Laora passe à table

Publié le 9 Décembre 2010

39804227Stupéfait par les dernières révélations de ma thérapeute de la Forêt Noire, qui pour cela avait été capable de fouler au pied la plus élémentaire déontologie, je brûlais d'impatience de mettre la transalpine sur le grill, et lui faire révéler ses souvenirs d'enfance, si bien camouflés sous sa brune toison durant des années. A la première occasion et sous l'intimité de la couette, je lui lachais le morceau:

Moi " - Chevreau, tu ne m'as jamais parlé de ton enfance. Je ne savais pas que tu étais un petit "tomboy" en ce temps là.

Laora - (soupir) Cé la Frida qu'elle a parlé no?.... Cé oune longue historia. Jé perdou mio papa qué j"étais toute pétite et ma mama elle s'est rémariée ché j'avais 9 ans. Et lé beau papa jé né l'aimais pas. Ma, ma mère elle était folle dingue dé loui. Et commé ça il l'a convaincoue ché c'était mieux pour les enfants d'avoir lé chéveux courts. Alora, un jour il a pris touté la famille, mon frère ma soeur et il a coupé les chéveux dé toute le monde avé oune tondeuse. Tout le monde il pleurait! Ma mère aussi, et loui il plaisantait. Après dans la roue tout le monde il disait " Ouhhh comme il est mignon cé pétit garçonne" en parlant dé moi... Après comme jé voulais plou que cé soit loui qui coupe les chéveux, il mé faisait aller chez le barbieri. Jousque 13 ans c'étais commé ça, mon frère, ma soeur pareil..."

Ce récit de la bouche de ma belle italienne, me la faisait voir sous un jour différent...Je la sentais tellement proche à présent ... Mais bizarrement pas plus intime, plutôt comme une certaine fraternité. Et cela compliquait bien les choses....

 

Photo: Life magazine 19 juil.1954

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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