Cauchemar

Publié le 1 Avril 2013

Nattura.jpgUn événement c'était produit. Quelque chose d'assez grave qui ne méritait certes pas d'aller aux urgences mais qui me poussait, mort d'inquiétude, à rejoindre le cabinet de Frida dès potron-minet pour elle, c'est à dire vers 14 heures du matin...

Quelques signes symptomatiques étaient apparus depuis plusieurs jours. Je ne m'étais rendu compte de rien, mais Laora, aussi insouciante fut-elle, avait fini par les remarquer. Presque rien au début, un regard, une réflexion, puis des choses plus précises comme cet exemplaire de Playboy US avec une playmate aux mensurations astronomiques... Vraiment le genre de chose que personne n'avait envisagé de voir traîner un jour chez nous.

Elle même, Laora, se sentait moins désirée et s'était retrouvée complétement décontenancée alors qu'elle revenait à peine de chez le coiffeur, de n'avoir pas un seul compliment. Les choses, doucement, empirèrent ainsi jusqu'à hier soir...

J'étais resté seul à l'appartement, refusant d'accompagner mes deux égéries à une soirée karaoké. Mes deux amoureuses s'étaient tournées l'une vers l'autre, le sourcils levé et les yeux ronds, mais avaient finalement pris leur clic et leur clac sans moi.

Frida ayant trouvé amusant de raccompagner une petite mannequin danoise, Laora était rentrée seule et m'avait, disait-elle, surprise avachi sur le canapé, en slip, la télécommande dans une main, une Heineken 50cl dans l'autre, regardant sur Canal+ Sport un documentaire intitulé Ribeiry, sa vie, son oeuvre, alors que le Playboy étalait ses bimbos pleine page sur la table basse.

Habituellement joueuse, la belle italienne aurait pu s'amuser de me voir dans cette posture de gros con idéal, pensant que je jouais moi même, mais les symptômes qui l'avaient inquiétée les jours précédent prenaient ce soir là tout leur sens. Elle fût achevée lorsque m'adressant à elle je l'interpellais par un "bonsoir jeune homme" presque naturel.

Abasourdi par le récit qu'elle me fit le lendemain de cette scène étrange, j'admis qu'il fallait que je vois Frida de toute urgence. Mais en quittant l'appartement une dernière réflexion glaça le sang de l'italienne au moment où, pleine d'espoir et de compassion, elle m'embrassait, je lui dis : "c'est vrai quand même que tu as les cheveux trop courts, on dirait un mec!" et sur ce, la gratifiais d'une claque sur les fesses.

Le verdict de la psy était sans appel, je n'étais plus l'amoureux des femmes aux cheveux courts. Une décharge d'électricité statique en ouvrant le frigo hier soir avait été fatale. Le choc avait provoqué une remise aux normes, un formatage... J'étais à nouveau "normal"...

 

Photo: Publicité Davines

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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