Cette douce angoisse

Publié le 5 Décembre 2012

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Elle est arrivée un matin, le jour justement de ce premier rendez vous. Il y avait bien des signes avant coureur, comme une légère excitation à la simple évocation de ce désir. Et puis cela s'est réellement concrétisé au moment de passer à l'acte. On a beau dire, après toutes ces années, c'était quand même un sacré pas en avant...

Petit à petit et comme l'instant se rapprochait, il y a eu des frissons dans le bas du dos, comme si on vous prenait la taille avec deux mains énormes. Et puis cette sensation d'avoir des papillons qui volettent dans l'estomac. Une sorte d'appréhension quoi. La peur d'être déçue? Pourtant le désir est là et la volonté d'aller explorer cette partie de soi même et de se découvrir.

Le moment le plus difficile est celui où il faut exprimer son envie, affirmer et paraître sûre, fermement décidée... On est préparée, équipée, protégée, prête au sacrifice et la respiration est un peu forte parce que la douce angoisse est là.

Et voilà c'est fait! En quelques coups de ciseaux les cheveux longs ont disparus et on s'étonne, on s'émerveille, on découvre son regard, on en croit pas ses yeux... Les cheveux courts s'était bien une idée qui trottait comme ça, de temps en temps dans notre esprit... Et puis le jour où l'on s'est décidé, la douce angoisse est arrivée. Peut être la peur de ne plus se reconnaître, surtout celle que les autres ne vous voient plus comme avant. Mais avant est ce bien moi?

Une fois rassurée, l'estomac se dénoue, le sourire revient, c'est presque une renaissance, quelques fois même une vraie naissance, une rencontre avec soi même. Le premier pas franchi, la douce angoisse est comme un goutte à goutte d'adrénaline, envie d'aller plus loin, chaque fois d'y revenir et souvent de couper encore plus court. Et chaque rendez vous fait naître à nouveau ce petit noeud dans l'estomac, éternel mélange de plaisir et d'appréhension, cette petite peur qu'on aime se faire et qui nous ramène à l'enfance où les éclats de rire cachaient la peur du loup qui venait vous dévorer de chatouilles.

Et cette douce angoisse reprend force et puissance quand d'aventure il faut chercher un nouveau coiffeur, parce que c'est comme si tout recommençait. Mais cette petite peur nous fait plaisir, malgré tout, parce qu'elle nous remet sur le chemin de l'incertitude...

 

Photo: Bobby Anders

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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