Une légère brise d'été

Publié le 23 Juin 2011

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Le promontoir faisait face à la mer. Comme elle s'était avancée, le courant d'air qui remontait la falaise soulevait ses cheveux qui provoquaient des ombres sur ses épaules nues comme autant de ramifications et de veinules. Le soleil était agréable, tiède et amical. Il éclairait la chevelure de reflets auburn et dans les cheveux qui parvenaient à s'écarter de la masse il lançait des éclairs dorés.

Sur les épaules de soie, par moment on croyait voir passer un frisson et la chair se hérissait de picots jusque sur la nuque. Dans l'air qui portait des effluves pélagiques, se mêlaient son parfum et l'odeur de son corps échauffé. 

Elle croisa les mains sur son cou et lentement, très lentement, laissa les doigts se séparants remonter à travers ses cheveux, jusqu'au vertex, faisant apparaître au passage la peau claire aussitôt camouflée par l'onde soyeuse qui reprenait sa place. Une main resta sur l'épaule et le cou vint se plier sur elle, offrant à l'inverse la chair nue à mordre... Au premier baiser les reins se cambrèrent imperceptiblement et de nouveau les frissons hérissèrent la peau. Les cheveux courts retombés sur la joue masquaient le regard. Immoblie, son souffle devint plus rapide, soulevant juste la poitrine et gonflant la veine jugulaire. Elle s'abandonna, fermant les yeux et attendant, résignée, la morsure fatale...

Un goéland qui jouait au voilier dans l'air chaud hurla en passant et lui fit peur. La surprise passée, elle se mit à rire toute seule et haussa les épaules.... Depuis quand les vampires se proméneraient-ils au soleil?

Photo: Andrei Mitroshin

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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