Contact

Publié le 3 Décembre 2013

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C'est dans une impasse, à l'ombre des gratte-ciels qui protègent du soleil californien. Dans un contre-jour à la Clint Eastwood la machine semble une masse, féroce, posée là sur le béton. Il n'y a pas de bruit, à peine la rumeur de la rue voisine. On entend des pas, une démarche qui résonne, les talons de santiags qui claquent hors champs sur le ciment nu.

Une silhouette enfin apparait, pas très grande. Au dessus des bottes, un jean qui a connu des jours meilleurs, mais encore robuste, moulant une allure un peu chaloupée. Les poings dans les poches du Perfecto font hausser les épaules, la capuche du sweat rabattue sur le col. Une petite tête blonde, des cheveux courts, brossés en arrière vers une nuque dégagée. 

Soudain, la proximité de l'être et de la chose leur donne une dimension exagérée. La femme semble plus menue et la machine encore plus puissante... D'une main qu'on devine douce elle caresse le métal, le cuir, la gomme, tournant tout autour de l'engin, s'attarde sur le bord du réservoir comme on flatte l'encolure d'un pur sang.

Enfin elle enfourche la croupe, s'installe aux commandes de la Sportster. Contact, démarreur. Soudain la ruelle est fracassée par le bruit du V-twin qui claque sur les façades...

Entre ses jambes la bête tremble, vibre, s'impatiente. Elle glisse une main dans ses cheveux, du front au vertex et masse sa nuque avant qu'elle ne disparaisse sous le casque. Le pied gauche chasse la béquille, sélectionne la vitesse et presque lentement la belle et sa bête s'avancent vers le soleil, le pied droit encore au ras du sol, la main gauche sur la cuisse... fierté absolue, plaisir intense, tous les instincts en alerte....

 

 

Photo: Charles Hildreth

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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