La fourrure de Vénus

Publié le 30 Décembre 2011

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Il l'a croisée au détour d'un bassin, dans le parc immense. Emmitouflée dans la fourrure, son visage pâle se montrait à peine entre la lourde frange de ses cheveux auburn et le col soyeux de zibeline. Son regard vert l'a pénétré et son allure hautaine le fit frissonner... Il l'imagina nue sous son manteau telle Vénus de marbre. Aussitôt tout un cortège de fantasmes défila dans son esprit, mais plutôt que de ses pieds nus il rêva de sa nuque qui devait être fine et déliée, réservée aux intimes et cachée soigneusement par la chaude fourrure. Elle avait cette silhouette des croquis de Crepax dessinant la Wanda de Sacher-Masoch et il aurait voulu être son esclave soumis...

Et puis il s'en voulu de ne pouvoir imaginer d'autres rapports que cette quête de souffrances et ce don de violences. Il suivit sa démarche féline, admirant la brillance de ses cheveux et la netteté de sa coupe, comme le prolongement animal que lui confèrait sa pelisse...

Pourtant les derniers mots du roman lui revinrent..." C'est que la nature de la femme et le rôle que l'homme lui donne actuellement font d'elle son ennemie : elle ne peut être que son esclave ou son tyran, mais jamais sa compagne. C'est seulement lorsqu'elle lui sera égale en droits, quand elle le vaudra par l'éducation et le travail, qu'elle pourra le devenir. Être le marteau ou l'enclume, nous n'avons pas d'autre choix aujourd'hui."

Songeur, il reprit son chemin dans le parc, se disant à lui même qu'il fallait être un véritable amoureux des femmes pour penser comme cela...

 

Modèle: Raquel Nave

Extrait: La Vénus à la fourrure - Léopold von Sacher-Masoch

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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