On s'demande, des fois

Publié le 30 Avril 2011

mereth-hopland-pour-vogue.jpgParfois le doute m'étreint... L'autre jour j'ai croisé ma factrice. Enfin celle de mon ancien quartier. Je ne l'avais pas vue depuis longtemps et j'ai été surpris de voir qu'elle avait à présent les cheveux longs. Je l'avais connue plus conquérante, les cheveux courts, l'allure déterminée et je la retrouvais coulée dans le moule comme un clone des jeunes femmes de son époque. Sa coiffure qui n'en était pas une tentait de composer entre nécessité de service et désir de "féminisation", si bien que le spectacle était celui d'une sorte de queue de cheval retenue en chignon, négligemment, si bien que des mèches un peu hirsutes partaient dans tous les sens. Et lorsque je m'enquérais de ses nouvelles je ne pu m'empêcher de lui faire remarquer comme les cheveux courts lui allaient bien, dans le temps. La réponse fut fatale. Elle avait rencontré un homme et pour lui faire plaisir avait retrouvé ses cheveux longs, qu'elle était obligée d'attacher pour le travail... C'était donc ça... J'aurais pu comprendre une envie de changement, un désir de nouveauté, une expérience, qui immanquablement l'auraient conduite, tôt ou tard, à retrouver son allure de femme aux cheveux courts, juste par bon sens. Mais non, c'était pour satisfaire le mâle. Elle avait renoncé à être elle même, juste pour devenir l'image qui plaisait à son homme qui lui même devait avoir assez peu d'imagination pour ne pas voir à travers la femme qu'il aimait une personne, mais seulement un faire valoir. Consterné, au bord du suicide, je passais mon chemin en maudissant mes contemporains qui chaque jour me donnaient le sentiment d'appartenir à une autre planète...

Model: Mereth Hopland pour Vogue

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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