Publié le 9 Janvier 2019

Lisa Cimorelli

Lisa Cimorelli

Elles connaissent toutes cela, les femmes aux cheveux courts, qui un jour ont voulu aller plus loin que la coupe un peu floue et glamour ou le carré trop classique. Une envie lentement mûrie, à force d'en voir, de tenter quelque chose plus "tranché". Alors, confiantes, elles se livrent à leur coiffeuse habituelle, celle qui les a connues petites déjà et qui a coupé leurs nattes la première fois. Et là... c'est le drame! Le sourire commercial s'efface, le visage se ferme sous les sourcils froncés. Et tout de suite, le premier argument qui jaillit avant tout autre est sans appel: " Oh non... ça va faire trop garçon". Alors elles tentent de négocier, affirment que non, que la féminité ne se mesure pas entre cheveux courts et cheveux "trop" courts. Mais non! Rien à faire. Le ciel même s'assombrit, éclairs et tonnerre, il faut craindre la foudre... Alors, pour cette fois, elles cèdent, s'en remettent, une fois encore, au goût et au choix de la coiffeuse "qui sait mieux, puisque c'est son métier". Et une heure plus tard, elles ressortent avec la même coupe au carré, "tellement chic et féminine".

Mais d'où ça vient cette idée saugrenue qu'il suffirait de dégagé sévèrement les tempes et la nuque pour être transformée ipso facto en garçon et pourquoi faudrait-il, même lorsqu'elles parviennent à avoir les cheveux plus courts que court, qu'il faille obligatoirement qu'on leur taille les pattes "en pointe" et la nuque laissée un peu épaisse, en pointe elle aussi, pour qu'elles conservent leur genre? Sans doute est-ce une extrapolation de ce vieil adage qui veut que les garçons soient en bleu et les filles en rose?

Il faudra plusieurs tentatives et différents coiffeurs, avant que celles qui sont déterminées à dévoiler leur nuque sous la tondeuse,  parviennent à leurs fins, terrassant la malédiction et obtenant enfin qu'on se soumette à leurs désirs. Force et persévérance.

Photo: Mickey Henger

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 2 Janvier 2019

Sans complexe - Un portrait de Virginie

Il serait trop facile de croire que seules les mannequins, les actrices en mal de statuette ou les artistes en général peuvent se permettre un look forcément décalé, extrême, provocateur et osé. Le quotidien de Virginie est sûrement moins glamour que celui de Kat Ginsburg, mais certainement pas moins passionnant.

C'est à 15 ans que la collégienne fait une entrée triomphante dans le monde des Femmes Aux Cheveux Courts. Alors que certaines pourraient considérer cela comme une chance ou une bénédiction, elle, vit un peu comme une contrainte sa chevelure drue, abondante, épaisse et cela lui pèse. Elle se souvient encore avec bonheur de cette première douche prise après la coupe et de la légèreté nouvelle de sa "petite" tête.

Suivront quelques années d'errance, à différentes longueurs, avec et sans mèche sur le front, naturelle ou blonde platine, jusqu'à l'incontournable coupe "au bol". A la coiffeuse de l'adolescence à succédé le salon Rock'Hair du boulevard Beaumarchais, un temps, puis d'autres. C'est un jour, dans l'un d'eux, qu'elle décide, il y a 5 ans, de tout raser. Enorme kif! 

Son compagnon, qui à l'inverse, laisse pousser ses cheveux très longs, adore. La famille de son côté a toujours montré beaucoup de souplesse dans le domaine capillaire et cette nouvelle tête est assez bien accueillie. Tant et si bien que depuis, une ou deux fois par mois, Virginie "se coiffe à la tondeuse". Mais voilà, la coupe à 35€, tondeuse ou pas, c'est carrément abusé. Alors pendant un temps elle le fait elle même ou s'en remet au talent d'un pote, adepte du même style. Jusqu'à ce qu'elle découvre dans son voisinage, un "boui-boui" comme elle dit gentiment, où le coiffeur pakistanais s'occupe de son dégradé pour 10€.

Sans complexe - Un portrait de VirginieSans complexe - Un portrait de Virginie
Sans complexe - Un portrait de Virginie

Même si aujourd'hui le regard des autres l'indiffère, elle n'en a pas moins conscience de toutes les interrogations que peut soulever son allure déterminée. Elle est volontiers militante, les milieux associatifs elle connait bien et son métier d'éducatrice la mettent souvent au contact d'une jeunesse qui, si on y fait rien, reproduit facilement tous les travers et souvent les pires, d'un sexisme patriarcal. Son exemple est alors le parfait contrepied à tous les préjugés. Sa patience et sa gentillesse font le reste...

Virginie sur Instagram

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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