Mercredi 10 mars 2010
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C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud- Le dormeur du val
Par jeaneg
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Publié dans : Tendresses
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Communauté : Tronches de vie
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Une main qui passe sur la nuque, des
doigts qui s'écartent à travers une chevelure courte, il y a dans le geste une sensualité que peut être tout le monde ne perçoit pas. Le quidam va penser que c'est la fatigue, comme lui, quand il
tente de masser sa nuque pour se revigorer. Ou lorsqu'il a des soucis prend sa tête dans sa main cherchant à l'envelopper en écartant le plus possible ses doigts...


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