Juste elle même

Publié le 6 Octobre 2010

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Elle savait bien que les choses ne seraient pas simples. Elle avait mesuré, depuis le temps, tout le poids de la "tradition ancestrale", les limites de l'esprit autour d'elle. Dans cette société elle n'était rien d'autre que la femme "femelle", la mère, l'épouse, la soeur, et devait se conformer à ce statut. De quoi aurait-elle besoin autrement? Son père ou son mari, ou pire encore, son frère n'étaient-ils pas là pour veiller sur elle, ses besoins et modérer ses envies? Et si jamais elle n'en était pas convaincue, la religion elle même lui montrerai la voie idéale...

Mais voilà, un jour finalement, tout ce poids d'archaïsme sur ces menues épaules l'oppresse tant qu'il faut agir ou se laisser plier.

Au départ c'était une envie, un choix esthétique. Et puis, au fur et à mesure, au delà de l'angoisse légitime de transformer sa propre image, elle a eu peur en réalisant qu'elle attaquait aussi l'image de son sacro-saint statut. D'un seul coup, cette simple envie d'avoir les cheveux courts devenait un acte militant, de rebellion, de révolte peut être même. Alors elle a insisté pour que le coiffeur coupe court, plus court encore, définitivement, que cela soit sans ambiguité, qu'elle même ne se trouve pas, après coup, de circonstance atténuantes, à la façon dont les conquistadores brûlaient leur vaisseaux pour s'obliger à aller de l'avant....

La tête légère, dénuée d'artifice, elle sent son coeur battre plus fort. Son image dans le miroir est triomphante et chasse les doutes qui obstruaient son esprit. Enfin elle même, la voilà prète a revendiquer son propre statut. Ni mère, ni épouse, ni soeur. Juste elle même.

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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