Publié le 12 Novembre 2012

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Il y a comme ça des matins où, en ouvrant mes volets, je découvre des images qui m'enchantent. Et à vrai dire je devrais me demander pourquoi. Ces photos, qui visiblement sont une illustration du savoir faire du styliste vedette d'un salon de coiffure de Vancouver, n'ont rien de très glamour ou même artistique. Ca tiendrait davantage de l'anthropométrie...

Ben pourtant la vision de cette jolie jeune femme me rempli d'allégresse de bon matin. Elle même, parce que ses traits me plaisent et cette coupe de cheveux que certain(e)s vont juger "trop" courte, "trop" masculine, "trop" sévère, eh bien moi je la trouve parfaite et terriblement sexy! D'abord parce que c'est du beau travail, un minutieux fondu dans le dégradé et puis justement parce que c'est très "masculin" et moi une jolie femme qui s'approprie le masculin de cette façon j'adore ça.

Pourtant je n'y vois aucune ambiguité, moi qui aime bien ça, parce que cette femme possède une féminité naturelle qui n'appelle pas le doute sur son genre et cette façon d'appuyer le trait sur son masculin en coupant ainsi ses cheveux me fait imaginer un caractère, un vrai. 

Et ça... J'adore!

 

 

 

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Réalisation: Aaron Brousseau

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 11 Novembre 2012

miekiss.jpg"C'était un lundi, il y avait "école" alors j'étais plongée dans mon quotidien, m'appliquant sur une page d'écriture sous le regard sévère de la maîtresse. Et puis, sur le coup de 11 heures subitement les cloches du village se sont mises à sonner, toutes, à la volée. C'était impressionnant parce que jamais je n'avais entendu un tel carillon. Les porte plumes se sont levés comme les regards, vers la maîtresse d'abord, puis vers l'extérieur... D'un seul élan je crois que nous nous sommes tous précitpités vers les fenêtres pour les ouvrir malgré le froid... Et là on a entendu aussi les cloches du village d'à côté, qui sonnaient tout pareil... Il y avait dans mon coeur un mélange d'inquiétude et de joie, ça faisait tant d'années déjà que le malheur nous poursuivait...

Et puis le garde champêtre est arrivé sur son vélo, avec son tambour sur les reins. Il pédalait comme un fou et manqua plusieurs fois de glisser sur la boue gelée de la rue. Et juste après lui les gens sont arrivés aussi... Il y avait tant d'émotion sur les visages que je ne savais pas encore s'il fallait rire ou pleurer. Le garde champêtre a fait rouler les baguettes sur son tambour et comme tout le monde était déjà attroupé autour de lui il a crié "La guerre est finie"..."

Elle s'appuie un peu sur moi, mais elle veut se tenir droite et dignement devant le monument de pierre. Il y a des militaires qui sont venus, des uniformes auxquels elle ne connait rien, des trompettes, des fanfares... Sur le revers de son manteau il y a ce petit bleuet quelle caresse distraitement de ses doigts noueux. Dans son regard, cette étincelle d'enfance qui vient de lui faire revivre ce récit qu'elle m'a murmuré... Sur la stèle de pierre elle fixe un nom...

 

Photo: Mea Kiss

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 10 Novembre 2012

Apollonia Saintclair

J'ai fini par me rendre compte que le trio que nous formions Frida, Laora et moi, qui se voulait un véritable laboratoire de la tolérance et de l'ouverture d'esprit, une expérience unique en matière de transparence et d'authenticité dans les rapports inter-genre et dont finalement je tirais un peu de vanité puisque j'en étais à l'origine, n'était peut être pas si idéal que ça. Mon rôle de coq en pâte, agitateur de moi, de surmoi et de ça était assez confortable il faut bien l'avouer et j'aurais pu me contenter de ce ronronnement libidinal.

Cependant un incident anodin en apparence venait de mettre ma bonne conscience en alerte. Profitant d'un weekend en duo, Laora qui n'était jamais la dernière pour m'entraîner sur les voies de la perdition, commença à me taner pour connaître mon goût sur la façon de tailler une toison pubienne... Bon, sur le coup je me suis dit qu'il n'y avait là rien qui relève du secret d'état et que c'était sans doute une bonne façon d'échauffer nos esprits avant une partie de jambes en l'air. 

Je livrais donc le fond de ma pensée et la brune lombarde proposa ni une ni deux, de soumettre son buisson intime à mon jugement. Si bien que nos ébats commencèrent ce soir là par une séance de coiffure un peu particulière où j'avais le rôle de directeur artistique et contrôleur des travaux finis, pendant que la chaude transalpine officiait seule...

Frida de retour d'un congrès sur l'opportunité des Tarots de Marseille en psychanalyse, s'enquit comme d'habitude de nos récentes occupations en son absence. Je restais coit et Laora se lança avec gourmandise dans le récit de nos ébats de la veille, aguichant de manière très féline notre amie des alpages tyroliens.

Laora "- ... Et pouis jouste avant j'ai taillé la minou comme il mé dit qu'il aime. Tou veux voir?"

Et sans plus de cérémonie, elle dévoile à la psy son intimité, lui expliquant la manière dont elle a tondu sa toison pour lui donner cette allure de petite moquette bien "brossée"

Et là, c'est le drame...

Ma Psy " - Eh pien che gonsdate que du d'indéreze auzzi à ce chenre de koivure" dit-elle à mon intention, puis s'adressant à l'italienne: " Himmelkreuz! Et tu as vais za afec la tondeuze qui zert à couper les chefeux? Mais z'est tékeulaze..."

Inutile de dire que cette dernière réflexion nous a laissé le regard dans le vide et la mâchoire sur les chaussures. Qu'est ce que cela pouvait être sinon l'expression d'une colère de jalousie camouflée sous un détail futile et de la plus évidente mauvaise foi.

En quelques mots, notre utopie communautaire venait de voler en éclats. Au lieu de profiter à son tour de l'enthousiasme et de la fraicheur inventive de Laora, Frida avait cédé à un sentiment tellement mesquin, tellement médiocre et tellement... humain. 

 

Dessin: Apollonia Saintclair

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 8 Novembre 2012

Militaire-copie-1.jpg

Oui bon j'avoue, cette fille n'est pas vraiment militaire, malgré sa combinaison de tankiste, ses dogtags pendus au cou et ses cheveux courts. C'est juste pour la photo... Bon mais quoi? Ca pourrait tout aussi bien non? Ouais enfin presque. Question charisme et belle gueule pas de problème, question fringues non plus. Mais question coupe de cheveux c'est pas encore tellement ça, en vrai.

La réalité c'est que l'institution n'est pas très favorable à l'idée d'avoir dans ses rangs des femmes qui se prendraient pour des hommes. Alors bien sur on fait dans le subtil ( si si ), c'est pas vraiment interdit, mais c'est pas recommandé. On préfère le petit chignon mignon et le filet qui retient tout ça au dessus du col de la chemise. Réglo!

Et puis d'un autre côté il y a aussi une certaine volonté de la part des intéressées, de jouer avec ce pseudo symbole de féminité que pourrait être les cheveux longs. Au boulot, no problemo et le soir girlie... Bon.

Moi, amoureux invétéré des femmes aux cheveux courts, fasciné un peu par les femmes en uniforme, j'aimerai bien qu'on cesse avec l'hypocrisie, qu'on laisse faire chacune comme il lui plait, sans pression et surtout que là comme ailleurs chacun soit à armes égales... 

 

Modèle: Stefania Kightley

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 6 Novembre 2012

Lindsay-Heath.jpg

Tu t'es cherchée durant des mois, des années peut être. Au début sans trop savoir quelle voie explorer, plongeant dans l'excès, mélangeant les ingrédients et forçant une personnalité qui t'était étrangère. Mais déjà là il fallait du courage. Tu as camouflé tes cheveux flamboyants sous des couleurs improbables, percé, clouté, agrafé ta chair, tatoué ta peau et hurlé ton angoisse au monde entier... qui n'a prêté aucune attention à ton désarroi.

Tu as avancé seule et tu ne t'es pas perdue. Un jour tu t'es senti apaisée. Finie la bagarre, finies les panoplies. Comme une ardoise magique tous tes tourments sont effacés le jour où tu décides d'être toi même. Tu retrouves ta nature, tu t'appropries ton corps, tu coupes tes cheveux qui flamboient de nouveau...

Aime toi, aime toi!

 

Modèle: Lindsay Heath par Rasul K Welch

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 4 Novembre 2012

Courtney-McCullough.jpg

Le débriefing après une mission qui a échoué n'est jamais une partie de plaisir mais Tao s'en était bien tirée, faisant face avec détermination pour expliquer ses choix et les conséquences qu'ils avaient entrainés, ce combat de rue et l'abandon de l'objectif. Le Service avait conclu finalement que l'attitude avait été la bonne, que la mission n'avait pas été compromise et que donc tout cela n'était que partie remise...

Partie remise... ils en avaient de bonnes, vraiment. Comme si il suffisait de remettre la bobine à zéro et d'appuyer sur "play". Depuis son retour de Beyrouth, Tao était tourmentée, revivant chaque nuit ce combat et méditant sur la Mort avec qui elle avait fait cette danse dans la ruelle d'Achrafieh. Physiquement il n'en restait qu'une balafre sur le haut de son bras, le première, disait elle en fanfaronnant presque fiérement.

En réalité elle était profondément marquée par cette aventure. "Tu vois c'est grâce à elle si je m'en suis sortie". Dans sa volonté de suivre les traces de Moïra et l'espoir de la venger un jour, elle avait elle aussi adopté cette façon de se couper les cheveux très courts. "Chaque fois je pense à ça. Si j'avais eu les cheveux longs il m'aurait égorgée..."

Ce soir là en lui ouvrant la porte je l'ai découverte sublime, en pantalon de cuir et débardeur blanc, son Perfecto sur l'épaule. L'image était la même que celle que j'avais gardée de Moïra le jour de notre rencontre en Bosnie. Tao avait rasé ses cheveux, gardant une brosse soyeuse sur le sommet et formant une petite houppe sur son front, la nuque et les côtés parfaitement dégradés. A peine entrée elle abandonna son blouson et colla ses lèvres aux miennes, me forçant à reculer, repoussant la porte d'un coup de botte. Dans ce baiser il y avait autant de conviction que dans un combat à main nues, une envie extrême de se sentir vivante, un besoin d'amour qui chasserait le spectre de la mort...


Photo: Courtney McCullough par Ezra Spurrier

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Publié le 3 Novembre 2012

All-The-Clocks-Are-Broken.jpg

L'air tiède qui caresse la peau, la peau qui se réchauffe aux rayons du soleil de midi et régulièrement, la vague qui vient mourir jusqu'aux épaules et rafraîchir délicieusement tout le corps. La tête libre, étirée tout au bout de ce corps relaxé, centimètre carré par centimètre carré et chaque fois que la vague se retire le sentiment de creuser une empreinte dans le sable humide. Juste le vacarme du ressac et le rouge intense à travers les paupières closes, la respiration calme et mesurée...

Alors on se dit que ce moment d'extase et de plénitude on va l'engranger pour s'en souvenir dans la grisaille quotiienne, qu'il suffira de fermer les yeux et de relâcher ses épaules pour retrouver une bribes de ce moment là...

Une petite jouissance, comme celle ressentie lorsque le réveil sonne et que l'on peut lui tourner le dos parce qu'on sait qu'on peut rester sous la couette.

Un petit bonheur comme celui de retrouver son coiffeur qui a su si bien sculpter notre image et nous rendre un peu d'orgueil...

Et l'on se dit qu'on aimerait bien sauter ainsi et traverser notre vie comme on le ferait d'un guet, de pierre en pierre, de petits bonheur en petit bonheur...

 

Photo: Thomas Longo

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 1 Novembre 2012

Israel_Rivera-09.jpg

Une silhouette longue et mince, le torse nu, mais de dos personne ne se rend compte. Cela l'amuse, elle. Enfin, cela l'amuserait si elle y prêtait attention, mais c'est naturel chez elle. Tout comme sa façon de s'habiller, quelques fois avec des vêtements d'homme, mais pour elle ce sont juste des vêtements qui lui plaisent, ils n'ont pas de genre... un peu comme elle. Et puis ses cheveux courts, toujours plus courts disent certains, comme si elle le faisait exprès pour troubler les esprits, pour s'amuser de voir les bouches bées au moment de dire bonjour, des interlocuteurs plongés dans un doute qui les fait hésiter entre monsieur ou madame.

Elle est pourtant l'harmonie parfaite entre le Yin et le Yang, comme l'être légendaire et fabuleux de l'Âge d'Or... Mais elle s'en moque, loin de considérer qu'elle est le maillon supplémentaire de l'évolution qui ménera l'humain à vaincre cette schyzophrénie qui le condamne à lutter entre le masculin et le féminin, attisée par l'éducation rigide qui l'oblige selon ce que la biologie lui aura mis entre les jambes, à devenir dominateur et menaçant ou dominée et docile.

Et elle, qui est parvenue à faire la paix avec son masculin et son féminin, c'est bien elle qui est sur la voie de l'harmonie universelle, la voie de l'Androgyne qui abolira la peur de chacun vis à vis de l'autre. Cet obstacle abattu un amour différent, quelque soit sa forme, sera transcendé puisqu'il n'appellera que les âmes à partager le plaisir à travers les corps, mâles ou femelles. Ainsi le genre qui aujourd'hui conditionne tant notre vie ne sera plus qu'un élément biologique quelconque et d'un intérêt mesuré concernant la procréation. L'Amour est autre chose.

 

Photo: Israel Rivera

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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