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Les Affranchies
Articles récents

La fin de l'histoire - Moïra -

5 Juin 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

ninafrancine-copie-1.jpg

Tout s'achevait ici. Sur ce quai de l'ile St Louis, un dimanche matin ensoleillé. L'enquête m'avait pris des mois. Des mois depuis ce mail laconique et mystérieux sur la bàl secrète que nous partagions Moïra et moi:"Je vais bien, ne t'en fais pas". D'après la date ce message avait été envoyé 6 mois après l'opération Collier de perles menée par les Services israéliens pour la libérer des iraniens. La première idée qui me vint fut que le crash de l'hélico d'évacuation avait été monté pour calmer les véléïtés de l'adversaire en lui faisant considérer que le match était nul après cette dramatique issue... Malgré tout, au fil des mois, aucun sursaut de la part des iraniens, aucun indice, pas même une rumeur sur cette "évasion" d'un agent impérialiste soutenue par le grand satan sioniste, inspirait le doute... Aucun retour de la part de mes contacts. Les Brits continuaient à nier farouchement leur trahison, dévoilant en guise de bonne fois les excellents rapport que Moïra leur fournissait à chacune de ses mission au service de ....La France. 

Plus j'avançais et plus je découvrais Moïra telle que je n'aurais jamais dû oublier qu'elle était. Un agent dur et froid, entraînée depuis l'adolescence dans notre monde paralèlle où les règles ne sont les mêmes pour personne. Une femme d'instinct, sans véritables émotions. J'avais cru fendre l'armure, la découvrir et toucher son coeur. J'avais oublié qu'elle était un fauve, capable pour survivre d'autant de tendresse que de violence...

Au fur et à mesure que je découvrais le document qu'on venait de me remettre, je sentais mon coeur se craqueler, répandant dans mes veines une douleur acide...

La chemise marron portait le tampon סודי ביותר à l'encre rouge. A l'intérieur, le premier feuillet portait une photo de Moïra, très jeune, les cheveux tondus et le regard de braise. Son nom de code était יגואר " jaguar " et depuis toujours... Toujours... Elle était un agent de l'Institut, autrement dit, le Mossad.

Il n'y avait pas plus d'iraniens que de traires britanniques. toute l'opération "collier de perles" avait été montée de a à z par Tel Aviv, qui avait récupéré son agent à Bangkok en faisant croire à cette histoire d'iraniens pour exciter les occidentaux, s'il le fallait un peu plus, contre leur ennemi de Téhéran. Tout avait fonctionné, à merveille... Mais pourquoi ce message? Si tard...Ou si tôt... De toute façon, en le faisant elle m'obligeait à mener cette enquête et à découvrir la vérité. Peut être sa façon à elle de me dire ... Adieu.


Photo: ninafrancine

 


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Vae victis

4 Juin 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

tetsayuQu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se ranime
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes...
Ô mon paîs,ô Toulouse,ô Toulouse ...
Je reprends l'avenue vers l'école
Mon cartable est bourré de coups de poings
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne...
Ô mon paîs, ô Toulouse..
Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu'on se traite
Il y a de l'orage dans l'air et pourtant...
L'église Saint Sernin(?) illumine le soir,
Une fleur de corail que le soleil arrose,
C'est peut-être pour ça, malgré ton rouge et noir,
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose...
Je revois ton pavé, o ma cité gasconne,
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz,
Est-ce l Espagne en toi qui pousse un peu sa corne,
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?...
Voici le Capitole, j' y arrête mes pas,
Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses,
J'entends encore l 'écho de la voix de papa,
C' était en ce temps là mon seul chanteur de blues...
Aujourd'hui, tes buildings grimpent haut,
A Blagnac, tes avions sont plus beaux...
Si l'un me ramène sur cette ville,
Pourrais-je encore y revoir ma pincée de tuiles...
Ô mon paîs, ô Toulouse, ôhooo Toulouse...

Paroles: Claude Nougaro


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Lou

4 Juin 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

masha-yakovenko.jpg

On aurait pu croire à une posture, une figuration pour réhausser le décor et l'ambiance, dans ce restaurant du XIIIème arrondissement. Est ce qu'on imaginait toutes les chinoises lui ressembler? Corps svelte, robe noire et coupe au carré...

Elle buvait son thé avec des gestes mesurés, semblait n'attendre personne. Souvent sa main venait envelopper sa nuque. Elle penchait alors la tête, légèrement, et ses doigts caressaient délicatement ce cou dénudé... Elle paraîssait irréelle tant elle inspirait de personnages romanesques qui emportaient l'imagination vers Hollywood, Milan, Venise ou Shanghaï...

Sa beauté fascinait bien sûr, mais plus encore cette coupe de cheveux, tellement symbolique que plus que tout elle inspirait la femme indépendante, audacieuse, libertine même, l'aventurière dans le sens noble du terme, aussi à son aise en jodhpur et botte de cuir qu'en tailleur Chanel... Mais tout cela n'est que fantasme. Sûrement.

Modèle: Masha Yakovenko

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Euuuuh, quoi d'neuf docteur?

3 Juin 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

jade-jackson.jpgJe ne voudrais pas faire mon sociologue de bazar, mais il y a quand même des choses qui m'amusent lorsque je farfouille dans mon Internet.

Je crois que tout le monde aura noté que je trouve pas mal des images qui inspirent ce blog sur le site Flickr. Pour ceux ou celles qui sortent à peine de leur couvent moldave, il s'agit d'un site de partage de photo où chacun(e) peut produire ses plus beaux ( ou pas ) clichés et amasser une collection de ceux qu'il ou elle préfère chez les autres. Une mine! Tellement vaste que vous l'imaginez il faut du temps et de la patience pour trouver l'image rêvée. J'en ai.

Tout ça pour dire que j'ai souvent remarqué chez tel ou telle photographe qui ne photographie QUE des jolies femmes aux cheveux longs, ou qui elle même se prend en photo avec ses longs cheveux, que lorsqu'on visite sa collection d'images choisies parmi celles des autres on trouve souvent tout le contraire. Amusant non? Comme s'il y avait un désir secret ( enfin pas si secret...) une sorte de fantasme au grand jour, une fascination pour ces femmes qui osent, elles, les cheveux courts, et souvent même très très courts.

Je voudrais pas du tout être péremptoire, ni asséner des sentences définitives, mais j'ai quand même le sentiment que chez beaucoup de mes soeurs il y a tout de même cette envie, bridée ou pas, de transgresser les conventions, de tenter les choses, d'oser sans parfois y parvenir. On a tous un rapport tellement intime avec nos cheveux... Ou alors serait ce le regard des autres ou ces maudites conventions, ce poids atavique de l'image de la femme, femelle de l'homme...

Enfin voilà, ma pensée du jour.  

 

Modèle: Jade Jackson

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Outre tombe - Moïra -

2 Juin 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

peace-DM2.jpg

Les mois et les mois, les années à présent. Je ne parvenais pas à effacer de ma mémoire le souvenir de la jeune anglaise. Les soirs de blues je repassais par ce bar de la Porte des Lilas, au bout du boulevard Mortier à deux pas de la "Boîte". J'avais des centaines de fois relu les telex, étudié les plans, épluché les témoignages... Plusieurs sources étaient concordantes... J'avais eu beaucoup de mal à avaler la trahison des "rosbeefs". Tous mes contacts au "6" avaient nié que leur hiérarchie ait mené une telle opération au profit de l'Iran.  Inutile de dire à quel point mes relations avec eux se dégradèrent.

Pourtant je ne parvenais pas à croire à cette fin horrible.

La serveuse avait fini par bien me connaître. Elle savait en voyant ma mine que mes vieux souvenirs me rattrapaient. Ces soirs là elle m'apportait directement la bouteille de Oban à ma table... Les images de Moïra envahissaient ma tête, son esprit me possèdait. Je la revoyais, jeune guerrière en Bosnie ou l'imaginais perdue dans le Neguev, mais toujours avec cette même allure de soldat...

Mon Iphone vibra. Je le gardais dans ma main sans décrocher et soudain je repensais à notre bàl hotmail. La plus sûre, la seule connue uniquement par elle et moi...

Je rejetais l'appel et me connectais... Un message... 3 mois auparavant...

" Je vais bien. Ne t'en fais pas."

Photo: Maria Dinulescu - extrait du clip "Peace" Dépêche Mode

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Aux enfants d'Edouard

2 Juin 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

RYEVOLUTION

« Il a l’air d’un brigand, mon petit garçon, avec ses cheveux ébouriffés ! Coiffez-le « aux enfants d’Édouard », monsieur Valence. "

 M. Valence, à qui ma chère mère parlait de la sorte, était un vieux perruquier agile et boiteux, dont la seule vue me rappelait une odeur écœurante de fers chauds, et que je redoutais, tant à cause de ses mains grasses de pommade que parce qu’il ne pouvait me couper les cheveux sans m’en laisser tomber dans le cou. Aussi, quand il me passait un peignoir blanc et qu’il me nouait une serviette autour du cou, je résistais, et il me disait :

« Tu ne veux pourtant pas, mon petit ami, rester avec une chevelure de sauvage, comme si tu sortais du radeau de la Méduse. » Il racontait à tout propos, de sa voix vibrante de Méridional, le naufrage de la Méduse, dont il n’avait échappé qu’après d’effroyables misères. Le radeau, les inutiles signaux de détresse, les repas de chair humaine, il disait tout cela avec la belle humeur de quelqu’un qui prend les choses par leur bon côté ; car c’était un homme jovial, M. Valence !

Ce jour-là, il m’accommoda trop lentement la tête à mon gré, et d’une façon que je jugeai bien étrange dès que je pus me regarder dans la glace. Je vis alors les cheveux rabattus et taillés droit comme un bonnet au-dessus des sourcils et tombant sur les joues comme des oreilles d’épagneul.

Ma mère était ravie : Valence m’avait véritablement coiffé aux enfants d’Édouard. Vêtu comme je l’étais d’une blouse de velours noir, on n’avait plus, disait-elle, qu’à m’enfermer dans la tour avec mon frère aîné…

« Si l’on ose ! » ajouta-t-elle, en me soulevant dans ses bras avec une crânerie charmante.

Et elle me porta, étroitement embrassé, jusqu’à la voiture. Car nous allions en visite.

Je lui demandai quel était ce frère aîné que je ne connaissais pas et cette tour qui me faisait peur.

Et ma mère, qui avait la divine patience et la simplicité joyeuse des âmes dont la seule affaire en ce monde est d’aimer, me conta, dans un babil enfantin et poétique, comment les deux enfants du roi Edouard, qui étaient beaux et bons, furent arrachés à leur mère et étouffés dans un cachot de la tour de Londres par leur méchant oncle Richard.

Elle ajouta, s’inspirant selon toute apparence d’une peinture à la mode, que le petit chien des enfants aboya pour les avertir de l’approche des meurtriers.

Elle finit en disant que cette histoire était très ancienne, mais si touchante et si belle, qu’on ne cessait d’en faire des peintures et de la représenter sur les théâtres, et que tous les spectateurs pleuraient, et qu’elle avait pleuré comme eux.

Je dis à maman qu’il fallait être bien méchant pour la faire pleurer ainsi, elle et tout le monde.

Elle me répondit qu’il y fallait, au contraire, une grande âme et un beau talent, mais je ne la compris pas. Je n’entendais rien alors à la volupté des larmes...


Extrait: Le livre de mon ami - 1885 - Anatole France

Photo: RYEVOLUTION

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Mal foutu, parfois

31 Mai 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

fille de dos5

Tout allait pour le mieux. Un environnement idéal, une sérénité de boudha, Laora qui ressemblait chaque jour davantage à un adolescent merveilleusement ambigu avec une coupe au carré pour laquelle Frida la harcelait afin qu'elle ait toujours la nuque parfaitement tondue et à portée de main une psy dont je ne me posais même plus la question de savoir si elle était compétente ou pas vu qu'avec elle à présent les consultations étaient gratuites. De quoi nager dans le bonheur pour un homme comme moi... Et pourtant. J'avais le sentiment d'un vide intersidéral dans ma tête, le noir absolu, la panne. Ma libido était au niveau zéro, à tel point que je devais même me concentrer pour bander quand l'une ou l'autre me prodiguait une caresse.

Moi -" Dok, je crois que je deviens asexuel.

Ma Psy - Allons pon! Ein bedit broplème te tézir zans toude, rien te blus...

Moi - Non mais je t'assure, ça me fait peur. Regarde ma libido, les cheveux courts, les jolies femmes toussa... C'est comme si j'avais fait le tour de la question. Plus rien ne m'excite. Pourtant je pourrais être comblé au contraire avec Laora en Louise Brooks et toi en Tintin. Mais tout me semble vain.

Ma Psy - Du ne tois bas te inkiéder... Laize doi vaire, ne jerje bas miti à minuit...

Moi - Midi à 14 heures on dit...

Ma Psy - Was? Ya du as pien gombris... Laizes moi m'okuber de l'idalienne et don abédit refientra dout zeul

Moi - ...Mouais... Tu profiterais pas de la situation des fois?"

Soudain la vision d'un impotent dont on pousserait le fauteuil roulant dans un coin sombre pendant que le reste de la maisonnée se transformerait en lupanar m'effraya. Cela dû apparaître sur mon visage car Frida jugea utile de me prodiguer un "spécial" bouche à bouche...

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Ca va, ça vient

30 Mai 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

C'est pas la première fois. Souvent une femme m'a séduit presque du jour au lendemain en se coupant les cheveux, apparaissant soudain plus belle, plus mature, plus libre, plus "elle même". Et puis de semaine en semaine, après le coup d'éclat, ce nouveau visage s'estompe et petit à petit disparaît à nouveau caché par une chevelure rassurante qui permet le camouflage et donne l'illusion d'une féminité plus conventionnelle...

Emma-W2.jpgLa jolie Emma m'avait séduit et je ne fut pas le seul. Mais si je me rappelle bien j'avais malgré tout tempéré mon jugement, avec une pointe de regret pour son allure tellement glamour vue dans les magazines juste avant qu'elle ne coupe ses cheveux si courts...

Mais bon, le métier d'actrice, s'il permet d'endosser bien des rôles et donne parfois des excuses pour libérer ses propres envies, impose malgré tout à celle qui l'exerce des impératifs d'apparence.

Emma-W.jpg

Si bien que la jolie Emma, aujourd'hui se bagarre avec ses cheveux qui repoussent, traversant cette période ingrate qui vous donne l'impression chaque matin d'avoir une tête à l'allure de dessous de bras que seuls les accessoires parviennent à dompter.

Emma-W3.jpgElle n'en reste pas moins jolie et ne se départie pas pour autant d'un caractère avéré de femme aux cheveux courts.

 

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Adorable garçonne

28 Mai 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Freja-Beha.jpgIl y aurait comme une sorte de passage à vide, de dépression, un creux. L'impression d'être incapable de quoi que ce soit, et surtout d'écrire quelque chose de bien, de subtil ou d'intêressant. Je sais ce que l'on va dire, que ce n'est pas grave, que c'est très passager, que de toute façon on aime bien quand même....

Mais c'est moi que cela tourmente. Comme si j'étais pris au piège. En relisant certain billet je m'aperçois que je commence à radoter, que les sujets reviennent, que je tourne en rond autour de mon obsession. Je ne sais plus raconter d'histoire, ni parler d'amour, ni de haine. Je suis toujours troublé par le sourire d'une androgyne, fasciné par son allure subtilement dosée de masculin et de féminin, mais je ne suis plus capable de l'exprimer ou de le partager.  

L'émotion me manque. L'humeur n'y est pas. Parfois même je relis ces pages et je (re) découvre un billet tellement plein d'émotion, que je me rappelle avoir presque pleuré en l'écrivant. Et puis, rassuré en pensant que personne ne pourrait savoir à quel point ces mots étaient personnels, je tournais la page et feignais d'avoir de l'imagination...

Mais là, je me sens sec. Peut être un peu de temps me sera nécessaire pour retrouver ma veine et à nouveau l'enthousiasme pour louer sans repis l'adorable garçonne...

 

 

 

 

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Ma Bohême

27 Mai 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

milla-par-Bob-Richardson-copie-2.jpg

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

 


Texte: Arthur Rimbaud

Photo: Bob Richardson

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