses sourcils, à sa tête rasée et sans même voir son visage on saurait que c'est elle, à sa silhouette et à ses tatouages.

Sans doute que la jeune femme n'imaginait pas cela le jour où de quelques coups de tondeuse on coupa ses cheveux. Elle avait juste suffisament de confiance en elle pour aller jusqu'au bout de son envie.

Marie-Ange n'a pas un caractère à se noyer dans le troupeau et non plus celui d'attirer à elle tous les regards. Elle est juste elle même, nature, authentique dans ses goûts et ses choix... Elle ne cherche sûrement pas à être un modèle ou un exemple non plus, pour qui que ce soit.

Elle mérite pourtant bien d'être enviée, Marie-Ange, d'avoir autant de charisme et de posséder tant de liberté.

Photo: The Fox Photography

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La fille croquée

7 Février 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

La fille croquée

Sur son Moleskine elle a esquissé les traits de cette fille dont elle avait le souvenir. Une image plus marquante que les autres sans doute, à cause des lunettes rondes et cerclées qui lui donnaient un air énigmatique.

Tous les détails comptaient, cette grande écharpe qui montait à l'aussaut de son cou nu, les lèvres fines et rouges qui dessinaient un sourire presque naturel, les sourcils savament en bataille...

Et puis surtout ses cheveux, lisses et brillants dont le bol un peu rigoureux était ébouriffé de temps en temps par ses doigts agiles, mais qui toujours retombaient droits, sur son front, ses oreilles menues parfaitement dégagées, tout comme sa nuque qui émergeait au dessus de son cou nu...

Tout en dessinant elle imaginait à chaque coup de crayon, glisser un peigne imaginaire dans ces cheveux, ordonnant chaque mèche de ce casque émouvant et les petits traits qu'elle faisait pour créer l'aspect des cheveux très courts tout autour lui donnaient l'impression à son tour de raser encore ce tour d'oreille délicat.

Le dessin achevé, elle le posa contre sa joue et s'endormit avec le souvenir de cette fille...

Dessin: Agnes Lee

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