Publié le 13 Mars 2018

Photo: Giacomo Spaconi

Photo: Giacomo Spaconi

Le caractère libertaire de notre relation et l'étonnant équipage que nous formions, Frida, Laora et moi, nous avaient fait prendre l'habitude de parler librement de tous sujets et Laora en particulier ne s'en privait jamais. Elle avait cette ingénuité qui ne lui faisait pas percevoir la moindre barrière si bien que nous étions accoutumés à son langage parfois très "fleuri". 

Malheureusement ( pour les autres ) nous étions parfois conviés à quelques diners mondains ou assumions une vie sociale de bon aloi en invitant des relations à partager une soirée. Si généralement Laora restait sur une réserve de jeune fille de bonne famille, quelques verres de bon vin libéraient rapidement son inhibition. Et alors...

Lors d'une de ces soirées, personne ne se rappelle comment le sujet était arrivé sur le tapis, mais l'italienne se lança dans une formidable apologie de la masturbation. C'est vrai qu'elle ne se gênait jamais de la pratiquer sans complexe entre nous, mais il faut bien admettre que la conversation devint tout de suite plus difficile avec des convives d'un soir. Surtout que notre biquette des Abruzzes avait toujours eu un vocabulaire "sans filtre".

Laora " Ma c'est vrai no? Jé peux bien mé passer dé la bite d'oune mec si jé veux. Et d'ailleurs, si les filles elles avaient plous l'habitoude dé sé branler, elles séraient plous des espertes de la voulve no? Au lieu dé ça, certaines elles savent plous comment lécher les couilles ou soucer lé gland qué comment il est leur clito..."

Evidemment, lâché comme ça, de but en blanc, ça vous laissait toujours un peu sans voix. Cependant, il faut bien admettre que, aussi cru que soit l'exposé, il n'était pas dénué de bon sens... Et puis finalement, il nous était facile de mettre cette vulgarité sur le compte de quelque lacune de vocabulaire. Des fois ça passe...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 12 Mars 2018

Photo: Hermann Ivone

Photo: Hermann Ivone

Tout le monde un jour a eu cette impression de ne plus voir autour de soi que des choses pour lesquelles on avait un intérêt récent. Exemple: vous avez soudain un coup de coeur pour cette petite citadine que vous croyez découvrir et vous avez rendez vous avec le concessionnaire de la marque pour un essai. Eh ben durant les jours qui suivent, vous ne voyez plus que  ce modèle là partout dans la rue. Dingue!

La même chose se produit avec celles qui un jour ressortent de chez le coiffeur avec les contours bien dégagés. Jusqu'à présent elles ne faisaient pas plus attention que cela aux femmes aux cheveux courts qu'elles croisaient dans la rue, mais soudain, elle ne voient plus que cela. De dos, de face, de profil, leur regard est instantanément attiré par ces petites têtes, comme si un radar les guidait. Et subitement on s'aperçoit qu'il y a foule et que les femmes aux cheveux courts peuplent nos rues.

Pire encore, pour peu que la dilection vous saisisse, que l'addiction vous entraine vers des rendez vous chez le coiffeur de plus en plus fréquents ou des coupes de cheveux de plus en plus courtes, vous voilà affublé d'une version encore plus précise du radar, celui qui oublie carrément les silhouettes, les visages, les allures et qui vous focalise directement sur la coupe, le fondu du dégradé, la netteté de la nuque et la précision du tour d'oreille... Dingue!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 11 Mars 2018

Photo: Evan Kaucher

Photo: Evan Kaucher

C'est peut être la meilleure manière de ne pas tourner autour du pot. Aujourd'hui, beaucoup plus facilement qu'auparavant, même si cela reste éminemment remarquable, on croise des femmes qui, délibérément, s'écartent de ce jeu aux règles millénaires de la séduction.

Octavia Plachkov prof de Yoga

Parce que oui, la chevelure d'une femme est depuis toujours considéré comme un atout incontournable et majeur dans cette partie. Il suffit pour s'en convaincre de lire les préceptes des différentes religions à propos de la femme, de sa tenue et de son comportement. Abruti comme un chien en rut, l'homme ne pourrait pas résister à l'attrait d'une femme qui exposerait volontairement sa chevelure. On lui enjoint donc de la couvrir afin de laisser le mâle en paix (sic). Par conséquent, à l'inverse, la séductrice ( comprenez la prostituée ) pourra, elle, jouer à son aise de cet appât affolant... Enfin bref! On ne va pas refaire l'Histoire du monde. Toujours est-il que dans le cerveau reptilien de l'humain est ancré cette idée saugrenue que l'essentiel de la féminité réside dans la chevelure de la femme. Erreur fatale!

Mais on doit admettre qu'il faut un certain âge, un brin de maturité et un niveau intellectuel moyen-plus à certains hommes, pour s'en rendre compte. C'est un constat. De ce fait, celles qui, sans aucune intention de renoncer au monde, à leur sexualité ni à leur féminité, tondent leur cheveux, s'épargnent ainsi la compagnie des lourds, des jeunes chiens et d'une grande partie de la couche la moins évoluée du sexe masculin. C'est déjà ça!

Du coup, cette punition, cette marque d'infamie des temps obscures, devient un atout, permettant d'aller, en chaque choses, à l'essentiel. 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 10 Mars 2018

photo: Carlo Spinoso

photo: Carlo Spinoso

Elle se tient à l'écart de la foule qui semble indifférente mais à qui rien n'échappe. Personne ne s'arrête comme elle le fait, si bien que ce pas de côté la met en marge et attire les regards, on l'observe, on la juge... et puis on passe.

C'est une jeune femme dans l'air du temps. Si son Levi's déchiré montre ses genoux, ce n'est pas un signe d'indigence, son Perfecto est souple, assez usé pour ne plus paraitre neuf et ses Doc's la chaussent crânement. Elle allume une cigarette roulée, dans laquelle elle ne met que du tabac, promis juré et pianote son smartphone , insensible au monde qui lui tourne autour.

La tête baissée, son visage est noyé sous la masse de ses cheveux. Une idée pas trop déterminée, un emploi du temps, d'autres projets et depuis des semaines elle laisse pousser ses cheveux, presque sans s'en rendre compte... Elle glisse une main et rejette la masse en arrière, caresse sa nuque où elle peut saisir les cheveux dans une poignée. La moue se fait boudeuse...

Revoilà cette idée qui lui trotte dans la tête depuis longtemps, l'envie de tout raser. Mais elle se trouve face à ce dilemme: maintenant qu'ils ont déjà pas mal poussés, pourquoi ne pas continuer? Après tout... Mais en aura-t-elle le courage, la patience, la persévérance? Ou bien alors traverser la rue et entrer dans ce salon et se retrouver nouvelle à peine quelques minutes plus tard... L'idée l'excite.

Elle écrase son mégot au sol, relève le menton comme pour défier la rue et traverse...

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Divers & variés

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Publié le 7 Mars 2018

Around the world : Ludivine en Thaïlande

Ludivine nous avait livré son portrait il y a quelques années. Depuis, cette parisienne de Sète fait son chemin, toujours fidèle à son style. Après "La Shaperie" qu'elle a abandonné après le départ de sa coiffeuse habituelle, elle a coutume à présent de visiter le salon "rebeu" de son quartier, toujours expert en fade. Et même en prenant soin d'une bonne coupe avant de partir, lorsqu'on voyage au bout du monde et qu'on a le style de Ludivine, difficile de ne pas être tentée par "l'aventure" d'un barber local!

Alors Ludivine s'est laissé tenter...

A Phuket, dans le quartier de Patong, le choix ne manque pas. La fréquentation de l'endroit par une faune de touristes hétéroclite et très européanisée fait perdre un peu en exotisme, mais ça ne manque pas d'intérêt. Après avoir traversé un salon de massage, quoi de plus normal en Thaïlande, Ludivine se retrouve dans un barbershop assez classique, pas surpris du tout de voir une jeune femme s'adresser à lui pour une coupe.

Around the world : Ludivine en Thaïlande Around the world : Ludivine en Thaïlande

Pas de surprise, le fade est honnête et le prix est imbattable: 300 bahts, soit presque 8€. Qui dit mieux?

Et même si Ludivine avoue avoir connu meilleure coupe, le résultat l'emmènera facilement jusqu'à son retour en France et les retrouvailles avec son coiffeur habituel.

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Over the World

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Publié le 6 Mars 2018

Rebecca Etchevarria

Rebecca Etchevarria

Pas besoin d'être spécialement observateur ou attentif aux courants qui parcourent l'air du temps. Où que l'on soit, on les voit, plus visibles chaque jour. Elles sont étudiantes, jeunes travailleuses, artistes, zadistes révoltées ou mannequins. Ça donne de l'universalité à ce mouvement. Mouvement n'est pas le bon mot d'ailleurs. Cela voudrait signifier que comme un geste, il part de là pour aller là et se terminer. Non c'est une détermination, un éveil, la preuve que le temps change. Chacune dans son coin, cultive cette nouvelle idée d'elle même. Elles ont volontiers les cheveux tondus. Ce n'est pas un signe de révolte, juste une respiration, une coupe qui libère de bien des idées trimballées depuis trop longtemps. 

Et cet éparpillements ce retrouve là et là encore, si bien que toutes finissent pas se reconnaitre et ces femmes sont légions, levées sans haine, presque doucement, pour être enfin elles mêmes, débarrassées de cet esclavage de la séduction. Sans manquer de charme, mais farouches, un peu sauvages, méfiantes, le sourcil en bataille. Un naturel qu'il faut dorénavant aimer, brut ou sophistiqué, mais sans contrainte.

Et cette armée qui passe de l'ombre à la lumière, renvoie d'un seul coup les starlettes et les bimbos au fin fond des fantasmes porcins de ceux qui s'étaient assis sur leur certitudes, comme sur un trône.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 4 Mars 2018

Photo: Gilles Delacuvellerie

Photo: Gilles Delacuvellerie

C'est l'habitude, sans doute, qui nous aveugle. On avait coutume de la voir, avec cette coupe au bol extrême, méticuleusement rasée, les cheveux presque dans les yeux faisant partie de cette extraordinaire allure. Et ce style androgyne, elle en est l'incarnation, maîtrisant l'équilibre entre fille et garçon, compensant son étrange et irrésistible beauté par ces tempes et cette nuque tondues jusqu'à la peau.

Et puis voilà que soudain, en la regardant on se dit que quelque chose a changé, qu'elle semble plus féminine que d'habitude, qu'une douceur, qu'une grâce inattendue est apparue. C'est bien elle cependant, les épaules un peu carrées, les hanches droites, la poitrine à peine remarquable, tatouée comme un jeune mousse qui aurait des airs de loup de mer, mais qui est belle comme un ange de la Renaissance...

Voilà! C'est ça... Juste quelques centimètres de frange en moins, ce front à moitié nu qui changent tout. Cette mèche raccourcie et coupée droite, presque rien et c'est la douceur qui l'emporte sur le mauvais garçon. Extraordinaire illusion d'enfant sage qui redonne l'avantage au féminin sans mettre en péril l'équilibre idéal de l'androgyne.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 3 Mars 2018

Valérie - Kingmaker character

Valérie - Kingmaker character

Il y a des histoires qui n'existent pas, pas encore. En tout cas qui ne pouvaient pas exister auparavant. Simplement parce que le mot n'existe pas. Vous aurez beau chercher dans tous vos dictionnaires, il n'y a pas dans les histoires d'antan et les contes et les légendes de "chevalière". Ce mot là signifie que l'on parle d'une vulgaire bague, fût-elle en or. Mais " la preuse chevalière" on oublie. Même "preuse" c'est limite. On pense naturellement au féminin de preux, mais si le terme existe, il est tellement peu usité que nos correcteurs modernes l'ignorent.

Pourtant, si moi j'avais mon compte lorsque j'étais enfant, je me dis que ma petite soeur aurait adoré trouver dans ses lectures quelques héroïnes valeureuses et sans peur. Mais des vraies! Pas des guerrières de pacotilles aux cuisses nues et à la poitrine balconnisée, non! Des solides, bardées de fer et de cuir, armées jusqu'aux dents, les cheveux taillés "en rond", juste parce que c'est pratique, belles naturellement par leurs seules valeurs morales.

Et si elle avait eu ces modèles là, j'avoue que j'en aurais été jaloux

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 2 Mars 2018

Photo: Gaëlle Lebek

Photo: Gaëlle Lebek

Elle t'intrigue cette fille. Tu dis "cette fille" mais tu n'en es pas vraiment sûr. Intuitivement tu penses qu'elle est fille, parce que simplement tu as toujours imaginé qu'il n'y avait pas 36 manières d'être. Soit garçon, soit fille. Ou noir ou blanc, ou vrai ou faux... Mais "cette fille" à la voix claire, aux traits fins, s'habille comme un garçon et surtout se coupe les cheveux comme on coupait les tiens lorsque tu étais gamin. Et à cause de cela tes certitudes vacillent. 

Mais toi au moins tu te poses la question. C'est drôle, parce que pour ton père et pour le père de ton père cette question ne se posait pas, ne se concevait même pas. Pour ton fils elle ne se pose pas non plus, c'est naturel, il ne voit aucune anomalie. Mais toi, tu t'interroges. Tu aurais même mille questions à poser et tu obtiendrais.... mille réponses, ou aucune. "Cette fille" est comme ton fils. Lui il t'épate avec son aisance dans ce monde 2.0, il voit des choses que tu ne perçois pas, comprend des schémas que tu ne visualises pas. Il a cessé de considérer les genres sous leur forme binaire, il ne confond plus avec le sexe, sait aussi que l'apparence n'est pas toujours la réalité... Et puis "cette fille", peut être n'a-t-elle les cheveux si courts que parce que cela lui plait, peut être maîtrise-t-elle cette ambiguïté, ou bien encore, peut être que malgré sa voix claire et ses traits fins, est-elle un garçon...?

Ce n'est pas à lui qu'il faut poser la question. A elle non plus. Il te faut juste apprendre à regarder différemment, plus "largement", à considérer le style et l'allure,  à apprécier l'intelligence et le talent, à aimer la gentillesse ou a respecter la distance... Rien de très compliqué en somme.  

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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