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Les Affranchies
Articles récents

Le dictateur misogyne

20 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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La nature humaine est ainsi faite qu'on cherche souvent à convaincre les autres de la justesse de nos idées et de l'assurance de notre jugement. A tel point que parfois on fini par être trop exclusif, à n'admettre que notre point de vue et la compagnie de celles et ceux qui le partagent. 

Partant de ce constat, moi qui réfléchi plus que raisonnablement, je me demande finalement si à force de parler des femmes aux cheveux courts, de les vanter, de rendre hommage à leur audace, leur tempérament, leur authenticité, toussa toussa... je n'en viens pas à être un peu ayatollesque dans mes propos. 

C'est ce que m'a inspiré un récent échange de commentaires où, en plus de l'incompréhension inhérente à la forme du dialogue, se sont télescopées deux humeurs visiblement différentes.

Résumé des faits: Pauline ( Pooline's world ) commente l'article Certain(e)s l'aiment (ma)cho ( oui je sais ça date pas d'hier, mais bon, c'est sympa de revenir sur des vieilleries ) et soutient, non sans bon sens que souvent les femmes ont peur et elle énonce les raisons de ces peurs, le tout allant dans le sens de mon propos. 

Puis s'ouvre un nouveau paragraphe sur "l'éternel féminin" dont la référence pourrait être la femme telle que Alfons Mucha la peint dans son oeuvre, symbole de l'Art Nouveau. Et donc Pauline avoue sa fascination pour ces chevelures ondulées et tentaculaires, qui battent les reins de ces femmes "normales", comprenez non androgynes.

Sans avouer un seul instant que moi aussi j'apprécie beaucoup l'oeuvre de Mucha, je réponds comme d'habitude de façon un peu brutale et provocante, que le stéréotype de la femme, femelle fertile et nourricière, aux hanches larges, aux seins généreux et à la chevelure abondante est une image véhiculée depuis l'aube de l'Humanité par l'homme et les religions, à leur seuls profit: un concept quoi.

Et là... c'est le drame!

Pauline défend son idée, m'accusant de despote capillaire, qui ne supporterait que les femmes androgynes au corps musclé et aux cheveux courts, voulant imposer ma vision de la femme, celle qui me plaît, sans partage, occultant la réalité physiologique du genre féminin " construit" pour enfanter ( gros seins, hanches larges ) 

Bon, moi je le prend à la rigolade, de toute façon j'aime bien bavarder. Mais qu'on m'accuse de dictateur simplement parce que je profite de Mon blog pour exprimer Mes goûts... ça me dérange. Mais quand même, finalement je me demande si Pauline n'a pas raison... peut être bien que je deviens intolérant, extrémiste, terroriste avec mon image d'être idéal aux petits seins, aux hanches droites et à la nuque bien dégagée? 

M'enfin, je n'ai jamais pour autant dit du mal des femmes qui n'entraient pas dans ce schéma ( à part Pamela Anderson ) et quant à dire que certaines femmes aux hanches larges et aux seins "normaux" sont des femmes de caractère malgré leurs cheveux longs, je veux bien le croire, les références ne manquent pas, mais je n'ai jamais dit non plus que j'aimais les femmes de caractère... hein? On saisit la nuance?

Epilogue: J'aime bien Pauline. Une femme aux cheveux courts "normale" qui de temps en temps part un peu dans les tours quand il lui semble que son combat est juste. Comment la blâmer. Quant à moi, ben comme d'hab' je vais tenter d'enfoncer les portes ouvertes et le clou pour chasser les clichés, les idées reçues, les stéréotypes qui collent quand même un peu trop aux basques des femmes aux cheveux courts, même si je n'en suis pas une ( merci de me le rappeler ) mais surtout continuer de dire qu'il existe en ce bas monde un homme qui aime les femmes aux cheveux courts, blondes, brunes, rousses, grises, blanches, noires, jaunes, rouges et même tout mélangé, petites, grandes, rondes ou fines. L'essentiel c'est qu'elles soient elles mêmes.

 

Affiche: Alfons Mucha

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Roxanne

16 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Un jour il lui avait raconté l'histoire de l'esclave persane devenue reine. La reine d'un immense empire, au destin tragique... Elle est restée silencieuse en écoutant la légende. A la fois triste et fière. Tout ce qu'elle connaissait elle, c'était l'histoire de la chanson, une chanson d'amour qui disait que la fille n'était pas obligée de faire le trottoir parce que le garçon l'aimait et qu'il ne voulait pas la partager avec un autre...

Après tout elle aussi était une reine, dans le coeur de ce garçon...

Est ce que les prénoms pouvaient vous donner un peu de l'ADN de ces héroïnes fantastiques? Est-ce que toutes les Schéhérazade avaient le coeur aussi noble que la princesse aux milles et une histoires, est-ce que toutes les Jeanne pourraient mener une armée dans un juste combat... Et les Camille auraient une âme de sculpteur, les Louise prêtes à monter sur les barricades, ou les Morgane un penchant pour la sorcellerie...?

Cela l'a fait rire. Elle a secoué sa tête blonde, a paru hésiter un instant puis a lancé: " Tu sais j'ai rencontré un garçon..." Il s'est attendri, a ébourrifé ses cheveux courts avant de lui demander:" Et comment s'appelle-t-il?" Dans un sourire elle a répondu:

"... Alexandre..."

 

Photo: Marta Bevacqua

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L'amoureuse

15 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire

 

Texte: "L'amoureuse" Paul Eluard

Modèle: Stefania Kightley

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La Muse du Louvre

13 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Quoi de plus naturel pour un fabricant de bagages que de faire une publicité qui incite au voyage, hein, j'vous d'mande un peu?
Mais peu importe, bien sûr ce n'est pas la marque qui m'intéresse, mais la délicieuse Arizona Muse, parfaite dans le glamour et le chic de ce rôle énigmatique. Elle semble à son apogée, même si je la connais depuis longtemps et je ne crains pas, dans ce style, de la comparer à Lauren Bacall, sa silhouette, sa moue, son regard... Il y a quelque chose du garçon manqué, malgré la sophistication, tout comme "Slim" dans "Le port de l'angoisse"
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Un lundi qui m'enchante

12 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Il y a comme ça des matins où, en ouvrant mes volets, je découvre des images qui m'enchantent. Et à vrai dire je devrais me demander pourquoi. Ces photos, qui visiblement sont une illustration du savoir faire du styliste vedette d'un salon de coiffure de Vancouver, n'ont rien de très glamour ou même artistique. Ca tiendrait davantage de l'anthropométrie...

Ben pourtant la vision de cette jolie jeune femme me rempli d'allégresse de bon matin. Elle même, parce que ses traits me plaisent et cette coupe de cheveux que certain(e)s vont juger "trop" courte, "trop" masculine, "trop" sévère, eh bien moi je la trouve parfaite et terriblement sexy! D'abord parce que c'est du beau travail, un minutieux fondu dans le dégradé et puis justement parce que c'est très "masculin" et moi une jolie femme qui s'approprie le masculin de cette façon j'adore ça.

Pourtant je n'y vois aucune ambiguité, moi qui aime bien ça, parce que cette femme possède une féminité naturelle qui n'appelle pas le doute sur son genre et cette façon d'appuyer le trait sur son masculin en coupant ainsi ses cheveux me fait imaginer un caractère, un vrai. 

Et ça... J'adore!

 

 

 

Muffazin3.jpg      Muffazin2

 

Réalisation: Aaron Brousseau

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Le 11 à 11 heures

11 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

miekiss.jpg"C'était un lundi, il y avait "école" alors j'étais plongée dans mon quotidien, m'appliquant sur une page d'écriture sous le regard sévère de la maîtresse. Et puis, sur le coup de 11 heures subitement les cloches du village se sont mises à sonner, toutes, à la volée. C'était impressionnant parce que jamais je n'avais entendu un tel carillon. Les porte plumes se sont levés comme les regards, vers la maîtresse d'abord, puis vers l'extérieur... D'un seul élan je crois que nous nous sommes tous précitpités vers les fenêtres pour les ouvrir malgré le froid... Et là on a entendu aussi les cloches du village d'à côté, qui sonnaient tout pareil... Il y avait dans mon coeur un mélange d'inquiétude et de joie, ça faisait tant d'années déjà que le malheur nous poursuivait...

Et puis le garde champêtre est arrivé sur son vélo, avec son tambour sur les reins. Il pédalait comme un fou et manqua plusieurs fois de glisser sur la boue gelée de la rue. Et juste après lui les gens sont arrivés aussi... Il y avait tant d'émotion sur les visages que je ne savais pas encore s'il fallait rire ou pleurer. Le garde champêtre a fait rouler les baguettes sur son tambour et comme tout le monde était déjà attroupé autour de lui il a crié "La guerre est finie"..."

Elle s'appuie un peu sur moi, mais elle veut se tenir droite et dignement devant le monument de pierre. Il y a des militaires qui sont venus, des uniformes auxquels elle ne connait rien, des trompettes, des fanfares... Sur le revers de son manteau il y a ce petit bleuet quelle caresse distraitement de ses doigts noueux. Dans son regard, cette étincelle d'enfance qui vient de lui faire revivre ce récit qu'elle m'a murmuré... Sur la stèle de pierre elle fixe un nom...

 

Photo: Mea Kiss

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Laora, Frida, la crise

10 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

Apollonia Saintclair

J'ai fini par me rendre compte que le trio que nous formions Frida, Laora et moi, qui se voulait un véritable laboratoire de la tolérance et de l'ouverture d'esprit, une expérience unique en matière de transparence et d'authenticité dans les rapports inter-genre et dont finalement je tirais un peu de vanité puisque j'en étais à l'origine, n'était peut être pas si idéal que ça. Mon rôle de coq en pâte, agitateur de moi, de surmoi et de ça était assez confortable il faut bien l'avouer et j'aurais pu me contenter de ce ronronnement libidinal.

Cependant un incident anodin en apparence venait de mettre ma bonne conscience en alerte. Profitant d'un weekend en duo, Laora qui n'était jamais la dernière pour m'entraîner sur les voies de la perdition, commença à me taner pour connaître mon goût sur la façon de tailler une toison pubienne... Bon, sur le coup je me suis dit qu'il n'y avait là rien qui relève du secret d'état et que c'était sans doute une bonne façon d'échauffer nos esprits avant une partie de jambes en l'air. 

Je livrais donc le fond de ma pensée et la brune lombarde proposa ni une ni deux, de soumettre son buisson intime à mon jugement. Si bien que nos ébats commencèrent ce soir là par une séance de coiffure un peu particulière où j'avais le rôle de directeur artistique et contrôleur des travaux finis, pendant que la chaude transalpine officiait seule...

Frida de retour d'un congrès sur l'opportunité des Tarots de Marseille en psychanalyse, s'enquit comme d'habitude de nos récentes occupations en son absence. Je restais coit et Laora se lança avec gourmandise dans le récit de nos ébats de la veille, aguichant de manière très féline notre amie des alpages tyroliens.

Laora "- ... Et pouis jouste avant j'ai taillé la minou comme il mé dit qu'il aime. Tou veux voir?"

Et sans plus de cérémonie, elle dévoile à la psy son intimité, lui expliquant la manière dont elle a tondu sa toison pour lui donner cette allure de petite moquette bien "brossée"

Et là, c'est le drame...

Ma Psy " - Eh pien che gonsdate que du d'indéreze auzzi à ce chenre de koivure" dit-elle à mon intention, puis s'adressant à l'italienne: " Himmelkreuz! Et tu as vais za afec la tondeuze qui zert à couper les chefeux? Mais z'est tékeulaze..."

Inutile de dire que cette dernière réflexion nous a laissé le regard dans le vide et la mâchoire sur les chaussures. Qu'est ce que cela pouvait être sinon l'expression d'une colère de jalousie camouflée sous un détail futile et de la plus évidente mauvaise foi.

En quelques mots, notre utopie communautaire venait de voler en éclats. Au lieu de profiter à son tour de l'enthousiasme et de la fraicheur inventive de Laora, Frida avait cédé à un sentiment tellement mesquin, tellement médiocre et tellement... humain. 

 

Dessin: Apollonia Saintclair

 

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A parts égales

8 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Oui bon j'avoue, cette fille n'est pas vraiment militaire, malgré sa combinaison de tankiste, ses dogtags pendus au cou et ses cheveux courts. C'est juste pour la photo... Bon mais quoi? Ca pourrait tout aussi bien non? Ouais enfin presque. Question charisme et belle gueule pas de problème, question fringues non plus. Mais question coupe de cheveux c'est pas encore tellement ça, en vrai.

La réalité c'est que l'institution n'est pas très favorable à l'idée d'avoir dans ses rangs des femmes qui se prendraient pour des hommes. Alors bien sur on fait dans le subtil ( si si ), c'est pas vraiment interdit, mais c'est pas recommandé. On préfère le petit chignon mignon et le filet qui retient tout ça au dessus du col de la chemise. Réglo!

Et puis d'un autre côté il y a aussi une certaine volonté de la part des intéressées, de jouer avec ce pseudo symbole de féminité que pourrait être les cheveux longs. Au boulot, no problemo et le soir girlie... Bon.

Moi, amoureux invétéré des femmes aux cheveux courts, fasciné un peu par les femmes en uniforme, j'aimerai bien qu'on cesse avec l'hypocrisie, qu'on laisse faire chacune comme il lui plait, sans pression et surtout que là comme ailleurs chacun soit à armes égales... 

 

Modèle: Stefania Kightley

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Où étais-tu?

6 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Tu t'es cherchée durant des mois, des années peut être. Au début sans trop savoir quelle voie explorer, plongeant dans l'excès, mélangeant les ingrédients et forçant une personnalité qui t'était étrangère. Mais déjà là il fallait du courage. Tu as camouflé tes cheveux flamboyants sous des couleurs improbables, percé, clouté, agrafé ta chair, tatoué ta peau et hurlé ton angoisse au monde entier... qui n'a prêté aucune attention à ton désarroi.

Tu as avancé seule et tu ne t'es pas perdue. Un jour tu t'es senti apaisée. Finie la bagarre, finies les panoplies. Comme une ardoise magique tous tes tourments sont effacés le jour où tu décides d'être toi même. Tu retrouves ta nature, tu t'appropries ton corps, tu coupes tes cheveux qui flamboient de nouveau...

Aime toi, aime toi!

 

Modèle: Lindsay Heath par Rasul K Welch

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Sueurs froides

4 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Le débriefing après une mission qui a échoué n'est jamais une partie de plaisir mais Tao s'en était bien tirée, faisant face avec détermination pour expliquer ses choix et les conséquences qu'ils avaient entrainés, ce combat de rue et l'abandon de l'objectif. Le Service avait conclu finalement que l'attitude avait été la bonne, que la mission n'avait pas été compromise et que donc tout cela n'était que partie remise...

Partie remise... ils en avaient de bonnes, vraiment. Comme si il suffisait de remettre la bobine à zéro et d'appuyer sur "play". Depuis son retour de Beyrouth, Tao était tourmentée, revivant chaque nuit ce combat et méditant sur la Mort avec qui elle avait fait cette danse dans la ruelle d'Achrafieh. Physiquement il n'en restait qu'une balafre sur le haut de son bras, le première, disait elle en fanfaronnant presque fiérement.

En réalité elle était profondément marquée par cette aventure. "Tu vois c'est grâce à elle si je m'en suis sortie". Dans sa volonté de suivre les traces de Moïra et l'espoir de la venger un jour, elle avait elle aussi adopté cette façon de se couper les cheveux très courts. "Chaque fois je pense à ça. Si j'avais eu les cheveux longs il m'aurait égorgée..."

Ce soir là en lui ouvrant la porte je l'ai découverte sublime, en pantalon de cuir et débardeur blanc, son Perfecto sur l'épaule. L'image était la même que celle que j'avais gardée de Moïra le jour de notre rencontre en Bosnie. Tao avait rasé ses cheveux, gardant une brosse soyeuse sur le sommet et formant une petite houppe sur son front, la nuque et les côtés parfaitement dégradés. A peine entrée elle abandonna son blouson et colla ses lèvres aux miennes, me forçant à reculer, repoussant la porte d'un coup de botte. Dans ce baiser il y avait autant de conviction que dans un combat à main nues, une envie extrême de se sentir vivante, un besoin d'amour qui chasserait le spectre de la mort...


Photo: Courtney McCullough par Ezra Spurrier

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