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Les Affranchies
Articles récents

Erreur fatale

24 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Imaginer que la veille de Noël est un moment opportun pour faire de grandes révélations, ça peut avoir du sens. Après tout, cette période est propice aux absolutions en tout genre, alors pourquoi ne pas en profiter? Débarquer au beau milieu de la famille avec son nouveau fiancé qui affiche 20 ans de plus au compteur, révéler son homosexualité, son nouveau piercing, un tatouage, une scarification ou bien encore apparaître avec la coupe en brosse de Miley Cyrus alors que tout le monde vous connaît depuis toujours avec une magnifique et opulente chevelure...

Oubliez!

Et gardez ça pour les bonnes résolutions à mettre en oeuvre l'année prochaine. Parce que Noël ce n'est pas fait pour ça. Noël c'est juste LA fête traditionnelle et familiale à laquelle il ne faut aucune excentricité. Rien, nada, nothing, qu'dale!

Contentez vous de faire briller la carte bleue, d'acheter foie gras et saumon, de faire des cadeaux que vous retrouverez le lendemain sur Internet et patientez.... jusqu'à la semaine prochaine.

 

Photo: Patrick Demarchelier

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Une rose ce matin

23 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Dimanche matin. Les draps sont encore chauds et l'oreiller marqué de son parfum. La pièce est inondée de lumière depuis un moment déjà, mais ils ont poursuivit leurs jeux, de baisers et de caresses, jusqu'à ce que, soudain, elle se lève et enfile un t-shirt. Sans gémir il l'a regardée s'éloigner vers le contre-jour, fixant dans ses rétines son allure d'éphèbe, les tendons de sa nuque, ses épaules un peu haussées, ses hanches droites et la rose, juste éclose, sur sa fesses rebondie...

Les yeux refermés sur cette vision et le nez enfoui dans ses parfums et ses odeurs, une vigueur nouvelle et douloureuse lui est venue. Il l'a retrouvée en quelques pas et elle a accueilli ses mains autour de sa taille, caressant ses bras nus. Le corps plaqué contre ses reins elle s'est laissé aller, dans un soupir et sa tête en arrière est venue contre sa gorge. De son nez il a parcouru le creux de la nuque et son souffle tiède a déclenché une cascade de frissons qui ont secoués son corps. Ses mains en arrière elle a saisi le membre tendu, l'invitant à son intimité...

Dimanche matin. L'odeur du café et des toasts brûlants... Et leurs odeurs mêlées, de sueur et de parfum, au milieu des ustensiles un peu chamboulés sur le plan de travail. Ils reprennent leur souffle, se sourient et s'embrassent, sans que ses doigts ne puissent quitter cette nuque tondue, provoquant encore, ça et là d'autres soubresauts, comme ces petits séismes qui poursuivent l'éruption du volcan.

 

Photo: Chadwick Tyler


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Des jours meilleurs

22 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Il y a fort fort longtemps, un courant irrésistible a entraîné la société toute entière dans un élan jusque là inconnu. La guerre était passée par là, comme pour sceller définitivement le changement, comme si toute cette horreur avait fait prendre conscience aux hommes et aux femmes que l'essentiel était ailleurs...

Du coup on aurait presque pu croire à une vraie parité. La mode et les tendances ont aidé à "visualiser", mais les mentalités changeaient réellement. Au mépris de la Loi, les femmes se sont mise à porter des pantalons, à fumer en public. Et puis aussi elles ont coupé leurs cheveux. Ca n'a l'air de rien aujourd'hui, on ne l'imagine plus, mais la révolution a été violente avant que l'on puisse voir côte à côte, presque identiques cet homme et cette femme partager le feu pour leur cigarette. Le symbole aurait été parfait si en plus la femme avait été au volant, mais ça... Enfin on était bien parti!

Et puis catastrophe, une autre guerre, différente, est venue tout rebouleverser. Et sitôt terminée, c'est comme si la société était victime d'un accident spacio-temporel. L'homme reprenait le manche et replongeait la tête de la femme dans le seau ménager, parfois même après l'avoir tondue, juste histoire de lui rappeler qui était le maître. Et je crois que de cet accident, malgré les progrès indiscutables, la femme a encore du mal à se remettre.

 

Photo: Paul Wolf

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This gun is for hire...

20 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Des jours elle pense à ça... Les paroles de la chanson du Boss tournent dans sa tête, elle les fredonne parfois et la mélodie est plus douce, mais l'angoisse reste la même. Ces jours et ces nuits qui se succèdent, qui donnent le sentiment que la vie, sa vie, ce n'est pas ça...

Et elle s'en veut. Elle s'en veut d'être comme engluée dans cette vie là, alors qu'un peu de courage pourrait l'emporter, déchirer son paysage, éclairer son quotidien. 

Des fois l'espoir gonfle son coeur. Un jour l'amour allumera ce feu qui la dévorera et plus rien ne sera comme maintenant. Elle quittera ses vêtements sombres, elle coupera ses cheveux, elle sera nouvelle et lumineuse...

Et puis demain arrive, elle s'étourdi, se fatigue, s'épuise et personne n'est capable de l'entraîner dans la lumière.

Alors elle relève le col de son manteau, cache son regard sous sa frange et rentre sans force...

 

Photo: Anka Zhuravleva

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Le sapin et les boules

18 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

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J'aurais largement pu considérer que ma vie était belle, coq en pâte materné par deux femmes dont le corps était aussi parfait à mes yeux que l'esprit. Frida soignait mon âme et avait ces derniers temps la blondeur et la coupe d'un officier prussien quant à Laora, la bella ragazza, elle était parvenue à une jolie coupe au carré qui immanquablement me faisait penser à la Valentina de Crepax et savait partager ses faveurs et son corps au gré de ses envies...

Malgré ce tableau idyllique, l'approche de Noël me rendait grincheux. Nous n'étions pas veritablement une famille et mes deux égéries avaient prévu de rejoindre leurs origines pour attendre l'arrivée de l'Enfant Divin, qui dans un chalet du Tyrol, qui au coeur du vieux Milan...

Ma Psy "- Zi du feux che de brete ma kollekzion de vilms porno? Puizque tu es kéri, tu tefrais abbrézier!

Laora - Ma che c'est oune idée terrible no? Tou fais la coure pendant la semaine et au rétour on fait la partouze..."

Je m'étais donc retrouvé, seul, avec une collection "cuir et fouet" de chez Démonia et l'intégrale de Rocco Siffredi. Pourtant, comme le soulignait Frida, je semblais être guéri de ma dilection pour les femmes aux cheveux courts et il était temps de mettre à l'épreuve ce nouveau moi même.

Avant de me jeter dans le Gai Paris et les mystères de la place Blanche, je décidais donc de faire une petite cure de quelques classiques du cinéma aux héroïnes pulpeuses et choucroutées.

A l'évocation de ces deux qualificatifs la première idée qui me vint fut de regarder Barbarella, un nanar des années 60 avec la très jolie Jane Fonda dans le rôle titre.

Reclu dans ma garçonnière, un pot d'Häagen Dazs à portée de main et alors même que je tentais de me nourrir de la plastique généreuse de la blonde affriolante à la poursuite du docteur Durand Durand, des images se superposaient dans mon esprit, remplaçant cette Jane Fonda là, par celle de La Curée, cette scène où la très belle Renée Saccard se fait couper les cheveux et où, lentement, les ciseaux tranchent les boucles blondes, faisant basculer le destin de l'héroïne.

Pire encore, de fil en aiguille j'en arrivais à voir Barbarella sous les traits de Klute, la prostituée avec son inimitable shag haircut

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Autant dire qu'à ce stade une sévère dépression me guettait... Le constat était sans appel: gros nichons et fesses callipyges ne parvenaient pas à m'émouvoir. Choucroutes et Science Fiction non plus.


Photo: Michael Thomson

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Pour que le feu reprenne

16 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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...
J'irai chercher ton coeœur si tu l'emportes ailleurs
Même si dans tes danses d'autres dansent tes heures
J'irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
Je te jetterai des sorts pour que tu m'aimes encore

Fallait pas commencer m'attirer me toucher
Fallait pas tant donner moi je sais pas jouer
On me dit qu'aujourd'hui, on me dit que les autres font ainsi
Je ne suis pas les autres
Avant que l'on s'attache, avant que l'on se gâche

Je trouverai des langages pour chanter tes louanges
Je ferai nos bagages pour d'infinies vendanges
Les formules magiques des marabouts d'afrique
J'les dirai sans remords pour que tu m'aimes encore

Je m'inventerai reine pour que tu me retiennes
Je me ferai nouvelle pour que le feu reprenne
Je deviendrai une autre après qui tu soupires
Ces jeux seront les nôtres, si tel est ton desir

Plus brillante plus belle pour une autre étincelle
Je me changerai en or pour que tu m'aimes encore.

 

Texte: JJ Goldman

Photo: Joseph Balestra

 

 

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Peut être renoncer...

14 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Tu ne peux pas savoir cela, tu ne sais même pas qu'elle existe. Mais peut être l'as tu rêvée, comme nous tous. Elle pourtant te connaît. Elle t'as toujours imaginé, un peu idéalisé, un peu fantasmé, mais lorsqu'elle t'a vu, elle a su que c'était toi.

Parfois la roue tourne d'une manière inattendue et rien n'est vraiment comme on l'espérait. A la mesure de son étourdissement, de son allégresse et de sa conviction d'avoir enfin trouvé l'homme de sa vie, se trouve aujourd'hui sa détresse, son amertume et son chagrin de te voir dans les bras d'une autre. 

Est ce que pour autant il faut abdiquer? Est ce qu'il ne t'est jamais arrivé de croire avoir atteint ton espérance, juste parce que tu ignores que ton véritable but est ailleurs?

Personne ne t'en veut. Tu n'as peut être pas eu le courage de pourchasser tes rêves et tu t'es contenté du confort d'un bonheur ordinaire. Elle, elle t'a aimé avant même de te rencontrer, en chair et en os. Elle savait bien que tu viendrais. Elle le savait, c'est tout.

Mais la Vie des fois s'amuse de nous. Elle est comme ce bonimenteur qui nous fait un jeu de bonneteau, faisant valser les cartes sur son carton maudit. Chercher la Dame, chercher le Roi... Et la jeunesse fougueuse parfois se laisse prendre, sûre de ses certitudes...

Tu n'es pas le bon Roi. Mais cela t'importe peu puisque tu ignores l'amour de cette reine qui se consume pour toi. Peut être est ce mieux ainsi? Tu continues ton bonheur ordinaire et elle avec toi construit l'édifice de sa vie, celui où chaque pierre est scellée par les larmes et les rires.

 

Pour Margot

Photo: Peter Lindberg

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Copier/coller

13 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Je ne vais pas mentir. Avant de tomber sur cette photo, je n'avais absolument aucune idée de ce qui avait pu réunir, dans les années 80, Jean Paul Gaultier et Régine Chopinot. D'autant que j'ai toujours été irrémédiablement hermétique à la danse sous toutes ses formes et la danse contemporaine plus que les autres. Bon bref! Donc au cours des 80's nos deux créateurs se rencontrent et l'un fait des costumes pendant que l'autre fait des chorégraphies s'inspirant de la mode. Cette collaboration verra son apogée en 2007 dans une expo, "Le Défilé" au Musée de la Mode et du Textile, comme il se doit. Re-bref! Ce qui me plaît moi c'est cette photo, qui va servir d'affiche à leur travail commun. Il y a sans doute du génie dans cette idée de les faire se ressembler juste avec cette coupe en brosse. Une fusion qui gomme les genres. Et du coup je me rend compte que la part de masculin est beaucoup plus accessible à la femme que la part de féminin ne l'est à l'homme... Amusant.

Et puis aussi ce mimétisme que je retrouve parfois chez certains couples, comme une communion. A une époque on appelait ça "l'unisex"et on voulait en faire un courant de mode, mais c'est bien plus que ça. Un genre de philosophie. Vouloir se ressembler pour être le meilleur de l'autre ou en tout cas tenter de l'y rejoindre. Mais c'est rarement l'homme qui se laisse pousser les cheveux et plus fréquemment la femme qui coupe les siens dans ce jeu là. Toujours cette lutte...

Parfois c'est inconscient, d'autres fois délibéré, comme sur cette photo. Régine Chopinot a toujours les cheveux courts. Il semblerait que c'est depuis toujours ainsi, parfois blonde, parfois brune... Jean Paul Gaultier est presque chauve... La vie est injuste.

 

Photo: Jean François Bauret

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Insupportable

11 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Ah c'est sûr! Je l'entends d'ici madame Duguidon, pousser des hauts cris et se lamenter sur la jeunesse, l'éducation, les moeurs et le réchauffement de la planète. Peut être même que l'augmentation du gaz y passera aussi... Tout ça parce que sa nièce lui a présenté sa nouvelle "très bonne amie". Oh je suis bien certain que madame Duguidon n'imagine même pas que les deux femmes puissent être amantes. Non, elle va juste se contenter de bavasser sur l'apparence, dire avec la plus évidente  mauvaise foi qu'elle l'a pris pour un garçon la première fois qu'elle l'a vue, à cause de sa coupe de cheveux, de son jean et de ses baskets... Hum, facile. Je la connais madame Duguidon. Elle est comme beaucoup d'autres dans mon quartier, toujours prête à hurler avec la meute, à suivre religieusement le 13H de Jean Pierre Pernaut et à croire que tout était mieux avant. Tout est au premier degré pour elle. Elle est bien capable d'avoir fait le coup du :"Bonjour jeune homme" juste pour faire comme d'habitude, gloussant intérieurement de sa bonne plaisanterie ou bien est ce une méchanceté ordinaire. Elle est tellement habituée à critiquer qu'elle n'envisage même pas d'avouer, qu'au fond, elle la trouve jolie cette fille, avec ses cheveux courts...

Alors bon, moi je les vois bien les deux tourterelles, heureuses et intouchables et je pourrais bien passer le reste de la journée à raisonner madame Duguidon et à me désespérer de ne pas y parvenir, que cela ne changerait rien à leur amour. A quoi bon? L'essentiel est ailleurs.

 

Photo: Ivan Villa

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Bas les masques

9 Décembre 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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J'ai découvert cette nuit là, à quel point il y avait de la rage dans le coeur de Tao. Elle ne cherchait pas de réconfort ni même de plaisir je crois. Tout a été violent, brutal, instinctif. Elle avait besoin d'exorciser je ne sais quel démon, peut être de transformer cette image de l'homme qui l'avait agressée, blessée physiquement. A peine débarrassés de l'entrave de nos vêtements elle s'est collée à moi, le sexe sur mon visage, donnant des coups avec son bassin, comme pour m'inciter à aller plus vite, plus loin... Elle a joui, plusieurs fois avant de me libérer et de prendre mes lèvres avec sa bouche, comme pour retrouver le goût de sa propre substance. Elle me griffait, me tirait les cheveux, m'incitait à faire pareil. Enfin, gardant toujours l'initiative elle s'est empalée sur moi, imposant un rythme douloureux, brutal, sans tenir compte de mon plaisir...

Je l'ai laissé faire, je ne me suis pas rebellé. Elle avait besoin de cela... La petite Tao débarquée un soir sur mon palier avait disparu à tout jamais. Adieu les mains délicates aux doigts d'adolescente, le corps presque fragile et trop fin. Les muscles avaient charpenté tout ça, avec harmonie et les mains s'étaient durcies à force de frapper les sacs de cuir.

Une fois vaincue, épuisée par ses orgasmes, elle s'est couchée près de moi, allumant une cigarette. Dans un murmure elle s'est excusée. Je n'ai rien dit. Elle m'a parlé de Moïra...

Je crois que cet épisode à Beyrouth lui avait fait comprendre que son désir de vengeance était vain. Qu'elle avait peu de chance de connaitre la vérité et que même si elle la découvrait elle ne pourrait jamais combattre un état, ni même un service entier. Elle s'en tenait donc à faire vivre l'esprit de celle qui restait son amour et son exemple.

Le lendemain, lorsque je me suis réveillé elle était partie et les souvenirs se bousculaient dans mon esprit, retrouvant à travers la jeune Tao tant de choses de la belle Moïra... 

 

Photo: Peter Nientied

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