Publié le 16 Mars 2017

Question de style - Un portrait de Lena

 Pour rien au monde Lena ne voudrait avoir une autre nature de cheveux. Souple et lisse, une belle nature à l'évidence. Une chevelure épaisse, drue, soyeuse, idéale pour le style qu'elle affectionne... Et là, alors que toutes les jeunes femmes de son âge tenteraient de cultiver cette manne, pour les avoir longs en guise, pensent-elles, d'atout maître de leur féminité, et bien Lena, elle, adore qu'on les lui rase.

 

Question de style - Un portrait de Lena

Mais ce n'est pas juste histoire de prendre le monde à contre-pied. C'est sa façon à elle de surmonter la timidité, d'exprimer sa personnalité, de se rassurer et d'acquérir une confiance qui lui faisait défaut. 

Etonnement, alors que la plupart, timides et réservées, auraient conservé ce magnifique paravent, à la fois refuge et appât, Lena a eu besoin d'affirmer son androgynie. Alors, un peu avec le trac, mais déterminée, elle a tout fait couper, dans ce style qui allie si bien les genres. Depuis, toutes les deux semaines, elle a besoin de souligner à nouveau cette allure ambiguë, de retrouver sa nuque et ses tempes mises à nu... Paradoxalement c'est ce qui aujourd'hui la rend populaire auprès de son entourage et des inconnu(e)s du monde entier qui la suivent sur les réseaux sociaux. 

Question de style - Un portrait de LenaQuestion de style - Un portrait de Lena

Un style sans faille que finalement peu sont capables d'assumer, mais qui sans erreur possible désigne une jeune femme de tempérament, audacieuse et déterminée qui, à la manière des comédiens qui avouent leur timidité, se met en lumière pour lutter contre sa réserve naturelle.

 

Photos: Lena Cordiez

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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Publié le 15 Mars 2017

Photo: Jason Bennett

Photo: Jason Bennett

Quand elle était petite, elle boudait lorsqu'une fois sur deux, ou sur trois on l'emmenait avec son frère chez le coiffeur. A chaque fois elle voulait qu'on lui coupe les cheveux comme le garçon, mais toujours elle ressortait avec cette coupe au carré de petite fille qu'elle détestait...

Et puis elle a grandie, elle est devenue femme. Mais cela n'a rien changé. Dans ses contes d'enfance c'était elle le prince charmant, pas la fille endormie, elle était Peter Pan, pas Wendy et quand adolescente elle lisait Jack London c'est bien elle qui barrait le Snark...

Aujourd'hui elle va toujours chez ce vieux coiffeur qui lui coupait les cheveux au carré. Mais à présent c'est à elle qu'il tond la nuque et le tour des oreilles. Elle est pourtant femme, adore souligner son regard de mascara et peindre ses lèvres. Elle porte des bijoux, glanés ici et là, des bagues d'argent et des colliers de turquoise. Elle s'aime en pantalon, en laine et en coton, se chausse en cuir parce que c'est plus pratique pour la moto... Elle n'en est pas moins femme. 

Au mur chez elle il y a cette grande carte du Monde où elle plante des épingles aux têtes colorées, ici des photos sans cadres et là des bibelots étranges... Parfois son coeur se laisse attraper, par un garçon ou une fille qui lui plait, mais l'appel du large la préserve des serments intenables. C'est le prix de sa liberté...

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 14 Mars 2017

Allez allez, on remballe Freud, Lacan et Dolto. Arrêtez de penser, chaque fois que vous voyez une fille avec les cheveux coupés très courts, que c'est parce que cette personne souffre de troubles de la personnalité, qu'elle a du mal à définir son genre, que bien que fille, elle se voudrait garçon et bla-bla-bla...

Essayez un peu d'élargir le champs , de desserrer l'étau dans lequel on maintient votre cerveau depuis trop longtemps et puis surtout essayez de ne pas tout mélanger.

D'accord, il y a des personnes qui n'aiment surtout pas qu'on les prennent pour des filles... Ok, certaines cherchent à se rendre visibles pour une communauté. Vrai encore, certaines apaisent leur dysphorie de genre en coupant leurs cheveux à la manière d'un garçon... 

Mais...

Il y a surtout des personnes qui affirment leur personnalité, des femmes qui n'ont pas peur d'inventer leur féminité, des filles qui aiment les codes masculins et ne craignent pas de se les approprier, des jeunes femmes bien dans leur peau, affranchies du regard de ceux qui à part médire ne savent rien de leur intimité et des raisons pour lesquelles elles aiment avoir cette allure qui cultive leur part de masculin et fait grincer les grincheux. Il y a des conquérantes, des guerrières, qui ont chacune un combat à mener. Surtout!

 

Photo: Kriss Photography

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 12 Mars 2017

Photo: @clai.rence

Photo: @clai.rence

C'était un dimanche matin. Un peu de pluie avait arrosé les rues de la ville mais l'air était doux comme au printemps. A cette heure l'endroit n'était pas très agité, on entendait un air de jazz au fond du bar, quelque chose de lent et suave. Le serveur avait à peine prête attention à elle, se contentant d'apporter le thé noir qu'elle avait commandé et de laisser la note, coincée sous un cendrier.

Sur son Moleskine elle avait gribouillé deux trois choses que l'atmosphère lui inspirait, une perspective, comme un chemin vers l'horizon, une bouche pulpeuse qui souriait, une silhouette sans visage, à la tête ronde... Elle esquissa un sourire, passa une main derrière son oreille, caressant les cheveux encore ras, ébouriffa vainement le dessus, encore trop dru, trop court pour être décoiffé, caressa la nuque rasée... Tant de choses avaient changé.

Elle se mit à écrire, d'une belle écriture ronde et légère.

"Ce jour là, ma vie a changé..." sans s'arrêter, sa plume courrait sur le papier, la délivrant de son histoire. Elle racontait sans le nommer, comment "il" l'avait enfermée dans sa propre vie, comment sa "gueule d'amour" l'avait trompée, comment "il" l'avait manipulée, bafouée et toutes ces rivières de larmes qu'elle avait versées... Jusqu'à ce mot: Adieu!

Elle est partie, brûlant tout derrière elle, ne laissant aucune trace. Elle s'est installée loin, dans une nouvelle vie. Dans cet élan, pleine de courage, elle a coupé ses cheveux, pas juste un peu, pas pour se plaire, non. C'est comme si en se dépouillant de sa chevelure elle renaissait, nouvelle, plus forte, enfin vivante. Sa tête fraîchement tondue lui est apparue familière, comme lorsqu'on retrouve une amie adorée et perdue de vue depuis trop longtemps. Son coeur cognait fort, elle était exaltée, excitée par cette peur au fur et à mesure qu'on la rasait. Elle souriait, les yeux bordés de larmes tout en se sentant infiniment légère, libre de tout. Elle s'est plu.

Depuis elle garde ses cheveux très courts, caressant volontiers sa tête comme l'enfant se rassure en serrant son doudou et à chaque fois se régénère, retrouvant un peu de cette exaltation du premier jour de sa nouvelle vie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 11 Mars 2017

Photo: Marie C.

Photo: Marie C.

C'est une addiction. Comme une drogue qui permet de vous évader, comme l'alcool : ça ne résout pas les problèmes, mais le lait et l'eau non plus. Ce poids qui vous oppresse depuis des jours, et qui, là, tout de suite, disparaît comme il est arrivé. Cette sensation de délivrance.... La question n'est pas '' comment '', mais '' pourquoi ''. Pourquoi ce comportement répétitif mensuel ? D'où vient cette volonté , ce désir de recommencer ? C'est métaphorique. Comme s'enlever une épine du pied, en quelque sorte. La douleur est atténuée de manière considérable : imaginer vos problèmes incarnés à travers vos cheveux. Les couper fréquemment revient ainsi à diminuer vos incertitudes, vos contrariétés et autres tracas. C'est purement psychologique. Mais c'est une raison parmi d'autres. Les femmes aux cheveux courts, leur essence, ce qu'elles dégagent : il y a quelque chose d'assez indescriptible. Un genre de self-control qu'on leur envie, une allure. Un caractère affirmé, qui leur permet de s'assumer telles qu'elles sont. Alors, on franchit le cap. On va le faire. On va couper. On veut profiter de cette assurance, de cette carrure. Le rendez-vous est dans deux semaines. 14 jours. 336 heures. Plus de 20 000 minutes. C'est loin. C'est long. Mais ça vaut la peine d'attendre.

On rentre. On patiente. Un peu. La conversation s'engage sur des banalités. Les cours, le temps, l'actualité. Les cheveux prennent un bain, et se font délicatement masser. On enfile la blouse, ample, sombre et soyeuse. Le moment tant désiré arrive. Le siège pivote : on se retrouve face à la glace. Les longues mèches humides retombent sur le front. La tête haute, l'air fier prêt à subir l'assaut des instruments. Les ciseaux coupent pour raccourcir, mais pas trop. Gardons un mouvement, une légère longueur surplombant le front. Le cliquetis des lames s'estompe. Elles s'en vont reposer sur la table en silence. L'amas de cheveux au sol est dispersé d'un rapide coup de balai. Enfin. L'enclenchement du sabot. Le vrombissement de la tondeuse. Le mouvement vertical, du bas vers le haut, s'arrêtant au sommet du crâne, cette délicate caresse sur la peau. La voici presque nue. Un dégradé de couleur sombre, sophistiqué et esthétique. Puis plus rien. Seulement une sensation agréable, jouissive et épurée. On la savoure, fermant les yeux. Il faut la conserver précieusement, mémoriser chaque perception, chaque ressenti. Plaisir éphémère déjà envolé. On ressort, une nuque immaculée. L'air du soir effleurant le visage, jouant dans les mèches rebelles. C'est une délivrance. Un renouveau succinct, voué à s'atténuer rapidement. Ils repousseront. Les problèmes feront leur réapparition. Ils reviendront, et, fidèles à eux-mêmes, envahiront de nouveau cette tête, dispensant un sourire à la nuit.

Marie C.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Chronique de Marie

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Publié le 10 Mars 2017

Photo: Txema Yeste

Photo: Txema Yeste

Elle a de la colère qui couve dans sa tête, sur son coeur. Une exaspération qui n'était d'abord qu'un agacement... mais les choses ont dégénérées. Comme si elle faisait offense à ceux qui la regardent... Elle n'imaginait pas s'engager dans un bras de fer le jour où, plutôt fière d'elle, elle a cédé à son envie et d'un seul coup ratiboisé sa chevelure. Quelle sensation! Quel extraordinaire sentiment de liberté, quelle satisfaction d'avoir eu ce courage... Elle s'en amuse encore aujourd'hui quand elle y pense.

Elle savait bien que les autres seraient surpris, qu'il y aurait des interrogations, des soupirs mais aussi de l'enthousiasme et des félicitations... Et puis tout cela passerait, on s'habituerait.

Mais il y a eu autre chose... une sorte de pression, faite de regards sombres, de mots cruels, de phrases intolérables venant de gens inconnus. Les sempiternelles questions: "T'es une fille ou un garçon?" " T'es jolie, pourquoi tu laisses pas pousser tes cheveux?", les fausses méprises de celles et ceux qui sournoisement vous appellent monsieur quand même un nouveau né ne se tromperait pas... Comme si "la foule" vous reprochait un intolérable écart de conduite.

Elle a tenu bon, résisté aux premières vagues d'assaut, s'amusant même de tant de stupidité. Pourtant elle a failli se décourager, jeter l'éponge. Quelques mois durant, elle a renoncé à ses rendez vous chez le coiffeur et puis comme un sursaut de conscience, elle y est retourné, plus déterminée qu'avant, plus radicale aussi et la colère s'est mise à couver. Comment ce monde peut-il être aussi con? De quel droit pourrait-on lui imposer d'être celle qu'elle n'est pas, pourquoi faudrait-il qu'elle contente les regards des hommes, en étant "appétissante" à leurs yeux. Cela n'a jamais été dans sa nature et sa vraie nature est trop large, trop longue, trop haute pour entrer dans ces petits moules, tous identiques. Alors les cheveux courts, ce n'est pas de la résistance. Non c'est juste elle même. Et aujourd'hui, chaque fois qu'elle va les faire couper, elle a le sentiment de faire aussi un pied de nez à ce monde stupide...

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 8 Mars 2017

Photo: Blind Barber

Photo: Blind Barber

Il y a des filles qui aiment la coiffure, mais qui ont horreur des chignons... 

Il y a des filles qui adorent s'habiller avec des vêtements masculins...

Il y a des filles qui n'aiment pas qu'on les prennent pour des filles et d'autres qui s'en fichent...

Il y a des filles qui n'aiment pas qu'on les prennent pour des garçons, même si elles aiment les vêtements masculins et les coupes bien rasées...

Il n'y a rien de compliqué à tout cela. C'est juste le courage d'être soi même...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 7 Mars 2017

Hanaa Ben Abdeslam

Hanaa Ben Abdeslam

"Non crois moi, ce n'est pas comme ça que tu trouveras un mari et que tu réussiras ta vie, que tu seras une bonne mère et une bonne épouse. Parce qu'après tout c'est bien ça la réussite pour une femme..." Tout le monde le dit, alors c'est peut être vrai...

Demain, une fois encore, elle va voir qu'un peu partout on "célèbre" La Journée de la Femme. Longtemps elle a cru que c'était une sorte de récompense, comme la Fête des Mères, une façon de rendre hommage à toutes ces saintes dévouées à leur mari et à leurs enfants. Les fleuristes vont arrondir leur chiffre d'affaire, les salons de beauté vont faire des promotions et durant quelques heures, certaines auront l'illusion d'être l'objet de toutes les attentions...

Elle sait bien que c'est peine perdue. Autour d'elle personne ne veut la croire, le ton monte tout de suite et la discussion tourne court. Alors depuis qu'elle s'est rendue compte de la supercherie, elle a fait un pas de côté. Un petit pas, pour sortir du cadre...

Elle s'est dit que peut être en la voyant, les autres filles comprendraient. L'exemple a souvent des vertus incroyables. Être soi même c'est déjà beaucoup quand tout le monde, depuis toujours, vous rebat les oreilles de ce que vous devez être et surtout ne pas être.

Demain elle mettra une jolie robe à fleur, un peu courte, mais sexy. Elle mettra aussi sa paire de Doc Marten's pour aller avec. Elle maquillera ses yeux et d'un trait de liner se fera un regard noir. Ensuite elle ira chez le coiffeur, rafraîchir sa coupe de cheveux toujours très courte et comme le soleil pointera ses rayons elle ira se poser à la terrasse d'un café. Les bras nus, elle se laissera dorer en sirotant une boisson fraiche, indifférente aux sourcils froncés et aux regards torves qui la jugeront. C'est sa façon à elle de lutter.

Jusqu'au jour où une autre fille la rejoindra, puis une autre encore. C'est pas grand chose... mais des fois les petits ruisseaux finissent par être des océans.

8 mars - Journée Internationale des Droits des Femmes

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 5 Mars 2017

Scarlett Johansson

Scarlett Johansson

Connaissant mon goût tant affirmé pour les femmes aux cheveux courts, certaines s'imaginent qu'il ne s'agit pour moi que de l'aspect esthétique et me prennent parfois pour une sorte de consultant technique en la matière. Je me prête volontiers au jeu, mais jamais sans rappeler qu'au final, les cheveux courts sont surtout un état d'esprit, une expression du caractère et de la personnalité de chacune. 

De ce fait, le plus souvent, lorsqu'une jeune femme aux cheveux longs, m'entreprend sur le sujet en me révélant qu'elle aussi en rêve depuis longtemps, qu'elle aimerait bien les faire couper, mais qu'elle a peur... eh bien je trouve ça légitime tout d'abord, mais hélas lorsqu'il s'agit de passer en revue ces peurs... je termine souvent consterné.

Bien sûr que certaines appréhensions sont fondées, une sorte de trac à la perspective de bouleverser une image de soi à laquelle soi même mais aussi tout le monde autour est habitué. C'est bien compréhensible et c'est ce qui est un trait de ce fameux caractère, cette capacité à changer les codes, de prendre à contre-pied "les autres", tout ceux qui attendent de vous une certaine conformité.

Scarlett Johansson

Scarlett Johansson

Là où la peur m'étreint, c'est quand ma "candidate" aux cheveux courts m'avoue sa crainte 

1/ de ne plus plaire aux hommes

2/ de faire lesbienne

3/ que cela ne lui aille pas

4/ de faire de la peine à sa mère 

si bien que tous ces arguments cumulés l'empêchent de sauter le pas... A cet instant, vous l'imaginez, le désespoir m'envahit et je renonce bien évidemment à contrer les raisons invoquées tellement elles sont éloignées de ma capacité de compréhension. 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 4 Mars 2017

Photo: Brashy Studio

Photo: Brashy Studio

J'ai cherché dans mon dictionnaire et mes encyclopédies, pour savoir si vraiment ce mot là était encore politiquement inacceptable...  et je n'ai rien trouvé. Pourtant il y a une réalité: les mots endossent le poids de l'Histoire et de la Culture. 

Le verbe tondre, par exemple. Un mot plutôt rond, qui met les lèvres en coeur et fait penser à la laine vierge d'un mignon mouton. Pour le mouton ça marche, mais si on associe le mot aux cheveux humains, le ciel s'obscurcie, le tonnerre gronde et des éclairs terrifiants déchirent les ténèbres. Soudain les images qui apparaissent sont celles de prisonniers en pyjama rayé et de femmes lynchées par une foule haineuse, aujourd'hui encore, plus de 70 ans après...   

Photo: Brashy Studio

Photo: Brashy Studio

Il y a de la violence dans ce mot parce qu'il inspire encore punitions et châtiments. Il est pourtant le mieux qualifié pour décrire une coupe où les cheveux seraient coupés très courts, à ras et au moyen d'une tondeuse. 

On lui préfère souvent le verbe raser, un mot plus aigu, plus guttural mais beaucoup moins chargé de honte paradoxalement et finalement impropre à qualifier une manière de couper les cheveux à moins d'évoquer une boule de billard. 

 

Modèle: Cléo Cwiek

Modèle: Cléo Cwiek

Alors peut être qu'il est temps de réhabiliter le juste mot, d'effacer l'anathème et de lui rendre sa place dans le vocabulaire? Pour cela il faut l'utiliser, simplement, joliment, pour traduire une façon de se dépouiller d'un artifice pour faire face à soi même, ou plus couramment pour évoquer la manière qu'ont certaines d'aimer avoir les cheveux ( très ) courts.

Et puisqu'on joue avec les mots, il faut rappeler aussi qu'on peut avoir les cheveux tondus sans pour autant être rasé(e)...

A méditer 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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