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Les Affranchies
Articles récents

Marlbrough s'en va-t-en guerre

26 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Je crois bien que cela a toujours existé. Toujours et partout, quelle que soit la cause, quel que soit le pays, de tous temps des femmes se sont engagées auprès des hommes pour combattre dans les armées. Depuis l'Antiquité, chaque guerre a un exemple à nous offrir...

Sauf que cela leur était la plupart du temps interdit. La seule solution pour ces intrépides, déterminées plus que d'autres, était de se glisser dans la peau d'un homme. Camoufler leur poitrine si elle était trop visible et le plus souvent couper leurs cheveux, parce que quelque soient les époques, les soldats, en vrai, ont rarement eut les cheveux longs. 

Mais je me plais à croire que ce travestissement était l'expression d'un désir et un vrai plaisir à se placer sur le même pied que les hommes et que ces femmes courageuses étaient déjà, avant même l'aventure, des "garçons manqués" comme on dit aujourd'hui. De celles pour qui, naturellement tout était possible et puisqu'un homme le fait elles peuvent le faire aussi, sans se poser de question. Après, la cause, l'engagement transcende tout le reste bien sûr.

Mais quand j'y pense... C'est assez fou tout de même que des femmes aient dû se déguiser en homme pour aller se battre... Un sacrifice encore plus énorme, un summum de l'abnégation, puisque si elles survivaient, une fois la paix revenue il leur fallait retrouver leur vraie identité et ne jamais faire valoir leurs exploits... A méditer.

 

 

Photo: Errol Douglas

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Forza Italia

24 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

En rencontrant Mathilda, j'ai rencontré aussi une foule de ses ami(e)s. Parmi elles j'ai découvert Roberta Carrese, une chanteuse italienne à la voix chaude et grave, qui a bien voulu pour Les Femmes aux cheveux courts, en quelques mots, raconter pourquoi elle avait récemment coupé ses cheveux. Le résultat est stupéfiant...

Roberta-2.jpgI moved to Rome almost

six months ago and the reality I found myself into once in the city was totally (and maybe terrifyingly) different from the one I came from. Here, you're constantly put under pressure by the judgement of people upon your look. Most of the times, it speaks for you. Soon I understood the way I looked didn't conform with the way I felt so I decided to cut my hair short and, at the meantime, cut the past out. This haircut is a sort of clean break with everything I was before; since I cut my hair I've started to look at myself differently and I'm pretty sure others can perceive this metamorphosis too. I needed to discover and find a new me, inside and outside. Moreover I wanted to give my rebel side a voice and I wanted it to be the loudest ever possible, it was like I was saying "Hey, here it is: this is who I am. Can you actually see ME now? I don't need to justify myself or apologize for this". Having a short hair makes me feel closer to men, it has made me stronger and has convinced me that yes, I'm a woman but I got balls! It seems like it's not just a way to spend less time drying my hair after the shower, after all. Don't you think?

"J'ai déménagé à Rome il y a presque 6 mois de cela et la réalité à laquelle j'ai été confrontée une fois dans la ville était totalement ( et peut être de manière effrayante )bien différente de celle pour laquelle j'étais venue.

Ici, on est constamment soumis au jugement des gens qui vous regardent. La plupart du temps d'ailleurs on parle pour vous.

J'ai bientôt compris que je ne me comportais pas comme je sentais que je devais le faire, alors je me suis coupé les cheveux, courts et par la même occasion rompu avec le passé.

Cette coupe de cheveux c'est comme un coup de balai sur tout ce que j'étais auparavant. Depuis que je me suis coupé les cheveux j'ai sur moi même un regard différent et je suis persuadée que les autres peuvent aussi percevoir cette métamorphose.

J'avais besoin de découvrir et de trouver un nouveau moi même, à l'intérieur comme à l'extérieur. Encore mieux, je voulais donner à mon côté rebelle une voix qui soit la plus forte possible, comme si je disais" Hé! Je suis là. C'est ainsi que je suis. Pouvez vous me voir MOI réellement maintenant? Je n'ai pas besoin de me justifier ou de m'excuser pour cela"

Avoir les cheveux courts m'a rapproché des hommes, cela m'a rendue plus forte et m'a convaincue que oui, je suis une femme " qui en a "!

Il semblerait que ce ne soit pas juste passer un peu moins de temps à sècher ses cheveux après la douche.

... Vous ne pensez pas?"

Le discours d'une vraie femme aux cheveux courts en somme....

 

Photo: Jack Rubinstain

Model: Roberta Carrese


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Mathilda

23 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Voyez vous, ces choses là ne sont pas permises à tout le monde. Je sais, c'est trop injuste. C'est une question de personnalité, de charisme. Et paradoxalement, la timidité n'empêche en rien d'avoir du charisme. Personnellement, sans avoir aucun préjugé, simplement par esthétisme, je n'ai jamais vraiment aimé les coupes de cheveux trop "excentriques" et encore moins les piercing dans le nez qui souvent finissent par me faire penser à quelques bovins dessinés par Tex Avery. Bon ben les goûts et les couleurs hein?...

Mais je ne suis pas à un paradoxe près, je suis moi même un paradoxe. Maintenant que je connais un peu Mathilda, j'aurais du mal à l'imaginer coiffée différemment tellement cette coupe est idéalement originale et je finirais presque par trouver le septum élégant, comme quoi...

J'en conclu que c'est la nature, le caractère de ce timide tomboy, révélé par les clichés de Pascal Pierrou, son sourire désarmant et sa simplicité loin de tout effet de séduction, qui provoquent cette réaction chez moi. Et puis il y a aussi peut être l'impression de retrouver, à travers ce portrait en particulier, l'image de Delf, mon amie soeur, mon âme féminine... Bref je suis séduit. Tout comme le presque milliers de gens qui ont "aimé" le sourire de Mathilda sur la page FB de ce blog.

 

 

Photo: Pascal Pierrou

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Une photographie

22 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Elle a saisi fermement le boitier et porte l'objectif devant son oeil. C'est juste une photographie, comme on en fait des centaines quand on aime cet art. Rien n'est vraiment calculé, la lumière est naturelle, elle se concentre un peu sur la mise au point devant le miroir, pour qu'apparaisse, à peine dissimulé, son demi visage et ... clic!

La voilà immortelle.

Si la photo lui plait, elle passera de l'appareil à l'ordinateur puis sur les réseaux et le monde entier pourra découvrir l'androgyne au visage concentré sur ce miroir qui reflète sa silhouette aux cheveux courts. 

Ça n'a l'air de rien, mais c'est important ces cheveux courts, toujours très courts, toujours plus courts. Si on lui pose la question elle est capable de se rappeler la date précise à laquelle elle les coupa la première fois... Presque le premier jour du reste de sa vie, celui où elle s'est sentie enfin elle même, débarrassée des stéréotypes et des désirs des autres...

 

La photo n'est pas mal. Elle en fera d'autre mais n'allez pas vous imaginer qu'il s'agit de narcissisme, c'est juste une photographie, comme on en fait des centaines quand on aime cet art... et que le modèle est joli

 

 

Photo: Pii

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Quartier Libre: Courtney

20 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Quartier Libre

Les habitué(e)s de ce blog la connaissent. Elle a illustré plus d'un article avec sa silhouette androgyne et incarné l'image de Tao, ma chère héroïne. 

Dans la vie Courtney McCullough est modèle et actrice ( les plus attentifs l'auront reconnue dans la pub Mini mais elle a tourné aussi dans des courts métrages comme Happy Accidents avec un vrai talent)

Elle est surtout une belle personne, curieuse du monde qui l'entoure, simple et accessible. La preuve c'est qu'elle a bien voulu répondre à mes questions et elle l'a tellement bien fait que je vous livre son texte tel quel, à la façon d'un Quartier Libre...

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I have always had long hair throughout my life until 5 years ago.  I was living in Israel and a friend wanted to cut my hair.  She was not a professional and I felt skeptical but I also thought I might like the change, and in the worst case, I could go to a professional to get it fixed.  She actually did an amazing job and gave me an Audrey Hepburn-esque pixie cut that I kept for another year.  I received many compliments so naturally I thought, “Okay, this doesn’t look so bad.”

Toute ma vie j'ai eu les cheveux longs, jusqu'à il y a 5 ans. Je vivais en Israel et une amie voulait me couper les cheveux. Elle n'était pas coiffeuse et j'étais un peu septique, mais en même temps je me suis dit que je pourrais aimer le changement et que dans le pire des cas je pourrais toujours aller chez un professionnel pour rattraper le coup. Cependant elle a fait un excellent travail et je me suis retrouvée avec une coupe garçonne à la Audrey Hepburn que j'ai gardé un an. Et puis j'ai eu tellement de compliments que naturellement je me suis dit: " Bon, ça me va pas si mal!"  

About a year and half later I was in Amsterdam with another friend and I felt the sudden urge to shave my hair.  It was a Sunday night and the only coiffure open was in Chinatown.  They were about to close when we showed up but we convinced them to stay open a little longer to shave my hair.  Since they didn’t speak English and I don’t speak Dutch, they showed me a magazine image of a bald man to clarify.  The female haircutters were too nervous so they made the male haircutter do it.  I didn’t cry or gasp during the process but I was actually amazed by how much lighter my head felt.  Once outside in the cold Dutch air, I could feel the wind blowing against my head harshly.  That took some time getting used to.  I returned to Israel where I received lots of positive reactions.  At first I wore a lot of makeup to compensate for my lack of perceived femininity but quickly got over it and learned to own it.  My mom saw a picture though and did not like it.  She compared me to Britney Spears.

courtney2.jpgA peu près un an et demi plus tard, j'étais à Amsterdam avec une autre amie, lorsque j'ai soudain senti le besoin irrépressible de me faire tondre. C'était un dimanche soir et le seul salon ouvert se trouvait à Chinatown. Ils étaient sur le point de fermer quand nous sommes arrivées mais nous les avons convaincus de rester encore un peu ouvert, le temps de me tondre. Comme ils ne parlaient pas anglais et que je ne parlais pas hollandais, il m'ont montré une photo de magazine avec un homme rasé pour être bien clair. Les coiffeuses étaient trop nerveuses pour le faire alors elles ont demandé aux hommes de s'en occuper. Je n'ai pas pleuré ni suffoqué durant la coupe, mais j'ai été réellement stupéfaite de sentir combien ma tête était légère. Une fois dehors dans l'air froid de la Hollande, je pouvais sentir le vent souffler durement sur mon crâne. Cela a pris un certain temps pour que je m'habitue. Je suis retourné en Israel où j'ai eu beaucoup de réactions positives. Au début je me maquillais beaucoup pour compenser le manque apparent de féminité, mais rapidement j'ai dépassé cela et me suis approprié mon image. Ma mère par contre a vu une photo et elle n'a pas aimé. Elle me comparait à Britney Spears

I eventually let my hair grow back out to the style it is now.  I think it definitely makes me unique as a commercial actor and model, especially when most Asian woman have long, flowing, dark hair.  For the most part I’ve only received positive reactions but have also lost jobs to women with long hair because it’s a more traditional and feminine look.  But I’ve also booked jobs specifically because of my short hair, so it’s pretty even.  To maintain my short hair I often visit the barbershop because, frankly, they are cheaper than salons. 

Finallement j'ai laissé pousser mes cheveux dans le style qu'ils ont aujourd'hui. Je pense que cela me rend unique en tant que modèle et comédienne de publicité, quand la plupart des femmes asiatiques ont les cheveux longs, noirs et flottants. La plupart du temps j'ai des réactions positives mais j'ai aussi perdu des contrats parce qu'on m'a préféré une femme aux cheveux longs et à l'allure plus traditionnelle et féminine. Mais j'ai aussi décroché des contrats parce que justement j'avais les cheveux courts. Donc finallement c'est même bien. Pour entretenir ma coupe je vais souvent chez les coiffeurs hommes, parce que franchement c'est bien moins cher que les salons pour dames. 

I often hear from other women that they want to cut their hair short but are afraid to, to which I always say, “Just try it, and if you don’t like it, it’s hair! It grows back!”  I think all women should experience short hair at least once in their life, just like all men should experience long hair at least once.  It changes your whole appearance and feelings and also allows you to realize how multi-faceted you are.  

J'entends souvent d'autres femmes dire qu'elles veulent se couper les cheveux mais qu'elles ont peur de le faire. Alors je leur dis: " Essayez et si cela ne vous plait pas ce ne sont que des cheveux, ça repousse". Je pense que toutes les femmes devraient au moins une fois dans leur vie essayer les cheveux courts, tout comme les hommes devraient essayer les cheveux longs. Cela bouleverse votre image et vos sentiments et vous permet de vous rendre compte à quel point vous pouvez avoir différents visages. 

As a result of having short hair I am often described as androgynous and many photographers like to explore this concept through photo shoots where I might wear men’s clothing or look like a little boy due to my youthful appearance.  It is definitely a state of mind.  I don’t consider myself feminine or masculine; I think I have traits that could go in either direction.  Some days I wake up not wanting to put on makeup and wear an oversized shirt and jeans and other days I feel like wearing a dress and makeup.  I don’t think women need to always look one way.  They should just do as they feel, wherever that feeling lands on the gender spectrum.

A cause de mes cheveux courts on me décrit souvent comme androgyne et nombre de photographes aiment explorer ce concept au court des séances photo où je peux porter des vêtements masculins ou avoir l'air d'un petit garçon grace à mon apparence jeune. C'est définitvement un état d'esprit. Je ne me considère pas comme masculine ou féminine. Je pense que j'ai des traits qui me permettent l'une et l'autre. Certains jours je me lève avec l'envie de ne pas mettre de maquillage et porter une chemise et un jean d'homme et d'autres jours je me sens plus robe et maquillage. Je ne pense pas que les femmes aient besoin d'être toujours avec la même apparence. Elles doivent faire comme bon leur semble, quitte à jouer avec les genres.

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Crédit photo: Courtney McCullough.com

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Une passe difficile

18 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Il y a, dans la vie d'une femme aux cheveux courts, toujours un moment difficile. Peut être pas qu'un seul d'ailleurs, mais au moins un qu'il faut évoquer ici.

C'est celui où, après des mois, voir des années de bons et loyaux services, vous devez vous séparer de votre coiffeur/coiffeuse habituel(le). Qu'importe le motif de la rupture, si elle est soudaine ou préméditée, que la mort l'ait emporté(e) ou que vous soyez partie à la frontière borduro-syldave. Le résultat est le même, un mois, voir un mois et demi plus tard, l'impératif besoin de se faire couper les cheveux devient majeur.

Et là, évidemment les idées les plus folles gagnent petit à petit sur la raison, sachant que chaque jour qui passe allonge de 0,33 mm supplémentaire votre tignasse. Je sais, ça n'a l'air de rien, mais quand on est habituée à une nuque et des oreilles bien dégagées, ça compte. La quête d'un nouveau salon de coiffure, entamée dès le premier jour avec un peu de dilétantisme devient une question de survie. Mais on en est pas pour autant prêt à se jeter entre les mains du premier coiffeur venu. Pour peu que l'endroit soit à peu près civilisé, on fait l'inventaire des salons, sans jamais hélas, être conquis. Celui-ci est trop moche, celui-là est trop vieux, cet autre est plutôt "mémère" quant à ce dernier il n'inspire vraiment aucune confiance. Bref! On est devenu difficile.

Alors on se dit que c'est le moment ou jamais de se lancer et de faire ce qu'on a toujours rêvé de faire tout en étant persuadé(e) qu'on ne le ferait jamais: acheter une tondeuse et tout couper. Et plus les jours passent, plus cette idée grignotte du terrain dans votre esprit. Après tout vous êtes loin de chez vous et des gens qui vous connaissent, enfin toute une cargaison d'arguments déboule dans votre cortex, cherchant à vous convaincre, jusqu'à ce que... ben ouais quoi, pourquoi pas? 

Et puis comme par enchantement, un beau jour, une personne de votre - nouvel - entourage, comme si elle avait deviné votre tourment ( en même temps c'est pas trop dur vu que vous finissez par être obsédée par ça et que vous en parlez à tout bout de champ ) vous propose de vous faire connaître son propre coiffeur. Dès lors un lien se crée, vous unissant pour toujours à cette personne qui, sans peut être mesurer la juste valeur de son invitation, vient de sauver votre santé mentale et de remettre sur l'étagère des fantasmes et des ultimes recours, la tondeuse.

 

 

Photo: Margaret Singer

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Le geste et la parole

16 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Je me demande parfois jusu'à quel point certains gestes peuvent être anodins, comme cette façon, nonchalante d'empoigner ses cheveux dans leur plus grande masse, comme si c'était une façon d'évaluer leur longueur ou leur épaisseur et rester ainsi un moment, dans une sorte de réflexion. 

Personnellement je trouve ça toujours sensuel, cette façon de faire, comme si de rien était. Cela pourrait être un signe de reconnaissance, entre initié(e)s, les autres n'y voyant rien de remarquable alors que la charge émotionnelle varierait d'intensité selon que la main caresserait négligeamment la nuque ou remonterait doucement sur la tempe... Mes amies aux cheveux courts ne font jamais cela par hasard et nous savons nous comprendre.

Lorsqu'à ce geste se joint en plus la parole, évidemment cela devient irrésistible. Une petite moue, l'air faussement contrarié avant de constater "qu'il faut absolument que j'aille chez le coiffeur". Cela me fait sourire irrémédiablement sachant qu'un quidam n'entendrait là qu'une remarque banale se rapportant à l'agenda de la jeune femme, imaginant qu'elle ne réfléchit qu'à la date où elle parviendra à caser son prochain rendez vous, alors qu'il pourrait s'agir d'un appel du pied, d'une perche lancée pour s'assurer que celui ou celle à qui elle s'adresse est sensible au pouvoir de ses cheveux courts et de l'allure que cela lui confère.

 

Photo: Ina Aydogan

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C'est ainsi

13 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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La vérité c'est que personne ne voulait vraiment y croire. Tout le monde tentait de se convaincre que cela passerait et que cela n'avait pas grande importance à son âge.

Lorsqu'elle n'était qu'une petite fille, on trouvait même ça amusant de la voir collée aux basques de son frère et courir avec sa bande de garnements. Bien sûr la mère se morfondait, frustrée de ne pas voir sa fille suivre ses traces, de ne pas voir s'épanouir une belle jeune fille... A force de lui voir les genoux écorchés on s'est dit qu'il vallait mieux encore qu'elle continue à porter des pantalons. 

Puis adolescente il a fallu batailler un peu pour lui faire porter une robe, l'événement était assez rare et on voyait bien comme elle était mal à l'aise dans cet accoutrement. Coiffer ses cheveux était aussi une épreuve. Pas question d'ailleurs de les couper, comme elle le réclamait souvent. Les garder longs, coûte que coûte donnait encore l'illusion...

Et puis il a bien fallu admettre que le petit garçon manqué devenait un vrai tomboy, son corps se développait, mais pas vraiment comme on l'avait imaginé. Tout le monde comptait sur les hormones, une transformation du corps, de nouveaux désirs... Mais rien ne se fit...

Cette absence troublait tous les esprits. Elle aussi se découvrait différente, elle l'acceptait mais parfois le regard des autres la blessait. A cet âge où on a besoin de certitudes, elle se trouvait dans un tourbillon de questions, se sentant n'appartenir à aucun genre, un sexe de fille, un corps de garçon et la mentalité à la fois de l'un et de l'autre. 

A la première occasion elle a fait couper ses cheveux, très courts. Sa mère fut achevée, mais elle s'en trouva libérée. Elle se découvrait "androgyne", véritablement, pas un syle, pas une apparence. C'est ce qu'elle était vraiment. Et les cheveux courts n'y faisaient rien de plus ou de moins...

 

Photo: Oleg Lugovskoy

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Frida à la rescousse

11 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

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Les apparences sont souvent trompeuses et je parirai bien que le kiosquier installé en face du porche de notre immeuble, à force de me voir aux bras de l'une ou de l'autre de mes égéries, quand ce n'est pas les deux à la fois, s'imagine que je suis un sacré bon sang de veinard.

Admettons le, il y a pire! Cependant il faut bien comprendre que partager la vie de deux femmes aux cheveux courts, dans tous les sens du terme, c'est à dire en considérant le fort caractère qui les anime, ne représente pas forcément la panacée pour un homme moyen tel que moi.

Depuis que nous formons ce trio hors du commun, j'avoue avoir eu les expériences les plus réjouissantes de ma vie et l'acceptation pour l'une et la révélation pour l'autre d'une dilection toute particulière pour les cheveux courts n'y était pas étrangère. Partageant ce plaisir peu courant, à la fois visuel et tactile, pour les nuques bien dégagées, mes chéries rivalisaient souvent l'une et l'autre pour nourir nos fantasmes à tous les trois.

Pourtant, à force d'être gâté pourri, il faut s'attendre à un effet de surdose parfois dramatique. Par chance, la fréquentation assidue d'une psychothérapeute bavaroise, m'offrait l'apaisement de quelques réponses à des interrogations existencielles souvent douloureuses...

Moi "- Je suis inquiet doc! Mais vraiment inquiet...

Ma Psy - Was ist los?

Moi - Je crois que je deviens assexuel... Enfin, je me demande. Tu vois je n'ai plus envie, plus de désir... et ça ne me manque pas.

Ma Psy - Mais keske tu me rakontes là.... Zurtout ne vas pas dire ça à l'italienne si tu ne feux pas qu'elle t'arrche les yeux.

Ne t'inkiète pas... Ça va passer.

Moi - M'enfin.... C'est tout ce que tu trouves à me dire? T'es gonflée tout de même... je me sens mal. Avant le simple fait de retrouver Laroa rentrant de chez le coiffeur m'aurait donné envie de lui faire l'amour, la seule vue de ta nuque fraîchement tondue m'aurait excité et de vous voir toutes les deux le plus souvent à poil dans l'appartement devrait maintenanir chez moi un état proche des symptômes du priapisme. Ben non!

Je crois que je suis victime d'une overdose.

Ma Psy - Hummm... Je crois que je vais te preskrire une soirée avec moi darling..."

 

Ça pouvait paraître prétentieux de sa part, mais Frida était capable de tout!

 

Modèle: Louise Donegan

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L'eau à la bouche

9 Mars 2014 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

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Ecoute ma voix écoute ma prière
Ecoute mon cœur qui bat laisse-toi faire
Je t´en pris ne sois pas farouche
Quand me viens l´eau à la bouche

Je te veux confiante je te sens captive
Je te veux docile je te sens craintive
Je t´en prie ne sois pas farouche
Quand me viens l´eau à la bouche

Laisse toi au gré du courant
Porter dans le lit du torrent
Et dans le mien
Si tu veux bien
Quittons la rive
Partons à la dérive
Je te prendrais doucement et sans contrainte
De quoi as-tu peur allons n´aie nulle crainte

Je t´en prie ne sois pas farouche
Quand me viens l´eau à la bouche

Cette nuit près de moi tu viendras t´étendre
Oui je serai calme je saurai t´attendre
Et pour que tu ne t´effarouches
Vois je ne prend que ta bouche

 

 

Texte: S. Gainsbourg

Photo: Isabelle Marmat

Modèle: Alizé Verret


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