Les-femmes-aux-cheveux-courts

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal (1857)
La version de Marc Seberg existe sur Deezer.com. Le titre est "Recueillement"
Ce qui est étonnant, c'est la photo: cette femme avec la main sur la joue est une parfaite illustration du thème de la mélancolie dans l'iconographie au moins depuis le Moyen Age: une main portée contre la joue, les yeux ouverts ( fermés, c'est le sommeil). Et surtout la mélancolie dans la peinture des 16°-17° s. Voyez la très connue de Dürer, mais il y en a tant d'autres.
Il y a aussi d'excellents livres sur le thème.
Un remède? Est-ce nécessaire? Si Jeaneg savoure la lumière noire, ce serait bête de lui vouloir du "bien". Et puis, il y a de si beaux "Hymnes à la Nuit" comme ceux de Novalis.
Mélancolie et romantisme: ce n'est pas mal, Jeaneg, pour finir l'année ou bien, en germe,pour commencer celle qui vient. Dans cette lumière, entre chien et loup...
Je te souhaite une bonne et heureuse année!
Belle soirée!