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Les Affranchies

Laora renait

16 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

romy-par-Pedro-Marlin.jpgInutile de vous dire que les événements qui ont suivis, juste après la tonte de mon chevreau transalpin, ont été d'une intensité inégalée sur l'échelle d'Aphrodite sur qui on peut compter en matière d'amour charnel, de luxure et de débauche...

Nos esprits remis et nos chairs épuisées, Laora se lança dans un monologue à peine sussuré à nos oreilles.

Laora " - Cé qué jé vécou là avé vous, cé plou fort encore qué cé qué jé fantasmé dourant des années... Jé l'avé raconté à Frida ma pas tutti et toi jé crois qué tou l'as déviné...

Moi - ....Le secret professionnel sans doute, hein Frida?

Laora - Ma ça fait rien jé té raconte l'histoire... Quand j'étais una bambina, mon père il voulait oune garzon et toujours il faisait pleurer ma mère parcé qué jé dévais être habillé comme oune garzon et il me coupait les chéveux rasés avé la machina. Ma jé m'en fiche parcé qué j'étais le garzon manqué, jé bagarrais avé les autres et tout. Ma après quand jé déviens plou grande c'est très doure d'accépter toujours ça. Jé voulais les robes, jé voulais aller danser comme les autres ragazze.Ma jé faisais la mécanique avé mon père et loui il mé rasait les chéveux tout le temps. Dans la cuisine il mé metait oune drap sour moi, et moi pour pas plourer sous lé drap jé mé mastourbais et même oune fois jé failli jouir pendant qu'il mé rase la tête. Et j'avais toujours honte dé ça depouis toujours... Et pouis quand jé 15 ans ma mère elle divorce et jé pars avec elle. Mon père il meurt et moi jé peux enfin dévénir oune femme. Mais toujours jé voulais révivre ça mais dans lé plaisir et là c'était essraordinaire tellement jé jouis avé vous.

Moi - Chevreau...

Ma Psy - Et du gonde les vaire bouzer engore?

Laora - ...Hummmm jé sais pas... on va voir."

 

Photo: Romy par Pedro Marlin

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Un jour à New York

15 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Hanaa Ben Adesslem

Bon sang, j'avais la tête comme un compteur en débarquant à JFK et c'était pas la conversation du chauffeur de taxi qui allait arranger ça. Ce salaud jurait comme un bosco sur le pont de son trois mats en se faufilant dans la circulation de Madison Avenue et mon vocabulaire dans ce domaine ne me permettait guère de lui faire la conversation.

Arrivé à destination, j'allais me diriger à pieds vers Grand Central Station quand j'ai vu débarquer cette fille de son taxi. Bon sang d'bois! Elle avait sacrément du chien avec son jean et son Perfecto. Des jambes de deux mètres de haut, plantées dans des Doc's et le sourire Ultra brite. Je l'imaginais tout de suite mannequin, allez savoir pourquoi? D'autant que sa coupe de cheveux de garçonnet, bien dégagée derrière les oreilles et raie sur le côté, collait mal avec l'image que j'avais du top model. Au diable préjugés et idées reçues. Je devais avoir l'air sacrément con, planté sur le trottoir à la regarder parce que ça l'a amusée et elle ma laché son sourire n° 5 qui m'a carrément liquéfié. Elle n'avait pas de bagage, a claqué la portière du Yellow Cab et s'est engouffrée dans l'immeuble voisin, 404 Park Avenue si je me rappelle bien...

Le temps que mon coeur reprenne un rythme normal, je me suis mis en route vers mon rencart.

Comme aurait dit mon chauffeur de taxi: " This f****** chick has made my f****** day!"

 

 

Photo: Kamel Lahmadi

La f******* nana: Hanaa Ben Abdesslem

 

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Du tempérament

15 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

1920s_girl_getting_her_hair_cut_10_04_17.jpg

Aujourd'hui encore, quand je discute avec ma boulangère, je me rends bien compte que pour certains esprits étroits, les femmes qui s'assument et qui se permettent d'être elles mêmes dérangent encore. Ca fout les j'tons, non? Surtout quand on s'imagine que cela fait bientôt 100 ans que la tendance a commencer à prendre de l'ampleur provoqué, et en cela les guerres ont toujours eu des effets secondaires étonnants, par la Première Guerre Mondiale. Des exceptions il y en a toujours eu à travers l'Histoire. Connues ou pas des femmes ont toujours pris le contre pied du rôle que de manière ancestrale les hommes ont voulu leur faire jouer. Mais ce ne furent que des exceptions.  En 1918 dans le monde occidental les chose bougent un peu, parce que depuis 4 ans les femmes d'Europe "font tourner la boutique"

Aujourd'hui Lola a décidé de faire couper ses cheveux, bien courts, comme un garçon. Evidemment à peine entrée dans le salon de coiffure, tous les hommes présents se retournent, étonnés, suspicieux, fronçant le sourcil même. Lola ne se démonte pas. Sa détermination elle l'a déjà éprouvée et deux ou trois vieux messieurs ne l'effraient pas, au contraire, cela l'amuserait presque. Cela n'empêchera pas les vieux messieurs de penser qu'elle est une délurée, provocatrice...Mais secrètement, combien penseront que cette femme libre est tout de même bien attirante?

 

Cette scène avait lieu en 1920... Mais c'est parfois encore la même scène qui se joue aujourd'hui dans certains coins de notre civilisation.

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Soleil couchant

14 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

janvaris.jpg

Juste à ce moment là, le soleil traversant la persienne éclaira sa nuque, là, juste là où ses cheveux fraîchement tondus brillaient comme le pelage du chat, soyeux et attirant la caresse. L'ombre et la lumière dessinaient le relief de cette nuque juvénile, fine, musclée. Irrésistiblement cette vision faisait naître le désir en lui, l'envie aussi, celle d'étreindre ce corps, de serrer cette silhouette tout contre lui, de sentir sa joue, tendre comme la peau d'un fruit et de recueillir dans sa main la délicieuse caresse des cheveux ras lorsqu'elle laisserait aller sa tête à la renverse. Et ce désir il ne le comprenait pas. Il ne savait pas pourquoi, depuis qu'elle se coupait ainsi les cheveux, toujours plus courts, pourquoi il l'a désirait chaque fois davantage. Et puis qu'importe Puisque ce mystère me dépasse feignons d'en être l'organisateur avait dit un auteur, un prétexte suffisant pour lui, pour chaque fois, et peut être de plus en plus fréquemment lui demander quand elle irait à nouveau chez le coiffeur...

Photo: Ksenia Janvaris

Citation: Jean Cocteau

 

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Sunday morning

13 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

meralcrifasi.jpg

Cela l'amusait toujours beaucoup de lire les titres des magazines. L'accroche lui suffisait et en général la photo qui l'accompagnait était assez explicite. Les turpitudes des "beautiful people" ne parvenait pas à l'émouvoir. Autant d'artifice et de superficialité pouvaient lui sembler incongru parfois, lorsqu'elle était de mauvais poil, mais là, cela l'amusait. Le soleil qui inondait Londres depuis plusieurs jours laissait croire définitivement au beau temps et l'humeur allait avec. C'était  nouveau pour elle, sentir cette chaleur sur sa nuque. Elle n'avait jamais osé auparavant, pourtant à chaque fois qu'elle allait chez son coiffeur l'idée lui traversait l'esprit. Mais elle se contentait de faire " comme d'habitude", un carré un peu long, juste au dessus des épaules. Et puis là, elle était parvenue à dicter son envie, sans attendre que le coiffeur sûr de lui, ne lui demande s'il devait faire "comme d'habitude", elle avait respiré à fond et avec son plus beau sourire elle avait expliqué tous les détails de la coupe qu'elle désirait. Les premiers mots lâchés l'avaient libérée et elle avait pris les choses en main. Voir les lames des ciseaux claquer juste sous le lobe de son oreille l'avait un peu émue, sentir sa nuque se dénudée sous le passage de la tondeuse l'avait fait frissonner, découvrir son visage sous ce casque bien net l'avait amusée et elle était ravie du résultat. Et ce dimanche matin dans les rues de Camden elle savourait le plaisir nouveau du soleil sur sa peau  et de l'air tiède qui caressait sa nuque. Celui aussi de se sentir nouvelle sous le regard des autres et fière d'être elle même...

 

Photo: Meral Crifasi

 

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Cinéma

12 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses

Chanel-Paris-Fashion-Week-Ready-Wear-W-09-GERVstEGUznl.jpgSur l’écran noir de mes nuits blanches,
Moi je me fais du cinéma
Sans pognon et sans caméra,
Bardot peut partir en vacances:
Ma vedette, c’est toujours toi.

  Pour te dire que je t’aime, rien à faire, je flanche:
J’ai du cœur mais pas d’estomac
C’est pourquoi je prends ma revanche
Sur l’écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma.

D’abord un gros plan sur tes hanches
Puis un travelling-panorama
Sur ta poitrine grand format,
Voilà comment mon film commence,
Souriant je m’avance vers toi.

Un mètre quatre-vingts, des biceps plein les manches,
Je crève l’écran de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma,
Te voilà déjà dans mes bras,
Le lit arrive en avalanche...

Sur l’écran noir de mes nuits blanches,
Où je me fais du cinéma,
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois
Je recommence la séquence
Où tu me tombes dans les bras...

Je tourne tous les soirs, y compris le dimanche,
Parfois on sonne; j’ouvre: c’est toi!
Vais-je te prendre par les hanches
Comme sur l’écran de mes nuits blanches?
Non: je te dis "comment ça va?"

Et je t’emmène au cinéma...

 

Modèle: Anna Mouglalis

 

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Et vous trouvez ça drôle?

11 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

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Sommes toute, il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. Mais alors pourquoi cela restait-il collé dans son esprit comme un arrêt sur image? Après tout ce n'était pas la première fois qu'elle s'interrogeait sur son image. Et puis peut être que ce vieux bonhomme avait une mauvaise vue. Bon d'accord, elle avait un corps plutôt longiligne, façon de dire qu'il n'avait pas les formes conventionnellement requises pour être qualifiée de femme plantureuse. Pas de problème. D'accord elle avait un peu tendance à s'habiller confortable, plutôt jean-tshirt que robe à falbalas, ok. Et puis peut être que ces lunettes à grosse monture lui donnaient un air un peu sévère, allez savoir? Elle trouvait plutôt que ça lui donnait l'air un peu intello, sérieuse, mais bon... Et puis quoi?  Les cheveux courts? Oh ben ils n'étaient pas si courts quand même, enfin pas au point que cela seul suffise à l'appeler "jeune homme". Non décidemment elle n'arrivait pas à avaler ça. Il y avait bien une dernière hypothèse, un genre de provocation, de la part d'un vieux grincheux, un vieux réac' qui a encore du mal à supporter que les femmes ne soient plus au foyer. Oui, elle ne voyait que ça. Et du coup elle se sentait rassurée en pensant cela. Et pour se venger de la bêtise de cet homme là qui, c'est sûr, avait fait exprès de lui donner du "jeune homme" elle décida d'aller illico chez son coiffeur...

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Je me rends!

10 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Fevrier-2011-2879-633x949.jpgJe n'arrive pas à résister. La première fois que j'ai vu cette fille sur un blog de streetstyle, j'ai été conquis. Ma fougue et mon empressement m'ont sans doute fait faire des erreurs dans l'approche amicale que je voulais tenter avec elle, accessible bien sur et quasi personnage public puisqu'elle apparait dans beaucoup de blog de mode et possède même le sien propre. Bref toujours est-il que je me suis un peu pris les pieds dans le tapis avec elle et je le regrette. Mon amour propre en a pris un coup et depuis je tentais de résister à l'envie d'illustrer mes articles avec sa jolie frimousse en guise de représaille. Mais le seul puni c'est moi et j'ai horreur de l'autoflagellation.

Aussi voilà, toute honte bue, je fais mon mea culpa. Je trouve dans ce visage, ce regard, ces sourcils bien dimensionnés un héritage de Audrey Hepburn et souvent les commentaires font des références toutes aussi élogieuses, je ne suis pas original. Par ailleurs cette coupe de cheveux est pour elle comme une marque déposée, un style qui lui appartient et qui démontre la qualité de son caractère affirmé.

Etudiante à ESMOD Paris Anne Catherine est luxembourgeoise ( Hello Geo! ) et fera sans doute parler d'elle dans la mode.

Photo: Anne Catherine Frey par  Eirik Slyngstad

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Frida met les pieds dans le plat

9 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Ma Psy et Moi

100_1144.jpg

A peine arrivée, la prussienne a transformé ce qui aurait pu être un moment intime intense, voir se prolonger dans la sensualité et le stupre, en une mise en scène tendance sado-maso, dont le dialogue était particulièrement réhaussé par son accent rauque et guttural.

Elle enveloppa le corps nu de Laora d'un drap blanc, noyant complètement la chair et ne laissant apparaitre que la tête. D'une main ferme elle saisi le menton, relevant le visage de l'italienne, et fit une moue en inspectant la coupe

Ma Psy " - Il vaut kouber blus gourt et pien me razer zede bedide. Allons ne vait bas t'hisdoire et paize pien la dêde".

J'ai senti que cette comèdie avait un impact sur la florentine dont la respiration se fit plus saccadée et le souffle court. Je me pliais à ses directives et repris la tondeuse. La coupe était pratiquement achevée, les côtés et la nuque mis à blanc et se fondant en un dégradé qui laissait à peine moins d'un centimétre sur le sommet. Cependant je continaus à passer l'appareil vibrant sur la tête de la toscane qui, les yeux fermés, semblait dans une sorte de transe. Sans doute l'assaut de souvenirs et de sensations venus de l'enfance et de ces moments douloureux où son père l'obligeait à ce style de coupe, plutôt sévère pour une jeune fille.

Soudain d'une main un peu tremblante Laora arrêta mon geste et de son autre main saisie celle de Frida qui avait fini par se taire. Le silence devint assourdissant. Lentement l'italienne releva la tête et un sourire un peu baigné de larmes éclaira son visage. Elle colla nos deux mains sur chacune de ses joues et les embrassa avant de nous attirer vers elle. J'avais l'impression de voir Lazare se relever de son grabat et me sentais l'âme d'un exorciste qui vient de ramener à lui une proie de Satan. Très exaltant!

L'émotion apaisée, Laora s'empressa de nous déshabiller Frida et moi et nous entraîna en urgence dans la chambre...

 

Photo: Eric Tarpon

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Rappelles toi... (Moïra)

9 Mars 2011 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

Hana-ben-amelsem.jpg

Franchement j'en avais rien à foutre des bilans du directeur des opérations. Ce gars là était plus intéressé par sa carrière que par l'efficacité que pouvaient avoir ses agents sur le terrain. D'ailleurs il n'était même pas du sérail. Un ancien flic passé par la Préfectorale, ce qui semblait être la mode ces derniers temps parmi les hauts fonctionnaires de "la Boîte".

J'avais fait le trajet retour de Cercottes vers Paris en un temps record, vraiment dégouté d'avoir manqué Moïra, qui m'avait on dit était en congé. Du temps avait passé depuis notre retour de Turquie. Il y avait eu pas mal de vagues et quelques retours de bâton, mais finalement les choses s'étaient tassées et j'avais fini par la faire admettre à la section spéciale. Elle avait mangé son pain noir, débriefée durant des semaines et tenue à l'écart de tous pendant des mois, y compris de moi.

Il était tard mais le bar de la rue de Washington était encore ouvert et c'est là que j'avais décidé de faire le ménage dans ma tête, à coup de Jack Daniel's...

" Hi honey, ça fait un bail..." La voix avait conservé cette pointe d'accent cockney qui donnait un charme terrible à son français presque parfait. En levant le nez de mon verre, l'image que me renvoya le long miroir mural de l'autre côté du comptoir fit couler dans mes veines du métal en fusion. Moïra était appuyée le dos au comptoir, juste là, à côté de moi, fumant une cigarette américaine.

" Un sacré bail oui. Et d'après ce que je vois, tu n'as pas trop changée". Elle passa une main lascive sur sa nuque où les cheveux noirs étaient tondus ras. Elle fit demi-tour, posa son bras sur mon épaule et caressa mes cheveux. Je n'avais pas souvenir qu'elle soit capable d'un geste affectueux comme celui là et l'image qui me vint à l'esprit, de la baroudeuse débarquant avec les gars du SAS en Bosnie me parut soudain à des années lumières.

" Arrêtes de boire. Emmènes moi d'ici, j'ai envie que tu me baises!"

Finalement, elle n'avait peut être pas changée tant que ça...

 

Model: Hana Ben Abdesslem

 

 

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