Question de vie ou de mort!

Publié le 11 Janvier 2012

Eleanor erichsen

En dehors du fait que j'adore discuter avec les femmes de la longueur de leurs cheveux, je suis toujours sidéré par l'importance que peut revêtir la décision de les couper. Sidéré mais respectueux. Parce que je comprends, même si cela m'amuse un peu, que ce genre de choix est proche du dilemme cornélien.

Ça commence par une réflexion, tout à trac, une déclaration d'intention qui voudrait être un défi lancé à soi même mais qui sonne comme un appel au secours. Évidemment cela n'est jamais suivi de faits. Il faut attendre. Mûrir un tel projet, recueillir des avis, qui doivent être davantage des encouragements que des avis. Elle voudrait bien que le consensus soit général et finalement qu'elle même soit le jouet d'une décision collégiale... Commence alors un long processus d'auto-suggestion, un travail intellectuel qui se traduit par des visions quotidiennes de jolies femmes qui, elles, ont osé, de coiffures attachées, épinglées, barettées, chouchouées, histoire de voir comment ça fait d'avoir le cou nu du matin au soir... Et puis vient le moment fatidique où il faut prendre un rendez vous. Là on touche au concret, il faut décider. Elle espère que le coiffeur est surbooké et que le prochain créneau sera dans une semaine... Et soudain elle apprend que c'est demain... Alea jacta est. Le reste de la journée elle claironne aux alentours que c'est décidé, elle va les couper, juste histoire de s'encourager, de ne plus reculer. Elle brûle les vaisseaux comme faisaient les conquistadores pour s'empêcher de fuir devant l'inconnu qui les terrifiait...

Et cette peur a quelque chose d'agréable. Le moment venu, l'estomac noué, elle se perd dans un flot de recommandations que le coiffeur écoute religieusement, juste avant de n'en faire qu'à sa tête. Le premier coup de ciseaux libère toutes les tentions, le visage s'éclaircit, l'atmosphère se détend.

Alors elle revient, conquérante, radieuse, ne parvenant pas à enlever la main qui, depuis qu'elle est sortie du salon, caresse sa nuque, glissant avec volupté la mèche qui couvre l'oeil derrière l'oreille et ne manquant pas un seul de ses reflets dans les miroirs et les vitrines qui jalonnent son parcours...

Et moi j'adore quand les cheveux, longtemps étirés par leur longueur, prennent du ressort et rebiquent un peu juste là où ils ont été coupés...

 

Modèle: Ellinore Erichsen

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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