Moïra - chapitre 12

Publié le 6 Mai 2010

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  Moïra marchait devant moi, d'un pas souple. Pas un instant les gens qui la croisaient, n'auraient pu imaginer que cette femme était capable de tuer n'importe qui à mains nues. Et sans état d'âme. Son corps athlètique lui donnait une sensualité particulière. Arrivé à sa hauteur, mon regard était attiré par cette nuque toujours tondue. Elle était coiffée comme un garçonnet, la coupe au bol, les cheveux tombants en une lourde frange sur son front. Son androgénie m'excitait tout autant que le fait que je sache de quoi elle était capable. C'était comme un sentiment de fierté. Je pouvais approcher la panthère sans craindre pour ma vie.

Le bruit métallique à peine masqué par le rugissement d'un moteur attira en même temps nos regards. Moïra réagit la plus vite et m'entraina avec elle à terre derrière une voiture en stationnement pendant que les balles comme des frelons d'acier déchiraient l'air et éclataient le ciment autour de nous. Les impacts dans la tôle de la voiture étaient assourdissants. Sans voir la scène, elle savait que le fourgon noir s'arrêtait. Il ne fallait pas laisser le temps filer. D'un regard nous nous comprime et chacun de nous bondit en même temps de chaque côté de notre abri improvisé. L'agresseur, confronté à deux cibles simultanée perdit la fraction de seconde qui lui fut fatale. Le bras tendu, Moïra tira deux fois, instantanément, touchant l'homme au visage. Elle poursuivit sa course jusqu'à être au dessus de l'homme à terre, et l'acheva d'une balle dans le front. Avant que le fourgon n'ait eu le temps de repartir, elle avait bondit à l'intérieur et une dernière détonnation claqua.

La rue était déserte. A peine éssoufflée, Moïra revint vers moi.

-" Aide moi. On remet celui-ci dans le fourgon. Ensuite tu dégages et tu reprends le premier vol pour Paris.

- Et toi...?

- Le temps de faire disparaitre ces deux cons et je me met au vert moi aussi. Le coup est passé près..."

De l'adrénaline plein les veines, nous avons rammassé l'homme à terre et son MP5 SD, puis poussé le chauffeur à l'arrière du fourgon. Moïra se mit au volant.

-" Adieu Frenchy......Et..... Merci, tu as eu du cran tout à l'heure"

Une boule me vint dans la gorge, à l'idée que peut être je la voyais pour la dernière fois..... Mais qui peut savoir avec elle.

 

Photo: Marina Nikolaeva

 

 

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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Mariartgraf 06/05/2010 19:41


Bonjour, joli Blog : j'adooore ! Moi, je ne suis bien qu'en cheveux courts, mais cela signifie une certaine démarche ...féministe, libertaire... mais l'on n'en est pas moins femme ;)


jeaneg 06/05/2010 19:51



Oui c'est un aspect important, mais pas seulement. Difficile de faire des catégories, mais beaucoup de femmes aux cheveux courts ont cette démarche, c'est vrai!