Nouvelles et petites histoires

Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /2010 18:50

Design-By-Enzo-Fusco-AW09 2Par un de ces effets bizarres qu'on ne rencontre que dans notre monde d'ombres et de supercheries, j'étais devenu, de fait, le traitant de Moïra. A la fois une caution et un garde fou, capable de savoir toujours comment évoluait notre petit poisson...Ma direction n'ignorait rien de mes rapports avec elle et laissait faire, trop contente de ce quasi monopole. Le MI6 considérait toujours Moïra officiellement morte, sans être dupe, et pensant que celle-ci lui était de toute façon redevable et pouvait toujours servir, avait abandonné l'idée de lui faire sa fête pour de bon. Et l'un comme l'autre s'imaginaient qu'un jour elle pourrait leur être utile auprès des Israéliens. Bref! Un statu quo, un vrai.

Pendant ce temps Moïra m'avait conduit à travers la ville jusqu'à une bourse de diamants bruts du quartier des diamantaires, le pire endroit au monde pour passer inaperçu. Elle semblait si à l'aise que je me suis abandonné à son expérience. Je la suivais dans la grande salle au parquet de marqueterie où elle se faufilait au milieu des vieux juifs en redingote et chapeaux feutres. Soudain, elle fit un écart et attrapa ma manche, m'entraînant dans une sorte d'isoloir. Mon coeur s'accéléra au souvenir de la fusillade de Los Angeles et je me tenais prêt à toute éventualité.

"- Tu crois que je ne t'ai pas remarqué, à reluquer ma nuque depuis tout à l'heure? Aller avoues, tu meurs d'envie de caresser mes cheveux non?"

Moïra me tenait presque collé au mur, une main sur le col de mon polo et l'autre sur ma braguette. Sans attendre de réponse elle colla ses lèvres aux miennes et entreprit une inspection minutieuse de mes amygdales. Mon regard se tourna vers le rideau de drap noir qui nous séparait de la grande salle de marché quand Moïra commençait à défaire la ceinture de mon pantalon. Elle lâcha mes lèvres pour s'accroupir devant moi après avoir extirpé l'objet de sa convoitise. Mes mains ne cessaient de caresser la toison courte de ses cheveux, ce qui nous procurait à l'un et à l'autre autant d'excitation. Lorsqu'elle jugea le moment opportun elle abandonna la fellation et remontant sa jupe sur sa taille elle s'accrocha à moi pour venir s'empaler. L'étreinte fût violente et rapide.

Un instant plus tard, Moïra avait repris son rôle de femme d'affaire et la contenance qui va avec. Elle tapa un une série de chiffre sur son portable et un panneau de l'isoloir s'entrouvrit avec un léger claquement.

" Attends moi darling, je n'en ai pas pour longtemps..." Elle me pinça la fesse droite et s'engouffra derrière le panneau...

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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /2010 11:30

du-bospertus.jpg Je n'avais pas accompagné Moïra dans les Territoires du Nord Ouest. Après cette journée à Toronto nous nous étions quittés, comme souvent, au petit matin. De retour à Paris, j'avais discretement rafraichie ma mémoire sur ce que je savais du Lakam. Cette structure peu connue était en charge de la collecte d'informations du domaine scientifique et technologique...Vaste programme. Ce qui était plus inquiétant c'était que ce service, créé pour contourner les accords israélo-américains de non espionnage, était officiellement dissout depuis ...1986. Soit Moïra me mentait, soit l'information avait une importance capitale. Et l'intérêt de ce service pour les mines de diamant du Canada n'était pas anodin...

Des semaines plus tard, à Anvers, une Austin Cooper s'arrêta devant moi, au bord du trottoir. Nous avions rendez vous, mais j'étais stupéfait et restais un instant coi...:

" Tu montes, ou il te faut un ordre de mission?" Reprennant une contenance, je fis le tour de la voiture et montais à bord:

" - Bon sang Moïra! Pour un peu je ne te reconnaissais pas.

- Tu aimes? Une semaine de drill dans le Neguev et quelques vacances à Eilat histoire d'homogénéiser le bronzage..." Lança-t-elle en riant.

Sa peau avait foncée comme du chocolat au lait et ses cheveux qui avaient retrouvés leur coloration naturelle, étaient tondus presque ras.

"- J'adore oui!" A cet instant j'avais hâte de me retrouver plus intime, pouvoir caresser cette toison si courte qu'on imaginait ne pas pouvoir l'ébouriffer.

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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /2010 09:00

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         Le ciel paraissait orageux. La journée avait été chaude et la brise sur le ferry de Centre Island était plutôt agréable à supporter. La procédure habituelle voulait que ce rendez vous soit reporté chaque jour à la même heure durant 3 jours, mais la première fois fût la bonne. Sur le pont superieur la silhouette de Moïra m'apparue familière. Elle avait toujours cette coupe qui lui donnait l'air d'une éternelle adolescente, seule la couleur avait changée. Elle me savait à bord, mais persistait à me tourner le dos, ce qui me donnait l'occasion de rassasier mon regard de cette vision androgyne au corps athlètique. Ma main se posa sur sa nuque et mes doigts glissèrent à travers les cheveux tondus. Elle renversa la tête, les yeux clos et son parfum envahit mon atmosphère. 

La masse dure de l'arme qu'elle portait sur la hanche sous sa chemise d'homme me ramena à la réalité...

"- Tu m'as manquée...

- Tu as le coeur trop tendre Frenchy,....Mais je suis heureuse de te revoir.

- Qu'est ce qui a changé? Les gros bras du 6 sont toujours à tes trousses?

- Non, pas depuis la fusillade de L.A.

- Qu'est ce que tu fais au Canada?"

         Le ferry approchait de la ville dominée par la CN Tower. La brise continuait à balayer le pont, faisant danser les mèches devant les yeux de Moïra

" - Diamonds, darling...Diamonds. Et crois moi, ce monde là est bien plus dangereux que ce que l'on peut imaginer.

- Je sais...Rockwell, De Beers...?

- Lakam

- Les israéliens? Bon sang Moïra, dans quel guépier est ce que tu t'es fourrée encore?

- Chaque chose en son temps, c'est comme ça qu'on dit en français? D'abord on baise. J'ai très envie de toi honey." Elle me fit face, colla ses lèvres aux miennes et plaqua une main sur mon entre-jambes, entreprenant un massage sans équivoque...

 

 

Photo: Tess Roby

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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /2010 08:00

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Les choses n'allaient pas très bien pour moi, depuis mon retour en France. Mon "escapade" californienne avait du mal à passer au bureau et l'absence de Moïra me pesait. Un soir en sortant de la Centrale je me suis retrouvé comme souvent dans ce bar de la place Gambetta. Les pensées perdues au fond de mon verre de Scotch, j'essayais vainement de me trouver des raisons valables pour tourner la page, mais sans y parvenir, comme chaque fois que j'essayais de me donner bonne conscience. Ce job m'avait bouffé de l'intérieur. Non pas à cause de la violence et du danger. Les gens qui vivent dans l'action s'accommodent plutôt bien avec les risques et la mort. Devenue compagne de voyage, elle finit par faire moins peur. Mais le mensonge et la perversité étaient des maux bien plus toxiques. Cela rendait Moïra encore plus admirable à mes yeux. Elle avait su rester clairvoyante et s'échapper avant qu'il ne soit trop tard. Mais à quel prix...Elle avait mis sa vie dans la balance pour sauver son âme. Et d'ailleurs la sauverait-elle?

Son souvenir m'obsédait. Souvent dans la rue je croyais l'apercevoir, dès qu'il s'agissait d'une jeune femme brune aux cheveux courts à l'allure un peu sportive. Mon coeur excité ne retrouvait un rythme normal qu'après avoir découvert le visage de l'inconnue.

Pourquoi ce soir là? Après avoir vidé un troisième verre je décidais d'aller jusqu'au cybercafé de la rue des Pyrénées pour me connecter sur la boîte hotmail qui nous servait de contact....Vide depuis des mois. Les gestes un peu lourds et le regard fatigué, mes doigts tapèrent le mot de passe. Un sourire me vint aux lèvres et la fatigue m'abandonna. Il y avait un message...

 

Illustration: Lanpernas

 

 

Par jeaneg - Publié dans : Nouvelles et petites histoires - Communauté : Tronches de vie
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /2010 12:00

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  Moïra marchait devant moi, d'un pas souple. Pas un instant les gens qui la croisaient, n'auraient pu imaginer que cette femme était capable de tuer n'importe qui à mains nues. Et sans état d'âme. Son corps athlètique lui donnait une sensualité particulière. Arrivé à sa hauteur, mon regard était attiré par cette nuque toujours tondue. Elle était coiffée comme un garçonnet, la coupe au bol, les cheveux tombants en une lourde frange sur son front. Son androgénie m'excitait tout autant que le fait que je sache de quoi elle était capable. C'était comme un sentiment de fierté. Je pouvais approcher la panthère sans craindre pour ma vie.

Le bruit métallique à peine masqué par le rugissement d'un moteur attira en même temps nos regards. Moïra réagit la plus vite et m'entraina avec elle à terre derrière une voiture en stationnement pendant que les balles comme des frelons d'acier déchiraient l'air et éclataient le ciment autour de nous. Les impacts dans la tôle de la voiture étaient assourdissants. Sans voir la scène, elle savait que le fourgon noir s'arrêtait. Il ne fallait pas laisser le temps filer. D'un regard nous nous comprime et chacun de nous bondit en même temps de chaque côté de notre abri improvisé. L'agresseur, confronté à deux cibles simultanée perdit la fraction de seconde qui lui fut fatale. Le bras tendu, Moïra tira deux fois, instantanément, touchant l'homme au visage. Elle poursuivit sa course jusqu'à être au dessus de l'homme à terre, et l'acheva d'une balle dans le front. Avant que le fourgon n'ait eu le temps de repartir, elle avait bondit à l'intérieur et une dernière détonnation claqua.

La rue était déserte. A peine éssoufflée, Moïra revint vers moi.

-" Aide moi. On remet celui-ci dans le fourgon. Ensuite tu dégages et tu reprends le premier vol pour Paris.

- Et toi...?

- Le temps de faire disparaitre ces deux cons et je me met au vert moi aussi. Le coup est passé près..."

De l'adrénaline plein les veines, nous avons rammassé l'homme à terre et son MP5 SD, puis poussé le chauffeur à l'arrière du fourgon. Moïra se mit au volant.

-" Adieu Frenchy......Et..... Merci, tu as eu du cran tout à l'heure"

Une boule me vint dans la gorge, à l'idée que peut être je la voyais pour la dernière fois..... Mais qui peut savoir avec elle.

 

Photo: Marina Nikolaeva

 

 

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