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Les Affranchies
Articles récents

Clair de lune

18 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

jean-seberg-colour-off-duty.jpg

Je crois que j'ai rêvé d'elle, souvent. Peut être même les premières fois sans savoir qui elle était. Je ne me souviens pas si j'étais amoureux, je ne le crois pas, non, elle était simplement une icone, un idéal. J'aurais aimé partager ses vacances, sur la Côte lorsqu'elle s'appelait Cécile, ou faire le voyou dans Paris lorsqu'elle était Patricia. Dans mes nuits sombres elle était toujours en couleur, sa blondeur cendrée, son teint d'enfant, son short en jean de garçon manqué ou sa robe noire de jeune fille bon genre, défilaient comme une farandole de gourmandises. Tout me semblait parfait, chaque  expression du visage, chaque geste que je l'avais vu faire, revenaient pour mon plaisir.

Je la voyais aussi dans son armure de petit soldat aux cheveux tondus, sublime héroïne au regard fiévreux et l'ambiguité de son allure me troublait parce que la sachant femme je la voyais presque garçon...

Le doute pourtant n'était pas possible, elle avait de trop jolies manières, même avec son Tshirt du Herald. Et j'étais à chaque fois subjugué par ce rire espiègle ou ce sourire énigmatique. Ce qui faisait toute la différence, c'était ses cheveux courts. Peut être que pour la première fois je voyais à quel point cela me fascinait de trouver jolie une nuque bien dégagée alliée d'une sensualité féminine.

Au delà mon rêve se perdait. J'avais mon idéal féminin pour toujours et Jean Seberg n'aurait pour moi jamais plus de 21 ans... jamais.

 

 


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Lorsque le voile tombe

16 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Et un jour, elle se jette à l'eau!

Les émotions qui l'envahissent ce jour là sont tellement fortes et tellement nombreuses qu'elle a du mal à faire un tri entre les bonnes et les mauvaises. Mais elle est décidée, aujourd'hui, à tourner la page. Elle se regarde intensement, s'observe dans le grand miroir, parée pour le sacrifice. Cette chevelure c'est une partie de sa vie, celle de l'enfance, des jours heureux peut être et elle s'apprête a refermer ce chapitre. Tout cela bien sûr est symbolique, cette métamorphose vers l'adulte, cet abandon de l'adolescence... 

Dans quelques minutes, après quelques coups de ciseaux, elle sera différente. Mais cette différence la rapproche de sa véritable nature. Dans ce visage éclairé elle va découvrir un nouveau regard, de nouveaux contours.

Elle va se sentir un peu désamparée, comme un combattant qui se retrouve seul sur un terrain découvert, cette protection va lui manquer, un instant. Puis au contraire elle va trouver de la force, un élan irrésistible, presque de la fierté d'être parvenu à se découvrir ainsi.

Bizarrement elle se trouve plus féminine alors qu'elle vient de transgresser l'image convenue de la féminité et en y pensant, cela la soulage finalement, de ne plus être cette image là. Elle est plus sûrement elle même à présent, elle le ressent, ne saurait pas dire pourquoi, mais cette différence la rassure...

A quoi cela tient parfois... ce ne sont pourtant que des cheveux. 

 

Photo: Danburry Barbershop

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Les toits de Barcelone

15 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Certaines images semblent familières. On ne se rappelle plus bien l'époque, juste qu'on connait la photo...

 

Elle a 17 ans, elle est fière, presque arrogante et du jour où l'agence de presse espagnole publie ce cliché, elle devient le symbole de ce grand élan républicain, enthousiaste et plein d'espérance qui vient du monde entier se dresser face au fascisme.

 

Marina est française. Elle a troqué ses jupons pour des vêtements d'homme et coupé ses cheveux comme eux. On lui a donné une vieille pétoire, un Mauser du siècle d'avant, tous n'en ont pas, mais qu'importe, ils ne passeront pas!


Et puis voilà, le symbole est plus puissant que les êtres qui l'incarne. Pendant longtemps personne ne saura rien d'elle, de son sourire un peu narquois, de son menton relevé en signe de défi, de sa fierté à poser sur la terrasse de l'hôtel Colon... l'aventure est grisante... C'était juste avant les horreurs ordinaires de la guerre.

 

Marina Ginestà est morte le 6 janvier dernier, à Paris.

 

 

Photo: Juan Guzmàn

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Celle qui pensait avoir trop de garçon en elle

13 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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C'est un mélange précis où les doses doivent être mesurées. Cependant il arrive que l'alchimie, dans ses erreurs, produise un déséquilibre infime et pourtant conséquent.

 

Néanmoins l'androgyne est parfaite, idéale dans son ambiguité, son corps, son visage, son allure laissent à coup sûr l'ombre d'un soupçon délicieux, quelques secondes d'interrogations. 

 

Mais voilà, dans ce corps un peu droit, sous ce masque d'éphèbe, son coeur et son esprit de femme luttent contre sa vraie nature. Bien sûr que cela l'énerve qu'on se trompe sur son identité, bien sûr qu'elle ne supporte pas qu'on la prenne pour un garçon. Tout le monde est comme ça. Mais elle, elle en a fait un monde. Elle n'est pas en paix et montre les crocs dès qu'on s'approche, pour ne pas être blessée par les regards désorientés. Elle se préfère en jean, elle aime ses cheveux courts mais les autres ne vont pas au delà, alors les garçons se détournent, certaines filles s'intéressent... Ce n'est pas ce qu'elle veut, elle le refuse, s'imaginant peut être que ce serait donner encore trop de part à son masculin. Elle se désespère et ferme la porte à tous. La vie est compliquée et parfois on en rajoute.

 

Seulement voilà, enfermée dans son image, coincée derrière ses principes, on finit parfois par se réfugier dans des rêves, des rêves de soi même... Alors qu'il suffit juste d'être, de s'aimer et accepter ses émotions, qu'elles soient d'un homme ou d'une femme, recevoir et savoir donner avec le même plaisir...

 

Mieux vaut-il sans doute d'être haï pour qui on est vraiment, que d'être aimé pour qui on n'est pas.

 

Photo: Maggie West

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Bon dimanche

12 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

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Un jour nouveau

11 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

DSC5780.jpg

C'est le premier matin.

Elle s'éveille dans la chambre déjà inondée de lumière et s'étire comme un félin. Elle garde les yeux clos et ses bras s'allongent au dessus d'elle, puis reviennent, pliés, inertes... un instant de sommeil encore.

La conscience revient, doucement et comme pour vérifier que ce n'était pas un rêve, sa main se pose sur le sommet de sa tête et caresse doucement les cheveux ras. Elle l'a fait.

La sensation est étrange et agréable, à la fois comme caresser le pelage d'un animal mais en même temps une sorte d'irradiation que le cuir chevelu diffuse partout. Sa main ne se lasse pas d'explorer ce champ moissonné, de la paume et des doigts, curieuse d'un plaisir nouveau...

Ce n'est pas une révolte, ni une révolution, ni une provocation. Juste une expression de son caractère, un besoin de montrer comment elle est faite, à l'intérieur, sans artifice. Comme son corps à l'encre de Chine.

Hier soir elle a profité d'une complicité, elle s'est lancée, a dit :"Vas-y!" Elle voulait rester concentrée mais c'était plutôt ludique, terrible et excitant. Les ciseaux ont coupés les cheveux longs avant que la tondeuse ne finisse par les mettre à ras. L'émotion etait masquée par les rires et les éclats de voix, mais cette découverte de soi même, c'était bouleversant.

Elle se lève d'un bon et nue, se plante devant la psyché de sa chambre de jeune fille, s'approche, s'inspecte, recule, cherche à être critique. Mais l'enthousiasme l'emporte de se voir enfin elle même, le regard encore plus grand, le cou plus long, en harmonie avec son corps de femme. Se mêle alors la fierté et la sérénité au soulagement d'avoir déposé un masque et d'avoir bien fait de le faire.

Elle était jolie... elle est devenue belle. 

 

 

Photo: Pascal Pierrou

Modèle: Marie Ange C.

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"La France a peur!"

9 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

lick-my-persuasion.jpgOooooh je le sens bien va! Quand son regard se trouble, je lis la même détresse que celle que je voyais dans le regard de ma mère lorsque, un soir à 20h, un présentateur de journal télévisé déboulait dans le salon avec sa voix lugubre pour déclarer: " la France a peur!" Il est pareil. Un bref instant sa main hésite sur le clavier de sa caisse enregistreuse, puis il se renfrogne, râcle sa gorge et reprend une contenance. Mon épicier a peur!

Je voudrais le rassurer, le convaincre de ne pas s'inquiéter, mais je sais bien qu'il n'avouera jamais son désarrois, fera le fanfaron. Pourtant je ne me trompe pas, les femmes aux cheveux courts lui font peur.

Les plus jeunes, avec leur style sans genre, leur bras tatoués et leurs bagues à tête de mort. Quand il se sent audacieux il lance un "bonjour jeune homme", histoire de montrer avec subtilité imagine-t-il, sa désapprobation. Oh ce n'est pas méchant, parce que ça aussi je le sais, il est bien plus bête que méchant. Non, c'est juste l'expression d'une crainte qui le rend stupide, plus que de moyenne. 

Les autres aussi, plus mûres, plus sophistiquées, celles qui semblent mener le monde, qui paraissent ne pas avoir besoin de lui. Même celles du quotidien, tellement à l'aise, tellement sûres d'elles...Les femmes sûres d'elles lui font peur, voilà!

Une sorte d'angoisse le saisit, soudain il s'inquiète de savoir où va le monde avec ces femmes affranchies, il sent ses bases chanceler, plus rien ne semble lui appartenir vraiment... Heureusement chez lui règne encore l'harmonie, il peut sans crainte s'installer devant JP Pernaud, il sait que sa femme veille au grain, débarrasse la table et s'attèle à la vaisselle, pendant que le café coule, qu'elle lui apportera tout à l'heure, avant qu'il ne s'assoupisse devant la météo...

Des fois, moi aussi j'ai peur...

 

Photo: Bijoux Alina Alamorean

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Un monde cruel

7 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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On imagine pas comme le monde est cruel autour de nous. Enfin je veux dire ce monde là, celui de la mode. Pourtant cela fait rêver les jeunes filles, ou bien cela les surprend dans leur adolescence studieuse et les entraîne dans un tourbillon de strass et de paillettes... de sexe, de drogue, pas toujours rockn'roll... Enfin ça fait rêver tout de même! 

Et voilà notre adolescente qui débarque de sa campagne moldave, propulsée dans la lumière parisienne. Elle est jolie, fraiche et naturelle. Une vraie beauté ou un charme particulier. Le corps lisse et plat, le regard candide ou insolent, la chevelure saine et cascadant sur ses maigres omoplates. Durant toute une saison on va la pousser, sur les podiums et dans les magazines. Bientôt son visage va devenir familier au point qu'on cherchera même à connaître son nom.

Mais tout est soigneusement planifié. Maintenant que le monde s'intéresse à elle, "on" va faire de la petite merveille fraîche et naturelle, un soldat de la mode et du luxe. "On" va la transformer pour faire de ce visage juvénile une femme en laquelle d'autres pourront plus facilement s'identifier... ou pas.

Adieu la chevelure d'adolescente. On taille, on tranche, on rase. Il peut bien y avoir quelques larmes dans ces moments là, mais c'est ainsi, le modèle ne s'appartient plus vraiment, il faut rendre la monnaie. Pourtant la magie opère car d'un seul coup la petite fille devient femme, une sorte de lolita aux allures bourgeoise, un peu ange, un peu démon. L'ambiguité aussi la rend désirable.

Et maintenant qu'on la connait, qu'on la reconnait, plus rien ne lui sera épargné, elle sera rousse, blonde ou brune, bouclée ou lissée, plus long ou plus court, au gré des saisons et des fashion weeks. Jusqu'au jour où sa notoriété sera tellement évidente qu'elle sera consacrée par les plus grandes maisons et ce jour là elle retrouvera un peu de sa liberté. Elle pourra choisir... un peu.

 

Modèle: Kate Kondas

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Face à face

5 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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C'est un instant de volupté, un moment ou malgré l'entourage elle se retrouve seule face à elle même et savoure, comme à chaque fois la métamorphose qui lui redonne cette force qu'elle ne soupçonnait pas. La routine est devenue vitale, mais elle seule le mesure.

Dans ce tête à tête, l'oeil d'abord est critique, bien sûr, observant chaque détail de ce contour de l'oreille, de ce dégradé sur le côté, de cette patte qui s'arrête juste au bon endroit... Puis le secours de la main intervient, pour "mesurer" la longueur sur la nuque, apprécier le mouvement sur le front. Le face à face pourrait se terminer là, se contenter de cette inspection. Au lieu de cela, le regard se plonge dans le regard, enveloppe le visage, considère la personne... Et cette image devient bien plus qu'un physique. C'est son âme qu'elle perçoit, sa vraie nature, elle même dans ce qu'elle désire réellement être, une vue de son intérieur.

"Boy haircut, girl make-up"

Ces yeux finissent par sourire dans ses traits figés. Elle se sent fière d'elle, mais l'oublie rapidement, rougissant presque de tant d'orgueil. La main revient sur la nuque, non plus pour jauger, juste pour le plaisir, s'attarde un peu, caresse du bout des doigts...

Le visage enfin s'éclaire. Le face à face n'a duré que quelques secondes, rendant définitivement belle la journée qui démarre.

 

Modèle: Harmony Boucher

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Bonnes résolutions

3 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

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Alors voilà! Les Fêtes sont enfin passées. Pour Noël, qui chez la mama, qui au Berghoff, moi en tête à tête avec mon foie gras et pour le Nouvel An, Frida nous a trainé dans un club libertin réputé... Elle adore ça, Laora s'éclate comme une petite folle et ...  bon bref!    

Nous en sommes donc aux traditionnelles résolutions, ce défi qu'on se lance à soi même sans que personne ne nous demande rien et qu'on claironne à tue tête, façon de se priver de tout retour en arrière possible sans perdre sa dignité.

Frida avait annoncé la couleur la première, décidée à maîtriser le dressage des fauves elle avait pris la résolution de s'inscrire à l'école du cirque, ce qui ne nous étonna guère, compte tenu de ses aptitudes avérées pour le maniment du fouet.

Laora réfléchissait encore, quant à moi je jurais que je publierai cette année le livre que je m'étais déjà promis l'année dernière d'écrire et dont je n'avais pas encore terminé un seul chapitre. Evidemment ni l'une ni l'autre ne se priva de me faire remarquer que c'était là ma résolution de 2013, ce à quoi ma mauvaise foi naturelle rétorqua que c'était impossible puisque l'idée de ce roman m'était venue seulement cette année, même si elle faisait son chemin depuis longtemps...

Tous les regards à présent se tournaient vers l'italienne qui n'avait pas encore abattu ses cartes.

Nous "- Aloooors?

Laora - Ma j'hésite si jé mé fait pousser les chéveux ou si jé déviens la coiffeur...

Nous - ......???

Laora - Si jé fais la coiffeur jé pourrais couper les chéveux à tous les deux no? Et peut être moi aussi. Jouste apprendre deux ou trois troucs comme la professionnel, no? Parce qué les faire pousser jé sens qué ça pas être possibilé. Déjà là jé les sens sour les oreilles et ça m'énerve.

Moi - Super! Une dresseuse d'ours et une maniaque de la tondeuse. Ça me promet une année sereine ça... (soupir)"

 

 

Photo: HvonH

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