Publié le 16 Mars 2015

Au delà des mots

Vendredi soir, dans la banlieue, le feu grogne, souffle, hurle aux fenêtres de la maison. A l'intérieur tout craque, tout claque, le brasier se goinfre. Dans ce fracas, difficile de dicerner le grincement des poutres qui se tordent et des cris humains. Il faut entrer pour être sûr de ne laisser personne en péril. Deux sapeurs s'engoufrent dans l'enfer. C'est leur job, ils le connaissent sur le bout des doigts. C'est même toute leur vie, passionnément.

Ils sont entraînés, savent les gestes, connaissent les ruses de leur ennemi, ils ont le pouvoir pour ça. Ils ont tous signé un pacte avec Hadès, le Maître des Enfers. Ils pourront pénétrer le Feu, ils sauront le combattre et le maîtriser. En échange de ce privilège, leur vie ne leur appartient plus...

L'incendie a recraché les corps disloqués. Sur le trottoir les camarades s'affairent, les ambulances sont là, les hélicoptères arrivent. Malgré la rage, les gestes sont précis, efficaces...

Mais le Feu les a dévoré. L'un des deux sapeurs s'appelle Aurèlie, elle a 25 ans et elle va mourir...

Peut être que dans ce monde de folie, les gens ne se rendent plus compte de la valeur d'une vie. Faire le sacrifice de la sienne pour sauver celle des autres a forcément quelque chose d'héroïque.

J'aime bien, moi, parler des héroïnes...

In Memoriam Aurélie SALEL - Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Mars 2015

La femme-garçon

En s'approchant de la vitre, dans cette lumière idéale, elle a fait naître un reflet. Si on n'y prête pas véritablement attention, on ne verra là qu'une image un peu trouble d'elle même, un banal miroitement...

C'est pourtant un autre personnage qui apparait et l'instant devient surprenant...

La femme-garçon sait depuis longtemps composer le masculin et le féminin, de mieux en mieux peut être. Elle ne craint pas la paleur de sa nuque fraichement rasée ou de ses tempes dégagées. Une mèche, un détail, donne toujours une douceur rassurante... mais trompeuse.

L'avatar, lui, te fixe du regard, une silhouette sans genre où l'on croit deviner les peintures d'une guerrière au bras tatoué et sa main, jointe à celle de son double semble t'avertir de ne pas aller plus loin vers elle. Et tu dois l'abandonner, sinon attendre qu'elle t'invite...

Et tu restes fasciné par la femme-garçon à l'apparente douceur qu'on imagine avoir été élevée par une louve, protégée par un esprit guerrier et dont tu ignores tout.

Photo: Thomas Kervévant

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 14 Mars 2015

Beau gosse

Je me demande jusqu'à quel point il est raisonnable de remettre en question sa sexualité, éprouvée depuis des lustres, sous pretexte d'une émotion qui pourrait légitimement naître à la vue d'une femme au style ambigu et à la coupe de cheveux indiscutablement masculine. Dit comme ça, écrit noir sur blanc, ça semble même une idée complétement saugrenue...

Mais alors pourquoi rester fasciné par ce portrait, qui pourrait être celui d'un adolescent d'une Amérique profonde et conservatrice?

C'est que l'ambiguité a quelque chose d'envoûtant, que les questions induisent le mystère et que les certitudes rassurent. Sans doute que quelqu'un sortant à peine d'une retraite spirituelle de plusieurs années dans un monastère des Carpates, ou n'étant pas très observateur de la physiologie féminine, en voyant cette photo, ne saurat pas qu'il s'agit d'un mannequin féminin? Et dans ces conditions il sera sincèrement troublé par la beauté du jeune homme, aux longs cils et aux joues imberbes. Qu'on lui révèle que le personnage est une femme et peut être se renfrognera-t-il ou alors sera-t-il soulagé? De toute façon l'expérience bousculera ses convictions. Un instant il aura eu du désir pour une homme, celui d'après, de l'admiration pour cette femme et peut être la conscience qu'une personne, quelque soit son genre peut être aimée pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle représente...

Photo: Wildcart Photos

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 13 Mars 2015

Ouane dé maille prine swill come...

Je me rappelle bien avoir raconté une fois ma stupéfaction, étant invité à un mariage, de voir arriver la vedette du jour, autrement dit " l'épousée", avec un chignon qui pouvait rivaliser de hauteur avec la pièce montée qui nous attendait plus tard. La surprise n'était pas tant la taille du chignon mais le fait que la veille encore la mariée avait les cheveux presque aussi courts que les miens. L'anecdote m'avait tellement fait rire que la mariée avait faillit en prendre ombrage...

C'est marrant tout de même cette attachement quasi rituellique à des clichés surrannés...

Ce n'est pas la première fois que j'entend des commentaires du genre : " il faut que je me laisse pousser les cheveux, j'ai un mariage cet été " ou d'autre plus directement concernées qui disent n'attendre qu'une chose, une fois le mariage passé, c'est de pouvoir couper leurs cheveux.

J'arrive bien à concevoir que ces quelques restes de fantasmes infantiles puissent animer certaines jeunes femmes, qui se voient ce jour là dans la peau d'une princesse de conte pour enfant, mais voir cette débauche d'énergie et de moyens pour transformer son samedi en dessin animé de Walt Disney me dépasse un peu. Bref!

La question demeure... Peut-on être une princesse avec les cheveux courts?

Photo: Kate Middleton © Reuters

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 12 Mars 2015

Cicatrices

C'est le souvenir d'un âge turbulent, la marque chérie ou détestée d'un passé que l'on ne peut changer.

Bien sûr on peut toujours la dissimuler par quelques artifices, lui faire un voile avec ses cheveux longs, ou un maquillage habile. Ou bien l'accepter comme une empreinte, le souvenir de ce que l'on a été...

Souvent la main qui caresse s'arrête, un instant, sur ce trait de chair plus claire, et poursuit, peut être plus délicatement encore, l'exploration de cette peau fruitée, comme on déchiffre un document précieux. Il n'est pas besoin de question et qu'importe la réponse qui pourrait être faite. C'est juste un marque-page sur une histoire intime, glorieuse ou pitoyable.

Comme les guerriers du Nord, le jour venu, cette balafre si minuscule sera comptée et ouvrira peut être les portes du Whallala.

Le temps qui la patine lui donne toujours une certaine noblesse...

Photo: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 11 Mars 2015

L'imposteur

Je me donne parfois à moi même le sentiment d'être un escroc, ou pour le moins un cancre cédant à la facilité toujours, écrivant quelques lignes d'émotions avec des mots venus tout seuls, sans jamais développer trop profondémment les thèmes ni les idées.

Pourtant presque chaque jour l'envie me prend, à un moment de la journée, de m'attabler devant mon écran et si je n'ai rien prémédité, de fouiller l'Internet en quête d'une belle image qui pourrait stimuler mon imagination.

Et si je n'en trouve pas, je ne sais pas renoncer, alors dans ces moments là je me sens comme un imposteur, à faire quelque chose qui ne serait pas pour moi et ma propre satisfaction, mais pour "livrer un truc banal et sans grand intérêt", quelques fois à des lieues des humeurs et états d'âme d'un amoureux des femmes aux cheveux courts, la raison d'être de ce blog.

Mais voilà, c'est comme une drogue, ce besoin de voir que d'autres ce sont attachés aussi à lire ces lignes. Je sais que c'est stupide, parce qu'en réalité 80% ne s'intéressent qu'aux images qui sont produites et n'ont rien à faire de mes états d'âme. Mais voilà, c'est ma faiblesse. Comme si le trop plein d'émotion que j'ai pu déversé ici, le surplus d'affection dont j'ai pu faire preuve, avait maintenant besoin d'en trouver en retour. Etrange...

Il faut que je me ressaisisse avant que ces pages ne deviennent qu'un vulgaire repère de fétichistes incultes qui profitent de ma dilection pour nourrir leur propres fantasmes... ou que je disparaisse... Ou que j'attende d'avoir quelque chose d'intéressant à dire.

Photo: Kyle Deleu

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 10 Mars 2015

Branchée en série
Branchée en série

Je ne suis pas absolument fan des séries américaines, mais quand une amie me glisse un tuyau du genre : " Tu devrais jeter un coup d'oeil à cette série, un personnage va sûrement te plaire..." je n'hésite pas à sacrifier ma soirée.

Parce que franchement, les personnages féminins qui ont un rôle principal ça ne court pas spécialement les rues. Et quand, en plus, ce personnage est incarné par une femme aux cheveux courts, je marche.

Et du coup, je dois avouer que je suis bien séduit par cette Cameron Howe qu'incarne Mackenzie Davis dans la série "Halt & Catch Fire". Mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a un certain cliché à imaginer que toutes les femmes qui touchent leur bille en informatique seraient les petites soeurs virtuelles de Lisbeth Salander. Le profil ne me déplairait pas, mais je n'ai pas suffisamment de recul pour faire des statistiques sur le sujet.

Quoiqu'il en soit, la jeune femme, indépendante, totale geek, même si le mot n'existe pas encore en 1983, a de la détermination et l'allure d'un "tomboy" soulignée par une coupe de cheveux dont elle n'aurait pas le temps de s'occuper. Bohême quoi!

On raconte que c'est pour le rôle que Mackenzie Davis a coupé ses ( longs ) cheveux châtains. Sans doute que la production imaginait elle aussi que pour être une petite génie de l'informatique, une jeune femme devait avoir le look de celle qui ne se laisse pas marcher sur les pieds sans avoir fait sauter quelques molaires au passage... C'est peut être vrai après tout...

Branchée en série

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 9 Mars 2015

Une délicate attention

J'aime m'imaginer que les femmes aux cheveux courts qui prennent tant de soins à avoir leur jolie nuque toujours délicatement dégagée, finement ciselée ou soigneusement tondue, le font un peu aussi pour celles et ceux qui savent apprécier ce suprême raffinement, ces muet(te)s inconnu(e)s qui, comme à la devanture d'un joailler, se nourrissent l'âme et l'esprit de la vision d'une oeuvre précieuse...

Mais non, bien sûr. Ce plaisir là, s'il n'est pas égoïste, se partage seulement avec l'intime.

Alors imaginent-elles, ces femmes aux cheveux courts, éclabousser tant de bonheur en prenant soin d'avoir aux yeux de tous, leur nuque fraichement taillée? Peut être pas...

Si bien que c'est en ingénues qu'elles recoivent parfois ce compliment qui flattera leur légitime orgueil, ne soupçonnant pas qu'on puisse faire l'éloge de cette part de leur beauté qui leur est invisible...

Photo: Jack Oconnor

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 8 Mars 2015

A faire flamber des enfers dans tes yeux...

A faire pâlir tous les Marquis de Sade,
A faire rougir les putains de la rade,
A faire crier grâce à tous les échos,
A faire trembler les murs de Jéricho,
Je vais t'aimer.

A faire flamber des enfers dans tes yeux,
A faire jurer tous les tonnerres de Dieu,
A faire dresser tes seins et tous les Saints,
A faire prier et supplier nos mains,
Je vais t'aimer.

Je vais t'aimer
Comme on ne t'a jamais aimée.
Je vais t'aimer
Plus loin que tes rêves ont imaginé.
Je vais t'aimer. Je vais t'aimer.

Je vais t'aimer
Comme personne n'a osé t'aimer.
Je vais t'aimer
Comme j'aurai tellement aimé être aimé.
Je vais t'aimer. Je vais t'aimer.

A faire vieillir, à faire blanchir la nuit,
A faire brûler la lumière jusqu'au jour,
A la passion et jusqu'à la folie,
Je vais t'aimer, je vais t'aimer d'amour.

A faire cerner à faire fermer nos yeux,
A faire souffrir à faire mourir nos corps,
A faire voler nos âmes aux septièmes cieux,
A se croire morts et faire l'amour encore,
Je vais t'aimer.

Je vais t'aimer
Comme on ne t'a jamais aimée.
Je vais t'aimer
Plus loin que tes rêves ont imaginé.
Je vais t'aimer. Je vais t'aimer.

Je vais t'aimer
Comme personne n'a osé t'aimer.
Je vais t'aimer
Comme j'aurai tellement aimé être aimé.
Je vais t'aimer. Je vais t'aimer.

Photo: Creative Lens Photography

Texte: Gilles Thibaut

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 6 Mars 2015

Même pas peur

Moi je l'aime bien cette tendance. Franchement! Mais il faut avouer que pour le moment on la voit davantage aux Etats Unis que par chez nous.

Bien sûr je ne parle pas de la jeunesse audacieuse des 18-25 ans qui est toujours prête à faire bouger les lignes, à casser les codes.

Non je pense à ces femmes dans la trentaine qui n'ont pas peur de s'accaparer un style identifié jusque là sous une certaine étiquette.

Déjà qu'il n'est pas rare encore de soupçonner une femme aux cheveux courts d'être lesbienne, imaginez ce que l'on pourrait dire d'une femme qui se couperait les cheveux à la façon d'un jeune homme des années 50.

Et c'est là toute l'audace. Avoir suffisamment confiance en sa féminité et d'assurance en soi pour tenter un style qu'on aurait trop facilement tendance à attribuer à une communauté à laquelle on appartient pas forcément. Parce qu'il n'y a pas de raison à cela. Parce que être une femme aux cheveux courts c'est aussi tordre le cou à toute sortes d'idées reçues, de clichés et de préjugés.

Et mon coeur d'anti-sexiste se réjouit toujours de ces appropriations naturelles qui se font sans militantisme, juste par goût et par envie, sans se plier aux tabous et aux "classifications"

Photo: Grace Emily Skinner

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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