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Les Affranchies
Articles récents

Lettre ouverte à moi même

7 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Cher moi même,

Il faut bien dire que ce n'est pas banal cette façon que tu as d'exprimer au grand jour cette dilection si particulière qui te tient depuis toujours. C'est vrai, la plupart du temps les hommes se contentent de quelques blagues, toujours un peu graveleuses, pour signaler davantage leur hétérosexualité plutôt qu'un goût particulier en la matière. C'est donc sans doute que tu te situes assez loin de ces bougres là.

Mais pourquoi un blog? Ces choses là sont tout de même plutôt de l'ordre de l'intime. Tu pourrais tout aussi bien coucher tes mots sur un cahier... Ah oui je sais! L'envie de partager... Mouais, une jolie façon de camoufler son orgueil et sa vanité. Enfin non, c'est injuste. Il y avait bien au départ ce besoin de hurler à tous, ce qui longtemps pour toi avait parût une anomalie. Pensez donc, aimer les femmes aux cheveux courts, alors que la Terre entière depuis toujours ne reconnaît la féminité qu'à travers une beauté plantureuse à la chevelure cascadant sur les reins. Une hérésie. Il y avait bien quelque chose de jouissif à dire "à tous" eh bien que tu n'étais pas comme "eux". C'est vrai.

Mais il n'y a pas de chemin facile. Par bonheur, on arrive toujours, un moment dans notre vie, à atteindre un niveau de sagesse ou de maturité qui ne fait plus craindre les soupçons que pourraient formuler les quidams mal dégrossis qui considèrent qu'aimer les femmes aux cheveux courts équivaut à aimer les hommes. Ce qui pouvait être vrai à 15 ans, aujourd'hui ne peut que te faire sourire. 

Il faut bien avouer que ce travail t'a fait du bien. Moi qui te connais un peu, je le vois bien. Et je te reconnais dans "l'homme lesbien" capable d'exprimer avec tendresse et respect un véritable amour des femmes, comme complices, amies, amantes.

Bon bien sûr il y a les cheveux courts aussi. Ce genre de fétichisme devenu davantage une dilection. Une dilection parce que ce qui pouvait sembler pervers n'est finalement plus qu'un éventail de sensations et de plaisirs, mélange de tactile et de cérébral.

Parce que sans doute cette jolie femme en coupant ses cheveux courts se rapproche davantage de l'homme que tu es avec sa sensibilité féminine et que, faisant chacun un pas vers l'autre vous vous retrouvez plus facilement? Parce que cette femme aux cheveux courts est assez sûre de sa féminité et de son pouvoir pour ne pas se ranger parmi les modèles stéréotypés...

Alors je te comprend. Il fallait bien faire comme ça. Parce que finalement, en t'adressant aux femmes aux cheveux courts, tu parles aux femmes que tu aimes, connues ou inconnues, mais aussi aux femmes qui aiment les femmes, comme toi et aux hommes aussi, qui te sont semblables et ne savent pas toujours mettre les mots, une sorte de discours universel en somme....

Mon cher moi même, je te souhaite de trouver ici encore longtemps, toute la satisfaction et le bien être possible. 

Je t'embrasse,

Moi 

 

Photo: Anaïs Hamel

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Cette douce angoisse

5 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Elle est arrivée un matin, le jour justement de ce premier rendez vous. Il y avait bien des signes avant coureur, comme une légère excitation à la simple évocation de ce désir. Et puis cela s'est réellement concrétisé au moment de passer à l'acte. On a beau dire, après toutes ces années, c'était quand même un sacré pas en avant...

Petit à petit et comme l'instant se rapprochait, il y a eu des frissons dans le bas du dos, comme si on vous prenait la taille avec deux mains énormes. Et puis cette sensation d'avoir des papillons qui volettent dans l'estomac. Une sorte d'appréhension quoi. La peur d'être déçue? Pourtant le désir est là et la volonté d'aller explorer cette partie de soi même et de se découvrir.

Le moment le plus difficile est celui où il faut exprimer son envie, affirmer et paraître sûre, fermement décidée... On est préparée, équipée, protégée, prête au sacrifice et la respiration est un peu forte parce que la douce angoisse est là.

Et voilà c'est fait! En quelques coups de ciseaux les cheveux longs ont disparus et on s'étonne, on s'émerveille, on découvre son regard, on en croit pas ses yeux... Les cheveux courts s'était bien une idée qui trottait comme ça, de temps en temps dans notre esprit... Et puis le jour où l'on s'est décidé, la douce angoisse est arrivée. Peut être la peur de ne plus se reconnaître, surtout celle que les autres ne vous voient plus comme avant. Mais avant est ce bien moi?

Une fois rassurée, l'estomac se dénoue, le sourire revient, c'est presque une renaissance, quelques fois même une vraie naissance, une rencontre avec soi même. Le premier pas franchi, la douce angoisse est comme un goutte à goutte d'adrénaline, envie d'aller plus loin, chaque fois d'y revenir et souvent de couper encore plus court. Et chaque rendez vous fait naître à nouveau ce petit noeud dans l'estomac, éternel mélange de plaisir et d'appréhension, cette petite peur qu'on aime se faire et qui nous ramène à l'enfance où les éclats de rire cachaient la peur du loup qui venait vous dévorer de chatouilles.

Et cette douce angoisse reprend force et puissance quand d'aventure il faut chercher un nouveau coiffeur, parce que c'est comme si tout recommençait. Mais cette petite peur nous fait plaisir, malgré tout, parce qu'elle nous remet sur le chemin de l'incertitude...

 

Photo: Bobby Anders

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Nécessité

3 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Le petit matin arrivé, ils ont fait l'amour une fois encore, presque avec délicatesse, la tête pleine des fantasmes que la nuit leur avait fabriqué. Les gémissements et les cris, les souffles chauds, les griffures sur la peau, mais les baisers salés aussi, les parfums, les odeurs...

Ils ne voulaient pas en finir. Arc-boutés l'un à l'autre, ils exultaient dans un effort physique où chacun ne cherchait que le plaisir de l'autre. Un râle ultime, puis ils se sont effondrés, terrassés par leur plaisir.

A quoi bon imaginer demain, pourquoi chercher des certitudes? Ils se sont promis la liberté. Il le sait bien, la jalousie est un poison, lent mais mortel, alors pas de promesses, pas de grande déclaration...

A travers ses cheveux courts elle le regarde et son oeil sourit. Il reste son héros, même avec ses tourments d'homme ordinaire. Elle ne dit rien elle non plus, le regarde, l'embrasse puis pose un doigt sur ses lèvres...

 

Photo: Freja Beha Erichsen par Collier Schorr

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Le juvénile n'a pas de genre

1 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

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De loin sur le trottoir j'ai reconnu ta silhouette, ton allure un peu dégingandée de grande fille. J'allais siffler ou courir pour te rattraper et puis j'ai réalisé la manière dont les gens se retournaient en te croisant et les regards de celles et ceux qui ne te voyaient que de dos, comme moi. Cette coupe de cheveux qui jamais ne laissait indifférent. C'était encore plus vrai ce matin là parce que tu semblais sortir de chez le coiffeur ou en tout cas ton dernier rendez vous devait être récent. 

En demeurant spectateur j'essayais de me concentrer juste sur l'image, sans penser à la jolie fille que je connaissais. Et pourquoi diable tout ces regards sur ton cou nu? Il y avait bien une fascination dans le contraste provoqué par ce mélange de genre ou de style. L'idée me vint que cette coupe avait quelque chose de juvénile, le genre de coiffure que l'on imagine plutôt sur une fillette ou un garçonnet d'une autre époque. Une coiffure qui justement n'avait pas de genre, parce qu'on la rapportait à l'enfance ou l'adolescence. Et sur toi, grande et belle fille, c'était délicieux à voir, pour moi et sans doute très intriguant pour d'autres. La question gênait toujours, garçon ou fille? Ou bien était-ce simplement que tous partageaient mon plaisir de voir cette jolie nuque à ce point dégagée?

 

Photo: Tommy Ton

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Sans toi

29 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Il n'a jamais imaginé la perdre. C'était une certitude, comme celles que l'on rencontre parfois et qui nous donnent confiance en nous même... " Cela n'arrivera jamais... jamais" Et chaque jour depuis celui où elle l'a connu, cette certitude prenait du corps, de la masse, comme un socle énorme et indestructible.

Il a découvert en elle une partie de lui, sans doute la meilleure, celle qu'il ne soupçonnait pas et ainsi soudés, l'un et l'autre ils pouvaient croire que rien ne saurait leur résister. C'était tellement plus fort que tout...

Mais la vie est une chienne que l'on caresse et qui vous mord quand vous croyez l'avoir apprivoisée...

Elle est partie et c'est comme si l'air lui manquait. Finies les certitudes, en quoi pourrait-il croire à présent? Le socle d'airain n'est plus qu'un tas de poussière sur lequel plus rien ne tient. Il faudrait balayer, rebâtir, mais il est incapable de tout, orphelin de son âme... Elle était lui au féminin, son miroir, lui en mieux et le voilà vide.

La vie est une chienne...

 

Photo: Carey Mulligan

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Un sentiment étrange

28 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Elle fait ce geste presque machinalement, à chaque fois qu'elle sort de chez le coiffeur. Cette caresse sur sa nuque la fait frissonner un peu. C'est agréable ce léger chatouillement du bout des doigts lorsqu'ils remontent doucement à travers les cheveux taillés très courts. En le faisant elle retrouve le moment où le peigne rebrousse les cheveux et où les ciseaux claquent dans un rythme effréné. Ce geste l'a toujours fascinée. Elle se souvient, petite, qu'elle aurait pu rester des heures à observer le coiffeur l'accomplir. D'abord la fluidité avec laquelle le peigne glissait, à contre sens, laissant apparaître furtivement une raie qui disparaissait au fur et à mesure de l'ascension. Et puis les ciseaux qui claquaient en cadence, parfaitement synchronisés, suivant la progression du peigne... Arrivé à la fin de sa course, les lames cessaient leur agitation et lui repassait dans le sens du poil cette fois, puis à nouveau s'apprêtait à remonter dans la toison. De temps en temps le coiffeur faisait claquer les lames dans le vide, comme pour prendre de l'élan avant de plonger sur le peigne et tailler tout ce qui en dépassait... La technique autant que l'adresse du coiffeur avait cet attrait fascinant qu'ont les gestes du sculpteur façonnant la pierre ou le bois, laissant naître à la longue une forme voulue, lisse et harmonieuse...

Aujourd'hui c'est elle qui offre ses cheveux à tailler aux ciseaux qui claquent frénétiquement sur le peigne qui remonte régulièrement et inexorablement. Et chaque fois elle retrouve cette étrange sensation, un souvenir d'enfance heureuse, son frère, son père, des parfums et des bruits. C'est bête parfois comme certaines petites choses vous font du bien...

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Idées noires

27 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Brett walker

Je n'y peux rien, je suis comme ça! Depuis que ce petit blog a attaqué sa quatrième année je m'inquiète. Je le vois batifoler, sembler s'épanouir, rire et pleurer... Pourtant je me fais du mouron pour lui. Les analyses ne sont pas bonnes comme on dirait à l'Institut Pasteur.

Alors oui je sais. Il y a comme ça des petites crises dans la vie d'un blog, des poussées de fièvre, comme des baisses de tension, en général rien de grave.

Mais là cela fait un petit moment que j'observe sa courbe de températures et je vois bien que ça ne va pas. La baisse est générale, l'audience n'y est plus. Il y a bien des messages de sympathie, nombreux, chaleureux, encourageants. Mais pourtant les chiffres sont bien là: 50 490 pages vues au mois d'août.... et ce mois ci il atteindra péniblement les 40 000.

Alors dans ces cas là on en arrive à remettre en cause la fiabilité même du système, on se dit que les statistiques sont fausses, les calculs erronés... Hélas, si les résultats ne concordent pas toujours, une réalité apparaît unanimement, c'est la dégringolade.

Oui oh, je sais! Il n'y a guère que mon orgueil qui en pâtisse et de toute façon ça ne peut pas me faire de mal de me remettre un peu en question hein, parce que quelques uns commençaient à dire que j'avais un peu le melon, si si, ne niez pas. Moi le premier d'ailleurs. Je me voyais déjà, interviewé par les médias à qui le succès du blog n'avait pas échappé, dédicacer au Virgin Mégastore des exemplaires de l'album recueil des meilleurs articles du blog, devenir best seller avec le roman de Moïra et prendre des airs compassés au milieu des intellectuels de "Ce soir ou jamais"...

Ah c'est ma mère qui aurait été contente. La sainte femme, qui avait trimmé sa vie durant pour nourrir ses douze enfants aurait trouvé là une juste récompense à toutes ces années de labeurs. Peut être même que mon père aurait eu vent de ma renommée et que, dans un sursaut d'humanité, il m'aurait envoyé une carte postale des Seychelles où depuis des années il tentait d'échapper au fisc et aux pensions alimentaires qui ne faisaient rien que de lui gâcher sa vie...

Seulement voilà, la réalité n'est que médiocrité, tout juste 1500 visiteurs chaque jour et une page Facebook qui n'atteint même pas les 200 followers... Alors à quoi bon, hein? Noooon soyons raisonnable... Je vais continuer d'écrire juste pour moi, dans mon petit coin, sans faire de bruit, voilà...

 

Photo: Brett Walker

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On danse?

26 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Autant j'aime ma mélancolie, cette espèce de tristesse chronique qui m'entraine parfois dans des écrits un peu mélo, autant le lundi matin, je ne suis pas contre un petit coup de Whitney Houston qui cherche quelqu'un pour danser. Le tout parmi de jolis visages, souriants, enthousiastes, vainqueurs, séducteurs, attendris,... irrésistibles...

Alors, plein écran, le son à fond et c'est parti pour 4 minutes 50 d'élan!

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Avec: Stéfania Kightley, Loréna Nosic, Olivia Thirlby, Alice Taglioni, Diana Shishkova, Courtney McCullough, Mia Wasiskowska, Megan Rapinoe, Emma Watson, Carey Mulligan et Freja Beha Erichsen

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Une nuit à Naples

24 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Sa blondeur et ses cheveux courts fascinaient, tout autant que son visage angélique. La terrasse était illuminée de guirlandes et les lumières de la marina faisaient briller son regard. Comment l'oublier?

L'ange sans ailes l'emporta dans un tourbillon qui dura toute la nuit et il s'enivra de son parfum, jusqu'à oublier que rien ne dure... Tristamente tutto deve finire...

 Mais elle avait décidé de jouir de chaque instant et le prix ne lui importait pas. Ne pas penser à l'amour, ne pas penser à la fin de la danse. Ils se sont nourris l'un de l'autre et elle n'a rien promis...

Après cette nuit à Naples elle a disparu de sa vie... Mais lui n'a pas compris. Abandonné, il a cherché, des jours et encore des nuits sans retrouvé son ange aux cheveux blonds... jurant qu'il n'aimerait plus, jamais.

 

 

Photo:Michael Sanders

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La vie en couleur

22 Novembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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En principe, je serais plutôt un garçon classique, si cet adjectif peut être le contraire d'excentrique. J'aime les textures et les couleurs naturelles, les matières solides et confortables, le vintage plutôt que l'éphémère de la mode. Pourtant si d'aventure je suis pris à partie dans un débat de mes commères du quartier, j'arrive facilement à prendre fait et cause pour l'objet de leur discussion...

Comme cette fois où sur le passage d'une jolie jeune femme aux cheveux très courts et à la mèche colorée, mon épicière marmonnait dans l'oreille de la cliente qui me précédait à la caisse, que de nos jours ma pauv'dame elles savent plus quoi inventer pour se faire remarquer...

Comme d'habitude je tente de rester hors de l'échange de coups, mais là, la promiscuité du tapis roulant invite toujours la marchande de soupe à me prendre à témoin, même si elle ne peut pas se vanter d'avoir eu un jour un avis de ma part qui abondait dans le sens de ses théories.

Et là en l'occurrence, je trouvais une vraie fraîcheur, même une certaine harmonie à cette blondeur mélangée de rose et de brun. Et puis la coupe était audacieuse et assumée de belle manière. Alors évidemment je me suis, encore, attiré les foudres des deux ménagères aux regards noirs, même si je n'ai pas usé de l'argument qu'elles mêmes arboraient sans vergogne une sorte de bleu électrique avec leur permanente qui peut être pouvait choquer la fille aux cheveux roses...

 

Photo: Cammila Collar par MC

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