Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Affranchies
Articles récents

Quartier Libre: Courtney

20 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Quartier Libre

Les habitué(e)s de ce blog la connaissent. Elle a illustré plus d'un article avec sa silhouette androgyne et incarné l'image de Tao, ma chère héroïne. 

Dans la vie Courtney McCullough est modèle et actrice ( les plus attentifs l'auront reconnue dans la pub Mini mais elle a tourné aussi dans des courts métrages comme Happy Accidents avec un vrai talent)

Elle est surtout une belle personne, curieuse du monde qui l'entoure, simple et accessible. La preuve c'est qu'elle a bien voulu répondre à mes questions et elle l'a tellement bien fait que je vous livre son texte tel quel, à la façon d'un Quartier Libre...

courtney1.jpg

I have always had long hair throughout my life until 5 years ago.  I was living in Israel and a friend wanted to cut my hair.  She was not a professional and I felt skeptical but I also thought I might like the change, and in the worst case, I could go to a professional to get it fixed.  She actually did an amazing job and gave me an Audrey Hepburn-esque pixie cut that I kept for another year.  I received many compliments so naturally I thought, “Okay, this doesn’t look so bad.”

Toute ma vie j'ai eu les cheveux longs, jusqu'à il y a 5 ans. Je vivais en Israel et une amie voulait me couper les cheveux. Elle n'était pas coiffeuse et j'étais un peu septique, mais en même temps je me suis dit que je pourrais aimer le changement et que dans le pire des cas je pourrais toujours aller chez un professionnel pour rattraper le coup. Cependant elle a fait un excellent travail et je me suis retrouvée avec une coupe garçonne à la Audrey Hepburn que j'ai gardé un an. Et puis j'ai eu tellement de compliments que naturellement je me suis dit: " Bon, ça me va pas si mal!"  

About a year and half later I was in Amsterdam with another friend and I felt the sudden urge to shave my hair.  It was a Sunday night and the only coiffure open was in Chinatown.  They were about to close when we showed up but we convinced them to stay open a little longer to shave my hair.  Since they didn’t speak English and I don’t speak Dutch, they showed me a magazine image of a bald man to clarify.  The female haircutters were too nervous so they made the male haircutter do it.  I didn’t cry or gasp during the process but I was actually amazed by how much lighter my head felt.  Once outside in the cold Dutch air, I could feel the wind blowing against my head harshly.  That took some time getting used to.  I returned to Israel where I received lots of positive reactions.  At first I wore a lot of makeup to compensate for my lack of perceived femininity but quickly got over it and learned to own it.  My mom saw a picture though and did not like it.  She compared me to Britney Spears.

courtney2.jpgA peu près un an et demi plus tard, j'étais à Amsterdam avec une autre amie, lorsque j'ai soudain senti le besoin irrépressible de me faire tondre. C'était un dimanche soir et le seul salon ouvert se trouvait à Chinatown. Ils étaient sur le point de fermer quand nous sommes arrivées mais nous les avons convaincus de rester encore un peu ouvert, le temps de me tondre. Comme ils ne parlaient pas anglais et que je ne parlais pas hollandais, il m'ont montré une photo de magazine avec un homme rasé pour être bien clair. Les coiffeuses étaient trop nerveuses pour le faire alors elles ont demandé aux hommes de s'en occuper. Je n'ai pas pleuré ni suffoqué durant la coupe, mais j'ai été réellement stupéfaite de sentir combien ma tête était légère. Une fois dehors dans l'air froid de la Hollande, je pouvais sentir le vent souffler durement sur mon crâne. Cela a pris un certain temps pour que je m'habitue. Je suis retourné en Israel où j'ai eu beaucoup de réactions positives. Au début je me maquillais beaucoup pour compenser le manque apparent de féminité, mais rapidement j'ai dépassé cela et me suis approprié mon image. Ma mère par contre a vu une photo et elle n'a pas aimé. Elle me comparait à Britney Spears

I eventually let my hair grow back out to the style it is now.  I think it definitely makes me unique as a commercial actor and model, especially when most Asian woman have long, flowing, dark hair.  For the most part I’ve only received positive reactions but have also lost jobs to women with long hair because it’s a more traditional and feminine look.  But I’ve also booked jobs specifically because of my short hair, so it’s pretty even.  To maintain my short hair I often visit the barbershop because, frankly, they are cheaper than salons. 

Finallement j'ai laissé pousser mes cheveux dans le style qu'ils ont aujourd'hui. Je pense que cela me rend unique en tant que modèle et comédienne de publicité, quand la plupart des femmes asiatiques ont les cheveux longs, noirs et flottants. La plupart du temps j'ai des réactions positives mais j'ai aussi perdu des contrats parce qu'on m'a préféré une femme aux cheveux longs et à l'allure plus traditionnelle et féminine. Mais j'ai aussi décroché des contrats parce que justement j'avais les cheveux courts. Donc finallement c'est même bien. Pour entretenir ma coupe je vais souvent chez les coiffeurs hommes, parce que franchement c'est bien moins cher que les salons pour dames. 

I often hear from other women that they want to cut their hair short but are afraid to, to which I always say, “Just try it, and if you don’t like it, it’s hair! It grows back!”  I think all women should experience short hair at least once in their life, just like all men should experience long hair at least once.  It changes your whole appearance and feelings and also allows you to realize how multi-faceted you are.  

J'entends souvent d'autres femmes dire qu'elles veulent se couper les cheveux mais qu'elles ont peur de le faire. Alors je leur dis: " Essayez et si cela ne vous plait pas ce ne sont que des cheveux, ça repousse". Je pense que toutes les femmes devraient au moins une fois dans leur vie essayer les cheveux courts, tout comme les hommes devraient essayer les cheveux longs. Cela bouleverse votre image et vos sentiments et vous permet de vous rendre compte à quel point vous pouvez avoir différents visages. 

As a result of having short hair I am often described as androgynous and many photographers like to explore this concept through photo shoots where I might wear men’s clothing or look like a little boy due to my youthful appearance.  It is definitely a state of mind.  I don’t consider myself feminine or masculine; I think I have traits that could go in either direction.  Some days I wake up not wanting to put on makeup and wear an oversized shirt and jeans and other days I feel like wearing a dress and makeup.  I don’t think women need to always look one way.  They should just do as they feel, wherever that feeling lands on the gender spectrum.

A cause de mes cheveux courts on me décrit souvent comme androgyne et nombre de photographes aiment explorer ce concept au court des séances photo où je peux porter des vêtements masculins ou avoir l'air d'un petit garçon grace à mon apparence jeune. C'est définitvement un état d'esprit. Je ne me considère pas comme masculine ou féminine. Je pense que j'ai des traits qui me permettent l'une et l'autre. Certains jours je me lève avec l'envie de ne pas mettre de maquillage et porter une chemise et un jean d'homme et d'autres jours je me sens plus robe et maquillage. Je ne pense pas que les femmes aient besoin d'être toujours avec la même apparence. Elles doivent faire comme bon leur semble, quitte à jouer avec les genres.

courtney3.jpg

Crédit photo: Courtney McCullough.com

Lire la suite

Une passe difficile

18 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Margaret-Singer.jpg

Il y a, dans la vie d'une femme aux cheveux courts, toujours un moment difficile. Peut être pas qu'un seul d'ailleurs, mais au moins un qu'il faut évoquer ici.

C'est celui où, après des mois, voir des années de bons et loyaux services, vous devez vous séparer de votre coiffeur/coiffeuse habituel(le). Qu'importe le motif de la rupture, si elle est soudaine ou préméditée, que la mort l'ait emporté(e) ou que vous soyez partie à la frontière borduro-syldave. Le résultat est le même, un mois, voir un mois et demi plus tard, l'impératif besoin de se faire couper les cheveux devient majeur.

Et là, évidemment les idées les plus folles gagnent petit à petit sur la raison, sachant que chaque jour qui passe allonge de 0,33 mm supplémentaire votre tignasse. Je sais, ça n'a l'air de rien, mais quand on est habituée à une nuque et des oreilles bien dégagées, ça compte. La quête d'un nouveau salon de coiffure, entamée dès le premier jour avec un peu de dilétantisme devient une question de survie. Mais on en est pas pour autant prêt à se jeter entre les mains du premier coiffeur venu. Pour peu que l'endroit soit à peu près civilisé, on fait l'inventaire des salons, sans jamais hélas, être conquis. Celui-ci est trop moche, celui-là est trop vieux, cet autre est plutôt "mémère" quant à ce dernier il n'inspire vraiment aucune confiance. Bref! On est devenu difficile.

Alors on se dit que c'est le moment ou jamais de se lancer et de faire ce qu'on a toujours rêvé de faire tout en étant persuadé(e) qu'on ne le ferait jamais: acheter une tondeuse et tout couper. Et plus les jours passent, plus cette idée grignotte du terrain dans votre esprit. Après tout vous êtes loin de chez vous et des gens qui vous connaissent, enfin toute une cargaison d'arguments déboule dans votre cortex, cherchant à vous convaincre, jusqu'à ce que... ben ouais quoi, pourquoi pas? 

Et puis comme par enchantement, un beau jour, une personne de votre - nouvel - entourage, comme si elle avait deviné votre tourment ( en même temps c'est pas trop dur vu que vous finissez par être obsédée par ça et que vous en parlez à tout bout de champ ) vous propose de vous faire connaître son propre coiffeur. Dès lors un lien se crée, vous unissant pour toujours à cette personne qui, sans peut être mesurer la juste valeur de son invitation, vient de sauver votre santé mentale et de remettre sur l'étagère des fantasmes et des ultimes recours, la tondeuse.

 

 

Photo: Margaret Singer

Lire la suite

Le geste et la parole

16 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

tomboy-copie-1.jpg

Je me demande parfois jusu'à quel point certains gestes peuvent être anodins, comme cette façon, nonchalante d'empoigner ses cheveux dans leur plus grande masse, comme si c'était une façon d'évaluer leur longueur ou leur épaisseur et rester ainsi un moment, dans une sorte de réflexion. 

Personnellement je trouve ça toujours sensuel, cette façon de faire, comme si de rien était. Cela pourrait être un signe de reconnaissance, entre initié(e)s, les autres n'y voyant rien de remarquable alors que la charge émotionnelle varierait d'intensité selon que la main caresserait négligeamment la nuque ou remonterait doucement sur la tempe... Mes amies aux cheveux courts ne font jamais cela par hasard et nous savons nous comprendre.

Lorsqu'à ce geste se joint en plus la parole, évidemment cela devient irrésistible. Une petite moue, l'air faussement contrarié avant de constater "qu'il faut absolument que j'aille chez le coiffeur". Cela me fait sourire irrémédiablement sachant qu'un quidam n'entendrait là qu'une remarque banale se rapportant à l'agenda de la jeune femme, imaginant qu'elle ne réfléchit qu'à la date où elle parviendra à caser son prochain rendez vous, alors qu'il pourrait s'agir d'un appel du pied, d'une perche lancée pour s'assurer que celui ou celle à qui elle s'adresse est sensible au pouvoir de ses cheveux courts et de l'allure que cela lui confère.

 

Photo: Ina Aydogan

Lire la suite

C'est ainsi

13 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

corinna2.jpg

La vérité c'est que personne ne voulait vraiment y croire. Tout le monde tentait de se convaincre que cela passerait et que cela n'avait pas grande importance à son âge.

Lorsqu'elle n'était qu'une petite fille, on trouvait même ça amusant de la voir collée aux basques de son frère et courir avec sa bande de garnements. Bien sûr la mère se morfondait, frustrée de ne pas voir sa fille suivre ses traces, de ne pas voir s'épanouir une belle jeune fille... A force de lui voir les genoux écorchés on s'est dit qu'il vallait mieux encore qu'elle continue à porter des pantalons. 

Puis adolescente il a fallu batailler un peu pour lui faire porter une robe, l'événement était assez rare et on voyait bien comme elle était mal à l'aise dans cet accoutrement. Coiffer ses cheveux était aussi une épreuve. Pas question d'ailleurs de les couper, comme elle le réclamait souvent. Les garder longs, coûte que coûte donnait encore l'illusion...

Et puis il a bien fallu admettre que le petit garçon manqué devenait un vrai tomboy, son corps se développait, mais pas vraiment comme on l'avait imaginé. Tout le monde comptait sur les hormones, une transformation du corps, de nouveaux désirs... Mais rien ne se fit...

Cette absence troublait tous les esprits. Elle aussi se découvrait différente, elle l'acceptait mais parfois le regard des autres la blessait. A cet âge où on a besoin de certitudes, elle se trouvait dans un tourbillon de questions, se sentant n'appartenir à aucun genre, un sexe de fille, un corps de garçon et la mentalité à la fois de l'un et de l'autre. 

A la première occasion elle a fait couper ses cheveux, très courts. Sa mère fut achevée, mais elle s'en trouva libérée. Elle se découvrait "androgyne", véritablement, pas un syle, pas une apparence. C'est ce qu'elle était vraiment. Et les cheveux courts n'y faisaient rien de plus ou de moins...

 

Photo: Oleg Lugovskoy

Lire la suite

Frida à la rescousse

11 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

Louise1.jpg

Les apparences sont souvent trompeuses et je parirai bien que le kiosquier installé en face du porche de notre immeuble, à force de me voir aux bras de l'une ou de l'autre de mes égéries, quand ce n'est pas les deux à la fois, s'imagine que je suis un sacré bon sang de veinard.

Admettons le, il y a pire! Cependant il faut bien comprendre que partager la vie de deux femmes aux cheveux courts, dans tous les sens du terme, c'est à dire en considérant le fort caractère qui les anime, ne représente pas forcément la panacée pour un homme moyen tel que moi.

Depuis que nous formons ce trio hors du commun, j'avoue avoir eu les expériences les plus réjouissantes de ma vie et l'acceptation pour l'une et la révélation pour l'autre d'une dilection toute particulière pour les cheveux courts n'y était pas étrangère. Partageant ce plaisir peu courant, à la fois visuel et tactile, pour les nuques bien dégagées, mes chéries rivalisaient souvent l'une et l'autre pour nourir nos fantasmes à tous les trois.

Pourtant, à force d'être gâté pourri, il faut s'attendre à un effet de surdose parfois dramatique. Par chance, la fréquentation assidue d'une psychothérapeute bavaroise, m'offrait l'apaisement de quelques réponses à des interrogations existencielles souvent douloureuses...

Moi "- Je suis inquiet doc! Mais vraiment inquiet...

Ma Psy - Was ist los?

Moi - Je crois que je deviens assexuel... Enfin, je me demande. Tu vois je n'ai plus envie, plus de désir... et ça ne me manque pas.

Ma Psy - Mais keske tu me rakontes là.... Zurtout ne vas pas dire ça à l'italienne si tu ne feux pas qu'elle t'arrche les yeux.

Ne t'inkiète pas... Ça va passer.

Moi - M'enfin.... C'est tout ce que tu trouves à me dire? T'es gonflée tout de même... je me sens mal. Avant le simple fait de retrouver Laroa rentrant de chez le coiffeur m'aurait donné envie de lui faire l'amour, la seule vue de ta nuque fraîchement tondue m'aurait excité et de vous voir toutes les deux le plus souvent à poil dans l'appartement devrait maintenanir chez moi un état proche des symptômes du priapisme. Ben non!

Je crois que je suis victime d'une overdose.

Ma Psy - Hummm... Je crois que je vais te preskrire une soirée avec moi darling..."

 

Ça pouvait paraître prétentieux de sa part, mais Frida était capable de tout!

 

Modèle: Louise Donegan

Lire la suite

L'eau à la bouche

9 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

isabelle_marmat_alize_verret_dyptique_2-copie-1.jpg

Ecoute ma voix écoute ma prière
Ecoute mon cœur qui bat laisse-toi faire
Je t´en pris ne sois pas farouche
Quand me viens l´eau à la bouche

Je te veux confiante je te sens captive
Je te veux docile je te sens craintive
Je t´en prie ne sois pas farouche
Quand me viens l´eau à la bouche

Laisse toi au gré du courant
Porter dans le lit du torrent
Et dans le mien
Si tu veux bien
Quittons la rive
Partons à la dérive
Je te prendrais doucement et sans contrainte
De quoi as-tu peur allons n´aie nulle crainte

Je t´en prie ne sois pas farouche
Quand me viens l´eau à la bouche

Cette nuit près de moi tu viendras t´étendre
Oui je serai calme je saurai t´attendre
Et pour que tu ne t´effarouches
Vois je ne prend que ta bouche

 

 

Texte: S. Gainsbourg

Photo: Isabelle Marmat

Modèle: Alizé Verret


Lire la suite

Médiévale que j'vous dis!

7 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

 MG_1814edit.jpg

Je ne vais pas vous le cacher, j'adore ça! J'adore quand une jolie femme, pas spécialement androgyne, ni tomboy, au contraire très féminine, élégante, branchée, joue sur ce contraste, ce choc visuel provoqué par une coupe de cheveux où long et très court se cotoient. Enfin, quand je dis long, je ne parle pas de cette tendance bizarre qu'on certaines à faire tondre 15 cm2 sur un côté de leur crâne tout en gardant leurs longues boucles d'adolescente, histoire de faire comme la voisine. Non! je parle de celles qui sont résolument cheveux courts, avec cette nature de cheveux qui leur permet ce style "médiéval" dont je parlais il y a quelques jours.

J'imagine une certaine volupté à conjuguer ce voile de cheveux lisse au ras des yeux, ce casque brillant et soyeux et l'excitation de savoir sa nuque tondue, ses oreilles nues, tout cela dans un graphisme millimétré.

7

Je leur trouve de l'audace à ces femmes là. L'audace de ne jamais passer inaperçues, de capter les regards, d'attirer sur elles l'approbation ou le rejet, tout plutôt que l'indifférence. Et puis cette façon de dévoiler leur nuque, cette presque exhibition, cette impudeur me plait. 

 

 

Photos: Frida Sundemo et K. Kofta

Lire la suite

No comments...

7 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

Lire la suite

Elle

6 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

Elisabeth-Kalbfleisch.jpg

A chaque fois que tu la vois, tu te dis qu'elle est belle. Et puis sa liberté te fascine, autant que son étrange blondeur. Quand ses cheveux sont courts tu aimes son allure de tomboy, lorsqu'ils sont trop longs et balaient son regard, tu la trouves sauvage et conquérante, comme un marin Nordique... Rien à faire, tu ne peux pas renoncer, pas même à sa mélancolie, ni à ses silences... Elle est sans doute là, sa liberté. Peu importe ce que disent les gens... Personne ne pourra l'emprisonner.

La blonde aux cheveux courts trace son chemin, forge sa vie loin des déceptions, ne comptant que sur elle, belle et inaccessible... C'est toujours ainsi lorsqu'on est pas dans le cadre, lorsque personne ne sait où vous placer dans les petites boites déjà soigneusement étiquetées. Elle a brouillé toutes les pistes, rien à faire.

Et tu n'y peux rien, toi non plus...

 

 

Photo: Elisabeth Kalbfleisch

Lire la suite

Quartier Libre: Morgane

4 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Quartier Libre

morgane.jpg

 On me demande d'écrire un article qui parle de moi, mon allure androgyne. Je trouve que c'est quelque chose de très difficile pour moi de parler de mon apparence androgyne , tout simplement parce que ce n'est pas vraiment quelque chose que j'ai choisi. Pourquoi je suis androgyne ? Je ne sais pas c'est comme ça, j’imagine que je suis née pour l'être. Cela fait partie de ma personnalité, plus jeune j'étais déjà une fille qu'on considérait comme étant garçon manqué. Mais je n'avais pas confiance en mon image, je ne prenais pas vraiment soin de mon apparence, ça n'avait pas vraiment d'importance pour moi. Je n'ai jamais été féminine, ces allures androgynes sont venues naturellement. Pour moi être androgyne ne se résume pas seulement à des traits physiques, une coupe de cheveux et un style vestimentaire. On peut dire que j'ai construit ce style par rapport à ma personnalité. Les deux collent bien ensembles. J'ai toujours pensé que je me considère ni homme , ni femme. Je suis un individu dans un corps de femme qui est capable de penser comme un homme et aussi bien comme une femme. Et puis c'est quoi penser comme un homme, comme une femme ? C'est quoi la différence ? Vous voyez, est-ce que ça a réellement son importance le sexe, le genre ? Nous sommes des individus avec une personnalité , un psychique avant tout.
Je suis persuadée que c'est notre vision des choses, nos désirs, nos convictions, nos goûts qui définissent notre allure générale.
L'autre jour on m'a demandé si j'envisageais de retrouver des cheveux longs un jour, j'ai répondu par un « non » catégorique. Pourquoi tant d'assurance dans ma réponse ? Je dois dire que si j'ai eu les cheveux long pendant mon enfance tendre certes, c'est bien parce que je ne pouvais pas encore affirmer ma personnalité, mes choix, je n'étais encore qu'un gosse. Dès que j'ai eu la possibilité de m'affirmer j'ai couper mes cheveux, je suis passer de long à court puis très court. La période de transition entre court et très court s'est faite pendant mon adolescence. En grandissant ma personnalité s'est affirmée, mes choix aussi, tous ces détails ont eu des conséquences sur ma coupe de cheveux, mon style vestimentaire, j'avais soudainement confiance en mon image. Aujourd'hui j'ai 20 ans et on peut dire que l'évolution de ma coupe de cheveux illustre mon passage de l'adolescente à la jeune adulte. Je sais aussi qu'avec le temps, je couperai encore plus court surement. Je ne peux plus m'imaginer sans se plaisir de pouvoir passer ma main sur mes cheveux fraichement coupés. Couper mes cheveux courts, m'habiller de manière si masculine tout en gardant un coté féminin et fragile est sans aucun doute là pour rappeler que je ne suis ni homme, ni femme, je suis moi, je suis ce que je veux.
Je refuse de me plier à un simple sexe. Je suis libre de penser comme je veux. Je suis libre d'être moi-même sans aucune honte, et je souhaite à tout le monde d'en faire de même, parce que souvenez-vous, chacun de vous en est capable. 

 

Morgane ( Syd Lucid )

Lire la suite