Publié le 29 Novembre 2018

Roller bowl

C'est un retour en force... mais avait-elle vraiment disparue? Aujourd'hui on le remarque, parce que quelques images nous le rappellent, comme cette danseuse blonde qui flirt avec Chris ( tine and the queens ) Oui bien sûr, tout le monde l'a vue, cherchant à savoir qui était cet.te androgyne roulant des épaules, cette blondeur, coupée au bol, cette coupe qui ne révèle jamais de genre. Ou encore la nouvelle Lisbeth Salander dans le Millénium nouveau...

 

Liza Lapert et Claire FoyLiza Lapert et Claire Foy

Liza Lapert et Claire Foy

Nombre d'amies autour de moi, sans même attendre ces exemples, ce sont glissées dans ce style éternel symbole d'ambiguïté entre fille et garçon. Pensez donc, voilà plus de 600 ans qu'une pucelle de Lorraine a planté le mythe dans nos mémoires, transformant sa silhouette d'adolescente en guerrière médiévale.

 

Amandine R. et Coralie R.Amandine R. et Coralie R.

Amandine R. et Coralie R.

Un rien suffit, juste les pattes et le bas de la nuque un peu plus rasées et la masse dessus fait le reste, la frange et le pourtour très net, ou épousant les courbes d'un casque, avec parfois un léger dégradé pour y dessiner sa marque, les variantes sont nombreuses mais le style reste, toujours le même, jamais banal, contraste de long et de rasé, de masculin et de féminin, d'ange et de démon.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 23 Novembre 2018

Jérôme K Photographe

Parfois elle se sent "il" et d'autres fois elle est "elle". Ce n'est pas vraiment une humeur, mais plutôt un tourment. Pourtant elle ne résiste pas au mélange des genres, elle aime l'un et l'autre. Elle aime la dentelle et la lingerie délicate qui met en valeur son corps généreux. Elle aime le regard du photographe sur ses épaules nues et ses seins. Elle aime se sentir désirée...

Il faut s'aimer soi même pour sentir ce désir chez les autres et il faut aimer le "il" et le "elle". L'ignorant.e dira que ce sont les cheveux courts qui font le genre masculin. Il y a tant d'ignorant.e.s... Un vêtement fera le genre, un maquillage, un accessoire, un uniforme, mais ses cheveux courts, sa nuque presque rasée, ses oreilles dégagées, c'est son corps. Est-ce qu'on dirait que ses seins la font féminine? Ils pourraient être minuscules, elle n'en serait que plus androgyne. Lorsque le "il" pousse en elle, c'est l'absence de maquillage qui le rend visible. Il suffit d'un rouge sur les lèvres pour que la femme prenne le dessus. 

Sous l'œil du photographe, ce corps presque nu ne montre rien d'autre qu'une féminité inventée, différente... guérie de son tourment.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 16 Novembre 2018

Dans notre monde libre, tout n'est affaire que de goûts et de couleurs... après tout. Et dans cette époque merveilleuse que nous traversons, où chacun.e revendique justement droits et considération, il est assez intéressant de se poser la question: Existe-t-il un commerce ou un service qui légitimement peut refuser la clientèle d'une catégorie de personne? Alors je cherche... Bon pas la peine de faire l'âne, d'énumérer les boulangers ou les marchands de légumes. Une boutique de lingerie... peut être? Non non non. Dentiste non mais un gynécologue certainement aura une clientèle spécifiquement féminine et pour cause...

Mais bon, je me creuse la cervelle et je ne parviens pas à trouver autre chose que cette exception tout à fait originale que sont les salons de coiffure, qui se partagent en salon hommes et salons "dames", puis en salons "mixte". Et subitement, les salons hommes, comme un caprice, se referment sur eux mêmes et voudraient devenir exclusivement masculins. Ah oui? Mais t'as vu ça où toi? Comme s'il s'agissait d'un club privé. Members only. Et pourquoi pas No dogs, no women?

Mais après tout, c'est sans doute parce que ces coiffeurs là n'ont pas perçu la tendance, l'envie, le désir de certaines femmes à avoir les cheveux courts de la même manière que certains hommes et que leur sens pratique les poussent à s'adresser plus volontiers à ceux qui savent le mieux faire ce genre de chose. Du bon sens quoi! non parce que depuis le temps que cette question me taraude, je n'ai pas réussi honnêtement à trouver un seul argument valable pour qu'un coiffeur homme s'oppose à couper les cheveux d'une femme... à part peut être en 1925, par peur du mari ou du père qui à cette époque avait le coup de pistolet facile pour exprimer son mécontentement face à cette émancipation féminine tout à fait insupportable.

Enfin j'exagère, comme souvent. Les salons pour hommes qui refusent la clientèle féminine ne sont pas si nombreux... Ce serait même un tantinet ringard, genre le truc de beauf quoi.

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 12 Novembre 2018

Oh my ( fucking ) god!

Ça vous choque? Vous trouvez ça excessif, extrême, abusé, too much quoi? Et pourquoi donc je vous prie? Ah! Voilà une bonne question... Pourquoi est-ce que la vue d'une coupe de cheveux, bien clean, bien rasée, au dégradé bien fondu, ça plait sur un homme et ça plait pas sur une femme? Ça voudrait donc dire que ce n'est pas la coupe elle même qui est le sujet, mais que ce soit une femme qui se l'approprie. Et pourquoi le fait qu'une femme aime avoir la nuque bien rasée, ça énerve?... hummm? Oooh je la vois venir la réponse à la con! Ce serait pas: "Parce que c'est une coupe d'homme" par hasard? Ah ben si! Un truc qui résume tout. C'est une coupe d'homme, signifie que ce n'est pas une coupe de femme ( eh pas bête hein? ) donc que ce n'est pas "féminin" et donc qu'une femme qui se coupe les cheveux à la manière d'un homme n'est pas féminine, donc ne cherche pas à plaire... aux hommes. Eh! Cent ans après "La Garçonne" on aurait pas avancé d'un pouce? Noooon, je le crois pas. Ah ben si! 

Non je crois que ce qui emmerde les bonnes gens ( oui parce qu'il y a autant d'hommes que de femmes dans le lot ) c'est plus simplement que les femmes qui aiment bien avoir les cheveux très courts et bien coupés ne sont pas comme les autres, souples et dociles, qu'avec un style pareil, elles se placent d'emblée sur un pied d'égalité avec le reste de l'Humanité, que leur séduction est ailleurs, qu'elles sont femmes sauf que la panoplie de princesse et la pantoufle de vair ce n'est pas pour elles. Elles, elles préfèrent le costume de Furiosa. Et du coup...  les autres femmes, celles qui n'osent pas, sont jalouses et méchantes et les autres hommes ont les j'tons et battent en retraite en haussant les épaules.

Mais le pire dans ce constat, c'est que finalement, ce sont les femmes elles mêmes qui éduquent les hommes à cette vision de la féminité. Dans un magazine "féminin", on m'a montré l'article de la rubrique Beauté-Santé-Paillette et Lifestyle intitulé: J'ai testé: Les cheveux courts. Et la journaliste qui s'excuse déjà d'avoir coupé ses cheveux en racontant que c'est un accident, que ce con...rd de coiffeur n'a rien compris et a coupé toute sa crinière frisée qui lui battait les reins. Elle poursuit en racontant que son mari qui est un "niveau 5" ( sic ) donc supposé avoir une bien belle ouverture d'esprit, s'est moqué d'elle lorsqu'il l'a vue en lui disant: " Tu t'es fait bizutée par Edward aux mains d'argent?" et a voulu se rattraper en ajoutant: " Non mais ça te va bien... T'inquiète, ça repousse." ... Alors voilà, pas la peine que je vous raconte l'article, le ton est donné. Mais que fait le MLF? Ah ça n'existe plus? Ah bon... Tant pis. 

Est-ce que toutes les collabos du Patriarcat seront tondues à la libération des femmes?

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 7 Novembre 2018

Photo: Coralie Robin

Photo: Coralie Robin

On échappe pas à sa vraie nature. C'est l'expérience qu'a vécue Coralie. Imaginant que sa nouvelle vie et ce tournant passait aussi par une nouvelle image. Ce qui est vrai dans un sens ne l'est pas toujours en sens inverse et si une femme qui change de vie se coupe souvent les cheveux, Coralie en tout cas n'était pas prête à laisser pousser les siens...

Réveil, aujourd’hui, je ne pense qu’à mon rendez-vous chez le coiffeur. J’ai hâte d’y aller. J’ai hâte de sentir la sensation de la tondeuse sur mon crâne. 13h30, j’y vais. J’entre dans le salon, l’endroit donne envie d’y aller en tout cas. Le salon est grand, avenant, les gens ont l’air sympa. En arrivant, j’explique à la dame ce que je veux. En gros, j’ai besoin de me retrouver. Elle m’a immédiatement dit que les cheveux courts étaient fait pour moi. Et ça m’a fait plaisir. Ça m’a conforté dans mon choix de ne pas les laisser pousser. D’ailleurs, faut que je revienne sur cette idée qui m’a traversé l’esprit. Celle de me laisser pousser les cheveux. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai voulu faire ça. Changement de vie, changement de pays. Le changement, tout simplement. J’ai vu ça comme un nouveau départ, qui irait avec tout le reste. Finalement, au bout d’un mois, je ne me reconnaissais plus. J’avais l’impression de ne plus être moi, avec ces cheveux qui cachaient mon crâne. Ce n’était plus moi. Je suis une femme aux cheveux rasés, et personne d’autre. Cette coupe au bol était mon identité, depuis longtemps. J’ai voulu changer comme j’ai réussi à changer de vie. Mais ça m’a rattrapé. J’ai fait comme une sorte de dépression capillaire. La sensation de la tondeuse sur mon crâne me manquait terriblement. Aujourd’hui, le 6 novembre, il était temps pour moi de me retrouver. C’est tout naturellement que je suis retournée chez le coiffeur ici, dans ma nouvelle ville de Reykjanesbaer. Je me suis installée sur ce fauteuil face aux immenses miroirs, et rien que ça, ça m’a rendu heureuse. Je lui ai expliqué ce que je voulais. Elle a immédiatement dégainé sa tondeuse, et c’était parti. J’ai fermé les yeux, et pris une grande respiration. Et j’ai senti la tondeuse sur mon crâne. Enfin. Après tout ce temps. Je vous laisse imaginer la sensation qui m’a traversée. Intense. Forte. Plaisante. J’ai immédiatement dit « I’m back now, I feel like I’m me, again. It’s so fucking good. » Ça l’a beaucoup fait rire. Je crois qu’elle ne s’attendait pas à ce genre de réaction. Ce ne sont que des cheveux, pas vrai? Je lui ai expliqué que pour moi c’était plus. C’était mon identité que je venais de retrouver. Et rien ne pouvait me rendre plus heureuse. Je peux enfin repasser ma main sur mon crâne, et plus sur des petits cheveux. Je suis sortie avec le sourire aux lèvres et un intense sentiment de satisfaction.

Photos: Margret Sørensen
Photos: Margret SørensenPhotos: Margret Sørensen

Photos: Margret Sørensen

Ainsi on retrouve Robin le petit marin, partie à l'aventure au pays des glaces et Coralie nouvelle, mais avec toujours cette coupe extraordinaire qui la rend unique.

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 6 Novembre 2018

Photo: Manue Faria Da Lage par  Eric Boumard Charrier

Photo: Manue Faria Da Lage par Eric Boumard Charrier

Voilà bien un projet, à la fois facile et extrêmement difficile à accomplir. Cela pourrait n'être que facile. Après tout il s'agit d'être soi même, de suivre son instinct, ses intuitions, son plaisir, ses envies. Oui, en réalité ce n'est que ça.

Seulement voilà, il y a toujours, tout  autour, une foule de gens et de choses qui s'opposent, avec détermination parfois, à cet accomplissement. Difficile de s'échapper de cet amas de règles non dites, de conformités auxquelles tous semblent résignés. Les regards noircissent, les langues sifflent, les mots deviennent cruels... Pour résister à tout cela il faut des armes, forgées par l'éducation, la curiosité, l'enthousiasme et la bienveillance.

Il y a certainement tout cela chez ces filles, ces jeunes femmes, ces femmes qui n'ont pas peur de ce que pensent la foule 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 31 Octobre 2018

Le jour où j’ai épilé mon ex

Depuis que j’ai rompu, alors même que le Quotidien nous l’avait petit à petit volé, nous (ré) apprenons à nous parler avec mon ex. On cherche les mots les plus justes, parfois avec maladresse, parfois avec violence, parfois avec douceur. Nous sommes poètes, et je n’ai jamais eu autant de méfiance vis-à-vis de mes mots. Funambule, je marche en ce moment sur une partition tremblante. Tout ça doit paraître contradictoire, et ça l’est, j’en ai conscience. Et pourtant, est-ce qu’on ne pourrait pas envisager qu’une rupture amoureuse soit autre chose qu’un abandon, un point final ?

 

« Tu pourrais m’épiler ? ». La question est tombée un lundi soir, sur la terrasse d’un bar. Et la réponse s’est imposée d’elle-même. J’avais envie, vraiment, de lui offrir ça. Ça, c’est la ré-appropriation d’un corps que l’on déteste, que l’on trouve gros, poilu, vulgaire, vieux, laid. Ça, c’est ce qu’une histoire clandestine m’a appris l’été dernier, et que je n’ai pas su partager avec lui alors que nous étions ensemble. J’avais longtemps, auparavant, lutté contre mon corps au nom d’idéaux politiques. J’ai longtemps refusé de m’épiler trop, de vernir mes ongles, de me maquiller chaque jour. J’ai censuré le féminin en moi, comme j’ai censuré mes désirs d’hommes, de femmes, de sexualités plurielles et déviantes.

 

Il m’a posé la question un lundi soir, quatre jours après qu’il ait fermé la porte de l’appartement que j’abandonnais, un sac à dos sur les épaules avec des affaires pour une semaine. La rupture lui a été un électrochoc. Il a reconnu que nous nous étions vautrés dans le quotidien, qu’il s’était laissé aller, physiquement, socialement, et que cela ne lui correspondait pas. Alors, il s’est remis au sport, il a arrêté de boire de l’alcool les soirs où il ne sortait pas, il a abandonné ses vieux t-shirts pour des chemises et a été chez le coiffeur. Ce n’est pas dans le secret espoir de me récupérer qu’il fait tout ça, mais pour se réconcilier avec lui-même et avec des aspirations qu’il avait mises de côté. Et, mon vieux compagnon de route, j’ai bien envie de t’accompagner là-dedans, même si je ne reviendrai pas et que Nous ne seront plus comme avant. 

Le vendredi qui a suivi, nous sommes allés acheter une tondeuse, des bandes de cire, de la crème hydratante, et des affaires de sport. Le samedi matin, je l’ai accompagné courir pour la première fois depuis des années, au jardin du Luxembourg. Il était bien, heureux, fier. La timidité et la peur d’être ridicule avec son gros ventre se ballottant au fil de sa course face à des corps athlétiques, se sont vite effacées. Moi aussi, j’étais heureuse et fière de le voir ainsi. Nous sommes rentrés, avons pris une douche et déjeuné. Puis nous sommes allés dans la salle de bain.

Le corps que j’avais d’abord chéri, puis petit à petit rejeté, se tenait devant moi. Des poils d’homme, longs, bruns, drus, hirsutes. Pour ne pas qu’il souffre trop à l’épilation, il fallait d’abord que je les tonde pour les raccourcir. J’ai mis le sabot à 3 et j’ai commencé par les jambes. Pieds, mollets, genoux, cuisses, fesses, pubis, testicules : il fallait tout explorer et rendre neuf. Nous riions comme deux enfants dans le bac à douche tandis que tombait les poignées de poils. Le désir que j’avais perdu depuis longtemps pour lui n’est pas revenu, mais cela ne le gênait pas, ni moi. Bien sûr, les sensations étaient pleines et entières de son côté et, femme aux cheveux courts, je connais bien le pouvoir envoûtant, sensuel, érotique de la tondeuse. Mais ce « déphasage » n’était pas gênant, ni malaisant. Nous nous accordions le droit d’être différents, de ne pas éprouver les mêmes choses l’un pour l’autre sans que cela soit un drame. C’était léger, simple, simple et léger comme des rires d’enfants. Ventre, torse, épaules, dos, avant-bras. Lorsque nous étions en couple, comment aurais-je pu lui avouer que je n’aimais pas ses poils, qu’ils me gênaient ? Je pensais que ça aurait été contradictoire avec mes idéaux et mes combats féministes. Aujourd’hui, je me rends compte que politiser mon corps comme je l’ai fait ne m’a pas permis de m’émanciper. A chacun et chacune de voir, ceci étant dit.

 

Il a été se regarder dans le miroir, touchait avec excitation sa peau déjà plus douce. Il avait l’impression de retrouver son corps jeune, et cela lui plaisait. Bien dans sa peau. Est-ce vraiment si superficiel qu’on le prétend ?

 

Je suis revenue quelques jours plus tard pour finir le travail. Nous avons bu quelques verres, j’avais un peu peur de lui faire mal. Je l’ai allongé sur un matelas au sol, que j’avais recouvert d’un drap jaune. Là encore, j’ai commencé par les jambes. Il y avait quelque chose d’excitant dans cette manière d’inverser les rôles, quelque chose d’un peu subversif. Il a assez bien supporté la douleur, on faisait des pauses régulièrement. On jouait au blind test en même temps. Quand j’ai fini les jambes, il était fou heureux de caresser ses jambes lisses, son corps embelli. Et je suis heureuse de lui avoir apporté ça, et je suis heureuse d’y retourner bientôt pour terminer ventre, torse, dos. 

 

La période n’est pas très heureuse, cela reste une rupture amoureuse, qui pose plein de questions, qui nous trouble chacun de notre côté. Beaucoup de gens ne comprennent pas notre façon de faire, que nous nous voyions régulièrement, ayons encore envie de partager ces morceaux de vies ensemble, que nous fassions des sorties avec l’homme avec qui je l’ai trompé. Si j’ai envie de partager ce témoignage, c’est justement parce que vivre tout cela remet en question ma conception du couple, des relations amoureuses, des relations amicales, des relations tout courts. Est-ce qu’on ne tient pas là quelque chose pour réinventer nos rapports aux autres ? 

Little Girl Blue

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 29 Octobre 2018

Photo: Marcel Pommer

Photo: Marcel Pommer

Il y a d'abord une sorte de défi, jeté à soi même, puis à l'autre. Elle voudrait que cela soit "pour de faux", mais l'autre saisie la balle au bond, amusée, excitée...

Il y a ensuite de l'émotion quand cette fois pour de bon, elle sent son enfance s'échapper, elle lâche la main de la petite fille qu'elle a pu être. Une petite peur, le trac, ce sentiment de faire une bêtise, mais pas grave...

Il y a après l'abandon, de toute façon le plus dur est fait. A ses pieds il y a déjà ses cheveux longs, qui gisent, comme un vêtement usé qu'elle ne portera plus. L'autre s'affaire, s'applique, caresse la tête, le cou, le visage et colle son ventre contre les épaules tièdes...

Enfin, dans cette tempête d'émotions, il y a de la sensualité, de l'érotisme qui surgit alors qu'on ne l'attendait pas. L'excitation est réciproque, agacée par le bruit de l'appareil aux lames tièdes qui glissent sur la peau nue, le haut de la joue, derrière les oreilles et sur le cou, en faisant naître une armée de frissons.

Quelques paroles rompent le charme, un éclat de rire. Le bruit s'arrête, les mains libérées, époussettent, caressent, massent, agrippent... Encore.

Et le bruit reprend, familier, amical et le sommet du crâne est sillonné, encore et encore, jusqu'à être parfaitement dru et homogène, comme un velours et que petit à petit, cette tête tondue ne soit plus qu'un prétexte au jeu des corps, des mains et des peaux nues...

Voilà, c'est fait. Avant de se découvrir, ses doigts explorent sa tête ronde, caressent son cou vulnérable et tentent d'empoigner une mèche. Mais les cheveux s'échappent, trop courts pour être tenus. Elle s'aperçoit dans le miroir, écarquille les yeux, ces yeux immenses qui brillent un peu d'émotion contenue.

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 26 Octobre 2018

Folles soirées

On peut penser ce qu'on veut, mais inviter celles qui apprécient ce blog dans un bar de la ville où une amie DJ vous mixe la meilleure musique toute la soirée, pendant que Régine "the barber queen" et son compère jouent de la tondeuse sur les plus audacieuses qui s'installent à tour de rôle sur un fauteuil de barbier d'un autre âge, est une idée de génie!

De plus, on a vraiment le sentiment de faire œuvre militante, quand on sait à quel point le clivage Homme - Femme est inégalitaire dans la grande majorité des salons de coiffure. Comment accepter qu'une femme aux cheveux courts soit obligée de payer parfois le double du prix d'une coupe H, simplement parce qu'elle est une femme? Insensé.

Laurine et Joana coiffées par Hugo et photographiées par Alexa Dyune Bond Laurine et Joana coiffées par Hugo et photographiées par Alexa Dyune Bond
Laurine et Joana coiffées par Hugo et photographiées par Alexa Dyune Bond Laurine et Joana coiffées par Hugo et photographiées par Alexa Dyune Bond

Laurine et Joana coiffées par Hugo et photographiées par Alexa Dyune Bond

Oh évidemment, pas question de revendiquer être à l'origine du concept. Bien des événements, convention de tatoueurs, rassemblement de bikers, soirées queer... ont déjà eu la bonne idée d'installer un fauteuil de coiffeur dans un coin et faire des coupes "de caractère" à leurs adeptes. Les Femmes Aux Cheveux Courts va plus loin! Les soirées sont organisées autour de ce fameux fauteuil. C'est le sujet principal, parce que toutes celles qui viennent là, veulent célébrer avec nous la nature non-binaire d'une coupe de cheveux, sans aucune considération de genre, de sexe, de nature ou de sexualité. Et pour accompagner cela, rien de plus sympa qu'une paire de platines où Sin'Dee, l'une d'entre elles, mixe une musique qui fait bouger pendant que le personnel du bar La Fabrik, le plus friendly qui soit, vous sert une bonne bière de derrière les fagots.

Illustration by Ben

Illustration by Ben

Et puis bien décidé à chasser toute ambiguïté, dorénavant ces soirées s'appelleront Ma Mère Va Me Tuer inspiré du fameux logo de notre barber queen Régine. Ma mère va me tuer, comme ce que disent celles qui sortent de chez le coiffeur la première fois qu'elle se font couper les cheveux aussi courts que ce qu'elles veulent. Avouez! Tout le monde l'a dit.

N'hésitez plus, réservez vos weekend à Montpellier.

Ma Mère Va Me Tuer à La Fabrik, rue Boussairolles, Montpellier

1er décembre 2018

9 mars 2019

15 juin 2019

14 septembre 2019

14 décembre 2019

Les événements seront en ligne sur Facebook

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Publié le 16 Octobre 2018

Pendant que j'y suis...

Oui, juste un mot, puisque les pages de ce blog semblent s'ouvrir à nouveau, il faut que je vous parle de cette jeune femme. Pour dire à quel point elle semble emblématique de cette transition par laquelle passent les femmes aux cheveux courts, entre adolescence et âge adulte.

 Manon est brillante, intelligente et studieuse, musicienne, engagée, curieuse et voyageuse. Malgré son caractère, pendant longtemps elle reste sage et supporte son image de "jolie fille" avec sa longue chevelure.

Passé le bac, il est temps pour elle de tourner cette page de l'adolescence et de mettre son look en adéquation avec sa personnalité. Direction le coiffeur! Elle avait cette androgynie qu'on trouvait à Françoise Hardy à ces débuts. Les cheveux longs étaient la caution féminine. Cette fois et pour de bon, les oreilles et la nuque bien dégagées, elle a cette allure qui frôle l'ambiguité et cette féminité nouvelle de femme aux cheveux courts.

Et soudain tout le monde s'en rend compte. Pourtant rien n'a changé, elle a le même caractère, le même visage, le même regard clair... mais elle s'est séparé de ce que tout le monde croit encore être l'emblème de la féminité et qui finalement n'était qu'un paravent qui masquait la vraie personnalité de la jeune femme. Bêtement on lui donnera du "bonjour jeune homme" ... bien sûr. Mais qu'importe les sots. La voilà femme aux cheveux courts, explorant à chaque fois un peu plus les limites qu'elle ne veut pas dépasser, du court au très court.

Il n'y a jamais rien d'anodin dans une coupe de cheveux...

Manon F. sur Instagram

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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