La fille chez le coiffeur

Publié le 25 Novembre 2009

Ce matin je suis allé chez mon coiffeur. Vous allez me dire qu'il n'y a là rien d'extraordinaire pour un homme et pas de quoi faire un billet. Pourtant mon coiffeur, pour autant qu'il ne soit pas psychanaliste,  est capable d'un jugement sur les choses qui ne me laisse jamais totalement indifférent. Imaginez vous que parlant de Frida un jour, il m'a rétorqué que dans la plus part des cas, la psychanalise s'arrêtait lorsque le patient était ruiné...Et franchement, un coiffeur qui est capable d'illustrer sa pensée en citant JUNG, je me dis que c'est un homme de talent...
En pénétrant dans sa boutique, j'avais comme à chaque fois donc, révisé mes sujets d'actualité pour entretenir une conversation de haute volée. Et là, bonne surprise du jour, je découvre que parmi les clients me précédent, il y a une cliente. Jolie jeune femme blonde, coupe au carré, frange...Et puis, après m'être installé à la lecture de FHM comme il se doit, j'observe avec plus d'attention mon environnement direct. L'homme sur le fauteuil, environ 30 ans, oreilles piercées, tatouages nombreux et colorés termine sa coupe, rasée autour de la tête et cheveux longs dessus. La blonde ne le quitte pas des yeux et la discussion finit par me faire comprendre qu'elle accompagne simplement le tatoueur tatoué. D'ailleurs je remarque sur elle un discret monogramme derrière son oreille.
Résigné, je me suis replongé dans ma lecture. Et puis, le client quittant le fauteuil, au moment ou normalement le couple aurait du, bras dessus, bras dessous prendre la poudre d'escampette, voilà que la blonde s'installe dans le fauteuil...Soudain, pour peu qu'elle ait réussie à retenir vaguement mon attention, ma lecture m'est apparue tout à fait superflue. Voilà la belle affublée de la cape de nylon, explicant à mon figaro son besoin d'un petit coup de tondeuse. De fait, elle dégage un bras de dessous la cape et de sa main soulève les cheveux sur sa nuque. Il faudra peu de temps à l'artiste pour raser les cheveux de cette endroit avec sa tondeuse, faisant un propre dégradé. Dans son élan,il tira la frange avec son peigne et y glissa également la tondeuse, égalisant, un poil plus court, le rideau de cheveux blonds.
Tout cela ne prit qu'un instant, comme un service rendu et le couple finit par disparaitre, me laisant la place...Je me sentais l'âme d'un voyeur, mais décidais au contraire qu'il s'agissait là juste d'un petit bonheur, pour égayer  ma journée...

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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