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Les Affranchies
Articles récents

Héros féminin, pas héroïne

4 Septembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Oui je sais, on joue sur les mots... Mais les mots justement, c'est important. Je feuilletais récemment les travaux des chercheurs de l'Université de Lausanne ( Oui, j'ai que ça à faire, et alors? ) et je suis tombé sur un article de promotion de l'ouvrage de Loïse Bilat et Gianni Haver, Le héros était une femme - Editions Antipodes 2011. Inutile de dire qu'en parcourant cet article mon petit coeur s'est senti tout revigoré et qu'à la fin de ma lecture j'avais presque envie d'applaudir tellement je partage l'analyse qui peut être faite par ces sociologues.

Parce que c'est bien vrai et c'est pas la première fois que je le dis. Au cinéma ou à la télévision elles sont bien rares ces héroïnes qui sont totalement assumées par les réalisateurs. Je n'arrive pas à croire moi aux personnages lorsque leur image est en décalage avec la réalité de leur situation, à Kate Beckett ( Castle ) avec ses boucles glamour qui dégoulinent sur son dos, à Laure Berthaud ( Engrenages ) avec sa queue de cheval miteuse et les mèches qui pendouillent - oui je sais, là je fais mon ayatollah de la mauvaise foi, mais bon - 

Du coup je me demande si Luc Besson ne serait pas un peu comme moi, lui qui rase Jeanne d'Arc et qui fabrique une tueuse comme Nikita...

 

Photo: Anne Parillaud - Nikita - L.Besson 1990

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Féminin, masculin... universel(le)

3 Septembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Quelle chance tout de même, de pouvoir, juste avec l'apparence, se jouer des genres...

Quelle chance d'avoir assez de grâce et de goût pour ne pas entrer dans un camp plus qu'un autre...

Pourtant je sais bien, qu'éternel insatisfait, l'humain a du mal à se contenter des cartes qu'on lui distribue. La foule lui clame qu'elle est jolie et qu'il est temps d'abandonner ses oripeaux de garçon. Mais elle continue à couper ses cheveux, toujours plus courts et à porter des jeans d'homme. Et sans cesse elle se demande comment elle peut avancer quand les garçons l'imaginent hors de portée et qu'elle éconduit pourtant les filles qui la regardent d'amour... 

Est ce que tout autour de nous serait si formel qu'on ne puisse imaginer cet androgyne comme un être parfait, sorte de donneur universel, conjuguant la grâce féminine au style masculin? Et puis comment croire un instant qu'une femme puisse, d'un coup de ciseaux magique, être un homme parce qu'elle coupe ses cheveux très courts, sinon en l'imaginant... 

Ainsi cette silhouette devant moi à la coupe qui dégage si parfaitement la nuque pourrait être selon, celle d'un beau garçon ou d'une jolie femme. Comment savoir, sinon en explorant son âme plutôt que son écorce?

 

Photo: Catherine D.L

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Une idée qui fait son chemin

2 Septembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Au début, quand l'idée est née, j'ai eu un soupçon d'appréhension, me disant qu'il y avait malgré tout dans cette démarche quelque chose d'un peu plus "fétichiste" que le reste. Dans le sens premier du terme, comme une collection. Et puis j'ai chassé ce scrupule devant les premières réactions des quelques amies à qui j'avais fait la confidence. C'était plutôt ludique et d'une certaine manière je considère cela davantage comme un hommage, un salut amical à toutes celles qui viennent ici et qui créent un lien avec moi.

Et petit à petit, le tableau se construit, la "collection" s'étoffe, comme une photo souvenir, à l'envers....

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Mais ce qui me trouble, c'est à chaque fois l'intérêt que cela suscite. Les visites sont plus nombreuses et plus rapides, les commentaires plus spontanés et plus tranchés: "moi j'aime bien celle-ci" " eh bien moi non" " moi je vais les couper encore plus courts la prochaine fois" " c'est beau" " c'est sympa...." 

Tout le monde n'apparaît pas ici. Certaines préfèrent garder jalousement leur image. Il n'y a d'obligation à rien, c'est juste comme un petit jeu, entre nous. Et puis en y regardant bien, je me dis que chacune de ces nuques pourrait presque définir un caractère. A chaque fois c'est une physionomie différente. La mosaïque est inégale, la qualité des photos n'est pas parfaite et leur taille réduite, pourtant l'image attire les foules... 

Tant mieux parce que je trouve ça amusant et sympa. 

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Exploration

1 Septembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Sans même quelle l'imagine, elle offre à sa curiosité un territoire à explorer et le voici, fasciné par cette terre inconnue au relief sensuel. Il est Christophe Colomb, Marco Polo ou Neil Armstrong et son premier pas il le fait de ses doigts, scouts fébriles, sur cette vallée soyeuse, ce grand Rif presque aussi tourmenté que le vrai... Des falaises, comme un entonnoir guident l'explorateur sur cette chaîne de monts qui sautillent, réguliers et montrent la direction. Ses doigts caressent, effleurent, glissent et courent sur la peau tiède comme des éclaireurs et à chaque progrès déclenchent un frisson, comme une onde qui va secouer les épaules et hérisser la chair... Son Graal il est là, là où tout le conduit, vers cette colonne étroite et robuste, ce cou, nu, où un simple baiser affolera leurs sens. Les doigts parvenus à la fin de leur course, délicatement dessineront cette ligne ténue entre le satin de la peau et la chevelure, rasée et soyeuse, cette nuque, pilier de chair et boule de nerfs, avant de poursuivre leurs découvertes sur la face cachée... Le souffle, les lèvres s'empareront de la place et chaque centimètre carré, chaque creux, chaque espace sera couvert d'un baiser, humé comme une fleur rare, dévoré comme un met délicat jusqu'à provoquer une plainte de désir ou d'envie, comme un appel...

 

Photo: Aleksandra Hapka

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Rentrée des classes

31 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Everett-collection.jpg

Il y aurait comme un parfum de poudre de riz et d'eau de Cologne. Pas moyen d'y échapper à quelques jours de la rentrée... en tout cas à cette époque. C'est comme un nouveau démarrage, une remise à zéro des compteurs. Il faut présenter son rejeton sous sa meilleure image, faire "bonne impression". Alors le samedi juste avant c'est un peu la cohue chez le coiffeur. Il faut tailler, raccourcir, discipliner ces chevelures laissées en friche tout l'été. C'est la reprise en main et bientôt, aspergés de lotion bambino et bambina logés à la même enseigne sortent de là, la frange bien droite et la nuque fraîche...

Aujourd'hui cela semble différent. Mon coiffeur me l'a dit, finie la cohue, ni pour la rentrée des classes ni pour Noël, c'est du passé tout ça. 

N'empêche...  Les souvenirs parfois refont surface. Elle se rappelle cette coupe au carré qu'elle détestait et la tondeuse sur la nuque "comme papa" disait le coiffeur, riant tout seul de son mot, qui lui faisait un peu peur et qu'aujourd'hui elle réclame presque... Ces nuques palottes, préservées jusque là du soleil d'été et soudain cruellement exposées. La photo de classe sur laquelle il faut apparaître telle qu'on souhaite que le souvenir demeure pour toujours, délicieuse garçonne ou jeune fille sage.

Est ce que tout cela aurait vraiment disparu?   

 

 

Photo: Everett Collection

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Filles en cuir

30 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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J'aimerai bien quand même, des fois, que lorsque je parle de "nana sur une grosse moto" avec ma boulangère, elle ne me lance pas dans les dents Brigitte Bardot exibant ses cuisses un peu grasses en criant une chanson de Gainsbourg. Parce que ça me gène, ça m'embarrasse, ça ne me plait pas d'avoir cette image de BB qui avouons le est plus proche de Pamela Anderson que de mon idéal féminin. Et puis y a pas qu'Harley Davidson, mais bon, c'est pas le sujet.

Là non plus je ne sais pas expliquer pourquoi, mais lorsque je vois une silhouette un peu menue descendre d'une grosse cylindrée, bottée, pantalonnée, vestée de cuir et soudain soulever son casque pour laisser dégouliner quelques mèches souples qui lui barrent le visage, mon coeur se gonfle d'émotion et j'ai de l'admiration pour cette femme libre. Enfin libre, c'est l'idée que ça me donne.

Il y a là, encore et toujours, l'ambivalence qui m'est chère entre la puissance brutale d'acier et de chrome et l'apparente fragilité de cette femme qui en réalité est un roc, comme le roseau de la fable. Un mélange de genre presque heureux, du féminin dans le masculin, ou vice versa. En somme bien des choses qui me plaisent...

 

 

Photo: Moto Guzzi

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Caroline chèrie

29 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

 

stumbleine.jpgDepuis un moment, bien des voix s'accordent pour me dire qu'il ne faut pas préter trop d'attention aux commentaires. Il y en a, tant mieux et reste poli, répond à chacun. Il n'y en a pas, tant pis, l'essentiel n'est pas là.

Mais là, là, c'est différent! Ce n'est pas un commentaire, c'est un message privé, directement adressé à moi, dans l'intimité de ma boîte à lettres. Un cri de liberté comme je les aime, que m'envoie Caroline. Alors bien sûr j'ai demandé avant hein? Vu que c'est un peu intime quand même. Mais je suis comme ça, je partage tout!

Et ça me fait tellement plaisir...

 

"J'ai cette envie de vous écrire pour vous remercier de ce merveilleux blog, qui doit en aider plus d'une à concrétiser cette coupe courte dont on rêve toute seule dans son coin. Et j'ai concrétisé aussi. J'ai 20 ans, et mon expérience chez les coiffeurs me donne assez de légitimité pour tenter le coup toute seule. Au moins dans un premier temps. Alors c'est un jour avec de la musique fort dans les oreilles et après des mois passés sur ce blog: que j'ai saisi un ciseau. D'abord un carré, classique. Puis finalement une coupe dégradé qui se garçonnise. Plus je coupais plus j'étais heureuse, la démonstration que le bonheur est à porter de main ! La coupe a réussi, j'ai fait exactement ce que je voulais, c'est une partie de plaisir sur cheveux naturellement ondulés. On me dit "chouette t'as été chez le coiffeur !" Ni vu ni connu. Maintenant je suis moi. Alors merci les femmes-aux-cheveux-courts !!"

Caroline N.

 

Merci Caroline

Photo: Ari

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Quelques fleurs

27 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

Voilà, nous y sommes. Allez soyons franc, les anniversaires, au bout d'un certain temps ça ressemble plus à des commémorations qu'à des fiestas. Alors pour ne pas tomber dans ce travers, en ce jour solennel ( pouêt pouêt! ) je vous offre un bouquet... de merveilleuses femmes aux cheveux courts qui ont jalonné le blog durant ces trois années...

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... et cherry on the top of the cake, parce qu'il fallait bien un gâteau aujourd'hui,quelques violettes aussi.

 

A présent les bougies sont soufflées et mon regard déjà se tourne vers demain.

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Crédit photo: dans les albums précédents

 

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Désirs

27 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Le rêve pour les uns serait d’avoir des ailes,
De monter dans l’espace en poussant de grands cris,
De prendre entre leurs doigts les souples hirondelles,
Et de se perdre, au soir, dans les cieux assombris.

D’autres voudraient pouvoir écraser des poitrines
En refermant dessus leurs deux bras écartés ;
Et, sans ployer des reins, les prenant aux narines,
Arrêter d’un seul coup les chevaux emportés.

Moi ; ce que j’aimerais, c’est la beauté charnelle :
Je voudrais être beau comme les anciens dieux,
Et qu’il restât aux coeurs une flamme éternelle
Au lointain souvenir de mon corps radieux.

Je voudrais que pour moi nulle ne restât sage,
Choisir l’une aujourd’hui, prendre l’autre demain ;
Car j’aimerais cueillir l’amour sur mon passage,
Comme on cueille des fruits en étendant la main.

Ils ont, en y mordant, des saveurs différentes ;
Ces arômes divers nous les rendent plus doux.
J’aimerais promener mes caresses errantes
Des fronts en cheveux noirs aux fronts en cheveux roux.

J’adorerais surtout les rencontres des rues,
Ces ardeurs de la chair que déchaîne un regard,
Les conquêtes d’une heure aussitôt disparues,
Les baisers échangés au seul gré du hasard.

Je voudrais au matin voir s’éveiller la brune
Qui vous tient étranglé dans l’étau de ses bras ;
Et, le soir, écouter le mot que dit tout bas
La blonde dont le front s’argente au clair de lune.

Puis, sans un trouble au coeur, sans un regret mordant,
Partir d’un pied léger vers une autre chimère.
- Il faut dans ces fruits-là ne mettre que la dent :
On trouverait au fond une saveur amère.

 

Modèle: Aleksandra Hapka

Texte: Guy de Maupassant 1850-1893

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Sic transit gloria mundi

26 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Bo-Don-by-Alex-Franco.jpgC'est dramatique, mais plus on s'approche de la date anniversaire de ce blog et plus j'ai le sentiment d'avoir tout dit. Mais comment est ce possible? Avoir "tout dit" c'est presque aussi horrible que de dire avoir "tout vécu"? Alors qu'auparavant j'aurais pu des jours entiers disserter sur l'érotisme d'une nuque fine et délicate, chanter les louanges des femmes d'action, leur courage et leur détermination, m'extasier devant les portraits d'actrices glamour au chic naturel, raconter mes états d'âme et mes désirs nourrit de quelques souvenirs...

Aujourd'hui plus rien, le vide, l'absence. Pire encore, j'ai le sentiment parfois d'être cerné par de vulgaires "coupeurs de nattes" qui ne savent pas maîtriser leur fétichisme, qui ne songent qu'à se repaitre d'images qui les excitent, qui envahissent mon espace, bousculent mes mots, piétinnent ici sans aucune vergogne. 

Shalom_Harlow-16-blacksexjack.jpgMais c'est injuste de penser cela, parce que la réalité ce sont plutôt ces lectrices, femmes ou même jeunes femmes qui chaque jour viennent, lisent, apprécient, commentent ou font savoir de quelques clics leur approbation. Ces quelques hommes de qualité aussi...

Voilà! C'est un peu ça. Ridicule et dérisoire, comme mon refus caractériel de regarder TF1 de peur que Jean Pierre Pernaut ne croit que j'aime son journal, j'ai du mal à supporter l'idée que viennent ici des gens qui ne seraient pas en totale osmose avec moi, qui ne seraient que cette part obscure de moi même que je combat et que je méprise.

Ca n'a pas de sens, j'en conviens et finalement je me dis que je suis pas aussi vaniteux que cela puisque je me rend compte parfois à quel point ce blog est dérisoire. Il le serait peut être moins s'il était militant, revendicatif, transgressif, luttant pour une considération différente du genre humain...

Abby-Clee.jpgMais non, ce n'est pas moi... Moi je suis seulement un amoureux des femmes aux cheveux courts, des femmes à l'allure chic et glamour, des androgynes filiformes aux coupes de garçon et au regard ombrageux, de toutes celles qui savent que leur chevelure n'est pas un atout en soi, mais le devient selon la manière dont elle est taillée, de ses nuques rasées exposant leur fragilité aux regards ou révélant un plaisir secret, de ces femmes déterminées dans leurs choix, combattantes ordinaires et quotidiennes ou femmes d'exception...

 

Alors l'aventure continue, pour moi et pour celles et ceux qui sont comme moi.

 

Juste pour nous. 

 

 

 

 

 

Photos: Bo Don par Alex Franco - Shalom Harlow par Mario Sorrenti - Abby Clee

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