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Les femmes aux cheveux courts

Humeurs et états d'âme d'un amoureux des femmes aux cheveux courts.

"Z"




CRÂNEUSE
Je suis allée dans la salle de bain, une paire de ciseaux dans les mains.
Jʼai demandé à mon mari dʼêtre le témoin de ce qui allait se passer. Il a pris lʼappareil photo et a suivi
chaque étape.
Je me suis regardée dans la glace, pris une mèche de cheveux, ai approché les ciseaux et jʼai coupé.
Un sourire sʼest dessiné sur mon visage.
Jʼai su que cʼétait la bonne chose à faire.
Jʼai continué à couper et plus jʼavançais vers cette nudité, plus jʼétais contente. Plus je sentais un poids
sʼalléger. Le poids de quoi, je ne sais pas encore très bien, même si jʼai quand même des idées.
Mon image avec des cheveux sʼeffaçait au fur et à mesure et quʼest-ce que cʼétait agréable.
Jʼai fini par arriver là où les ciseaux ne peuvent plus rien pour moi.
Le temps du rasoir était là.
Une nouvelle sensation, celle du rasoir sur la tête, qui glisse, qui accroche, mais qui finit par vaincre.
Comme pour enlever des choses tellement ancrées quʼelles ne veulent pas partir. Mais on y arrive quand
même.
Le rasoir a de plus en plus de facilité à passer. Le crâne se dessine, le visage se re-dessine.
Il ne reste plus rien, sauf mon visage à vue, mon crâne à nu. Je ne peux plus me cacher et cela me plaît.
Crâne. Ce nʼest pas un mot quʼon utilise souvent, une partie quʼon ne voit pas. Je le touche dans tous les
sens. Cʼest doux et lisse. Cʼest agréable.
Moi qui ne mʼaime pas, je me déteste moins sans artifice capillaire.
Je me découvre. Je crois quʼen fait, je ne mʼétais jamais regardée.
La sensation de lʼeau sur le crâne nu, de lʼair… Cʼest comme dʼavoir vécu dans la pénombre et dʼen sortir.
Tout a plus de saveur. Cʼest plus sensitif.
Comme je mʼaimais comme ça et que cʼétait un choix, les regards extérieurs ont été plus facile à supporter.
Je suis danseuse. Classique.
En cours, je pense que les professeurs ne mʼont pas prise au sérieux, à cause de mon crâne. Mais comme
je ne suis pas trop mauvaise dans ce que je fais, ils ont été obligés de reconnaître mon savoir-faire. Que ce
nʼétait pas pour me faire remarquer que jʼavais le crâne rasé.
Seule, ma professeur de danse de coeur a adoré. Des idées lui sont venues, des idées de gestes. Cela lʼa
peut-être amenée à dʼautres idées.
Les gens ne vous regardent pas avec les mêmes yeux quand vous nʼavez plus de cheveux.
Il y a même une jeune fille qui mʼa proposé de mettre mes poubelles dans le conteneur. Jʼai décliné son
offre.
En fait, on met les gens face à une de leurs plus grandes craintes : la maladie. Et devant une des pires
maladies : le cancer.
Cela me mʼaffectait pas. Je lʼai remarqué mais cʼest tout.
Les enfants, qui sont plus directs, mʼont demandé pourquoi je nʼavais plus de cheveux : je leur expliquais et
cʼétait suffisant. Facile !
Je me sentais féminine pour la première fois de ma vie.
Cela mʼa aidée à mʼaccepter.
Un grand bond pour moi, dʼêtre passée par le crâne nu.
Jʼai laissé pousser à nouveau. Je ne mʼaime pas moins, pas plus, avec les cheveux plus longs. Cʼest
toujours moi ; différente selon la longueur de cheveux.
Mon crâne nu mʼa aidé à être moi. Et pour moi, ce nʼest pas facile.

Lʼhistoire en images:
http://www.flickr.com/photos/t/sets/72157604833644558/

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À propos

jeaneg

Certains y voient du fétichisme. Il ne s'agit que de dilection. Outre l'apparence, c'est aussi le caractère des femmes aux cheveux courts qui me séduit.
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Domjade 06/09/2009 01:19

C'est vrai quelque soit la coiffure on est toujours nous.
Domjade