Les-femmes-aux-cheveux-courts
Au détour d'un pilier de faïence, je l'ai aperçue concentrée sur son portable. Elle avait une mine grave et cette posture m'offrait la vision de sa nuque délicatement dessinée par la tondeuse de son coiffeur. De la chance sans doute, car pour se préserver des courants d'air, elle avait soin de se protéger d'une écharpe.
Dans cette atmosphère souterraine, elle pouvait être Valentina ou Louise ou même Iris et du coup j'aurais pu être Bickle, le chauffeur de taxi en quête de rédemption.
Elle a rangé son portable, esquissé un sourire, transformant le quai en Riviera italienne. De face, son visage clair si parfaitement encadré inspirait la sincèrité, comme on montre la paume de sa main en un salut martial qui veut dire : je suis sans arme!
La rame est arrivée, et son vacarme et la foule ont emportés Iris.
Sur la quai d'en face, tout m'est apparu gris et hostile. J'ai relevé le col de mon trench et enfoncé ma tête dans les épaules, résigné à mon monde sans étoile...
Photo: Fredrik Lundén
Ven 4 déc 2009
3 commentaires
Ce sont des lieux de passage, et pourtant ce qu'on y voit marque durablement. Très beau texte Jeaneg!
Charlotte - le 04/12/2009 à 21h06
Merci Charlotte... J'ai toujours aimé les "lieux de passage"
jeaneg
j'aime beaucoup aussi...
charles - le 05/12/2009 à 10h09
Merci Charles
jeaneg
Le métro, je me souviens je l'ai pris pendant tellement d'année !
J'aime observer ...
Et tu as raison, les nuques ce qu'il y a de plus beau chez la femme, entre autre...
Ton texte est très beau....
J'aime observer ...
Et tu as raison, les nuques ce qu'il y a de plus beau chez la femme, entre autre...
Ton texte est très beau....
Virginie - le 08/12/2009 à 06h54
Aaaaah la nuque!
jeaneg