Publié le 18 Décembre 2011

MJozef

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, 
 Je respire l'odeur de ton sein chaleureux, 
 Je vois se dérouler des rivages heureux 
 Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ; 
    
 Une île paresseuse où la nature donne 
 Des arbres singuliers et des fruits savoureux ; 
 Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, 
 Et des femmes dont œil par sa franchise étonne. 
    
 Guidé par ton odeur vers de charmants climats, 
 Je vois un port rempli de voiles et de mâts 
 Encor tout fatigués par la vague marine, 
    
 Pendant que le parfum des verts tamariniers, 
 Qui circule dans l'air et m'enfle la narine, 
 Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

 

Parfum exotique - Les fleurs du mal - Ch. Baudelaire

Photo: M Jozef

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost0

Publié le 17 Décembre 2011

Harmony.jpg

Je me demande toujours si j'ai raison de me livrer totalement comme je le fais avec Frida. Compte tenu de nos rapports et de la relation à trois que nous entretenons Laora, elle et moi. A chaque fois, plusieurs semaines s'écoulent et tout à coup patatras, Laora me sort une réflexion, une attitude, un mot même que j'aurais échangé avec ma thérapeute. Et justement, quelques temps après ma dernière consultation durant laquelle ma fridoline adorée m'avait raconté un de ses fantasmes d'ordre plutôt sado que maso, je retrouvais ma piémontaise, plus désirable que jamais, à peine sortie de chez son coiffeur qui lui avait parfaitement tondu les cheveux tout en laissant un masse énorme sur le dessus, qui lui faisait une crinière dans laquelle on retrouvait le souvenir de son opulente tignasse d'antan.

Moi "- Bon sang chevreau! Mais tu es terrible comme ça.

Laora - Tou aimes darling? En tout cas moi jé l'adore. C'est tout dans lé countraste. Jé voulais qu'il mé rase plousse, ma finalémente c'est esstra coumé ça.

Moi - Je te crois mon chamois, tu es superbe. Pas très conventionnelle, mais superbe.

Laora - Et attends amore mio, tou n'as pas tout vou. " Dit-elle en m'entraînant dans la chambre. Là, me tournant toujours le dos elle laisse glisser à ses pieds sa robe de voile sans laquelle elle m'apparaît intégralement nue, puis, lentement se retourne et me fait face...

Moi " - ..... Je.... Oh mon dieu!

Laora - C'est comme tou aimes no? Pareil qué mes chéveux..."

Comme toujours, au lieu de me satisfaire du spectacle qui s'offrait à mon regard, de cette toison délicieuse, douce et fournie qu'elle avait fait raser pour ne garder qu'une courte moquette parfaitement peignée, stupidement l'idée de savoir qui avait réalisé l'ouvrage attisa ma jalousie. Cependant, la vision de ce buisson si délicieusement taillé éveilla en moi un instinct primaire dont l'expression physique n'échappa nullement à la ragazza. Elle m'arracha à ma torpeur en faisant de même avec mes vêtements.

Modèle: Harmony Boucher

Photo: Sean Gleason

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

Repost0

Publié le 16 Décembre 2011

shorn-nape-5.jpg

Je n'y peux rien, qu'on me pardonne, mais je ne peux pas m'empêcher en traversant la foule, de balayer du regard les gens que je croise, de face ou de dos, faisant un tri rapide entre les genres, me concentrant davantage sur les femmes et inspectant d'un oeil critique leur coiffure. Et pis quoi? Il n'y a pas de mal à cela. Au contraire, cela me donne le sentiment de ne pas passer à côté de mes contemporains sans même les voir, le regard fixé sur mes chaussures, pas moches à regarder j'en conviens, mais beaucoup moins attractives que l'objet de ma dilection.

Avoir le temps, quel luxe! Dans ma ville du Sud se trouve à la fois une densité et une qualité de population qui, pour celui ou celle qui sait le prendre et observer, offre toujours de belles surprises.

Pour ma part je ne manque jamais, si les circonstances le permettent, d'adresser un sourire ou même d'engager la conversation avec la personne qui aura retenue mon attention. Je sais reconnaître une coupe de cheveux fraîchement réalisée, un coup de ciseaux de professionnel, l'utilisation d'une tondeuse domestique, j'aime le style, l'audace dans le bon goût et l'harmonie d'une coupe bien faite. Comme un radar mon regard accroche l'allure de ces deux filles qui se tiennent par la main, chassant de temps en temps la mèche qui leur barre le visage à l'une comme à l'autre telles des jumelles, celle qui profite de la pause pour faire un peu de lèche vitrine, jetant un coup d'oeil discret sur son reflet puis glissant ses cheveux derrière une oreille, ou encore celle-ci qui se laisse embrasser et qui semble adorer la façon dont son compagnon caresse sa nuque toute tondue...

Quand je le veux, je vis dans un monde merveilleux où les jolies femmes m'offrent à regarder ce que leur coiffure dit d'elles et je devine leur vie, leur caractère et leur humeur...

Malheureusement parfois je me trompe et mon enthousiasme se fait proprement rembarrer par celle qui s'imagine importunée par un homme qui ne cherche, elle en est sûre, qu'une aventure. Et qand bien même? L'aventure humaine, de nos jours, c'est parfois aussi exaltant que l'exploration de terres inconnues...

Allez, si un inconnu vous arrête dans la rue pour vous faire un compliment sur votre coupe de cheveux, ne le prenez pas mal. C'est juste l'amoureux des femmes aux cheveux courts qui passe par là...

 

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost0

Publié le 13 Décembre 2011

dreamshots.jpg

Dans un chuintement de soie le chemisier à coulé sur ses épaules, dévoilant à la lumière du jour la peau satinée. Du regard simplement, il a enveloppé le corps dénudé mais irrésistiblement sa main a frôlé le corps duveté. D'un doigt il a remonté le sillon vertébral. Elle s'est cambrée, mais lorsque la main s'est posée sur son épaule frileuse elle a penché la tête, offrant à son assaillant la vision tant espérée. Sur son cou solide la peau brune avait une pâleur émouvante, là où les cheveux habituellement la préservait du soleil. Et sous le noir de jais de sa chevelure souple, la nuque apparaissait presque tondue. Le corps frémissait, se soulevant au rythme plus rapide de la respiration lorsqu'elle senti son souffle sur les cervicales, juste avant qu'il ne dépose un baiser. Alors comme une risée sur l'onde, la chair se hérissa et le corps lentement se mit à onduler. Accompagnant les baisers, la main caressait doucement les cheveux ras à leur implantation, excitant la pulpe des doigts qui dessinaient le contour de la coupe sur la peau de satin. La tiédeur se mêlant au parfum, il fermait les yeux renonçant à la vue dans cet empire des sens. Pourtant le spectacle de cette nuque affolante demeurait malgré les paupières fermées et les mains parcouraient le corps, fébriles, et les lèvres se nourrissaient de cette peau délicatement mise à nu quand les cheveux soyeux l'enivraient de leur parfum naturel...

Le sang qui leur battait aux tempes irradia d'un seul coup les deux corps et leur désir devint impérieux. La main caressante empoigna la chevelure, cambrant la nuque et le corps tout entier quand leurs lèvres se happèrent comme pour se dévorer l'un l'autre avant de s'abandonner à la délicieuse luxure... 

Photo: Joseph

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost0

Publié le 13 Décembre 2011

western family

C'est extraordinaire de voir comment les médias dans les années 50 sont capables de traiter de la mode et de ses diktats. Prenons un exemple. Western Family Magazine. Une sorte d'institution nationale de l'Amérique conservatrice, un genre de "Jour de France" d'outre mer. A cette époque quelques stars d'Hollywood donnent l'exemple: Ingrid Bergman après "Pour qui sonne le glas" et "Jeanne d'Arc", Kim Novak, Audrey Hepburn et les "Vacances romaines"... Alors l'américaine moyenne se doit-elle de suivre cette mode? C'est la question que pose le magazine en août 1951. Et l'illustrateur en quelque sorte donne la réponse sur la couverture. Cheveux longs ou cheveux courts? Eh bien c'est court, mais en pleurant. Parce que forcément cela ne peut pas se faire dans la bonne humeur, pas une seule seconde vous ne pouvez imaginer faire ce choix délibéremment et avec enthousiasme. Il faut être à la mode quoi qu'il en coûte et renoncer à ses cheveux longs mais dans les larmes. Comment pourrait-il en être autrement?

Mais finalement, l'essentiel c'est bien que le magazine, sans le vouloir vraiment, donne un légitime prétexte à la jeune femme du fin fond de l'Oregon, ou d'ailleurs, pour filer chez le coiffeur se faire couper les cheveux, simplement parce qu'elle en a l'envie.

Etonnant non?    

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost0

Publié le 11 Décembre 2011

2cpsspl.jpg

La vie de Tao avait repris un cours moins tumultueux depuis que son "ami" russe avait été contraint de filer en urgence, faisant convoyer son yacht vers un port de Sardaigne, plus sûr à ses yeux que les ports de la Côte d'Azur.

Elle avait hâte de s'installer dans son propre appartement même si elle savait me montrer une sorte d'affection pour le service rendu. Mais Tao me l'avait dit sans détour, les hommes lui étaient indifférents. Cependant je ne voulais pas qu'elle disparaisse de ma vie. Elle demeurait le seul lien que j'avais à présent avec Moïra. Aussi nous nous retrouvions de temps en temps pour déjeuner ou dîner. Elle avait un style garçon manqué auquel je n'étais pas indifférent.

Le "criblage" que j'avais malgré tout commandé à la Boîte concernant Tao n'avait laissé apparaître aucune faille, ni soulevé aucun doute. Elle était japonaise et mannequin, travaillait en Europe et aux États Unis et vivait à Paris depuis un an. Elle avait rencontré Moïra à Milan, mais rien dans la note n'indiquait ce contact...

Je me pris à imaginer son recrutement compte tenu de ses rapports avec Moïra qui aujourd'hui était un agent israélien d'importance.

Plusieurs semaines s'écoulèrent avant que Tao ne m'annonce un jour qu'elle devait retrouver Dorothée à Paris le soir même... 

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

Repost0

Publié le 10 Décembre 2011

Untitled-1

Il faut que je vous dise... A quel point je suis ravi de découvrir chaque matin le petit bloc de couleur bleue, là sur la droite, appelé "sondage". Il n'a l'air de rien ce petit carré bleu, mais finalement depuis qu'il est là il montre assez bien et de manière significative la fréquentation générale du blog dans le temps.

Bon, pour être tout à fait efficace il mériterait sans doute une analyse sociologique façon sondage d'opinion, mais comme en fait il ne cherche pas du tout à être efficace ça tombe bien... Cela sert juste à me rassurer en me montrant que tout ce que je peux raconter sur ces pages n'attire pas uniquement une seule catégorie d'êtres humains et 15 extraterrestres. Evidemment tout cela reste très subjectif hein! Mais de savoir qu'autant de femmes que d'hommes viennent ici passer quelques minutes en lisant ma prose ou pour regarder la photo du jour, cela me rassure.

Pour tout dire, ce qui me plait c'est de voir que les femmes sont très souvent en majorité. C'est pas un concours non plus! Et puis de voir la catégorie "mixte" ne pas faiblir, c'est encourageant aussi. Les deux mon capitaine, ça peut englober tellement de gens finalement...

Aujourd'hui ou demain il y aura 1000 votes enregistrés, tout comme dans quelques jours il y aura 1000 articles écrits sur le blog. On approche du million de pages vues. Dit comme ça, c'est un peu brutal, mais à mes yeux ce sont quand même des chiffres hallucinants... Pour quelque chose d'aussi futile, finalement...

N'empêche! 

Photo: Nicolas Routzen

Models: Harvey Haidon & Emily Wroe

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost0

Publié le 8 Décembre 2011

P1000488-copie-1.jpg

P1000482.jpgCharlotte est une fille précoce et les cheveux courts, on peut dire que ça lui est tombé dessus d'un coup. Il y a trois ans, à Londres, une amie l'entraîne, en sortant d'une fête un peu arrosée, à pénétrer à sa suite dans un salon de coiffure. Les deux jeunes filles ont les cheveux très longs. La tondeuse ne laissera que quelques centimètres à l'une et l'autre.... 

La surprise est un peu rude pour tout le monde, mais voilà, c'est une vraie révélation et depuis ce jour, les cheveux courts c'est Charlotte et Charlotte c'est les cheveux courts. A peine quelques tentatives , en trois ans, pour les laisser un peu repousser, mais rien à faire, c'est sa vraie nature. Un tourbillon cette Charlotte. 

L'après midi est ensoleillée. Nous nous retrouvons à la terrasse d'un café, elle arrive, ôte son casque Sony, claque la bise. Elle a déjà "feuilleté" le blog, elle aime. C'est un réel plaisir de discuter avec elle pendant presque une heure. Elle raconte les différentes colorations, les différents styles...

P1000489.JPG

Sa maturité m'épate. Elle sait déjà depuis longtemps que sa féminité ne se mesure pas à la longueur de ses cheveux. Elle sait aussi que l'essentiel est de se plaire à soi même pour plaire aux autres et qu'il faut laisser les grincheux à leur mauvais caractère.

La coiffeuse c'est sa cousine, alors c'est quand elle veut, quand ça lui chante. Et ça tombe bien parce que Charlotte c'est de l'eau vive. L'heure arrive, elle se lève et m'embrasse, recolle son casque sur ses oreilles et file dans la foule, avec allure, la belle allure d'une femme aux cheveux courts.

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost0

Publié le 7 Décembre 2011

Ozgur-Biber.jpgQuand tes cheveux s'étalent

Comme un soleil d'été
Et que ton oreiller
Ressemble aux champs de blé
Quand l'ombre et la lumière
Dessinent sur ton corps
Des montagnes des forêts
Et des îles aux trésors

Que je t'aime, ...

Quand ta bouche se fait douce
Quand ton corps se fait dur
Quand le ciel dans tes yeux
D'un seul coup n'est plus pur
Quand tes mains voudraient bien
Quand tes doigts n'osent pas
Quand ta pudeur dit non
D'une toute petite voix

Que je t'aime,...

Quand tu n'te sens plus chatte
Et que tu deviens chienne
Et qu'à l'appel du loup
Tu brises enfin tes chaînes
Quand ton premier soupir
Se finit dans un cri
Quand c'est moi qui dis non
Quand c'est toi qui dis oui

Que je t'aime, ...

Quand mon corps sur ton corps
Lourd comme un cheval mort
Ne sait pas ne sait plus
S'il existe encore
Quand on a fait l'amour
Comme d'autres font la guerre
Quand c'est moi le soldat
Qui meurs et qui la perds

Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime
Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime !

 

Paroles: Jean Renard

Photo: Ozgur Biber

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost0

Publié le 6 Décembre 2011

rebekka2.jpg

Elle était un peu fébrile en arrivant à la maison. Tout au long du chemin elle n'avait cessé de chercher son image, à travers les vitrines, dans le regard des gens. Le changement était radical, la transformation gigantesque. Elle avait enfin osé, avait surmonté sa peur, s'était mordu la lèvre un moment, angoissée de voir ses cheveux dégringoler en longues mèches devant elle. Puis au bout du compte, de ce visage qu'elle croyait connaître à force de le voir chaque matin dans son miroir, elle découvrait les yeux, la bouche, l'arête du nez, des détails mais aussi l'essentiel. Sa petite tête lui offrait en cadeau sa véritable physionomie et elle s'aimait davantage. Acceptée par elle même, elle avait hâte de l'approbation des autres...

Cent fois elle a passé la main sur sa nuque presque nue. A la maison l'accueil a été chaleureux: "Oh ça te change!" "Oui, ça te va bien" " Tiens? Tu as été chez le coiffeur?"... Et puis quoi? C'est tout? Son appréhension s'est transformée en angoisse. Elle avait peur de ne plus plaire, peur des critiques, peur d'un regret... Elle n'avait pas pensé à l'indifférence. Cette acte qui était suprême à ses yeux, ce Rubicon franchit, cette page tournée cette nouvelle naissance n'était accueillie que par quelques banalités consensuelles. Savaient-ils seulement tous les sentiments, tous les états d'âme qu'elle avait traversé? Imaginaient-ils que cela soit si futile de se couper les cheveux, si courts, d'avoir peur de perdre toute féminité, de ne plus être "attractive"?

Du coup, elle percevait tout le poids, toute la force de la routine qui pouvait constituer son quotidien. Pour un peu on ne la voyait plus. Sa présence suffisait à rassurer son monde, qu'importe qu'elle soit elle même ou une autre... La tristesse l'envahit lorsqu'elle imagina que l'amour avait peut être disparu...

Modèle: Rebekka Martic

Lire la suite

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost0