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Les Affranchies

On attendait que la mort nous frôle

13 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

On attendait que la mort nous frôle
Nous étions jeunes et larges d'épaules,
Bandits joyeux, insolents et drôles.
On attendait que la mort nous frôle,

On the road again, again, 
On the road again, again. 

Au petit jour on quittait l'Irlande 
Et, derrière nous, s'éclairait la lande.
Il fallait bien, un jour, qu'on nous pende.

La mer revient toujours au rivage. 
Dans les blés mûrs, y'a des fleurs sauvages.
N'y pense plus, tu es de passage. 

Nous étions jeunes et larges d'épaules.
On attendait que la mort nous frôle.
Elle nous a pris, les beaux et les drôles.

Ami, sais-tu que les mots d'amour 
Voyagent mal de nos jours. 
Tu partiras encore plus lourd. 

 
 
 
 

Texte: B. Lavilliers

Photo: Jeremy Langlet

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Jusqu'au bout

12 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Jusqu'au bout

Quoi qu'on en pense, qu'on aime ou pas, il y a, il y aura toujours une sorte de fascination, mélange d'admiration et de répulsion parfois, pour celles qui, sans concession, vont jusqu'au bout de leurs envies.

Avouez le, l'époque est formidable! Aujourd'hui cette expression de la féminité, le cheveux ras, se répand plus que jamais. La jeunesse, souvent rebelle, se l'accapare, les professionnels aussi. Pas une agence aujourd'hui qui n'ait dans son book une ou deux modèles rasées. Cette visibilité soudaine peut donner le courage d'accepter à celles qui n'ont rien demandé et se retrouvent elles aussi le crâne nu. Dans cette lutte admiration/répulsion tout bascule en faveur de l'admiration si ces cheveux tondus sont fièrement exhibés.

Inutile d'espérer effacer le caractère ou changer sa personnalité d'un coup de tondeuse. Au contraire, cette coupe accentuera impitoyablement celui que vous avez déjà, où qu'il se situe dans le large spectre entre féminin et masculin.

Il faut une première fois, bien sûr. Et ce n'est pas toujours chose facile. Cela tient surtout à l'inquiétude légitime de savoir si vraiment on aura l'air qu'on espère avoir une fois la tête ratiboisée, le front et les oreilles nus, la nuque vulnérable et exposée et l'arrondi du sommet impeccable. Et vous aurez beau y aller petit à petit, rien ne permet vraiment de savoir ça avant de l'avoir fait réellement, parce que la révélation se fait uniquement lorsque la tondeuse moissonnera le haut du front et ce sommet toujours un peu préservé. Bref! Il faut aller jusqu'au bout.

Jusqu'au bout

Mais une fois ce pas franchi... une fois le regard habitué... une fois ce crâne apprivoisé, alors là! Difficile de s'en défaire de cette tête de petit hérisson. Il faudra des impératifs, professionnels essentiellement, pour céder à un retour du cheveux de plus d'un centimètre. Vous pouvez suivre mon regard, j'en connais quelques unes qui n'en sont pas revenues.

Photos: Anna Rubin ( book )

 

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Around the world : Ninon à Cuba

11 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Over the World

Around the world : Ninon à Cuba

Ninon était en vacances à La Havane. Ninon a les cheveux courts, depuis... longtemps et Ninon tous les mois, aime bien se faire couper les cheveux. Sa mère aussi d'ailleurs. Alors, dans ce vieux quartier de la capitale cubaine où elles se promènent ce matin là, quand elles voient l'écriteau " Barbero " elles se disent que c'est l'occasion. 

L'endroit est un peu en retrait de la rue, il faut pénétrer l'immeuble et dans le couloir la porte ouvre sur un salon assez typique. Le lieu paraît confidentiel, réservé aux initié.e.s. Briques apparentes, éclairage néon puissant... Un seul fauteuil au milieu de la pièce, qui semble avoir connu des jours meilleurs. Ambiance sympathique, le coiffeur est jovial et ne s'étonne pas d'avoir affaire à des femmes, du moment qu'elles réclament une coupe de cheveux comme il sait les faire. Pour l'une et l'autre c'est bien dégagé derrière les oreilles. C'est rapide, sans chichi, efficace.

Around the world : Ninon à Cuba

Amusant et très exotique aussi. Pourtant Ninon n'est pas tout à fait satisfaite, elle trouve ses cheveux tondus "trop haut". Le coiffeur a sans doute songé bien faire, sur cette jeune androgyne dont il a peut être mal défini le genre... 

La nuque fraîche, les deux femmes paient une dizaine de pesos pour leur deux coupes et retrouvent la rue et la chaleur caribéenne. L'adresse est incertaine... Le coiffeur sans nom... et tout cela est tellement "cubain".

Photos: Ninon Wendling

 

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Un portrait d'antan

8 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

Photo: Perla El Raii

Photo: Perla El Raii

Elle avait une allure d'écrivain, mais elle aurait tout aussi bien pu être avocate, journaliste ou médecin. On pensait écrivain, oui, au masculin, avec cependant la grâce et la finesse de son genre. Elle s'habillait comme certains hommes des années 50, le col de la chemise rabattu sur celui de la veste tout comme les manchettes. Ça donnait un style faussement décontracté et élégant. Elle fumait aussi et cela renforçait encore cette idée, allant chercher des souvenirs de Camus ou Malraux. Elle garderait sa cigarette aux lèvres que cela ne choquerait pas, au contraire. Toutefois elle la tenait entre ses doigts, en un geste presque viril, exhibant  le large bracelet de montre à son poignet, encore un indice.

Pourtant ce qui fascinait le plus, c'était la façon dont elle se coiffait, cette coupe de cheveux, qui elle aussi, nous emportait sur les quais d'Alger la Blanche où à la terrasse du Flore d'après guerre. Elle avait, comme ces héros, les côtés nus, presque blanchis et la nuque rasée, à la façon des hommes de ce temps et cependant cela ne trompait pas sur son genre. Comment, malgré tout ces efforts inverses, parvenait-elle à exprimer une incontestable féminité? Le bijou qui perçait sa lèvre ou le lobe de son oreille était bien trop discret pour faire la différence.

Il se dégageait d'elle une espèce de fierté nonchalante, d'assurance naturelle et de raffinement qui la rendaient séduisante et désirable malgré son appropriation de ces détails masculins qui faisaient finalement sa personnalité...

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Heureusement, il y a les préjugés!

6 Février 2018 , Rédigé par ace Publié dans #Humeurs

Photo: Richard Miles

Photo: Richard Miles

Imaginez un peu, s'il n'y avait pas toutes ces idées reçues et stupides croyances véhiculées depuis le fin fond des temps, aujourd'hui personne ne croirait qu'avant de se couper les cheveux courts, une femme y réfléchi à deux fois. Du coup, en dehors des considérations esthétiques qui font toujours hésiter - Est-ce que ça va m'aller? - surgissent d'autres questions autrement plus bouleversantes du genre: "Qu'est-ce que vont penser "les gens"?, "On va me prendre pour une lesbienne", "Je ne vais plus plaire aux hommes", "Je vais ressembler à un garçon", j'en passe et des meilleures...

Parce que oui, aujourd'hui encore, la plus grande majorité croit dur comme fer qu'une femme ne peut être féminine QUE si elle a les cheveux longs et que les couper "trop" court la transforme illico subito presto en "femme qui ne cherche pas à séduire les hommes, donc qui aime les femmes"CQFD. Il y a de quoi se sentir désarmé face à autant d'inintelligence, propagé parfois par les femmes elles mêmes, qui par le simple fait de tenir compte de ces idées cromagnonesques, leur donnent valeur de vérité, ou par celles qui, tellement peu sûres de leurs capacités de séduction, se cachent toujours derrière une toison plus ou moins luxuriante, que le plus souvent d'ailleurs, elles attachent. Bref!

Dieu merci, il y a les femmes aux cheveux courts, celles qui n'ont d'autres considérations que leur propre plaisir et leur goût personnel et dont l'assurance ne peut qu'encourager les autres à suivre leur intuition. Mais alors on se rend compte que ces fucking préjugés, finalement, permettent de croire, comme un "contre-préjugé" que celles qui n'hésitent pas à couper leurs cheveux, sont d'une catégorie éminemment supérieure aux autres, re-CQFD.

Bien joué!

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L'androgyne nue

2 Février 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs, #Tendresses

L'androgyne nue

Il te faut la vision de ce corps nu pour percevoir l'abîme auquel tu es confronté. Certain(e)s n'étaient pas dupes, d'autres se plaisaient dans le doute et d'autres encore auraient parié avoir vu un garçon, presque trop beau, trop fin, trop lisse... 

Et soudain, la vue de ce sein rond, élégant, esthétique, te bouleverse parce qu'il chamboule tes vieilles idées et tes jugements pleins de certitudes. C'est le propre de l'androgyne, de remettre en cause tout ce que l'on croyait vrai.

Alors, ce précipice au bord duquel tu te retrouves te paraît insondable. L'illusion de l'image t'a trompé. Tu voulais l'aimer tout en étant persuadé(e) que tu ne le pouvais pas. Les vêtements, les cheveux courts? Toutes ces fausses pistes te soufflaient des mensonges et cette découverte te fait comprendre à quel point l'androgyne est inaccessible, pour toi et pour tous les autres, incapables de voir avec le coeur.

Photo: Kriss Photography

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