Vue de dos

Publié le par jeaneg

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Vue de près c'était comme la surface d'une eau claire où la risée faisait de minuscules vaguelettes. Le duvet blond courait sur la peau et se confondait avec les cheveux rasés de sa nuque. Quelle audace, quelle fierté dans cette nudité!

Le cou semblait toujours plus long, fin et robuste, la silhouette épurée... Et puis elle avait ce geste, comme un appel, lorsque sa main venait envelopper, protéger et cacher aux regards cette endroit si sensible.... avant de s'écarter doucement, remontant lentement à travers les cheveux tondus, comme on caresse un velours délicat.

Quelques fois c'était juste le bout de ses doigts qui venait s'exciter au creux de cette nuque fraichement rasée, comme pour jauger l'effet et s'assurer de son pouvoir. Et le pouvoir agissait...

Un désir autre naissait, supplémentaire, accru, une envie irrépressible d'embrasser cette chair sensible, d'y laisser courir ses lèvres, sa joue, de caresser autant que d'être caressé et faire naitre mille frissons avant de chavirer...

L'émotion apaisée, il restait le quotidien, comme un compte à rebours où chaque jour un peu moins, les sensations s'éprouvaient, jusqu'à la prochaine moisson.

Mais vue de dos, la contemplation restait comme celle d'un précieux joyaux, sans prix.

 

 

Photo: Chill

Publié dans Tendresses

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