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Humeurs et états d'âme d'un amoureux des femmes aux cheveux courts.

Assuétude

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Cela peut commencer de mille façons différentes. Parfois c'est juste un "rafraîchissement", quelques coups de ciseaux pour égaliser une frange ou raccourcir la longueur de quelques centimètres. Et l'on se surprend à aimer la facilité qu'il y a de tailler cette végétation humaine. Et puis comme chaque coup de ciseaux est mesuré, on perçoit le bruit, comme un pas dans la neige ou sur un fin gravier, toujours conclu par le claquement définitif des lames. Combiné au plaisir que l'on a de toucher la matière, souple et soyeuse, on finit par couper, couper encore et il faut quelques fois freiner son ardeur. 

Et puis un jour on fait un grand pas et l'on décide de couper carrément court. Le plaisir est différent, d'autres mains se glissent dans vos cheveux et mais les bruits devenus familiers demeurent. Votre image change, on l'aime et presque chaque fois on voudrait aller encore plus loin. C'est comme une drogue, douce mais sournoise... On découvre la douceur de sa nuque, la caresse y est soudain différente, sexuelle presque. On aime ne plus pouvoir saisir une mèche à cette endroit et puis un jour, c'est si court que les doigts sont picotés par le pelage presque tondu. On a des idées folles, on voudrait encore plus...

Mais la raison nous garde et la folie s'échappe. On en reste là, avec l'envie toujours d'y revenir.

 

Photo: Olga Prevalova

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