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Les femmes aux cheveux courts

Humeurs et états d'âme d'un amoureux des femmes aux cheveux courts.

Quartier libre - Morgane

Ce "quartier libre" c'est une page ouverte à une femme aux cheveux courts, aujourd'hui à Morgane qui m'avait beaucoup touché la première fois qu'elle m'avait écrit

 

 

Morgane.jpgLe trajet fut fait en silence, pas un mot échangé avec la conductrice de la voiture, comme si elle n'était pas là, comme si ce n'était pas ma mère. Dès 14h30 nous avons roulé en direction  de mon rendez vous tant attendu chez ma coiffeuse.

{C}

Comme d'habitude, j'avais préparé un album sur mon I-Phone de coupes à lui montrer, et je repassais en boucle les photos, indécise.

Je n'avais même pas pris la peine de coiffer mes cheveux, avec ce sentiment qu'ils étaient trop longs pour en faire encore quelque chose. Leur longueur en fait, ne devait pas dépasser la dizaine de centimètres il me semble...Et puis quoi ? C'était déjà trop.

On est rentré dans le salon. Ma coiffeuse m'a salué avec un sourire et m'a lancé: "installe toi là, j'arrive dans 5mn."

 

Elle était en train de faire des mèches à une femme blonde, cheveux raides et longs, qui, avec l'amoncellement de papier alu, ressemblait à un poulpe. J'ai sourit et je me suis installée. Ma mère, comme à son habitude, à prit un café. Moi, j'ai feuilleté un magazine de coiffures pour passer le temps. Je ne me souviens que de cette coupe courte, rasée d'un côté et de la mèche violette qui barrait le front d'une jeune femme aux yeux bleus. Je l'ai montré à ma mère, qui a juste souri poliment.

La coiffeuse est arrivée, nous sommes allées vers le bac où elle a lavé mes cheveux avec ce shampoing qui sent l'amande. J'ai toujours aimé ce moment, où l'on nettoie minutieusement ce que l'on s'apprête à détruire. À coup de serviette éponge, elle a retiré le trop plein d'eau de cette masse sur ma tête. Ce n'étaient déjà plus mes cheveux. Ennemi public numéro 1.

Je me suis réinstallée sur ce fauteuil blanc et design sur lequel je m'assois depuis près de cinq ans, et j'ai laissé ma tête entre les mains de ma coiffeuse aux cheveux rouges, comme je l'avais fait la première fois pour une coiffure de kermesse en primaire: " Alors, tu as des photos ?" 

 

Elle me connaît bien, elle les a regardé, elle a froncé les sourcils. J'ai fait une grimace. "Moi qui pensais sortir ma tondeuse cette fois, c'est bien classique tout ça... "

 

J'ai fait un signe discret  en direction de ma mère assise plus loin. Elle a sourit. "Moi, j'ai une idée, on va faire un beau mélange, et je vais te raser un côté, de là à là tu vois, en virgule, ça te dit? 

- Je te fais confiance."

 

Alea jacta est. C'était parti, j'avais déclenché la machine aux ciseaux et peignes.

Je voyais avec délectation tomber des mèches entières, et je sentais ces petits cheveux qui s'accrochent désespérément aux cils, au visage entier, aux épaules ou aux oreilles, comme pour éviter de disparaître totalement. Mais déjà, ils ne faisaient plus partie de moi, et déjà j'entendais le magnifique ronronnement mécanique de la tondeuse. Son bout froid passa près de mon oreille, je frissonnais, j'avais l'impression qu'une bête galopait sur mon cuir chevelu d'un coup si sensible. Et puis elle a finalement sorti les ciseaux rose fluo pour désépaissir le reste de mes cheveux. Cela faisait comme si elle avait passé un coup de plumeau pour enlever la poussière et des moutons de cheveux se sont envolés à droite, à gauche. Moi, je me voyais dans la glace, avec un sourire non dissimulé, je croisais même mon regard brillant. Il n'y avait que moi, ma coiffeuse et mes cheveux. Et beaucoup d'égocentrisme.

Oh miracle des cheveux courts, ils étaient déjà secs, mais pourtant elle a balancé un coup de spray aqueux, et les revoilà luisants. Un petit peu de cire, ses doigts qui courent encore sur mon crâne, entre les mèches, et c'était terminé, fini. Enfin, et à la fois trop tôt.

Dernier coup d’œil aux restes abandonnés au sol, j'ai payé, ma mère n'a rien dit, je pense que cela signifiait que ce n'était pas si mal. Une fois dans la voiture, réflexe habituel du regard dans le miroir du pare-soleil, comme pour être sûre que je les avais réellement sur la tête. Oui. On a démarré, on s'est dirigées vers le centre ville, il faisait soleil et une chaleur épouvantable.

Je me suis éjectée de la voiture pour me dépêcher d'aller à mon autre rendez vous, plutôt pilaire que capillaire. L'esthéticienne avait des cheveux trop longs qui m'ont intrigués un instant, d'un brun rougeoyant. J'étais trop euphorique pour avoir mal, en deux temps trois mouvements, mon cas était expédié et je retournais dans la rue après avoir essuyé les regards de clientes, disons le, légèrement complexées, leurs paniers remplis de produits de beauté dont l'utilité des trois quart m'échappe.

« Le monde est à moi » me suis je dit en remettant mes lunettes de soleil. Deux heures après, j'étais chez moi, avec mes cheveux, une nouvelle paire de chaussures comme après chaque passage chez ma coiffeuse, et ce putain de coté rasé sur lequel j'aime trop poser mes doigts pour que cela ne passe pas pour un degré de fanatisme capillaire élevé et délectable. Après tout, il paraît que les cheveux sont un élément puissant de l'érotisme féminin...est ce pour cela que les femmes aux cheveux courts, parce qu'elles ont voulu se sentir belles, le sont encore plus ? 

 

Texte & dessin: Morgane V.

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À propos

jeaneg

Certains y voient du fétichisme. Il ne s'agit que de dilection. Outre l'apparence, c'est aussi le caractère des femmes aux cheveux courts qui me séduit.
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Margot 03/05/2012 18:46

Merci Morgane, je ne suis pas seule à être absolument obsédée par la partie tondue de mon crane... Et puis 10cm c'est vraiment long, je comprend tout à fait. J'aime beaucoup aussi le fait qu'il y
ai toujours la maman dans un coin qui nous rappelle qu'il ne faut pas "trop" couper... J'aime bien faire en sorte qu'elle ne m'accompagne pas chez le coiffeur mais la plupart du temps elle est là
et quand la coiffeuse attrape la tondeuse j'évite son regard dans le miroir... J'ai beaucoup cherché avant de trouver une coiffeuse qui me corresponde, parfois quand je leurs demandais de me raser
la nuque ou les côtés elle me répondaient que ce n'était pas féminin ou que c'était trop pour mon age... Je me contentait d'affirmer; "Ne vous inquiétez pas pour moi et rasez tout ça." Et
finalement mon plaisir de repartir la tête légère était encore plus intense ..!

jeaneg 03/05/2012 21:28



 Merci Margot de souligner l'article de Morgane et d'apporter ton propre témoignage. Ca me plait beaucoup.



Sailor 02/05/2012 07:52

Bonjour,
je ne m'exprime pas beaucoup, mais cela ne veut pas dire que je ne fais que "mater". Simplement, je n'ai des fois pas le temps, et souvent rien de spécial à dire. Je voulais relever une fois une
phrase ou une expression qu'on lit de temps à autres et que j'adore : . Il n'y avait que moi, ma coiffeuse et mes cheveux. Ou : Ma coiffeuse à couper mes cheveux, elle a laver mes cheveux... au
lieu de dire : elle m'a couper les cheveux, elle m'a laver les cheveux ... Dans la première manière il y a comme une personnification des cheveux. Ils sont là, je les aime ou les respecte comme
autre chose qu'un artifice faisant partie de mon crâne. Là, Morgane le dit tellement bien que je le relève pour toutes les fois. voilà.
Je trouve les photos toujours superbes, j'adore les cheveux courts, naturellement, et suis en phase totale avec ce blog.

jeaneg 02/05/2012 16:31



C'est intéressant comme remarque... Merci ami hélvète 



Flo 01/05/2012 18:34

Oui pourquoi pas , sa me touche que tu pense à moi

jeaneg 01/05/2012 18:42



Ben c'est tout naturel... Réfléchis y 



Flo 01/05/2012 17:17

Trés interressant ce concept de " quartier libre " ! Le témoignage de Morgane est trés touchant et tellement vrai , on se reconnait dans ces mots ... puis elle a sacré coup de crayon la miss !
Superbe le dessin ..

Vivement le prochain " quartier libre " alors : D

jeaneg 01/05/2012 17:26



Oui hein?


Eh pourquoi pas toi?