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Les Affranchies

Casse-tête... coréen

4 Juillet 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Casse-tête... coréen

Cela fait partie des mystères de l'Orient. Question de morphologie sans doute. Enfin, je ne suis pas ethnologue, mais c'est cette impression constante que les femmes d'Asie ont souvent une silhouette androgyne, petits seins, hanches étroites et que par ailleurs les hommes de ce même continent ont souvent le visage glabre qu'au final, je reste toujours fasciné par la facilité avec laquelle je peux, moi qui me targue d'expertise, être berné sur le genre d'un(e) androgyne de ces pays là.

Pourtant rien, dans l'absolu, ne diffère. L'ambiguité est accentuée toujours par le mélange de masculin et de féminin, parfaitement dosé, le vêtement, le maquillage, la coupe de cheveux...

Tant et si bien, qu' à mes yeux, une jeune femme d'origine asiatique, qui sans aucune idée de fluidité de genre, aurait simplement et naturellement un désir de cheveux courts... très courts, deviendrait ipso facto un mystérieux et troublant androgyne. Merveilleuses contrées...

Photo: Kim Eun-Young " Cheetah" - Rappeuse coréenne

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Message personnel

3 Juillet 2015 , Rédigé par jeaneg

Message personnel

A cette heure là, le soleil commence à peine à chauffer le sable blond de la plage. Les goélands agitent leurs ailes au sol, se disputant une algue ou un poisson mort et sont à peine dérangés par deux ou trois furieux qui profitent de l'air iodé et de la souplesse du sable humide pour courir quelques kilomètres de rivage.

Là, en haut de la dune, où l'ombre persiste encore, elle est assise et un peu recroquevillée, tenant dans ses bras ses genoux serrés. Elle a le regard sur l'horizon, à peine distraite par les chamailleries des oiseaux de mer...

Et puis une main se dégage, ébouriffe les cheveux blonds décolorés et s'accroche à la nuque où les cheveux tondus ont retrouvés leur ton naturel. De quelques doigts manucurés, elle masse son cou, comme on le fait pour avoir le sentiment de se détendre. Ses doigts s'enfoncent dans la saillie des tendons et finalement la tension se relâche et la caresse semble plus sensuelle. Doucement, du bout des doigts, elle va et vient sur les cheveux ras, donnant à chaque fois un peu plus d'ampleur à son geste, puis revient à la base du cou...

C'est un geste rassurant, comme parfois font les enfants en serrant une poupée de chiffon qui renferme toutes les odeurs de leur monde familier. Une façon délicate de jauger la confiance que lui donne son allure, une douceur personnelle qu'elle aime s'octroyer en caressant à rebrousse, picotant la pulpe de ses doigts, tant les cheveux sont ras.

Soudain elle se lève, respire profondement, puis frotte son short pour chasser le sable. Un sourire conquérant éclairant son visage...

Photo: Jaako

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Extrême

2 Juillet 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Paula von Oppen

Paula von Oppen

Pourquoi ça revient toujours? Pourquoi y a-t-il sans cesse des questions autour de ça?

Je ne saurais pas répondre, enfin si, je saurais mais cette réponse me semble tellement évidente que je ne saurais même pas comment l'exprimer...

C'est Camille, dans un message, qui m'a rappelé toutes ces questions qui assaillent les filles, les jeunes femmes, les femmes qui choisissent d'avoir les cheveux rasés. Là on est au delà des Femmes aux cheveux courts, on est à l'extrême, et la démarche est toujours fascinante.

Camille, elle, est un peu révoltée. Tondre ses cheveux est une façon d'exprimer cette révolte. Bien plus efficace comme message qu'une pancarte pendue à son cou. Mais peut être que la révolte n'est qu'un point de départ, parce que, une fois les cheveux coupés, une fois la tondeuse passée, il y a d'abord cet énorme sentiment de liberté, littéralement comme si de lourdes chaines tombaient à vos pieds en même temps que les mèches de cheveux. Et puis cette découverte étonnante de soi, de son propre regard, de son front, de son cou, de ses oreilles que l'on ne voyait auparavant que par intermittence... Et puis encore, après avoir scruté ce soi-même injustement délaissé, il y a un sentiment formidable qui augmente de seconde en seconde et qui vous gonfle le coeur d'une assurance extraordinaire, comme un super pouvoir. Une plénitude merveilleuse, qui s'accompagne toujours d'une caresse sur ce nouveau territoire, ce gazon frais, ce pelage soyeux qui couvre désormais cette jolie tête, une main qui fait frissonner quand elle se pose sur la nuque fraiche, une impression inconnue quand l'eau de la douche s'écoule sur ce crâne presque nu...

Et puis viennent les "pourquoi"... Comme dans le conte de Daudet, après que la petite chèvre se soit enivrée de tant de liberté, vient le crépuscule et la foule des haineux à l'esprit trop étroit.

Alors soudain, ce regard émerveillé qui découvrait son propre visage, découvre aussi le regard des "autres" parfois même des proches, qui ne parviennent pas à comprendre, qui sont affolés par autant de transgression, qui confondent tout subitement, féminité, genre, sexe, tradition, famille, travail... Affolés ou plein de reproches. Et pourquoi ceci et pourquoi cela... Eh bien certainement en premier lieu pour faire ch.... ceux et celles qui demandent pourquoi. C'est évident.

Après je ne suis pas sûr qu'il y ait autre chose à dire, chaque humain n'appartenant qu'à lui même, il serait absurde de tenter d'expliquer pourquoi vous préférez porter une robe aujourd'hui plutôt qu'un pantalon et vice-versa demain, pourquoi vous roulez en cabriolet plutôt qu'en berline, pourquoi vous avez fait Latin-Grec au lieu d'Esperanto ou pourquoi encore vous avez une ancre de marine tatouée sur le bras, vous qui n'avez jamais voyagé...

Amen!

 

 

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Quand on aime...

1 Juillet 2015 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Quand on aime...

Une fois qu'elle a franchi le premier pas, ( il y a toujours un premier pas ) que tout le monde a bien compris qu'il ne s'agit pas d'un coup de folie de tête et qu'elle a renoncé à expliquer pourquoi elle aime ça, ( non désolé ça n'a rien à voir avec mon orientation sexuelle, ni avec ma licence de foot... ) une fois qu'elle en est là donc, apparaît rapidement le phénomène de l'addiction.

Alors, selon le caractère plus ou moins audacieux de l'intéressée, cette addiction va rapidement la mener, non seulement à aller voir son coiffeur de plus en plus fréquemment, mais surtout à lui demander de les couper un peu plus court à chaque fois...

Et toujours et encore, des proches et des moins familiers vont poser la même question: pourquoi?

Et pourquoi quoi? J't'en pose moi? Et la main d'ma soeur dans ta culotte de zouave? Ça l'fait aussi?

Bon bref! On est pas toujours obligé de justifier ses choix, ses goûts et ses couleurs hein? Mais juste comme ça, histoire de voir et de chercher à savoir vraiment....

Dans ce plaisir, et selon chaque individu, il y a beaucoup de raisons, la liste que l'on pourrait dresser serait forcément non exhaustive. Est-ce que c'est juste le trouble que l'on provoque dans le regard des autres, celui plus ambigu d'être confondue sur son genre, celui tout cérébral de se faire tondre chez un barbier, comme un homme là encore ou la simple satisfaction d'avoir surmonter son appréhension et de pouvoir le faire régulièrement aujourd'hui ou encore cette douceur tactile et sensuelle, ce goût de l'interdit et de la transgression, cette érotisation de la main qui caresse la nuque rasée...

En réalité cela doit dépendre du niveau de "court". On est d'accord. Ou bien c'est juste un peu tout cela mélangé. Sûrement.

Une chose est certaine en tout cas, c'est qu'en coupant ses cheveux, cette femme là s'est libérée pour être tout à fait elle même, affranchie des goûts et des couleurs des autres.

CQFD

Photo: Loreta Shabani

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