Le volcan qui sommeille

Publié le 16 Septembre 2012

Maria P.Pierrou

A regarder comme ça, on voit un ange blond, encore plongé dans les limbes où son âme chemine entre terreur et jouissance. D'un mouvement soudain elle se tourne et dévoile son corps androgyne. Le trouble naît alors de la vision de cet être qu'on ne sait plus qualifier. Le trouble et le désir, d'approcher, de posséder, de côtoyer simplement la perfection ou la simple beauté. Pourtant l'ange n'en est pas un. C'est une femme, presque encore une fille, mais son coeur est celui d'un garçon. Et plus le temps avance, plus elle en veut, au monde entier, d'être confrontée à tant d'injustice. Avant tout était simple, elle jouait avec les garçons et fustigeait les filles qu'elle trouvait trop délicates... Et puis elle est devenue femme, malgré ses vêtements d'homme, malgré sa nuque tondue... Son corps étroit, sa poitrine à peine saillante, elle aurait hurlé pour ne plus être tourmentée par cette ambiguïté. Trop belle, trop étrange, les hommes n'osaient s'en approcher et les femmes lui étaient indifférentes...

Condamnée à errer dans un purgatoire où ni vraiment féminin, ni non plus masculin, l'androgyne aux cheveux courts cherche lui même à se séduire, ne pouvant, comme la Beauté, n'être atteint par personne...

"...Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris..."

 

Photo: Pascal Pierrou

Extrait: La Beauté - Les Fleurs du Mal - Ch. Baudelaire

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Geo 16/09/2012 19:06

C'est absolument superbe. Certaines s'y reconnaitront sans doute. Merci pour ce texte magnifique, et excellente fin de we.

jeaneg 16/09/2012 19:18



Merci Geo


Bonne soirée