Les-femmes-aux-cheveux-courts
Le cafard qui me tombait dessus ce soir là aurait plus facilement trouvé sa place dans une rue trempée de Hambourg. Pourtant autour de moi l'ambiance était plutôt chemises à fleurs et bermudas. Et la perspective de revoir Moïra aurait du me rendre moins morose.
Sa mission accomplie, je devais la débriefer avant qu'elle ne disparaisse dans la nature. Une semaine plus tôt, le leader syndical des Antilles françaises avait été assasiné devant sa permanence. Personne n'avait assisté à la scène mais il avait été retrouvé encore fumant, une dizaine de balles de 9 mm dans le corps et une pierre dans la bouche. Cette étrange mise en scène avait dérouté les journalistes locaux, mais quelques anciens avaient trouvé là le souvenir de certains règlements de compte de la mafia sicilienne, ce qui, on s'en doute, avait jeté un voile mystérieux sur le meurtre. Les journalistes métropolitains, rencardés par la Boîte, avait levé le lièvre et rapidement la piste des cartels colombiens avait surgit. En quelques jours, le leader charismatique était devenu un vulgaire voyou à la solde des trafiquants de drogue. L'impact avait été énorme sur le climat social, les militants, abasourdis et désorientés étaient rentrés dans le rang, et sans doute pour longtemps...
Moïra m'attendait au bar de son hôtel de Philipsburg, côté néerlandais de l'île de Saint Martin. Elle paraissait triste et fatiguée, la mèche sur l'oeil. Un timide sourire déformât sa bouche lorsque je m'approchais. C'était peut être là l'origine de mon blues. J'avais peut être imaginé la retrouver triomphante, un large sourire dévoilant sa mâchoire de prédatrice, le cheveux brillant et taillés au millimètre selon son goût.
-" Tu m'as manqué Darling.
- Qu'est ce qui ne va pas?
- Rien, ma claque! Je crois que je vais prendre des vacances.
- Tout c'est bien passé pourtant, racontes...
- Non, pas maintenant. Viens avec moi, allons baiser.
- Ah bon? ...Mais il ne manque pas une étape là? " Lançais-je malicieusement en portant la main vers ses cheveux.
- " Et si je te dis que j'ai envie de toi sans avoir besoin d'être excitée par autre chose, ça te va? Ce soir, on baise et on dort. Demain sera un autre jour, j'irai me faire couper les cheveux, tu m'accompagneras, ensuite déjeuner à la plage, sage hein, et après on parlera boulot, ok?"
Arrivé devant sa chambre, je la pris dans mes bras, empoignant les quelques centimètres que ses cheveux avaient acquis sur la nuque, et l'embrassais.
-" Profites en mon salaud, demain tu ne pourras plus le faire...."
Dim 7 fév 2010
4 commentaires
jai aussi les cheveux court et bien mieux..
mutuelle lyon - le 08/02/2010 à 08h23
tres bel article..
mutuelle toulouse - le 08/02/2010 à 08h25
Merci
jeaneg
Ambiance de polar à souhait !
Catharsis - le 08/02/2010 à 11h33
Fidèle dans le commentaire Catharsis..Et sur la même mongueur d'onde
jeaneg
C'est vrai que bien souvent dans tes textes, il y a une ambiance de polar et ça te vas très bien ce style et nous aussi !!!!!
virginie - le 23/02/2010 à 10h52