L'absente

Publié le 3 Mars 2011

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 J'ai eu si peur de t'avoir perdu. Je sentais autour de moi le froid, la maison, la chambre, le lit, vides. Je cherchais avec désespoir un parfum, une odeur, quelque chose qui te rapprocherait de moi. Concentrés dans ma tête, tous mes sens orphelins ne pouvaient s'en remettre qu'aux souvenirs devenus les gardiens de mes jours heureux. Les yeux fermés, mes doigts faisaient rouler leur pulpe l'une contre l'autre comme un mime et le souvenir de ta peau de satin au grain si tendre m'étreignait la gorge. Mes narines se dilattaient, humant l'air vide et le souvenir du parfum de tes cheveux blonds, si courts parfois, faisait jaillir des larmes sous mes paupières closes. Je tendais l'oreille vers le silence et ta voix claire murmurait à travers tes lèvres pâles un mot d'amour, déchirant mon coeur en mille lambeaux... Mais tu n'es pas si loin, juste "au-delà", peut être même tout prés, là, dans ma tête.

 

"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."

 

Photo: Joji

Extrait: Victor Hugo

 

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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