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Les Affranchies
Articles récents

Caramba! Encore raté

27 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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C'est de plus en plus difficile de mener une vraie vie de pervers, psychopathe et fétichiste. Si si croyez moi, je sais de quoi je parle!

Pas plus tard que samedi dernier, alors que j'étais en chasse d'une nouvelle proie, l'oeil torve et la bave aux lèvres, mon regard accrocha la silhouette d'une jeune femme blonde aux cheveux très courts, fumant une cigarette à la devanture d'un magasin, pendant que son amie ferraillait dur dans les rayons soldés. N'écoutant que ma déviance je fondis sur elle, la saisissant à la gorge et la menaçant de mon coutelas pour qu'elle cède à mon désir de la voir apparaître sur mon blog. 

Elle me désarma immédiatement par un sourire dévoilant une dentition étincelante et bien rangée. Je troquais donc ma panoplie de détraqué pathologique pour celle de vrp bcbg et lui fis l'article pour vanter les qualités des vraies femmes aux cheveux courts telles que mon blog en fait l'apologie. La jeune femme, flattée de cette appartenance se montra curieuse, sans se départir de son sourire qui ravageait toute mon agressivité animale.

Et là... c'est le drame! 

Malgré mon expérience et mon esprit tordu, plutôt que tenir, je me mets à courir, comprenez qu'au lieu de profiter de la situation, faire un ou deux clichés avec mon intelligent téléphone et en quelques mots tirer un portrait de cette femme aux cheveux courts digne du plus grand intérêt pour m'inspirer séance tenante un article, je lui propose d'aller voir sur son ordinateur de quoi il retourne et ce que peut être ce fameux blog louant l'audace, la détermination, l'indépendance et l'assurance des femmes qui ne se laissent pas emprisonnées dans les carcans et les dogmes patriarcaux. Du coup, elle promet, juré-craché, qu'elle ira faire un tour et laissera un commentaire pour qu'on se revoit...

Mais quel benêt je fais, non mais j'vous jure. 

Of course, la jeune femme et son amie disparaissent dans la foule et je me rend compte que je ne connais même pas son prénom, même si j'imagine encore à cet instant que cette brève rencontre aura une suite. 

Ce n'est pourtant pas la première fois que je me fais avoir de la sorte, victime de ma trop bonne éducation et ne voulant pas importuner plus qu'il ne faut, les personnes qui à mes yeux méritent que l'on parle d'elles, au moins ici.

Alors voilà, je ne sais pas si cela mérite un peu de compassion, mais rendez vous compte que la vie n'est pas facile facile tous les jours pour les pervers, psychopathes et fétichistes...

 

Photo: Shaina Savoia

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1, 2, 3, soleil!

24 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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De son refuge elle contemple la mer, le ciel et le reste. Et la lumière à cet instant surexpose son visage, le partageant d'une manière presque idéale comme une étonnante allégorie de l'androgyne, mi-fille, mi-garçon, sans que l'on sache vraiment lequel est l'un ni laquelle est l'autre...

Ce même soleil inonde sa chevelure dont la blondeur scandinave indique immanquablement la saison. Comme le mercure qui s'élève avec la chaleur, ses cheveux s'éclaircissent lorsqu'ils sont gorgés d'air du large et de soleil et ainsi auréolent son visage énigmatique.

Ça ressemble à un jeu d'enfant, l'androgyne semble ne s'animer que lorsqu'on lui tourne le dos. Elle vit, elle rit et ne s'amuse que lorsqu'on a le nez sur le mur et tu ne peux pas la surprendre en te retournant tellement son monde lui appartient. Elle est à l'image de cet instantané, mi-ombre, mi-soleil...

Pourtant chacun voudrait en être l'intime, avoir pour lui son sourire encore plus lumineux que sa blondeur, connaitre le fond de son coeur et toutes ses humeurs...

Mais l'androgyne est dans son refuge, à l'abri de ceux qui ne savent pas la comprendre et tant pis pour les autres...

 

 

 

Photo: Elisabeth Kalbfleisch

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Marque déposée

22 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Pas de doute possible, il y a certaines personnes pour qui la coupe de cheveux devient vite une véritable "marque déposée"... et je ne parle pas de Mireille Mathieu.

Quoi que... En réalité c'est un exemple parfait, même si dans ce style les plus jeunes préféreront sans doute "Purdey" comme référence. 

En y regardant bien, il y a parmi les célébrités qu'on connait, chanteuses, actrices, modèles, certaines qui sont immédiatement identifiables juste par leur coupe de cheveux. Bon bien sûr Sinead O'Connor, mais elle est hors catégorie on va dire. Sinon Carey Mullighan, même si parfois, à causes des rôles, le style change un peu, on l'imagine tous en parlant d'elle, avec sa blondeur et ses cheveux courts. Freja Beha Erichsen, le modèle danois, même si ses cheveux sont un peu longs, elle a toujours ce "swag" inimmitable... 

Et les gens qui ne sont pas célébres ne sont pas pour autant des inconnus. Certaines personnes parviennent naturellement à faire de leurs cheveux courts leur signe distinctif. L'essentiel c'est d'en avoir conscience.. et ce ne sont pas mes amies, ici, autour de moi, qui pourront dire le contraire.

Récemment pour un magazine en ligne canadien, Courtney McCullough, ma chouchou du moment répondait à quelques questions genre "sa vie, son oeuvre". Extrait:

" Question: On a tous des imperfections et des parties de notre corps qu'on aime pas, mais essayons de voir les choses sous un autre angle. Y a t il des parties de ton corps dont tu es vraiment fière et que tu aimes mettre en avant dans ton travail ( quand c'est possible )?

Réponse: Je dirais que ma coupe de cheveux me rend unique. Evidemment je ne suis pas la seule personne avec les cheveux courts et je ne serai pas la dernière, mais cela m'a vraiment apporté beaucoup de sympathie et de mots gentils de la part d'autres femmes qui voulaient couper leurs cheveux aussi court que les miens..."

A cette lecture, je me dis que finalement toutes les femmes aux cheveux courts sont un peu les ambassadrices de leur style, que leur assurance et leur rayonnement est le meilleur exemple qui puisse être donné à celles qui en sont encore à se chercher.

 

Photo: Darion Ko

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Le jardin des Tuileries

20 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Il restait de cet après midi ensoleillé un peu de la douceur d'un soir d'été. Je passais par là, sans trop savoir où j'allais, mais l'air était doux et incitait à la flânerie. J'avais remarqué cette jeune femme qui lisait au bord du bassin. Très chic, très parisienne. Peut être un mannequin après sa journée de travail au Carrousel du Louvre. Je voyais bien que son bonnet cachait des cheveux très courts et je me disais à moi même que c'était dommage... Enfin dommage, pourquoi après tout? Le bonnet était un joli accessoire et elle le portait avec élégance, un peu en arrière, juste de quoi deviner qu'elle avait les cheveux très courts, au moins sur les côtés. Alors je me suis dit qu'elle n'avait peut être pas encore trop l'habitude, ou qu'elle était frileuse ou juste qu'elle n'avait pas eu envie de se coiffer... les bonnets ça sert souvent à ça aussi. Mais en réalité rien dans tout ça n'avait d'importance, je flânais et mon esprit aussi. Sauf que là j'ai du me concentrer un peu trop sur elle parce qu'un moment elle a quitté sa lecture et tourné son regard vers moi. Je n'ai pas bougé sur le coup, un peu subjugué par son visage, puis j'ai souri de manière sûrement stupide avant de plonger mon regard sur un voilier miniature en croisière sur le bassin. Elle aussi souriait.

J'ai résisté un moment avant de laisser mon regard revenir vers elle... la chaise était vide. J'ai eu beau chercher aux alentours, je ne l'ai pas revue. Cela m'a fait sourire.

 

Photo: Scott Schuman

Modèle: Féline Barre

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Clair de lune

18 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Je crois que j'ai rêvé d'elle, souvent. Peut être même les premières fois sans savoir qui elle était. Je ne me souviens pas si j'étais amoureux, je ne le crois pas, non, elle était simplement une icone, un idéal. J'aurais aimé partager ses vacances, sur la Côte lorsqu'elle s'appelait Cécile, ou faire le voyou dans Paris lorsqu'elle était Patricia. Dans mes nuits sombres elle était toujours en couleur, sa blondeur cendrée, son teint d'enfant, son short en jean de garçon manqué ou sa robe noire de jeune fille bon genre, défilaient comme une farandole de gourmandises. Tout me semblait parfait, chaque  expression du visage, chaque geste que je l'avais vu faire, revenaient pour mon plaisir.

Je la voyais aussi dans son armure de petit soldat aux cheveux tondus, sublime héroïne au regard fiévreux et l'ambiguité de son allure me troublait parce que la sachant femme je la voyais presque garçon...

Le doute pourtant n'était pas possible, elle avait de trop jolies manières, même avec son Tshirt du Herald. Et j'étais à chaque fois subjugué par ce rire espiègle ou ce sourire énigmatique. Ce qui faisait toute la différence, c'était ses cheveux courts. Peut être que pour la première fois je voyais à quel point cela me fascinait de trouver jolie une nuque bien dégagée alliée d'une sensualité féminine.

Au delà mon rêve se perdait. J'avais mon idéal féminin pour toujours et Jean Seberg n'aurait pour moi jamais plus de 21 ans... jamais.

 

 


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Lorsque le voile tombe

16 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Et un jour, elle se jette à l'eau!

Les émotions qui l'envahissent ce jour là sont tellement fortes et tellement nombreuses qu'elle a du mal à faire un tri entre les bonnes et les mauvaises. Mais elle est décidée, aujourd'hui, à tourner la page. Elle se regarde intensement, s'observe dans le grand miroir, parée pour le sacrifice. Cette chevelure c'est une partie de sa vie, celle de l'enfance, des jours heureux peut être et elle s'apprête a refermer ce chapitre. Tout cela bien sûr est symbolique, cette métamorphose vers l'adulte, cet abandon de l'adolescence... 

Dans quelques minutes, après quelques coups de ciseaux, elle sera différente. Mais cette différence la rapproche de sa véritable nature. Dans ce visage éclairé elle va découvrir un nouveau regard, de nouveaux contours.

Elle va se sentir un peu désamparée, comme un combattant qui se retrouve seul sur un terrain découvert, cette protection va lui manquer, un instant. Puis au contraire elle va trouver de la force, un élan irrésistible, presque de la fierté d'être parvenu à se découvrir ainsi.

Bizarrement elle se trouve plus féminine alors qu'elle vient de transgresser l'image convenue de la féminité et en y pensant, cela la soulage finalement, de ne plus être cette image là. Elle est plus sûrement elle même à présent, elle le ressent, ne saurait pas dire pourquoi, mais cette différence la rassure...

A quoi cela tient parfois... ce ne sont pourtant que des cheveux. 

 

Photo: Danburry Barbershop

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Les toits de Barcelone

15 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Certaines images semblent familières. On ne se rappelle plus bien l'époque, juste qu'on connait la photo...

 

Elle a 17 ans, elle est fière, presque arrogante et du jour où l'agence de presse espagnole publie ce cliché, elle devient le symbole de ce grand élan républicain, enthousiaste et plein d'espérance qui vient du monde entier se dresser face au fascisme.

 

Marina est française. Elle a troqué ses jupons pour des vêtements d'homme et coupé ses cheveux comme eux. On lui a donné une vieille pétoire, un Mauser du siècle d'avant, tous n'en ont pas, mais qu'importe, ils ne passeront pas!


Et puis voilà, le symbole est plus puissant que les êtres qui l'incarne. Pendant longtemps personne ne saura rien d'elle, de son sourire un peu narquois, de son menton relevé en signe de défi, de sa fierté à poser sur la terrasse de l'hôtel Colon... l'aventure est grisante... C'était juste avant les horreurs ordinaires de la guerre.

 

Marina Ginestà est morte le 6 janvier dernier, à Paris.

 

 

Photo: Juan Guzmàn

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Celle qui pensait avoir trop de garçon en elle

13 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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C'est un mélange précis où les doses doivent être mesurées. Cependant il arrive que l'alchimie, dans ses erreurs, produise un déséquilibre infime et pourtant conséquent.

 

Néanmoins l'androgyne est parfaite, idéale dans son ambiguité, son corps, son visage, son allure laissent à coup sûr l'ombre d'un soupçon délicieux, quelques secondes d'interrogations. 

 

Mais voilà, dans ce corps un peu droit, sous ce masque d'éphèbe, son coeur et son esprit de femme luttent contre sa vraie nature. Bien sûr que cela l'énerve qu'on se trompe sur son identité, bien sûr qu'elle ne supporte pas qu'on la prenne pour un garçon. Tout le monde est comme ça. Mais elle, elle en a fait un monde. Elle n'est pas en paix et montre les crocs dès qu'on s'approche, pour ne pas être blessée par les regards désorientés. Elle se préfère en jean, elle aime ses cheveux courts mais les autres ne vont pas au delà, alors les garçons se détournent, certaines filles s'intéressent... Ce n'est pas ce qu'elle veut, elle le refuse, s'imaginant peut être que ce serait donner encore trop de part à son masculin. Elle se désespère et ferme la porte à tous. La vie est compliquée et parfois on en rajoute.

 

Seulement voilà, enfermée dans son image, coincée derrière ses principes, on finit parfois par se réfugier dans des rêves, des rêves de soi même... Alors qu'il suffit juste d'être, de s'aimer et accepter ses émotions, qu'elles soient d'un homme ou d'une femme, recevoir et savoir donner avec le même plaisir...

 

Mieux vaut-il sans doute d'être haï pour qui on est vraiment, que d'être aimé pour qui on n'est pas.

 

Photo: Maggie West

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Bon dimanche

12 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

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Un jour nouveau

11 Janvier 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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C'est le premier matin.

Elle s'éveille dans la chambre déjà inondée de lumière et s'étire comme un félin. Elle garde les yeux clos et ses bras s'allongent au dessus d'elle, puis reviennent, pliés, inertes... un instant de sommeil encore.

La conscience revient, doucement et comme pour vérifier que ce n'était pas un rêve, sa main se pose sur le sommet de sa tête et caresse doucement les cheveux ras. Elle l'a fait.

La sensation est étrange et agréable, à la fois comme caresser le pelage d'un animal mais en même temps une sorte d'irradiation que le cuir chevelu diffuse partout. Sa main ne se lasse pas d'explorer ce champ moissonné, de la paume et des doigts, curieuse d'un plaisir nouveau...

Ce n'est pas une révolte, ni une révolution, ni une provocation. Juste une expression de son caractère, un besoin de montrer comment elle est faite, à l'intérieur, sans artifice. Comme son corps à l'encre de Chine.

Hier soir elle a profité d'une complicité, elle s'est lancée, a dit :"Vas-y!" Elle voulait rester concentrée mais c'était plutôt ludique, terrible et excitant. Les ciseaux ont coupés les cheveux longs avant que la tondeuse ne finisse par les mettre à ras. L'émotion etait masquée par les rires et les éclats de voix, mais cette découverte de soi même, c'était bouleversant.

Elle se lève d'un bon et nue, se plante devant la psyché de sa chambre de jeune fille, s'approche, s'inspecte, recule, cherche à être critique. Mais l'enthousiasme l'emporte de se voir enfin elle même, le regard encore plus grand, le cou plus long, en harmonie avec son corps de femme. Se mêle alors la fierté et la sérénité au soulagement d'avoir déposé un masque et d'avoir bien fait de le faire.

Elle était jolie... elle est devenue belle. 

 

 

Photo: Pascal Pierrou

Modèle: Marie Ange C.

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