Un voyage de mille lieues commence toujours par un pas

Publié le 31 Août 2011

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Voilà. La porte a claqué, une dernière fois. Son coeur bat encore trop fort et résonne dans ses tempes, presque au même rythme que ses talons qui frappent le bitume. Elle redresse la tête, respire longuement, les yeux plongés dans l'azur du jour naissant. Petit à petit elle se sent exaltée par ce sentiment de liberté. Elle ne cherche plus à justifier sa décision. Il fallait franchir le Rubicon. Qu'est ce que peut bien valoir le confort et la sécurité en regard de la liberté, physique, morale, intellectuelle? Elle était étouffée, bafouée, manipulée et pour quelques moments de tendresse supportait de n'être qu'un faire valoir, sorte d'objet précieux sagement enfermé, que l'on exhibe de temps en temps pour rehausser le prestige de son possesseur.

La dispute a été difficile, l'adversaire tombait des nues, il ne comprenait pas. Elle avait pourtant tout se disait-il, que pouvait-elle rêver de mieux? 

Et elle, comment pouvait-elle expliquer que "ne manquer de rien" ne suffit pas au bonheur, simplement au bien être et que pour vivre il ne s'agit pas dêtre comme les autres vous espèrent, mais juste être soi même. La revendication pouvait paraître absurde. Elle n'en avait pas d'autre. Juste le besoin d'être elle même. Et elle avait atteint ce niveau de lucidité qui lui montrait que cette vie n'était pas la sienne, comme si elle s'était éveillée dans une maison qu'elle ne reconnaissait pas, avec le sentiment de s'être trompée de porte...

Le bus est arrivé et l'a emportée. Elle a vu son reflet dans la vitre, a sourit, fière d'elle. Son coeur s'appaisait, elle se sentait sereine. Une irrépressible envie lui vint de changer ses vêtements et de faire couper ses cheveux, très courts...

 

Photo: J. de Leon

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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