Jeudi 9 février 2012
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/2012
18:05
Le soleil n'est pas si fort. C'est à peine s'il chauffe doucement la peau. Pourtant elle garde ses lunettes, ultime bouclier, protégeant son âme d'un regard intrus. Devant elle la vie tranquille
déroule son théâtre habituel. Sur le quai un jogger ou deux, plus loin sur les plate-bandes le jardinier municipal s'affaire... Le bateau de 9 heures vient de partir et trace un sillage lisse sur
le lac. Tout semble en ordre.
Pourtant...
Pourtant son quotidien est dévasté, son amour s'en va, sombre dans des tourments jusque là inconnus. Elle aurait tant besoin de sentir ses bras autour d'elle, mais elle ne sait même plus s'il est
encore prêt à faire ces gestes, à exprimer sa tendresse. Il s'éloigne, comme le bateau qui a lâché un dernier coup de corne en quittant le port...
Elle paraît sereine, respire calmement. Mais ses yeux s'embrument et sa gorge se serre. Sur ce banc ils étaient deux auparavant, enlacés par le bras, le corps, une jambe, liés l'un à l'autre
physiquement. souvent sa main fourrageait à travers les cheveux courts, caressait la nuque, ses lèvres embrassaient son épaule... Dieu qu'elle aimait ça. Ses gestes étaient les mêmes avec lui.
Elle craint d'en avoir trop voulu. Elle se reproche trop d'amour, trop d'affection, trop d'exigence.
Le bateau s'éloigne et elle a envie de hurler.
Photo: Javier Sànchez
Par jeaneg
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Jeudi 2 février 2012
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07:00
Ma môme, elle joue pas les starlettes
Elle met pas des lunettes
De
soleil
Elle pose pas pour les magazines
Elle travaille en usine
À Créteil
Dans une banlieue
surpeuplée
On habite un meublé
Elle et moi
La fenêtre n'a qu'un carreau
Qui donne sur l'entrepôt
Et les toits
On va pas à
Saint-Paul-de-Vence
On passe toutes nos vacances
À Saint-Ouen
Comme famille on n'a qu'une marraine
Quelque part en Lorraine
Et c'est loin
Mais ma môme, elle a
vingt-cinq berges
Et je crois bien que la Sainte
Vierge
Des églises
N'a pas plus d'amour dans les yeux
Et ne sourit pas mieux
Quoi qu'on dise
L'été quand la ville
s'ensommeille
Chez nous y a du soleil
Qui s'attarde
Je pose ma tête sur ses reins
Je prends tout doucement sa main
Et je la garde
On se dit toutes les
choses qui nous viennent
C'est beau comme du Verlaine
On dirait
On regarde tomber le jour
Et puis on fait l'amour
En secret
Ma môme, elle joue pas les
starlettes
Elle met pas des lunettes
De soleil
Elle pose pas pour les magazines
Elle travaille en usine
À Créteil
Paroles: Pierre Frachet
Par jeaneg
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5
Mercredi 1 février 2012
3
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/2012
10:46
L'air est encore tiède et le soleil se couche, rougeoyant, en donnant à chaque pièce du paysage une chaleur particulière. C'est là qu'elle vient pour lui parler. Elle pose ses mains sur son corps
rugueux, s'approche encore pour humer son parfum, son odeur. Elle pourrait l'enlacer, il est assez robuste pour la supporter...
Elle a posé son front et les yeux fermés, ses lèvres murmurent à peine. Lorsqu'ils étaient ensemble cela la faisait rire. Il lui racontait que les branches hautes pouvaient être de vraies
antennes, tout comme les racines qui plongeaient dans la terre et que, en parlant à l'arbre on pouvait être sûr de joindre n'importe qui sur Terre. Après son départ, elle n'y a pas pensé et puis
les jours se sont écoulés. De sa fenêtre elle voyait l'arbre, seul dans le jardin. Un jour, presque en cachette, elle s'est approchée de lui et jetant un regard soupçonneux autour d'elle, elle a
saisi le bois puis elle a parlé tout bas.
Elle aime l'instant où elle est intime avec lui. Elle sent l'arbre vibrer et résonner. Elle lui racontes sa joie et sa peine. Quelques fois plus. Son absence a exacerbé son désir... Demain il
sera là, il revient de si loin. Il découvrira ses cheveux courts, elle sait qu'il aimera ça...
L'arbre lui, gardera les secrets de ses longs mois d'absence...
Photo: Angie Royer
Par jeaneg
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6
Vendredi 27 janvier 2012
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27
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/2012
16:33
Ma
copine fait de la boxe. Et puis quoi?
Evidemment, dit comme ça, on s'imagine une sorte de brute mi humaine au nez écrasé et aux lobes d'oreilles démesurés. C'est amusant. En réalité elle n'a pas beaucoup de points de comparaison avec
Mike Tyson, à part la marque des gants. Elle est douce, blonde et gracile. J'aime son allure d'ange et ses cheveux courts, son rire de cristal et son regard qui pétille. Mais mon ange parfois
devient démon. Il faut la voir, les paupières closes lorsqu'on lui bande les mains, concentrée sur elle même. Son corps chaud transpire déjà et sa tête doucement esquive des coups
imaginaires.
Le soigneur lui a enfilé les gants et les deux boules de cuir noir restent jointes devant elle. Le silence se fait comme pour souligner la métamorphose. C'est le soigneur encore qui rompt le
charme en saisissant les gants entre ses larges mains, appelant a un dernier shadow boxing. Et celle qui se lève à ce moment n'est plus l'ange blond au regard pétillant. Son oeil est
noir et perçant, ses machoires serrées. Elle poursuit dans la salle un ennemi imaginaire qui recule devant elle. Elle souffle comme un combattant, accélère, sautille, balance les épaules, rentre
la tête. Elle ne voit personne, juste cette ombre qui tente de résister. Un dernier gauche-droite-gauche et les bras retombent. Elle respire plus lentement fait craquer ses cervicales en penchant
sa tête sur chaque épaule. La guerrière part au combat. 3 rounds. Mon coeur bat fort, les minutes sont interminables. Elle esquive avec maîtrise, balance bien son corps sur ses appuis et entre
les boules de cuir je vois son oeil noir, l'oeil du tigre. Uppercut au foie, direct à la face et crochet au menton. L'arbitre compte...
A la sortie du vestiaire c'est l'ange blond que je retrouve. La pommette un peu rouge, le regard pétillant. Le sortilège est passé. Elle a vaincu, peut être plus que son adversaire...
Model: Agyness Deyn
Par jeaneg
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Mardi 24 janvier 2012
2
24
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22:52
Il y a, vois-tu, parmi toutes ces choses de toi, une foule de petits détails qui me plaisent et me touchent. Cette façon que tu as, lascivement, de passer la main dans tes cheveux, de les
ébouriffer, de caresser ta nuque. Ces gestes que tu fais avec naturel et qui m'émeuvent sans que je sache vraiment pourquoi. Quand ton regard m'enveloppe et que soudain tu glisses la paume sur
ton front jusqu'à relever l'épi blond, comme si tu pouvais le discipliner, ta manière de lisser tes cheveux au dessus de ton oreille quand tu les sens déjà trop long pour te plaire...
Mais aussi quand tes yeux clairs m'interrogent, que tes lèvres restent muettes. Quand, malgré ton caractère, tu joues à la petite fille et te fais chatte pour m'attendrir. Quand la détresse te
gagne, régulièrement, lorsqu'il s'agit de décider si tu laisses, ou non, pousser tes cheveux. Ton air radieux lorsque tu reviens et qu'ils sont encore plus courts que la fois d'avant... Quand tu
te loves auprès de moi et que tous mes sens gourmands de toi peuvent se rassasier. Que mes doigts peuvent courir sur ta peau, caresser ton cou et qu'à mon tour, de la paume de ma main, je relève
cet épi blond sur ton front. Quand enlacés je peux enfouir mon visage au creux de ton épaule, sentir ton corps frissonner, humer le parfum de ta peau et embrasser ta nuque presque rasée...
Parce qu'il y a, vois-tu, cette foule de petits détails qui aiguisent mon amour, mon amour, pour cela aussi, je t'aime.
Photo: John Hanson
Par jeaneg
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