Publié le 25 Janvier 2019

Photo: Beli Klein

Photo: Beli Klein

Il y a, dans la tiédeur de l'intime, certaines choses qui, plus que d'autres, vous bouleversent si vous prenez le temps d'y poser votre regard. Un regard caressant, pour le plaisir visuel, un regard enveloppant, chaleureux, amoureux... Puis, sans résister davantage, le toucher s'allie à la vue pour intensifier l'émotion. C'est un besoin humain, irrésistible, que de porter les doigts sur un fruit convoité. Et la main toute entière caresse la peau soyeuse, enveloppe le cou et glisse d'un doigt ou deux, sur les cervicales de la nuque creusée. L'oreille tendue, entre le souffle chaud et les battements de cœur, lui parvient ce crissement étrange quant à l'orée de la chevelure, la caresse se fait sur le chaume tondu des cheveux ras. La pulpe des doigts alors s'excite et le bruit s'amplifie au rythme de la caresse comme une vague légère qui lèche le sable...

Les corps se soudent et d'aussi près le parfum se mêle à l'odeur de la peau, envahie les sinus et enivre l'esprit. Une effluve agréable, familière et rassurante qui invite un baiser. Mais les lèvres ne suffisent pas, c'est la bouche toute entière qui dévore la nuque, lèche le sillon jusqu'à la naissance des cheveux, mord le tendon et relâche sa prise, pour se régaler de l'onde frissonnante qui les parcourt.

Le temps s'arrête... Chaque sens rassasié, prêt enfin à jouir.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 22 Janvier 2019

C'est pas mon genre

L'androgyne, par essence, n'a pas de genre. Pourtant, tout demi-dieu qu'il soit, il est aussi demi-humain et à ce titre il est comme beaucoup, jamais content de son sort. Ainsi, pourtant prophète de la non-binarité, il en arrive parfois à balancer entre masculin et féminin, cherchant à estomper, tantôt une allure trop "garçon", tantôt un style trop "girly", au lieu de se contenter d'être lui même, inclassable et hors du genre.

Alors, l'erreur serait de croire que dans ces cas là, la coupe de cheveux permettrait de résoudre à bon compte cette désagréable ambivalence. Renoncer aux cheveux courts n'effacera jamais un caractère plutôt masculin et se raser la tête ne fera pas un dur d'une sensibilité féminine. Au contraire même! Et ce n'est pas le moindre des paradoxe, mais il s'avère qu'une androgyne qui se coupe les cheveux très courts exacerbe méchamment son côté féminin. Du coup, celles qui connaissent cet effet et qui ne cherchent pas à être plus fille que ça, se disent que laisser leurs cheveux un peu plus longs les mettra à l'abri. Eh bien non! A l'inverse les cheveux longs ne rendent pas l'androgyne "plus masculin". En fait, on parle là de caractère plus que look. Et tout le monde ici, sait bien que la féminité, tout comme la virilité, ne se mesure pas à la longueur des cheveux.

Par contre les accessoires de la féminité, le maquillage, les vêtements spécifiques, vont eux à coup sûr accentuer la tendance "fille" alors que le naturel, l'absence de maquillage donc, et aussi les vêtements genrés masculin vont tout de suite effacer une allure "trop fille" que certain.e.s redoutent. Et la coupe de cheveux dans tout ça? Eh bien comme d'hab', rien à voir.

Alors bel androgyne, tu peux continuer à porter fièrement ton "skinfade", tes tempes bien dégradées et ta nuque rasée, ou tes boucles soyeuses qui ondulent sur tes oreilles. Le plus difficile reste toujours d'être véritablement soi même, avec ou sans genre, mais toujours avec style!

Modèle: Emily Gafford     

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 20 Janvier 2019

Petite fille modèle

Il y avait belle lurette que cela n'était pas arrivé et peut être même qu'elle avait juré que cela n'arriverait pas. Parce qu'après toutes ces années, c'était replonger dans tellement de souvenirs. Fontaine, je ne boirais jamais de ton eau... Finalement elle a coupé ses cheveux. Et elle se retrouve, face à elle-même, avec cette tête qui lui rappelle son enfance. Bien sûr, elle n'est plus vraiment cette enfant là, son visage est maquillé, ces couleurs sont soulignées. Pourtant, les mèches coupées nettes, la frange un peu dans les yeux et puis cette nuque, à peine masquée, qu'elle sait, qu'elle sent, rasée comme avant...

C'est amusant comme parfois peu de choses vous transportent dans des humeurs et des sentiments, comme si pour elle cette coupe était définitivement une coiffure d'enfant, parce que c'est celle qu'elle portait lorsqu'elle était petite, parce que la première fois, si elle n'avait pas pleuré, elle avait été tout de même un peu émue, de voir ses cheveux blonds tomber, abandonnés, inertes, parce qu'elle avait eu un peu peur de cette tondeuse aux lames tièdes qui avaient caressé sa nuque, presque brutalement. Parce que cela l'avait "chatouillée" lorsqu'elle avait passé sa main dessus, après. 

La voici donc, à nouveau les cheveux courts, coupés droit au dessus de sa nuque, à nouveau rasée et tout lui revient, comme si elle retrouvait un air de virginité et en tête un peu de cette petite fille modèle du passé.

 Photo: JL David

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 18 Janvier 2019

Photo: Méli Rezeg ( version hiver )

Photo: Méli Rezeg ( version hiver )

Cela fait déjà un moment que vous avez les cheveux courts. Ou bien vous envisagez sérieusement de les couper, depuis le temps. Cependant, rien de très court, pas d'excentricité, du classique quoi... 

Et puis un jour, allez savoir pourquoi, vous vient l'envie d'un "truc" plus net, la nuque bien dégagée, peut être même les côtés dégradés, un truc "à la tondeuse". Influencée peut être par une amie, une tendance ou un .. blog? En tout cas cette envie, comme toutes les envies, commence à vous tarauder.

Résistez!

Oui résistez, le plus possible, le plus longtemps, parce que le jour où vous allez céder sera comme cette fois où vous avez goûté pour la première fois aux Schoko-bons, rappelez vous... Tout le paquet y est passé. Vous allez tellement aimer ça, cette sensation nouvelle, ce touché étonnant, cette "nudité" libératrice, cette impudeur de dévoiler votre nuque, que vous aurez un mal de chien à vous en passer. Il faudra vous faire violence pour ne pas aller chez le coiffeur plus fréquemment. Un mois ne suffira plus, trois semaines seront déjà longues entre deux coupes et si vous le pouviez vous iriez chaque semaine pour retrouver cette exceptionnelle sensation qui vous donne tant d'assurance et de confiance.

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Méli Rezeg ( version été )

Cela ne s'explique pas, vous l'avez compris. Inutile de tenter de convaincre qui que ce soit. Une fois le "virus" attrapé, il vous faudra des années avant d'en sortir. Alors, non! Ne faites pas ça, croyez moi... ou pas!

Méli Rezeg sur Instagram 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Janvier 2019

Où seras-tu?

L'endroit, peut être, sera le même, cette grande fenêtre qui s'ouvre sur la verdure du parc... La plante aura grandi, ou sera desséchée, luttant contre l'absence de soins. Il y aura sûrement d'autres matins. Mais elle, où sera-t-elle? 

Comme tu l'as aimée cette vision de ta vie, lorsqu'elle était là pour emplir ton horizon. Ces matins clairs où vous trainiez des heures, encore tièdes de la nuit achevée, presque endormies, chauffant vos mains au bol de thé brûlant. L'image te gagne, se fait plus nette et un frisson torture tes reins quand tu la revoies, languissante en peignoir de soie, ouvert sur son torse d'éphèbe. 

Tu t'es dit ce jour là qu'elle avait la rondeur d'un petit pain au lait encore chaud et ce parfum de viennoiserie t'enveloppe soudain. Ses cuisses rondes, son ventre rond, ses joues rondes, sa tête ronde aussi quand les cheveux étaient tondus, si courts que sa nuque rasée t'ensorcelait. Abandonnée à ses rêveries, elle ne voyait pas ton regard enchainé à ses courbes et elle semblait d'humeur grave. Mais sa pose était élégante, l'attitude d'une âme raffinée. Et puis le temps l'a emportée, ailleurs, loin de toi et il ne te reste que l'éphémère image de ce souvenir au coin de la fenêtre...

Photo: Camille Feraille

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 13 Janvier 2019

Est-ce un crime?

Regarde bien, concentre toi. Fixe ce regard, essaie d'être le plus neutre, de ne pas juger. Tu sais ce qui va te troubler? C'est juste que l'œil est ourlé par l'ombre de cils longs qui l'adoucissent. Alors tu penses à une femme...

Et puis tu élargis ton champ de vision, mais en partie seulement et tu perçois le visage, le nez, droit, les lèvres bien dessinées mais pas pulpeuses, le maxillaire carré... La peau apparaît, imberbe, presque soyeuse... Cela pourrait être le visage d'un jeune garçon, un adolescent. Un visage mortellement séduisant, insolent, comme cette lourde mèche qui balaie le front. Mais les cheveux sont courts. Pourquoi ce trouble alors? 

Sans doute parce que toi qui regardes, tu n'as jamais imaginé tomber sous le charme d'un être que tu ne parviens pas à définir? Une femme pourrait être séduite par un jeune homme aussi charmant...Mais elle n'a jamais songé être homosexuelle, pourtant si le jeune homme était une femme...

Un homme pourrait être séduit par le bel éphèbe, homosexuel comme lui... Mais il n'a jamais songé être attiré par une femme... C'est tout le pouvoir de l'androgyne, capable de troubler quiconque, quelle que soit son "orientation", d'insinuer le doute même.

Enfin le visage apparait dans son entier et tu ne parviens pas davantage à calmer ton émotion. Tu découvres la tempe rasée, les anneaux pendus à l'oreille, le cou tatoué, rien qui puisse te rassurer...

 

 

Tu voudrais l'aimer, comme la personne qui se tient derrière, une main posée sur son épaule, sereine et rassurante, à la manière de ces portraits de famille d'une autre époque. Après tout qu'importe ce que tu croyais, chasse tes idées elles aussi d'un autre âge, admet que tu es sous le charme et laisse toi séduire par l'esthétique, sans imaginer conquérir, juste pour le plaisir de ton esprit...

Parce que l'androgyne est amoureuse d'une autre qui lui ressemble , presque en tout et qu'à l'instar d'une légende, tu ne peux pas l'atteindre...

Mais tu peux l'aimer. 

Photo: Gilles Delacuvellerie

Photo: Gilles Delacuvellerie

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 9 Janvier 2019

Lisa Cimorelli

Lisa Cimorelli

Elles connaissent toutes cela, les femmes aux cheveux courts, qui un jour ont voulu aller plus loin que la coupe un peu floue et glamour ou le carré trop classique. Une envie lentement mûrie, à force d'en voir, de tenter quelque chose plus "tranché". Alors, confiantes, elles se livrent à leur coiffeuse habituelle, celle qui les a connues petites déjà et qui a coupé leurs nattes la première fois. Et là... c'est le drame! Le sourire commercial s'efface, le visage se ferme sous les sourcils froncés. Et tout de suite, le premier argument qui jaillit avant tout autre est sans appel: " Oh non... ça va faire trop garçon". Alors elles tentent de négocier, affirment que non, que la féminité ne se mesure pas entre cheveux courts et cheveux "trop" courts. Mais non! Rien à faire. Le ciel même s'assombrit, éclairs et tonnerre, il faut craindre la foudre... Alors, pour cette fois, elles cèdent, s'en remettent, une fois encore, au goût et au choix de la coiffeuse "qui sait mieux, puisque c'est son métier". Et une heure plus tard, elles ressortent avec la même coupe au carré, "tellement chic et féminine".

Mais d'où ça vient cette idée saugrenue qu'il suffirait de dégagé sévèrement les tempes et la nuque pour être transformée ipso facto en garçon et pourquoi faudrait-il, même lorsqu'elles parviennent à avoir les cheveux plus courts que court, qu'il faille obligatoirement qu'on leur taille les pattes "en pointe" et la nuque laissée un peu épaisse, en pointe elle aussi, pour qu'elles conservent leur genre? Sans doute est-ce une extrapolation de ce vieil adage qui veut que les garçons soient en bleu et les filles en rose?

Il faudra plusieurs tentatives et différents coiffeurs, avant que celles qui sont déterminées à dévoiler leur nuque sous la tondeuse,  parviennent à leurs fins, terrassant la malédiction et obtenant enfin qu'on se soumette à leurs désirs. Force et persévérance.

Photo: Mickey Henger

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 2 Janvier 2019

Sans complexe - Un portrait de Virginie

Il serait trop facile de croire que seules les mannequins, les actrices en mal de statuette ou les artistes en général peuvent se permettre un look forcément décalé, extrême, provocateur et osé. Le quotidien de Virginie est sûrement moins glamour que celui de Kat Ginsburg, mais certainement pas moins passionnant.

C'est à 15 ans que la collégienne fait une entrée triomphante dans le monde des Femmes Aux Cheveux Courts. Alors que certaines pourraient considérer cela comme une chance ou une bénédiction, elle, vit un peu comme une contrainte sa chevelure drue, abondante, épaisse et cela lui pèse. Elle se souvient encore avec bonheur de cette première douche prise après la coupe et de la légèreté nouvelle de sa "petite" tête.

Suivront quelques années d'errance, à différentes longueurs, avec et sans mèche sur le front, naturelle ou blonde platine, jusqu'à l'incontournable coupe "au bol". A la coiffeuse de l'adolescence à succédé le salon Rock'Hair du boulevard Beaumarchais, un temps, puis d'autres. C'est un jour, dans l'un d'eux, qu'elle décide, il y a 5 ans, de tout raser. Enorme kif! 

Son compagnon, qui à l'inverse, laisse pousser ses cheveux très longs, adore. La famille de son côté a toujours montré beaucoup de souplesse dans le domaine capillaire et cette nouvelle tête est assez bien accueillie. Tant et si bien que depuis, une ou deux fois par mois, Virginie "se coiffe à la tondeuse". Mais voilà, la coupe à 35€, tondeuse ou pas, c'est carrément abusé. Alors pendant un temps elle le fait elle même ou s'en remet au talent d'un pote, adepte du même style. Jusqu'à ce qu'elle découvre dans son voisinage, un "boui-boui" comme elle dit gentiment, où le coiffeur pakistanais s'occupe de son dégradé pour 10€.

Sans complexe - Un portrait de VirginieSans complexe - Un portrait de Virginie
Sans complexe - Un portrait de Virginie

Même si aujourd'hui le regard des autres l'indiffère, elle n'en a pas moins conscience de toutes les interrogations que peut soulever son allure déterminée. Elle est volontiers militante, les milieux associatifs elle connait bien et son métier d'éducatrice la mettent souvent au contact d'une jeunesse qui, si on y fait rien, reproduit facilement tous les travers et souvent les pires, d'un sexisme patriarcal. Son exemple est alors le parfait contrepied à tous les préjugés. Sa patience et sa gentillesse font le reste...

Virginie sur Instagram

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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Publié le 31 Décembre 2018

Toutes proportions gardées

Une fois encore la question se pose... Bientôt 100 ans après l'avénement de "la garçonne", des flappers et de ce mouvement mondial d'émancipation qu'ont pu représenter les cheveux courts des femmes dans les années 1920, on en est encore aujourd'hui à donner du "bonjour jeune homme" à une femme, simplement à cause de sa coupe de cheveux. Mais dites moi pas qu'je rêve?

Depuis le temps que je me préoccupe de ces questions là, je ne parviens toujours pas à trouver d'explication rationnelle à ce comportement humain. D'autant que cela paraît obéir à des critères tout à fait précis, car bien sur, on ne donnera pas du "monsieur" à une femme qui porterait un costume 3 pièces et une cravate, pour peu qu'elle ait les cheveux longs flottants sur ses épaules. Non! Le vêtement n'est pas en cause, même s'il peut être un élément aggravant. Par contre, si la personne a les cheveux suffisamment courts pour dégager sa nuque et ses oreilles, alors là oui! C'est bien cela qui provoque le bug mental chez le terrien de base. 

C'est tout de même amusant cette "construction mentale" qui provoque, encore aujourd'hui, l'association cheveux courts=garçon, cheveux longs=fille. Mais je crois qu'il n'y a pas que cela dans l'esprit de l'humain de base. Il pourrait y avoir une perte sévère de la qualité d'observation qui était vitale pour le chasseur-cueilleur, mais qui, visiblement ne sert plus beaucoup à l'épicier de quartier. Celui-ci en serait alors réduit à s'en remettre à ces principes intangibles de l'éducation patriarcale qui le berça naguère, à savoir le rose pour les filles, le bleu pour les garçons et même topo pour les cheveux.

Hélas, connaissant la nature humaine dans son coté le plus obscure, je soupçonne la plupart de celles et ceux qui confondent le genre à cause d'une coupe de cheveux un peu courte, de n'être que des suppôts du patriarcat, manifestant ainsi leur désapprobation de voir les jeunes femmes s'émanciper de la sorte en "piquant" des trucs qui étaient auparavant réservés aux garçons, comme une marque de leurs privilèges.

Mais je peux me tromper...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 27 Décembre 2018

Photo: Kat Ginsburg by Jonathan Valerius

Photo: Kat Ginsburg by Jonathan Valerius

Souvent, dans les périodes de renouveau, fêtes de fin d'année, jour de l'an, cette envie de se lancer des défis ou de prendre des grandes résolutions nous saisi. Quelle drôle d'idée n'est-ce pas?

Etonnamment, on va trouver dans cette liste de choses à faire, au moins une fois dans sa vie pour certaines, se raser la tête. Quelque chose qui semble complètement fou en réalité aux yeux du commun des mortels, tellement préoccupé par son image, mais qui pourtant prend du sens en matière de renaissance et de remise des compteurs.... à zéro!

Les raisons sont toutes personnelles et puisent leurs racines parfois dans l'intimité la plus secrète, mais au final il s'agit tout de même de passer toute cette chevelure, abondante ou pas, longue ou déjà courte, à la tondeuse. Un geste aux allures sacrificielles, expiatoires, ou à l'inverse libératoires. En tous cas tout sauf anodin parce que cette "amputation", aussi indolore soit-elle, n'en demeure pas moins une séparation d'une partie de soi d'avec soi-même. C'est peut être en cela que ce choix semble effrayant, au départ. Tant de questions se posent... Pourtant, si l'on observe bien, il y a autour de nous cette forme de banalité qui existe aujourd'hui, à voir des petites têtes bien rasées. Une visibilité qui renvoie au loin l'aspect lugubre des souvenirs de guerre ou des affres de la maladie. Il s'agirait plutôt de libération et d'exaltation de cette liberté. Une rupture évidente avec le quotidien, la routine, l'uniformisation, les diktats, la consommation et cette vie "d'avant". Avant d'avoir le courage d'apparaître nue, telle qu'en soi même, comme un nourrisson à sa naissance.

Pour certaines, ce sera un "one shot", sitôt la tondeuse reposée commencera l'attente d'une repousse, pour d'autre une période, indéterminée, où l'envie de renouveler le geste se fera plus pressante chaque mois, chaque semaine et un nouveau mode vie associé à cette allure fière et libre. Cela peut durer longtemps, des années. Comment revenir en arrière? Il faudra peut être un nouvel an et de nouvelles résolutions...

Photo: Jonathan Valerius

Modèle: Kat Ginsburg

MUA:  Damaris Santana

Art Director: Yasmin Deliz

Light: Rene Gomez

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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