Nostalgie

Publié le 9 Octobre 2010

pilane

 

Il aurait aimé lire ses pensées, explorer ses sentiments dans ce moment là. Le week-end prenait soudain la tournure d'un pèlerinage. L'été finissant, les grappes de raisins étaient déjà lourdes dans les vignes aux rangs parfaitement taillés et du haut du coteau la vue enveloppait le village en contrebas. C'est là qu'elle a grandit. Le soleil n'est pas si violent, mais elle a préféré garder ses lunettes. Elle, la parisienne, est en train de redevenir l'enfant qui, hier encore, courait dans ces ruelles. Elle raconte, devient intarissable,s'interrompt pour laisser éclater franchement son rire d'enfant. Là le gros tilleul, plusieurs fois centenaire, juste à côté de l'église. Tous les gamins y grimpaient, et la rue en pente où ils faisaient rouler leur caisse à savon transformées en bolides. Elle était chef de bande et en remontrait aux garçons. Sa mère se désespérait de ses genoux toujours écorchés et de ses cheveux qu'elle voulait toujours couper plus court...Elle s'est tu, comme si elle revoyait devant ses yeux les visages de tous ces personnages. Puis sa voix murmure doucement:

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

 

Photo: Pilane

Texte A. De Lamartine- Le lac

 

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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